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^ Pétrone, cliap. xxxv.
^ Julien, Lettres, 56.
^ Dion Chrysostorae, L c, 367 M.
^ Ibid.,Vi 3Iyelc. -, , •^ Ibld., 384 M, etc.
1*^ Ibid., 387 M (description de pareils tumultes dans un centon liom(îrique). — Voir aussi Vargès, p. 72.
avide de plaisirs, en un sauvage et bouillant chaos d'éléments en fermentation ^ Aux moindres sujets, tels qu'un salut non rendu, une saisie de denrées alimentaires, le refus de faire droit à une requête insignifiante, le mécontentement excité par la punition d'un esclave, des masses de peuple s'attroupaient, les armes étincelaient , les pierres volaient de tous côtés 2, et, bien que ces émeutes de la rue se terminassent quelquefois par des chansons ^ , il fallait néanmoins plus d'une fois, pour réprimer le désordre, faire marcher des corps de troupes considérables'*.
Probablement le fanatisme religieux des Égyptiens occasionnait, assez souvent, aussi des troubles ^ et, bien qu'Adrien, comme nous l'avons déjà dit, ne vît avec raison, sans doute, dans leur religion qu'un mélange confus de croyances judaïques, chrétiennes et païennes, qui s'explique très-bien dans le plus grand entrepôt maritime du monde d'alors ^ , ces croyances n'en contrastaient pas moins entre elles, et les contrastes, envenimés et renforcés par les antipathies de races, durent, dans l'occasion, amener des explosions telles que la grande persécution des Juifs sous Caligula, décrite par Philon ^.
1 Philon, In Flaccum, p. 519 A/ et 537 (au sujet de la persécution contre les Juifs, organisée par le perturbateur Isidore). — Vargès, De statu JEgypti, p. 48.
2 Histoire Auguste, les trente Tyrans, chap. xxu (Émilien).
3 Dion Chrysostome, l. c, p. 383 M.
* Dion Cassius, LXXVIII, 35. — Sur les troupes romaines qui formaient la garnison d'Alexandrie, voyez Vargès, p. 67, etc.
B Diodore, I, 83. — Vie cf Adrien, chap. xii : Alexandrina seditione turbatus, quae nata est ob Apin.
^ Vie de Saturnin, chap. viii.
7 Voir aussi Josèphe, B. J., II, 18, 7.
Parmi les voyageurs, de catégories certainement trèsdifférentes, qu'attirait cette grande et magnifique cité, si originale à tant d'égards, il faut distinguer particulièrement ceux qui venaient pour y rétablir leur santé, ou pour y puiser l'instruction et la science. Les médecins recommandaient notamment un voyage de mer en Egypte, pour arrêter la consomption dans sa première phases
Sous le doux ciel d'un pays où il ne tombait jamais de neige ^ (or la neige était peut-être le seul article que l'on ne pût se procurer à Alexandrie^), d'un pays où les roses fleurissaient même en hiver''* et il n'y avait pas un jour sans soleiP, pendant que, d'autre part, les vents alizés tempéraient les chaleurs de l'été ^, plus d'un malade, pour lequel le climat de l'Italie s'était trouvé trop rude, pouvait espérer guérir de sa toux sanguinolente ^. Aussi , les médecins d'Alexandrie, ou du moins originaires de l'Egypte, étaient-ils souvent appelés à Rome, et y avaient-ils le plus de célébrité^ Cette circonstance, jointe à celle que Ton trouvait dans les écoles de médecine de cette ville la meilleure occasion de se perfectionner dans la science médicale ^, décidait constamment nombre d'élèves, aspirant à cet art, à établir là leur séjour; car c'était, pour un jeune médecin,
1 Voir Celse, III, 22, mais aussi Pline, Hist. nat., XXXI, 63, et XXIV, 28.
2 Sénèque, Qttest. nat., IV, 2, 20.
3 Aristide, Orat., XLVIII, p. 335, etc., J.
4 Martial, VI, 80.
5 Ammien Marcellin, XXII, >6, 8.
'> Diodore, XVII, 52.
7 Pline le Jeune, Lettres, V, 19, 6.
« Pline l'Ancien, If. N., XXVI, 3; XXIX, 93.
^ Galien, éd. Kuhn, III, 220; de Bâle, I, 119. .
43^ MOEURS ROMATNES.
une excellente recommandation d*avoir fait ses études à Alexandrie ^
Galien, qui y avait étudié lui-même, nous apprend que l'on y avait toute facilité pour acquérir des connaissances ostéologiques, par autopsie, et rapporte, entre autres faits curieux intéressant sa profession, y avoir vu souvent mettre à mort, instantanément et sans douleur, des condamnés qu'on faisait mordre par un aspic ^.
Mais, pour la plupart des autres sciences aussi, on trouvait dans cette ville les meilleures professeurs et les meilleurs établissements d'instruction, qui ne cessaient pas d'y attirer nombre d*étrangers , naturellement surtout des pays de langue grecque ^. Alexandrie resta la grande école pour la philosophie, la grammaire et l'étude des belles-lettres, les mathématiques et l'astronomie, branche d'enseignement à laquelle on rattachait aussi l'astrologie, la magie et d'autres sciences occultes, que les Égyptiens se vantaient d'avoir approfondies plus que nul autre peuple, et qui se maintinrent chez eux jusqu'aux derniers temps de l'antiquité \
1 Plutarque, Marc-Antoine, chap. xxtiii, 2. — Ammien, XXII, 16, 18, avec la note de Lindenbrog et Valesius, portant : Fulgentius Planciades, lib. I mythologiaî Alexandriee in cunctis fere angiportis fuisse medicorum domicilia scribit.
2 Galien, Upoç niaoiva uepl -cfiç Ôyiptaxyj;, c. viii, éd. Kuhn, XIV, p. 237.
3 Strabon, XIV, 4, 13, p. 674. —Lucien, Alexandr., 4i.
* Ammien y XXII, 17 : Nam et disciplinarum magistri quodammodo spirant, et nudatur ibi geometrico radio, quidquid reconditum latet, nondumque apud eos penitus exaruit musica, nec harmonia conlicuit, et recalet apud quosdam adhuc, licet raros, consideratio mundani motus et siderum, doctique sunt numéros haud pauci; super his scientiam cailent, quœ fatorum vias ostendit. — Voir aussi, sur une école de magie à Canope, Rufm, Htst. ecclés., II, 26, et sur l'arithmétique des Égyp> tiens, Hippolyte, Refut,, IV, 4a, etc.