‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 76 sur 241 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le polythéisme.

Différence entre les sources littéraires et celles qu'offrent les monuments, — On a jusqu'à présent trop exclusivement- tenu compte des premières. — Tendances irréligieuses dans la dernière période qui précéda et la première qui suivit la venue du Christ. — Haine de la foi chez Lucrèce seul. — Point auquel en étaient les Romains sans éducation philosophique. — La foi représentée par Tacite, Thésitation entre le polythéisme et le monothéisme, par Quinlilien, la négation absohie des dieux, par Pline le Naturaliste. — Conciliation de la raison avec la foi dans la théologie du stoïcisme. — Restauration de la foi au i|e siècle. — Développement complet et autorité dogmatique de la théorie des démons ou génies, — Impression générale de la littérature latine et grecque du IP siècle. — Lucien. — Les empereurs du II* siècle.— Phénomènes caractéristiques du réveil de la vie religieuse. — L'orthodoxie et l'intolérance d'Élien. — Le mysticisme d'Aristide.

La foi populaire conserve toute sa force et se maintient sans altération. — Trois preuves à l'appui, savoir : !<> La puissance d'assimilation du polythéisme romain. — Admission d'éléments tirés des religions de l'Orient. — La promiscuité des dieux (théocrasie), conséquence nécessaire du mélange des peuples. — L'idée de la superstition toute relative et variable. — Les

incrédules seuls se moquent de la promiscuité des dieux ; elle ne choque pas les croyants. — Plularque révérant les dieux de l'Égyple à côté de ce'ux de la Grèce. — Naturalisation des dieux de l'Orient et du monde barbare en Grèce. — 2° La productivité créatrice du polythéisme. — Divinités nouvelles. — Annone. — La croyance aux génies. — Déification d'hommes. — Le culte des empereurs. — Apothéose d'Antinoiis. — 30 La force de résistance ou ténacité du polythéisme. — Son influence sur les chrétiens. — Témoignages directs de la force persistante des croyances populaires. — La foi aux miracles. — Apparitions de dieux en chair et en os. — La foi aux miracles surexcitée parla lutte entre les religions. — Revendications du même miracle des deux parts. — La foi à. la divination, forme de la croyance aux miracles la plus répandue dans le monde des gens instruits. — Rapports des historiens sur des présages. — Tacite. — Suétone, au sujet d'Auguste. — Persistance de la foi aux méthodes de divination traditionnelles. — Les aruspices et les augures. — L'astrologie. — ' Les oracles. — Leur décadence temporaire causée par la prépondérance d'autorité de la divination italique. — Restauration des oracles, dont l'autorité se répand aussi hors des pays grecs. — L'oracle d'Alexandre d'Abonotique. — Croyance aux songes prophétiques. — Sa liaison avec la foi dans une providence. — Elle est généralement répandue. — L'interprétation des songea une science. — Le livre des songes d'Artémidore. — Guérison de maladies par des songes. — Pierres votives du sanctuaire de Minerve Mémor (qui se souvient). — Foi dans le pouvoir efficace des divinités locales, même hors de leur sphère d'action propre. — Foi dans les dieux regardés comme les dispensateurs de tous les biens. — La prière. — Inscriptions votives et autres monuments religieux. — Invocation de divinités nationales et locales. — Invocation des dieux pour l'exercice d'une action déterminée dans des lieux déterminés. — Invocation générale des dieux ayant une puissance déterminée, inférieurs ou supérieurs, mais surtout de Jupiter.

Manque de renseignements sur l'importance du nombre des incrédules et des indifférents. — Les athées en petite minorité.

Le culte et ses effets tendant à la conservation de la foi. — Conservation de cultes et de rites de la plus haute antiquité, en Italie. — Le rituel des frères Arvales. — Persistance de cultes remontant à la plus haute antiquité, en Grèce. — Persistance de la participation générale au service du culte. — La piété se manifeste par la construction de temples et d'autres fondations pour les besoins du culte, mais particulièrement d'images des dieux. — Culte des images. — Identification de l'image avec la divinité même.

Nous avons, pour la connaissance de la situation religieuse de l'antiquité, dans les premiers siècles de notre ère, deux sources, de nature très-diflérente et souvent

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