‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 64 sur 265 · LIVRE VJ. — LKS SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VJ. — LKS SPECTACLES

chacune, comme il va sans dire, ses maîtres particuliers ^ Les novices dans la gladiature [tirones) commençaient à s*exercer^ avec des fleurets mouchetés, contre un mannequin de paille ou un poteau. Les armes dont on faisait ensuite usage, pour l'exercice, étaient plus pesantes que les armes de combat. Peut-être les armes d'un si grand poids, que l'on a trouvées à l'école de Pompéji, ne servaient-elles que pour l'exercice. Les écoles avaient une espèce d'organisation militaire. Les noms sonores et propres à capter la faveur du public étaient bien accueillis, et ceux qui avaient déjà été portés par des gladiateurs célèbres, volontiers repris par leurs successeurs. Les Triumphus, les Carpophore, les Pacidéjanus et d'autres noms encore se retrouvent sur des inscriptions et des médailles d'époques différentes. Un Pacidéjanus s'était fait un nom du vivant deLucilius, qui dit de lui :

Ôptumu' multo

Post homines natos gladiator qui fuit unus^.

Un homonyme de ce gladiateur paraît avoir marqué au temps d'Horace, qui crut devoir également l'honorer d'une mention^.

1 Doctor Thrœcum (I. R. N., 6902) ; Doctor myrmillonum (Muratori, 2019, 6); Doctor secutorum (Fabretti, 234, 613); Doctor sagittariorum (Ibid., 616) ; Magister Samnitium (Cicéron, De orat., III, 23). — On appelait dictata les commandements du professeur d'escrime, à l'école. — Tertullien, Ad mart.f chap. i, dit : Et gladiatore's perfectissimos non tantum magistri et prsepositi sui sed etiam idiotee et supervacui quique adhortantur de longinquo , ut sœpe de ipso populo dictata suggesta profuerint; — S. Jérôme, Lettres, 48^, 112 : Delicala doctrina est, pugnanti ictus dictare de muro.

2 Cicéron, TuscuL, IV, 21, etc.

3 Soi., II, 7, 97.

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Quand les novices avaient soutenu publiquement leur première épreuve, dans un combat sérieux, on leur délivrait, comme il paraît, une plaque de forme rectangulaire, avec la date de leur début, espèce de marque distinctive qu'ils portaient probablement au cou \ Ultérieurement, une suite de combats les poussait, dans leur arme, à des grades plus élevés, auxquels était probablement uni un commandement sur les simples gladiateurs -. Ils passaient ainsi vétérans^ et, finalement, obtenaient leur congé avec la remise de la baguette''. Cependant, on voyait aussi des gladiateurs, retirés du service de l'arène, y faire leur rentrée pour de bons gages, ou fonctionner comme professeurs.

Il y avait, certainement, nombre de gladiateurs qui n'auraient échangé leur profession contre aucune autre. Parmi les gladiateurs impériaux, dit Épictète^, il en est beaucoup qui sont mécontents quand on ne les laisse pas combattre dans l'arène. Ils adjurent les dieux et pressent les

1 11 y a du moins lieu de croire que tel était l'usage des marques appelées tesserse consulares, bien que Mommsen {C. I. L., p. 195) ait élevé des objections contre cette version, généralement adoptée depuis le seizième siècle. Il est cependant difficile d'y admettre pour l'adjectif spectatus un autre sens que celui d'un homme qui a débuté.

2 Prima ou summa et secunda rudis. — Voir Orelli, 2573-2575 , ainsi que Dion Cassius, LXXII, 22. — Boissieu, Inscript, de Lyon, p. 7, etc. — Henzen, 6189. — Boissieu traduit les mots ci-dessus par « premier baguettier ou baguettier maître, titre que prenaient les professeurs lanistes, suivant leur rang et leur habileté. »

''> Dans le Colleg. Silvani Aureliani (Orelli, 2566), la première décurie se compose entièrement de vétérans de six armes différentes; dans la deuxième ne figure qu'un seul vétéran, qui la commande; dans les autres, les novices prédominent seulement.

■' Les victores (Orelli, 2570; I. R. N., 2627) paraissent être au fond identiques avec les rudiarii. — Voir aussi Suétone, Tibère, chap. vu.

'" Dissert., f, 29, 37.

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