‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 75 sur 241 · LIVRE X. — LES BELLES-LETTRES. iSl · texte numérisé non relu

LIVRE X. — LES BELLES-LETTRES. iSl

intellectuelle, ainsi que la virtuosité dans l'expression et le maniement des formes poétiques, comme la plus fine fleur d'une belle et noble éducation. En Allemagne, vers l'époque de la Réforme, les humanistes étaient, et nullement à tort, appelés « poètes » tout court, dans les cercles de leurs amis, comme dans ceux de leurs adversaires, partisans de l'obscurantisme {phscurorum virorumy, La poésie recouvra, en même temps, la tâche d'embellir la vie des privilégiés, et de donner à tous les moments importants de celle-ci une consécration supérieure. Ces appréciations ont persisté en partie, jusqu'à la fin du dernier siècle, et même plus longtemps, dans l'exercice de leur influence. La poésie se maintint, dans les universités, comme un objet régulier de l'enseignement, et assez souvent même continua d'accompagner les hommes qui avaient acquis une instruction supérieure, dans tout le cours de la vie, en leur offrant un divertissement et une récréation des plus convenables pour des heures de loisir. Même la poésie de circonstance, tant officielle que nonofficielle, conserva longtemps une importance et se carrait avec une ampleur que nous avons peine à comprendre, aujourd'hui. Il y a seulement un siècle environ que s'est opérée, dans le mouvement des esprits, une grande révolution, qui a marqué le but élevé de la poésie, comme de l'art en général, dans l'afl'ranchissement de l'âme humaine du sombre empire des passions qui l'agitent. Cette évolution, qui réagit si puissamment ters la nature, d'un milieu de productions artificielles et de formes conventionnelles, et qui nous a fait comprendre les Grecs, Shakespeare et la poésie populaire, a aussi,

' Strauss, Ulrich de Hutfen, I, 49, etc. (en allemand).

par la transformation complète du sentiment des classes lettrées à l'égard de la poésie, déprimé considérablement Testime qu'on faisait des poètes latins, chez les nations néolatines, toutefois, beaucoup moins que chez les peuples germaniques *.

* Par le fait, ce qui précède s'applique particulièrement à rAllemagne, et concerne la période de Lessing, Gœthe et Winckelmann.

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