‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 193 sur 265 · LIVRE Vil. — LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE Vil. — LES VOYAGES

chargé de faire, pour les Arvernes , un Mercure colossal ^ . On vit des Gaulois el des Germains gardes du corps au service d'un roi des Juifs (Hérode), à Jérusalem 2. On trouvait des Juifs établis dans toutes les provinces^. Il n'était pas une ville dans laquelle ne séjournassent nombre d'étrangers. Sénèque"* put dire, avec raison, tout en exagérant, qu'ils étaient plus nombreux que les indigènes, même dans une île de rochers aussi âpre, inculte et inhospitalière que la Corse. Le courant de relations qu'une grande partie de ces émigrés ne manquaient certainement pas d'entretenir, de leur nouveau domicile, avec leur patrie originaire, suffisait d'ailleurs pour faire naître continuellement des occasions de voyages dans toutes les directions.

Nombre de professions et d'occupations, aussi, obligeaient les gens à passer une grande partie de leur temps en voyage. La vie la plus errante était celle du négociant, qui ne cessait d'aller du levant au couchant, des zones les plus froides aux climats les plus chauds^, rapportant de ses voyages les premières notions des contrées les plus lointaines et les plus inhospitalières. Il bravait nonseulement les dangers de la Méditerranée et du Pont- Euxin^, mais s'aventurait même sur l'Atlantique^, et l'on

Bourbon-Lancy et concernant un peintre du premier siècle, à en juger par la forme des lettres.)

1 Pline, Hist. nat., XXXIV, 45.

2 Josèphe, Ant. Jud., XVII, 8, 3.

3 Strabon dans Josèphe, XIX, 7, 2.

* Consol. ad Helvlam, c. vi.

^ « Vagus mercator •>• dit Horace, dans VArt poétique^ 117. — Voir aussi Sat., I, 4, 29; T, 6; Ep. I, 16, 71; Odes, I, 1, 15. 6 Le même, Odes, III, 1,3: Thyna merce beati.

'' Malgré les doutes élevés contre l'authenticité de ces vers d'Horace (Odes, I, 31, 3) :

ter et quater

Anno revisens œquor Atlanticum.

sait qu'il y avait beaucoup d'activité mercantile entre Gadès et les ports d'Italie ^ Il est même certain que bien des personnes devaient être très-souvent dans le cas de faire de ces périlleux voyages. Un négociant d'Hiérapolis en Phrygie, Flavius Zcuxis, put, comme nous l'avons déjà dit plus haut, se vanter, dans une inscription conservée par hasard, d'avoir fait soixante-douze fois le voyage en Italie^. La conquête de l'Egypte avait ouvert une ère nouvelle au commerce romain, en lui frayant le chemin de rinde^. Pour se rendre dans cette contrée, on s'embarquait

* Strabon, JII, p. 144.

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