‹ Moines et sibylles dans l'antiquité judéo-grecqueChapitre 17 sur 43 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LES ORACLES CAPITOLINS

Nous allons maintenant examiner de près tout ce qui se rapporte aux livres sibyllins enfermés dans un caveau du temple de Jupiter Capitolin, à une époque qui ne saurai! guère descendre plus bas que le commencement du sixième siècle avant notre ère.

Le temple avait été commencé, dit-on, avec les ressources provenant du butin conquis sur une ville des Volsques, Suessia Pomelia, par l'armée laline. Comme les acropoles grecques, il était situé au sommet d'une colline escarpée; ses hautes murailles et ses puissantes colonnades semblaient se perdre dans les nues el défier les efforts de l'ennemi. Dès le temps de Talius1, le Capitole avait été couvert d'autels et de chapelles dédiés à un grand nombre de divinités qu'on ne pouvait déposséder sans le consentement des auspices. Toutes se relirèrent devant la réunion des trois êtres suprêmes de la religion étrusque : Jupiter, Junon, Minerve. Il ne resta que Juvenlas et

1 Niebuhr, llist. rom., t. II, p. 257 et suiv.

IA SIBYLLE GRECQUE. 155 r

Terminus, pour marquer que la jeunesse du peuple romain ne se flétrirait point et que ses frontières ne reculeraient pas, tant que le pontife, pour honorer les dieux, monterait au Capitole, accompagné de la vierge silencieuse. Le triple sanctuaire était placé sous un même toit, divisé par des murailles communes, entouré de colonnades. Au midi, le péristyle était triple; il était double des autres côtés. L'édifice était en pépérin; les colonnes n'étaient point revêtues de stuc; le marbre ne devait point y briller. Les portes et le toit étaient probablement en bronze. Ce temple ne le cédait point en magnificence et en grandeur à celui de Pœstum. Le témoignage des écrivains et la tradition locale s'accordent à le placer sur la colline la plus rapprochée du Palatin et de PAventin, à l'endroit où se trouve aujourd'hui le palais Cafarelli.

Le caractère et la disposition générale du monument rappelaient d'une manière frappante l'architecture et le style étrusques. Les colonnes étaient d'ordre toscan; les artistes qui élevèrent et ornèrent le temple avaient été appelés d'Étrurie ; la statue de Jupiter qui s'y trouvait était d'un artiste de Véies, qui aurait aussi donné aux Romains la plus ancienne image d'Hercule. Déjà l'influence grecque avait triomphé de l'ancienne rigueur italique, qui ne souffrait point, dit Niebuhr, d'images corporelles des dieux. Les oracles sibyllins de Cumes étaient déposés dans un caveau souterrain (caméra subterranea) du temple, cachés aux regards profanes ; et le collège qui en avait la garde ne pouvait, sous peine de mort,

rien révéler des mystères qu'ils contenaient. Ce monument résumait de la sorte, en un symbole complet et admirable, tout le passé de la jeune cité, nourrie à la fois de la civilisation grecque et de la civilisation étrusque, mélangeant, dans les emprunts faits concurremment à Tune et à l'autre, les arts, les instituions, la religion des colonies éolo-chalcidiennes et de l'Étrurie, asseyant enfin le Jupiter toscan sur un trône dans les fondements duquel on avait pris soin d'enterrer, en quelque sorte, l'esprit et la tradition de l'antique Hellade, représentés par les oracles de Cumes.

Le mystère qui enveloppait les oracles devint impénétrable depuis le jour où un duumvir indiscret paya de sa vie la profanation qu'il avait commise. C'est ce mystère que nous allons pourtant essayer de pénétrer, non sans quelque espérance d'y réussir. Nous serons puissamment aidé dans notre tâche par les témoignages remontant au premier siècle avant notre ère, dont le docte Varron, Virgile, et d'autres écrivains, se firent l'écho. Ces témoignages proviennent sans doute1 des récifs des membres du collège préposé à la garde des oracles. Ces récits concernaient la conformation, l'aspect et le contenu des prophéties. Les gardiens se crurent astreints à moins de discrétion après l'incendie qui, au temps de Sylla, détruisit le temple et tout ce qui y était renfermé.

Varron rapporle2 que les oracles étaient écrits sur

1 Nieburb, Eut. rom., t. II, p. 276 et suiv.

2 De ling. latin. Servius, Ad JEneid., ni, 144; vi, 74. — Niebubr (Hi8t. rom., \. II, p. 276) admet le fait comme certain. Ce

des feuilles de palmier, partie en vers, partie en signes allégoriques ou hiéroglyphiques. Cette conformation suggère à Niebuhr1 la conjecture suivante sur la manière de consulter les prophéties : on les abordait, comme font les Orientaux pour le Coran, et comme beaucoup de chrétiens qui, malgré les défenses les plus sévères, consultent la Bible en rouvrant. Il eût été, en effet, téméraire de rechercher, pour l'accommoder aux circonstances, un passage quelconque. La forme des feuilles de palmier destinées à l'écriture, et disposées en carrés longs, de grandeur égale, était fort propre à mêler et à tirer au sort, comme on le faisait pour les tablettes de Préneste2. Mais, dira-t-on, les oracles n'étaient-ils pas répartis en plusieurs livres? Un livre ne supposaient être des feuilles préparées de palmier de l'espèce la plus belle d'Afrique ; mais, en cas de besoin, on aura fait usage des palmiers nains qui abondent en Sicile. Virgile (ni, 144; vi, 74) paraît faire allusion aux feuillets séparés qui contenaient les oracles de la sibylle de dîmes.

1 Histoire romaine, loc. cit.

2 Les oracles conserves dans le temple de Jupiter étant exclusivement à l'usage de l'État, ceux des particuliers qui voulaient recourir à la direction des puissances supérieures, allaient à Préneste, au temple de Fortuna (Tû^), et y consultaient les sorts. C'étaient de petits bâtons ou de petites planchettes de chêne, sur lesquels étaient gravés de vieux caractères. Un jeune garçon les mêlait et tirait, pour la consulter, l'une des planchettes (Cicer., De Divinît., ir, 41). Niebuhr (Hist. rom., II, 285) rapproche les sorts de Préneste des baguettes runiques. On pourrait aussi les comparer au jeu de tarot, qui a été dans l'antiquité un instrument de divination chez les Orientaux, et duquel sont sorties nos cartes. Les cartes ont conservé la marque de leur origine ; elles ne servent pas seulement à la distraction, mais aussi à tirer la bonne aventure. Niebuhr croit qu'il y avait en Italie, ailleurs qu'à Préneste, des sorts de ce genre, et que les Étrusques goûtaient fort cette sorte de divination. Il est certain qu'il y eut aussi des sorts célèbres à Cœré.

pose-t-il pas un plan et un agencement quelconque, tout ou moins une collection d'écrits ayant un lien commun? Et comment concilier la division des oracles en livres avec la supposition suivant laquelle ces livres n'étaient que des paquets de feuilles indépendantes, qu'on pouvait mêler sans détruire le sens? Cette difficulté disparait, quand on réfléchit que les oracles étaient courts, et qu'une seule feuille pouvait suffire à contenir les plus longs.

Les livres de dîmes avaient donc l'aspect de paquets de feuilles de palmier. Chaque feuille renfermait un oracle, partie en vers, partie en signes allégoriques. Quant aux vers, nous avons lieu de penser, par la nature de ceux admis dans la collection restaurée, qu'ils étaient hexamètres. Relativement aux signes allégoriques, étaient-ce des caractères empruntés aux hiéroglyphes égyptiens, des dessins analogues à ceux dont plus tard les kabbalistes se servirent, et qu'ils avaient empruntés aux Chaldéens, ou bien des peintures à la fois naïves et mystérieuses dans lesquelles l'art grec, à son aurore, traduisait, sous le voile du symbolisme, ses croyances religieuses, les mythes dramatisés par ses héros et par ses dieux? Ces diverses suppositions peuvent se faire, sans qu'on trouve des raisons solides de s'arrêter à aucune d'elles.

Quels sujets traitaient les oracles? Nous pensons, avec Niébuhr 4, qu'ils ne contenaient pas seulement des prédictions d'événements futurs, mais aussi et

1 Hist. rom., t. II, p. 280 et suiv.

surtout des préceptes pour gagner ou pour apaiser les dieux. L'ordre de faire venir Esculape d'Épidaure ne peut avoir été pris que dans un oracle qui parlait de peste, et qui, par conséquent, l'annonçait. Dans ce qui nous reste des Décades de Tite Live, nous voyons que le but de la consultation n'est jamais de connaître les événements futurs, comme cela se pratiquait pour les questions adressées à l'oracle de Delphes ; on ne veut qu'apprendre quel culte les dieux demandent quand leur courroux s'est manifesté par des calamités ou par des présages. Tous ceux de leurs commandements dont on a conservé le souvenir sont dans cet esprit : ils prescrivent les honneurs à rendre aux divinités déjà reconnues, et désignent les divinités étrangères qu'il faut recevoir. Ce caractère rituel et religieux, qui domine dans les oracles sibyllins, est précisément ce qui a décidé les juifs alexandrins à les imiter. On comprend, sans qu'il soit nécessaire d'insister, quel intérêt il y avait pour le prosélytisme alexandrin à faire circuler parmi les oracles èrythréens authentiques des morceaux recommandant le culte du Dieu Unique, du Grand Roi adoré à Jérusalem.

Les oracles de Cumes étaient en langue grecque. Il est fait mention de deux interprètes qu'on appelle afin de vérifier la traduction des vers; il s'agit évidemment des deux esclaves publics attachés au collège des duumvirs, d'après Denys d'Halicarnasse1. La langue grecque n'était pourtant pas inconnue aux

1 Antiq. rom., îv, 62,

Romains. Nous venons de voir qu'ils ont eu des relations étroites et fréquentes avec les colonies grecques du Lalium et de la Campanie, au septième et au sixième siècle, et que ces relations ont laissé des traces certaines et nombreuses dans les institutions, les mœurs, le système d'écriture, le système des poids et mesures. Au cinquième siècle, l'ambassadeur de Rome, quoiqu'il fît des fautes, parla grec aux Tarentins. Les ordres donnés par les oracles prescrivent constamment l'adoration des divinités grecques, et on ne peut mettre en doute que leur influence a été fort grande pour écarter de la religion romaine les éléments sabins et pour y atténuer les éléments étrusques. Sacrifier selon le rite grec était une expression synonyme de faire un sacrifice d'après Tordre des oracles sibyllins, et tout gardien des livres était, en cette qualité, prêtre d'Apollon.

On a soutenu1 que les oracles conservés dans le temple de Jupiter Capilolin venaient d'Ionie, quoique Cumes se vantât aussi, dans le voisinage, de ses oracles et de ses prophéties. Ce qui prouve, ajoute-t-on, cette origine, c'est l'ordre donné par eux de révérer la déesse du mont Ida2; puis cette circonstance, que ce fut principalement à Erythrée qu'on entreprit de les restaurer. Cette opinion est conforme aux faits : nous voyons naître en Ionie et en Éolide les oracles sibyllins; il n'est pas étonnant que Cumes, la première colonie, en date et en puissance, de l'Éolide, ait possédé la tradition vivante des oracles qui s'appe-

1 Niebuhr, HisL rom., t. II, p. 280.

2 Tite Live, xxix, 10.

lèrent depuis érythréens, et qu'elle ait même conservé et transmis à Rome quelques-uns des plus anciens qui aient eu cours en Asie Mineure. Mais il est aussi vraisemblable que Cumes, devenue à son tour mère de colonies nombreuses et florissantes, et placée en Italie à la tête d'une amphyctionie puissante, eut, comme les villes d'Asie, ses oracles et sa sibylle, en un mot, sa littérature ou plutôt sa poésie prophétique.

Il y a pour les littératures religieuses trois époques : l'une de production , l'autre de consolidation, l'autre d'immobilisation. La première est marquée par un enthousiasme fiévreux et naïf; après elle, vient une période plus calme, durant laquelle s'opère un travail, qui a pour effet d'épurer et de compléter l'œuvre primordiale. La troisième époque est signalée par deux tendances inverses : Tune veut conserver intact le dépôt traditionnel ; l'autre, parfois victorieuse, prétend le modifier, pour le mettre en harmonie avec des besoins nouveaux et des idées nouvelles. De cette dernière tendance, laquelle avec le temps prédomine, il résulte un accroissement, qui exprime l'action lente et invincible du temps et des hommes sur toutes choses. Nous admettons, en conséquence, qu'à Cumes, comme à Erythrée, les prêtres furent amenés, par une pente fatale, à amplifier, à imiter les vieux oracles, et qu'ils en composèrent plusieurs, dans lesquels l'impression des événements contemporains se faisait sentir. Il est donc probable que dans la collection du Capitole il y avait non-seulement des oracles éoliens et ioniens, mais

encore des oracles cuméens, et parmi ceux-ci des prédictions qui intéressaient spécialement Rome, et constituaient entre ses mains, comme l'a dit un poëte \ « les gages donnés par les destins à l'éternité de son empire : »

. . . . . seterni fatalia pignora regni.

Il existait dans la chambre souterraine du Capitole une autre collection d'oracles sibyllins, venus de Tibur. A défaut d'autre indice, nous pourrions déjà voir là une preuve de l'origine grecque de Tibur, si l'histoire ne nous montrait une émigration argienne, conduite par Catillus, abordant aux rivages du Latium, fondant peu après les villes de Tibur et de Cora, puis entrant en lutte avec les Arcadiens d'Évandre 2,

1 Rutilius Numantianus, Itiner., n.

'2 Denys d'Halicarnasse croit que Tibur existait dès le seizième siècle ayant notre ère, et qu'elle fut fondée par les Sicules. Raoul Rochette (Hist. des colon, grecq.) rapporte sa fondation aux émigrations qui .suivirent la guerre des Épigones. Sans remonter aussi haut, et sans vouloir fixer la date de cette fondation, nous dirons que Artémidore, cité par Étienne de Byzance et par Strabon, attribue à Tibur une origine grecque; Caton [apud Solin. in Martian. Capella) dit qu'elle était colonie arcadienne; Varron (De ling. lat., iv, 5) et, après lui, Virgile (Mneid., vm, 545) racontent que le meurtre d'un Argien, qui s'était introduit auprès d'Evandre, sous les dehors de l'amitié et dans le traîtreux dessein d'assassiner son hôte, alluma entre les Arcadiens et les Tibur tins une guerre longue et fratricide, source d'une haine implacable. Cette haine était attestée par une pratique superstitieuse qui s'observait tous les ans à Rome. Au mois de mai (Plutarq., Quest. Rom.), on jetait dans le Tibre des statues de bois grossièrement façonnées, auquelles on donnait le nom d'Argiens. Plutarque veut que ce soit là un souvenir de l'inimitié qui divisait les Argiens et les Arcadiens du Péloponèse; Raoul Rochette aime mieux chercher l'explication de cette coutume dans l'ingratitude des Argiens du Latium. Le nom du bois sacré [argilet), qui existait dans l'enceinte de

On a fait remarquer que la statue de la sibylle tiburtine ayant été trouvée dans un gouffre de PAnio, avec un livre dans la main, ce livre était sans doute composé de planchettes de bois ou de tablettes de métal. Varron se sert, d'ailleurs, pour désigner les oracles tiburlins, du mot sortes, qui semble les rapprocher des sorts de Préneste, gravés, comme nous Pavons vu, sur des plaques de chêne et des bâtonnets. Quoi qu'il en soit, il paraît certain que les prophéties tiburtines furent réunies à la collection des prophéties de Cumes, sous le nom commun d'oracles sibyllins. Ceux-ci, du reste, n'étaient pas les seuls à former l'ensemble des Livres du Destin (Hhri fatales), conservés au Capitole ; il y avait encore les prédictions étrusques de la nymphe Bygoé, les prédictions indigènes de Marcius, et sans doute beaucoup d'autres que les historiens n'ont pas connues.

Les oracles sibyllins en circulation dans le public étaient désignés, soit par la nature des sujets traités, soit par les noms des peuples intéressés aux prédictions, soit enfin par le lieu d'origine qu'on leur attribuait. C'est ainsi qu'au deuxième siècle avant notre ère, on était venu à compter dix groupes d'oracles, dont chacun était réputé l'œuvre d'un personnage

Rome, et où fut mis à mort le traître Argien, n'est pas la seule trace qu'ait laissée en ce lieu la présence des colons argiens : Varron cite plusieurs autres dénominations locales analogues. L'épithète de Suyerbum, que Virgile donne à Tibur, prouve que plusieurs villes, parmi lesquelles on peut citer Cora, Aricie, Gabies, Préneste, Hérétum, la regardaient anciennement comme leur métropole. C'est, du moins, l'opinion de Raoul Rochette. (Hist. des col. grecq., Il, p. 245.)

très-ancien et réel, d'une sibylle. Cinquante ans avant la naissance de Jésus-Christ, Varron1 enregistre en ces termes l'état de l'opinion sur les sibylles : « La première est la sibylle persique, dont fait mention Nicanor, historien d'Alexandre le Grand. La seconde est la sibylle libyque, dont parle Euripide dans le prologue des Lamies. La troisième est la sibylle de Delphes, dont parle Chrysippe dans son livre de la Divination. La quatrième est la sibylle cimmérienne, en Italie, nommée par Nsevius dans ses livres sur la Guerre punique, et par Pison dans ses Annales. La cinquième est la sibylle d'Erythrée ; Apollodore affirme qu'elle fut sa compatriote, qu'elle prédit aux Grecs, partant pour Ilion, que celte ville périrait, et que Homère écrirait des mensonges. La sixième est la sibylle de Samos ; Ératosthène a écrit qu'il avait trouvé d'elle un oracle dans les vieilles annales des Samiens. La septième est la sibylle de Cumes, qui se nomme Amalthée, et qu'on appelle aussi tantôt Démophile, tantôt Hérophile. C'est elle qui apporta les neuf livres à Tarquin l'Ancien... La huitième est la sibylle hellespôntine, née au pays troyen, dans le bourg de Marpesso, près de la ville de Gergithium. Héraclide du Pont dit qu'elle fut contemporaine de Cyrus et de Solon. La neuvième est la sibylle phrygienne, qui prophétisa à Ancyre. La dixième est la sibylle de Tibur, nommée Albunéa, qui est vénérée comme une divinité sur les rives de l'Anio. »

4 Antiq. rerum divin., iv.

Nous en avons dit assez sur l'histoire, l'origine et la nature des oracles sibyllins, en général, et de ceux du Capitole, en particulier. Il nous reste à ajouter que, vers le milieu du quatrième siècle, le collège des duumvirs fut transformé en décemvirat. Trois siècles plus tard, le collège devint quindécemvirat.

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