‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 83 sur 265 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES. 16o · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES. 16o

Cela s'était déjà vu, vers l'an 57' ou 58, dans l'amphilhéàtre construit par Néron au Champ-de-Mars, à un spectacle qui fut alors donné, peut-être pour l'inauguration de cet édifice. Des poissons et des monstres marins parcouraient le bassin, en nageant dans tous les sens; on représenta ensuite un combat naval entre les Athéniens et les Perses, et finalement, après avoir fait écouler les eaux, on procéda, sur l'arène remise à sec , à des combats de gladiateurs et au simulacre d'une bataille de terre ferme ^. De même, à une fête de l'an 64, im combat de terre ferme succéda à la bataille navale dans la même arène, que l'on finit par inonder de nouveau, pour terminer la fêle par un banquet somptueux sur l'eau^ Les grands bassins et les canaux, par lesquels l'arène de l'amphithéâtre Flavien pouvait être transformée en lac% étaient achevés dès l'an 80, puisque Titus, lors de la fête d'inauguration, put y organiser, indépendamment d'autres spectacles nautiques, un combat naval entre les Corcyréens et les Corinthiens "^ Domitien aussi fit représenter une bataille navale à l'amphithéâtre^.

Jules César le premier avait organisé une grande naumachie à ses jeux triomphaux, en l'an de Rome 708 (46 avant J.-C), et fait creuser, à cet effet, dans le Champ-de-

1 Tacite, Annales, XIII, 31.

2 Dion Cassius, LXI, 9.

3 D'après un récit de Dion Cassius (LXII, 15), qui confond peut-être le banquet de la fameuse fête organisée par Tigellin, sur l'étang d'Agrippa [slagnum Agrippx), et que mentionne Tacite [Annales , XV, 37) , avec la représenlation de la naumachie et d'autres spectacles.

* Rucca, DelV uso de' soierranei anfiteatrali (Naples, 1851), p. 15. — L'aqueduc de l'amphithéâtre de Capoue aussi subsiste encore. ^ Dion Cassius, LXVI, 25. 6 .Suétone, Domilienj chap. iv.

Mars, probablement aux environs du palais Farnèse, im lac^ sur lequel une flotte tyrienne et une flotte égyptienne, comprenant des navires à deux, trois et quatre rangs de rames, et montées par mille soldats de marine et deux mille rameurs, combattirent Tune contre l'autre^. En Tan de Rome 711, on combla ce lac% dans la crainte que ses émanations n'eussent contribué à produire une épidémie, qui sévissait alors.

La seconde grande naumacbie fut donnée par Auguste, en l'an 752 de Rome, ou 2 avant J.-C, à l'inauguration du temple de Mars vengeur, sur un lac creusé dans les jardins de César, de l'autre côté du Tibre. Ce lac avait, d'après les indications laissées par l'empereur lui-même, 1,800 pieds de long sur 1,200 de large; trente birèmes et trirèmes rostrales, sans compter les petits bâtiments, plus nombreux encore, avec un équipage de trois mille soldais probablement, y simulèrent une bataille navale entre les Athéniens et les Perses''*.

Sur ce bassin avait été établi un pont {pons namnachiarius), qui brûla sous Tibère, mais fut ensuite reconstruite Dion Cassius^ encore vit des traces de cette naumacbie. Mais ces deux spectacles, comme tous ceux du même genre des temps postérieurs, s'effacent devant la gigantesque bataille navale que l'empereur Claude fit représenter, pour

1 Suétone,, César, chap. xxxix.

2 Appien, Bell, civ., II, 102.

3 Dion Cassius, XLV, 17.

''* Monuments d'Ancyre, IV, 43. C'est à celte source que Suétone {Auguste, chap. xLii) a puisé. — Voir aussi Velléjus Paterculus, II, 100; Dion Cassius, LV, 10; Tacite, Annales, XII, 56, avec les notes de Nipperdey: Ovide, Art d'aimer, I, 71.

f^ Pline, Hist. nat., XVI, 190 et 200.

c LV, 10.

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