‹ Mois de MarieChapitre 10 sur 48 · JÉSUS PERDU ET RETROUVE · texte numérisé non relu

JÉSUS PERDU ET RETROUVE

quelle ardeur, quels regrets et quelle constance Joseph et Marie cherchèrent l'Enfant, aussitôt qu'ils s'aperçurent qu'il était perdu... Ils interrogent d'abord leurs parents et leurs amis; puis ils reviennent sur leurs pas, et, en rentrant à Jérusalem, ils demandent à tous ceux qu'ils rencontrent, s'ils n'ont pas vu cet enfant chéri.

Rien de plus touchant, je dirai même de plus poétique que cette partie de notre contemplation : vous entendrez les questions de Marie, les réponses des passants... Au portrait qu'elle fait de l'Enfant divin, voyez l'admiration, la surprise de ceux à qui elle s'adresse ;... mais ce que vous tâcherez surtout de bien comprendre, ce sont les pensées de Marie et de Joseph, les sentiments de leur cœur, les larmes qui coulent de leurs yeux :... Dolentes quaerebamus.

Ce mot Dolentes renferme en effet tout ce que doit éprouver un cœur qui a perdu Dieu: la douleur, les regrets. Oui; et de quelque manière que vous .'ayez perdu, soit parle péché, qui vous aurait séparé de lui avec violence, soit par la tiédeur qui j'aurait blessé et comme contraint à s'éloigner de vous, soit même que ce Dieu ait feint seulement de se cacher,... c'est avec douleur qu'il faut le rappeler, avec larmes ; mais aussi, et surtout dans ce dernier cas, avec patience... L'empressement

naturel, les découragements vous empêcheraient de le retrouver, de pouvoir même entendre et reconnaître sa voix.

m. Maintenant, où faut-il chercher Jésus, notre Dieu, où pouvons-nous espérer de le retrouver ? Ce n'est pas dans la foule, dans le bruit du monde, dans la dissipation du voyage. Il n'était pas dans la compagnie des autres pèlerins de Jérusalem ; personne n'a pu indiquer où il était... Mais c'est dans le temple de Dieu. C'est là, dans son sanctuaire même et dans son tabernacle, qu'il vous attend et qu'il vous appelle. Magister adest, et vocat te. (Jean, xi, 28.)

Il y a deux sortes de temples où vous pouvez être sûr de le retrouver : le temple matériel et extérieur d'abord, la maison de pierre où il habite réellement, temple fait de la main des hommes. Il y est, il y demeure avec nous et près de nous; toujours nous serons sûrs de le trouver à la même place, à son autel; il ne peut plus fuir, il s'est constitué, pour ainsi dire, prisonnier par amour pour les hommes. Venez donc et ne vous contentez pas de lui faire une visite, ni de prier à l'heure du aacrifice de l'Agneau, mais parlacouimunion sainte, unissez-vous à ce Dieu, et qu'il ne puisse plus vous échapper; que ce soit la victoire de l'a-

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mour, qui dans ce mystère a déjà remporté tant de triomphes sur le Dieu Sauveur : Amor de Deo triumphat. (S. Bern.)

Vous pourrez encore et toujours trouver votre Dieu dans le temple intérieur et sacré de votre àme. Ce sanctuaire n'a pas été fait de main d'homme; mais il est de foi que Dieu y est aussi. — Il suffira de rentrer en vous-même ; il demeure dans cet asile saint, dans ce vrai tabernacle de sa divinité, ourses Anges souvent l'adorent en pleurant. . . Adest^ et vocat te.Wy est, il vous appelle. Au milieu de vous et dans votre sein habite un Dieu que vous ne connaissez plus, que vous avez oublié, délaissé : Médius vesirûm stetit, quem vos nescilis ! (Jean, i, 26.)

Priez le donc, et s'il faisait semblant de ne pas vous entendre, s'il refusait de se montrer et de vous répondre, priez encore, et criez plus fort, c'est-à-dire avec plus de confiance et d'amour, et je vous assure qu'il ne pourra longtemps résister à vos plaintes... il vous dira avec douceur, comme il a dit à sa mère : Et pourquoi me cherchiez-vous ainsi?., pourquoi vous troubler? j'étais là dans votre cœur, et c'est par amour même que je me suis caché quelque temps, et que j'ai gardé le silence.

Courage donc et confiance! mon cher lecteur,

votre Dieu est bien près de vous, Dominus prope est... (Ps. cxLiv, 18.) Oui, il est dans votre cœur; gardez-le fidèlement dans ce sanctuaire, et ne le perdez plus. Mais si jamais vous aviez ce malheur, souvenez- vous des larmes de Marie et de Joseph... cherchez-le avec Marie et Joseph, c'est-à-dire en les invoquant, et vous le retrouverez toujours. Finir cet exercice comme les précédents par un triple colloque à la sainte famille, pour obtenir la grâce, que nous ne devons jamais nous lasser de demander, la grâce de comprendre et de goûter ces enseignements mystérieux de la vie de Sotre-Seigneur Jésus-Christ et de sa glorieuse mère : Une lumière du ciel pour l'intelligence, un attrait d'amour pour le cœur!

Sedes Sopientiae, Domus aurea^ Foederis arca,

Ora pro nohii.

WAZAREin (premier tableau).

Et descendit cum eis et venit Nazareth, et erat subditusillis.

Et Jésus s'en revint avec eux, et rentra à Nazareth, et il leur était soumis. [Luc, ii, 51.)

Ces paroles admirables renferment à peu près trente années de la vie d'un Dieu-homme; et il n'a passé que trente-trois ans sur la terre... Un jour, il avait comme laissé échapper quelques rayons de sa divinité, et dans le temple saint, au milieu des docteurs, il avait paru comme une lumière. Ces sages vieillards, interprètes de la loi, étonnés et ravis, l'écoutaient en silence, ils se demandaient, quel sera donc cet enfant? Lorsque Joseph et iMar ie entrèrent, Jésus aussitôt se leva... Et descendit cum eis... et il s'en retourna avec eux à Nazareth... Et erat subditus illis, et il leur était soumis.

Oh ! malheur à qui ne comprendrait pas la simplicité de ces paroles évangéliques ! malheur à celui qui fermerait sci âme à ces révélations

saintes! Pour nous, à l'imitation de Marie, qui, ajoute le texte sacré, conservait toutes ces choses en son cœur... Et Mater ejus conservabat oinnia verba haec in corde suo (Luc, n, 51), nous allons méditer ces grands exemples. Mais ce ne sera pas assez d'un jour ; il faudra bien en consacrer au moins trois à cette douce contemplation de la vie cachée de Jésus. Vent, et vide.

Venez à Nazareth!.. Nazareth, mais quoi, estce bien dans cette petite bourgade qu'habitent le Fils de Dieu, et Joseph le descendant des rois, et Marie, fille de David !... A Nazareth poîest aliquid boni esse! (Jean, i, 46.) Est-ce qu'il peut y avoir quelque chose de bon dans une pareille cité? Oui, c'est ici, Veni, et vide. — Voyez -vous cette pauvre maison, cette espèce d'atelier?., c'est ici même que demeure la sainte famille... Prosternez-vous àla porte; regardez attentivement ces merveilles de la vie cachée d'un Dieu votre Sauveur, et apprenez, dans cette étude mystérieuse, à connaître, à imiter ses vertus.

Toutes les vertus en effet sont à Nazareth ; mais ce qui frappe le plus, au premier regard, c'est la pau vretéde cette maison.... Cependant, comme déjà nous l'avons admirée à la crèche, il faudra nous attacher à une autre considération... A Nazareth on obéit f on prie y on travaille,». Dans ces li ois mots

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le saint Évangile nous a donné le sujet de nos trois contemplations; nous allons le suivre; et la première sera sur l'obéissance de Jésus. Nous tâcherons d'apprendre P à la connaître, II" à l'aimer et à l'imiter.

Frat subditus — Il obéissait. . . Quis ?. . Quibus?... Quomodo?.. s'écrie saint Bernard. Qui donc?., et à qui? comment? Deus hominibus... un Dieu aux hommes : Disce,homo^obedi7'e...pulvis obtemperai-e : apprenez,ô hommes, à obéir. . . cendre et poussière, apprenez à vous soumettre. Quoi ! un Dieus'himiilie, et vous osez vous élever! un Dieu obéit aux hommes, et vous refusez d'obéir à votre créateur I Mais il faut reprendre et méditer chaque parole du saint Docteur, JDendant que vous allez continuer en silence le travail de la contemplation.

Quis? Qui donc obéit? C'est le Dieu tout-puissant et éternel... Celui qui a commandé au néant, et le néant a répondu à sa voix. Celui qui commande aux Anges, et ils se soumettent en tremblant,., celui qui commande au ciel, et tous les astres en silence marchent à son ordre, et suivent la ligne qui leur est marquée dans l'espace. — Quis? Celui qui commande à la mer, 9\ elle retombe en frémissant dans les abîmes, quand elle

voit le grain de sable que la main du Seigneur a touché, comme la limite de ses eaux furieuses. — Quis ? Celui qui commande à la mort, et elle frappe les rois... C'est lui ! Et ce grand Dieu, ici, à Nazareth, il n'a qu'à obéir. Joseph a toute l'autorité 'lans cette petite maison, puis la Vierge- Mère... mais l'Enfant, le Dieu n'a qu'à obéir. 11 n'est même venu sur la terre que pour cela; et il l'a appris dans la douleur, dit saint Paul. Didicit ex lis qtiae passus est obedicntiam. (Hebr., v, 8.) Voyez-le donc, contemplez ce Dieu. Fi^at suhdit us!

Quibus?.. à qui? mais il obéissait à Joseph, à Marie, à tout le monde enfin... Ah! dira peut-être un lecteur pieux, mais encore peu habitué à ces sortes de contemplations, il ne devait pas être difficile d'obéir à Joseph : cet homme juste ne pouvait jamais commander que des choses faciles et raisonnables. Obéir à Marie, que cela devait être doux! elle disait : Venez, mon enfant, et

Jésus se jetait dans ses bras Mais pensez donc

k la vie de ce Dieu, vous verrez qu'il a toujours obéi, et à tous encore une fois. Quand il allait travailler à la journée avec Joseph dans la maison de quelque riche pharisien, et qu'il était aux ordres de ces hommes fiers et dédaigneux, et qu'on lui parlait avec hauteur; il obéissait en-

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core ; et lorsque les soldats et les bourreaux lui commanderont de se coucher sur la croix pour mourir, et de donner ses mains pour être percées par les clous, il obéira encore, et toujours. Contemplez donc votre Dieu, Ernt subditus, et apprenez à obéir, Disce, homo, obedire.

Quomodo? Comment? — Ce mot renferme deux idées principales. Comment, c'est-à-dire de quelle manière, et puis en quoi obéissait ce divin Sauveur. Et d'abord de quelle manière, ou avec quelle fidélité et quelle perfection : fidélité pour l'exactitude, et perfection pour les vues sublimes, les intentions divines de tous ces actes. Ainsi fidélité pour l'accomplissement de tout ce qui lui était commandé; mais avec promptitude ; tout était fait dans le temps indiqué, dans le lieu même, dans la forme qu' avait été prescrite et avec une soumission absolue d'esprit et de cœur. C'est ce que les auteurs qui traitent de la vie religieuse appellent une obéissance aveugle Un

Dieu! Erat subditus... Disce, homo, ohedirel..

Mais avec quelle perfection de vues et d'intenrion ce petit apprenti, ce pauvre artisan de Nazareth, ce Dieu devait-il obéir! Tout nous a été révélé par le cantique des Anges, au moment de sa naissance: Gloria in excelsis Deo, et in terra pax... Il obéit pour réparer la gloire de son père ou-

tragé par les révoltes de l'homme ; mais aussi pour obtenir le pardon à l'homme devenu son frère, et qu'il sauvera par le mérite infini d'une soumission si parfaite, et par l'exemple de sa divine obéissance... Disce, homo, obedire!

Et maintenant quels pouvaient être les actes d'obéissance de ce Dieu, je dis les actes les plus ordinaires, ou en quoi obéissait-il ; plus simplemont encore : Qu'est-ce que à Nazareth on devait lui commander? C'est ici que la contemplation pour les âmes simples et intérieures deviendra infiniment douce. On entrera dans les plus petits détails avec ravissement, et le cœur se nourrira avec délices au milieu des scènes les plus touchantes de la sainte Famille.

L'Enfant-Dieu faisait tout ce qu'on lui disait, Erat subdiius... Aller, venir, fermer une porte, ouvrir la fenêtre, apporter un outil à Joseph; l'aider, comme il pouvait, à son travail ; par exemple, à tracer une ligne droite sur une planche que celui-ci devait scier ; ramasser et mettre à leur place quelques éclats de bois mettre de l'ordre, entretenir la propreté dans l'atelier Frat

suùdiius!.... Et voilà la vie d'un Dieu pendant trente ans! Disce, homo, obedire î'Ei il ne fera qu'obéir jusqu'à la mort de la croix. Factus obcdiens usque ad mortem.., crucisl (Philip., ii, 8.)

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II. Qirest-ce donc que Tobéissance? quelle est cette vertu si belle, qu'elle a charmé le cœur de Dieu, et si puissante, qu'elle donne un mérite infini à toutes nos actions, et qu'elle assure la victoire même de l'éternité ?... Oui, l'obéissance sem ble avoir charmé le cœur de Dieu, au point de /attirer sur la terre. Comprenons bien cette pensée. Un Dieu ne peut pas obéir; souverain maître de toutes choses, il commande au ciel et sur la terre, et cependant, du haut de son trône de gloire, il voyait ici-bas une vertu qui le ravissait, et il a voulu l'avoir, la posséder; il est donc descendu parmi nous, et, à dater de ce jour, il n'a fait que cela dans le monde, obéir, apprendre à obéir, acquérir par la douleur la vertu d'obéissance, et cela afin de nous apprendre nous-mêmes à (jbéir, et pour nous sauver par ses exemples.

Or la science de la divine Théologie nous enseigne que par un seul de ces petits actes de soumission et d'obéissance, Notre-Seigneur Jési^- Christ sauvait réellement le monde et réparai' d'une manière adéquate l'outrage que le péché fait à Dieu ; mais de telle sorte qu'un seul de ces actes suffisait pour la Rédemption de toute U terre. La raison est que cet acte d'un Dieuhomme a un mérite infini, et surpasse par conséquent toute la malice et le désordre de nos

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révoltes contre le Ciel. Tout le reste de sa vie et de ses souffrances sera l'excès de son amour: ainsi une seule goutte de son sang aurait purifié mille mondes ! et il a voulu tout donner, jusqu'à îa dernière goutte, par amour pour nous : Etco- ■pioi^a apvd eicni redemptio. (Ps. CXXÎX, 7.)

^Mais il faut méditer et tâcher de comprendre les conséquences de cette pensée par rapport à nous. Elle touche au principe, qui seul détermine le mérite réel de nos actions devant Dieu, et pour notre fin, qui est de le glorifier en faisant notre salut. C'est donc la pureté d'intention, c'est la charité surtout qui donne, règle et mesure ce mérite surnaturel de nos œuvres et la gloire de l'éternité. Tâchons de hien sanctifier tous les actes de la vie commune et ordinaire, et nous ferons heaucoup pour cette fin; nous honorerons Dieu, et non-seulement nous sauverons "notre âme, mais nous pourrons travailler au salut des iuU'es.

0 fatale illusion! aveuglement déplorable! il n'est pas rare de voir des chrétiens qui néghgent ces premiers, ces essentiels devoirs de la vie : ce qu'ils appellent les petites choses!.. Et que pouvons-nous donc jamais faire de grand pour notre Dieu? que pourraient faire tous les efforts des hommes réunis? Eh bien! quand ils parvien-

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(iraient à faire ou créer un soleil de plus, je suppose 1... mais qu'est-ce que cela pour un Dieu, qui pendant toute l'éternité et à chaque heure de réternité, par un seul acte de sa volonté, pourrait créer des mondes et des milliers de soleils plus beaux que celui qui nous éclaire!..

C'est donc l'amour, la soumission du cœur dt l'homme que Dieu demande ; voilà ce qui ie glorifie !.. Que l'homme obéisse à la loi de son créateur ; qu'à l'imitation de Jésus, il sanctifie par cette divine vertu tous les actes de sa vie ordinaire; et il s'élèvera dans la sainteté, dans la perfection de toutes les vertus ; il finira par remporter la grande victoire, qui assure le bonheur et le triomphe glorieux de l'éternité. Vir obediens loque tur victoriam. (Prov., XXi, 28.)

Qu'il m'est doux d'adresser ici une parole directe à ceux de mes lecteurs qui semblent se rapprocher, par leur condition, de la vie cachée de Jésus!.. Car enfin, quoiqu'il soil vrai de dire que tous les hommes sur la terre ont à obéir, doivent obéir; il y en a pourtant qui paraissent n'avoir que cela à faire, comme Jésus-Christ; et je les félicite de tout mon cœur; car ils sont bien plus près du Ciel. Ce sont les enfants, les serviteurs, les ouvriers et les soldats... L'apôtre saint Paul leur dit ce mot seulement, et il suffit . Obéis-

sez, Obedite, soyez soumis, Subditi estote,., faites ce que l'on vous dit... et vous iionorerez, vous glorifierez Dieu; vous sauverez votre âme. Mais obéissez comme à Dieu, en vue de Dieu, pour son amour. Cette vertu sera pour vous la source du bonheur, même surla terre, et le trésor de tous les mérites au ciel. Oh! mille fois heureux ceux qui sauront cela, et qui le feront! Ils seront grands et puissants dans l'éternité.

Cet exercice doit se terminer par trois colloques, et dans cet ordre, à Joseph d'abord, Reddite eut honorem, honorem (Rom., xni, 7.) C'est lui qui a toute l'autorité dans cette petite maison de Nazareth ; puis à Marie, mère de Jésus, et enfin à ce divin Enfant lui-môme, à ce pauvre ouvrier, à cet apprenti... El dans ce colloque, vous demanderez les deux grâces ordinaires : de pouvoir comprendre et de commencer à aimer les vertus cachées, mais surtout l'obéissance, de Nazareth.

Sancte Joseph^ ) , .

o , rx • -^ ' ^'^^ P^o nobts,

oancta Dei genitnx, )

/esu obedientissime , Miserere nobis.

«AZARETU (deuxième TÂBLEAD).

Nonne hic est faber^ filim Mariae ?

Nonne hic est fobri filih^?

Est-ce que cet ouvrier n'est pa; le fils de Marie? — N'est-ce pas le fils du charpentier ?

[Marc, Ti, 3 ; Maith., xui, 55.

Jésus était entré, depuis quelques jours, dans la carrière de sa vie publique; il venait de parler ai peuple, et la foule étonnée de la beauté de ce discours ne pouvait s'expliquer où et comment il avait appris ces choses merveilleuses... Mais, dit quelqu'un, est-ce que ce n'est pas là cet ouvrier que nous connaissions tous, le fils de Marie enfin? — et un autre : N'est-ce pas le fils du charpentier Joseph? C'est qu'en effet Jésus n'avait fait que cela pendant trente ans, il avait comiiiencé son apprentissage dans l'ateher de Joseph, puis il était allé avec lui travailler à la journée dans les maisons de la ville... et il passait pour son (ils : Et putabatur filius Joseph. (Luc, m, 23.)

Nous allons donc revenir à Nazareth, pour y

contempler de nouveau la sainte Famille : il est si doux de voir ainsi Jésus, Marie, Joseph. Tous les trois ne cessaient de travailler dans cette pauvre maison. C'était bien une nécessité, sanjdoute; mais aussi quelle vertu, et comme ce travail était sanctifié par l'amour !

Aujourd'hui encore, nous nous tiendrons humblement à genoux, à la porte de cet atelier, et nous regarderons avec attention, pour bien profiter des cxeiiiplcs qui iiuii^^ ^eruliLliollnés.

Et que personne ne dise que cela est petit; car ce serait une preuve sensible que le lecteur n'a pas compris un mot des premières leçons de la vie cachée de Jésus-Christ... Ce serait la preuve que son esprit et son cœur même sont encore pleins d'orgueil, et qu'il a plus besoin que tout autre d'aller à Nazareth, pour apprendre à s'humilier, s'il veut se sauver. Ce serait la preuve enfm qu'il n'a pas bien fait ses trois colloques, et qu'il n'a pas été exaucé.

Il y aura encore dans cet exercice deux parties. \° Nous ferons d'abord la contemplation môme du travail à Nazareth, avec quelques réflexions bien simples. il° Et pui^ nous tâcherons de tirer quelque fruit pratique de ce que nous aurons vu.

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