LIVRE VII. — LES VOYAGES
idée de l'ensemble de la végétation tropicale. Du reste ^ la diversité de caractère entre le sentiment de la nature des Romains et le nôtre se manifestait précisément aussi dans l'horticulture. Les Romains, comme on sait, n*y laissaient pas la nature se développer librement, mais la comprimaient d'une manière artificielle, en l'emprisonnant dans certaines formes.
Tout cela ne nous autorise pas, cependant, à ramener exclusivement ces diversités aux contrastes qui existent entre la civilisation des anciens et la moderne. Dans l'horticulture de l'Italie actuelle, la direction du goût est encore la même , et la peinture de paysage ne s'y est guère plus largement développée, mais se montre presque aussi pauvre que dans l'antiquité. Si l'on considère de plus que les voyages des Italiens se bornent, d'ordinaire, aux beaux sites et aux points célèbres de leur propre pays, il faut croire que le sentiment de la nature, sous le même ciel et dans le même milieu, n'y a pas subi de changement essentiel en deux mille ans, sauf les points dans lesquels il a pu être modifié quelque peu par l'influence du rayonnement de la civilisation transalpine.