‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 192 sur 265 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Mobiles principaux des Toyag-es.

La vaste étendue de l'empire romain nécessite de fréquents déplacements, en particulier chez les fonctionnaires. — Voyages de commerce. — Voyages scientifiques. — Voyages d'étudiants , de professeurs , d'artistes et de virtuoses. — Voyages occasionnés par les fêtes religieuses et autres grandes solennités. — Voyages de santé et de récréation.

Pour se faire une juste idée de l'importance des motifs qui occasionnaient et déterminaient le plus souvent les voyages, dans cette période, il ne faut jamais perdre de vue que déjà l'immensité des territoires soumis à la domination romaine, sous laquelle rien n'entravait, pour les régnicoles , le libre choix du domicile, devait, nécessairement, entraîner un va et vient ou mouvement perpétuel, de migration et de pérégrination, d'une partie assez considérable des habitants. Avec la durée de cet empire, qui embrassait le monde, devaient naturellement aussi se multiplier les relations entre ses différentes provinces et, par conséquent, aussi pour ses sujets les motifs de changements de séjour et d'absences plus ou moins prolongées. Le service militaire, déjà, faisait continuellement passer des milliers d'hommes,

des pays où ils étaient nés, dans une multitude de garnisons lointaines. Les fonctionnaires supérieurs, dans l'ordre civil et politique aussi, ne devaient que rarement arriver au terme de leur carrière sans avoir roulé dans les provinces les plus diverses, a Des hommes haut placés » , dit Épictète\ « des sénateurs, ne peuvent pas s'enraciner dans le sol comme des plantes, ni s'occuper beaucoup de leurs affaires de ménage, mais sont obligés de voyager beaucoup pour commander ou pour obéir, chargés de missions officielles concernant le service militaire ou l'administration de la justice. » Or ces voyages, qui menaient souvent en droiture des marécages de la Calédonie au pied de l'Atlas, des villes de la Syrie aux camps fortifiés de la Germanie , se faisaient , naturellement, toujours avec une escorte plus ou moins nombreuse. Qui, en tel endroit, n'avait pas réussi dans une entreprise, affaire ou profession quelconque, pouvait de nouveau courir la chance dans toute autre ville de l'empire. Le mouvement le plus fort était certainement celui de l'affluence de la population des provinces vers Rome; mais il y avait aussi un reflux de Rome sur la province, et les relations des provinces entre elles ne doivent pas moins avoir été toujours très-animées. Des savants grecs tenaient école en Espagne, comme par exemple Asclépiade de Myrlée, en Turdétanie^. On voit par une inscription trouvée à Thun, dans l'Oberland bernois, qu'un orfèvre de l'Asie Mineure travaillait pour les dames d'une colonie romaine , en Suisse ^. 11 y avait des peintres et des sculpteurs grecs dans les villes de la Gaule ^. Le sculpteur Zénodore fut

1 Dissert., III, 24, 36; voir aussi IV, 1, 91.

2 Hérodien, éd. Lehr, p. 434 .

3 Mommsen, La Suisse romaine^ p. 24.

* Letronne, Revue archéoL, III, p. 512-514, (Inscription trouvée à

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