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Il serait difficile de trouver deux versets dans le Testament divin, qui renferment aussi bien
toute la pensée de l'exercice de ce jour; car nous allons considérer Joseph comme le protecteur des chrétiens dans la maladie, au jour des tribulations et de la douleur. C'est alors surtout qu'il faut à l'homme un appui, un secours ; mais il le trouvera dans la protection de saint Joseph : c'est lui qui le délivrera de la mort, et le prémunira contre les dangers de cette lutte suprême. Il n'abandonnera jamais sans consolation, sine adjutôrïo, 1 malade qui a recours à lui, mais il le préservera du mal et le fera triompher de tous ses ennemis : de perditione, et de tempore iniquo.
Deux pensées: I. Considérer ce qu'il faut à ceux qui souffrent, aux malades. — II. Prouver qu'ils le trouveront toujours par l'intercession de saint Joseph.
I. La maladie est certainement un don de Dieu, comme la santé, et, même dans un sens, plus que la santé, puisque c'est l'action directe du Seigneur qui trouble ainsi pour un temps l'harmonie de nos facultés ; c'est sa main qui touche à ces ressorts admirables de la vie, et qui peut-être va les briser pour toujours. Mais si la maladie est un don du ciel, elle est aussi une épreuve terrible, et il y a beaucoup
d'hommes qui succombent dans cette lutte.
Nous allons voir d'abord quels sont les dangers, qui aloi senvironnentet menacent les âmes, et de quelles grâces toutes particulières on a besoin pour en triompher. Un peu de réflexion suffira pour nous éclairer sur tous ces points, l'expérience d'ailleurs nous en aurait bientôt instruits.
1° Le premier danger, c'est le découragement. On se laisse facilement abattre. Il y a entre l'âme et le corps une si parfaite union, une dépendance si grande, qu'elle s'afflige de ses souffrances, et perd ses forces en même temps que lui et dans la même proportion. Quelquefois, c'est l'excès de la douleur qui l'énervé ou l'irrite, et, plus souvent, c'est la durée de la maladie qui l'attriste ou la désespère. Ceux qui n'ont jamais souffert, ou qui n'ont que bien rarement été malades dans le cours de la vie, sont encore plus exposés que les autres, et se laissent plus facilement décourager à cette épreuve. S'ils parviennent à triompher de ce premier danger, il est bien rare qu'ils ne succombent pas au second, dont nous allons parler.
Le deuxième danger pour une âme, dans la maladie, c'est la tristesse; elle en a tué beaucoup, dit la sainte Ecriture : Multos entra occidit
tristitia (Ecci. xxx, 25); mais c'est surcut au jour de la souffrance... Il est certain que le chagrin nuit singulièrement à la santé, contrarie, empêche l'efficacité des remèdes, et que souvent ii a causé la mort, contre toutes les prévisions des hommes de la science. On peut affirmer que, dans les mêmes circonstances, dans la même maladie, avec les mêmes remèdes, là où un sujet qui se laisse aller à la tristesse et s'abandonne à la mélancolie, succombera; un autre qui aura conservé la paix, la joie de son caractère, triomphera facilement. Nous le voyons tous les jours, nous prêtres de l'Église, que notre ministère appelle, comme les médecins, auprès du lit de la douleur, et il n'est pas rare que notre présence, qui donne toujours la paix et cause une joie véritable au malade, lui rende aussi la santé et la vie.
Jeu';! jouterai plus qu'un seul mot sur ce danger : l'expérience même nous a révélé que c'était surtout dans les maladies intérieures, que l'âme était plus portée à s'attrister. Quand la cause du mal est secrète, et que les plaies sont cachées, on s'affecte plus facilement, on se décourage J»ien plus que dans le cas où loi, peut en suivre la marche, ou constater les progrès' de la guérison. C'est donc alors qu'il faut lut-
ter avec plus d'énergie et de constance ; alors aussi que les personnes, qui sont auprès des malades, doivent faire tous leurs efforts pour les consoler et les égayer par des paroles pleines d'affection, par de pieux et joyeux propos, et même par la vue des fleurs, en un mot, par tout ce qui peut distraire et réjouir l'âme; c'est le conseil des saints.
Le troisième danger, c'est l'impatience, qui va quelquefois, dans un pauvre malade, jusqu'à la plainte et le murmure, soit contre le mal, soit contre ceux qui le soignent, soit même contre Dieu. Le lecteur intelligent comprendra bien que nous ne voulons pas ici condamner les gémissements arrachés par la douleur, ni défendre ou interdire même les cris à ceux qui souffrent. Loin de nous celte pensée; non-seulement il n'y a pas de faule à exhaler ainsi ses plaintes, mais il faut plutôt engager les malades à ne pas se contraindre, puisque c'est un véritable soulagement et qu'il n'y a rien là de contraire à la vertu de soumission, de résignation pai faite à la divine volonté. J'ai souvent prié moi-même de pauvres enfants de ne pas se gêner devant moi; je les engageais doucement à se plaindre dans le moment de leurs crises, et quand les douleurs devenaient plus cruelles et plus aiguës;
mais je tâchais que leurs cris devinssent une sorte de prière ; je leur suggérais de dire : 0 mon Dieu... ayez pitié de moi... oh! que je souffre!... Par ce moyen, non-seulement vous préviendrez les impatiences, mais vous adoucirez la souffrance et vous ramènerez peu à peu le malade à la pratique des vertus les plus nécessaires dans ces jours d'épreuves.
2° Mais quelles sont donc les grâces nécessaires dans ces circonstances? La raison et la foi nous apprennent que dans l'état de maladie, le chrétien a surtout besoin de deux grâces bi'en spéciales : la force et la confiance. Nous verrons en effet que tout peut se résumer en ces deux mots; car si la force donne la patience au pauvre malade, la confiance lui donnera l'amour, et même la joie ; d'où je conclus de suite que ces deux vertus suffiront toujours, pour lui faire éviter les dangers dont nous venons de parler.
Commençons par la vertu de force. Elle vient de Dieu, de Dieu seul : tues, Deus^fortitudomea; et le premier effet de cette grâce dans une âme sera de la prémunir contre les faiblesses et les langueurs du découragement, de la préserver des excès de la tristesse. Mais le fruit principal de celte belle vertu est la patience, d'après aaint Thomas d'Aquin... La force, dit-il, souffre
502 YIM.T-CINQUIÈME JOUR.
avec un grand calme et sans se plaindre : sustinet ; elle garde la paix dans le cœur au milieu des plus atroces douleurs, et elle triomphe du mal par la patience même : sustinet et agtjreditur.
Mais c'est par la prière seuTement que l'on peut obtenir du Ciel celte grâce de force, ce don de l'Esprit-Saint. Le malade devra donc surtout recourir au Seigneur, et lui demander avec humilité, — ou de diminuer des souffrances qu'il ne peut plus supporter, — ou d'augmenter sa force et sa patience, afin qu'il puisse encore souffrir davantage pour sa gloire et pour son amour. Les saints amis de Dieu nous ont laissé la pensée, et, pour ainsi dire, la formule même de celte prière, pour le temps de la maladie.
La seconde et la plus précieuse grâce aux jours de la souffrance, c'est la confiance; et, pour nous en rendre la pratique plus facile et plus douce, il faut nous rappeler que Dieu est noire Père, qu'il ne peut rien nous arriver sans son ordre ou sans sa permission, que toujours il se propose de tirer le bien du mal pour ceux qu il aime. Touchée de ces belles vérités de la foi, et déjà pleine d'amour pour son Dieu, l'âme tidèle, non-seulement évitera les murmu-
res et les désespoirs, mais elle s'abandonnera pleinement à la conduite de son Père céleste : parfaitement soumise à sa volonté sainte, elle goûtera'la paix, elle souffrira avec espérance; que dis-je, avec une sorte de joie, et dans ce sentiment elle dira, comme le grand artisan de la gloire de Dieu par ses douleurs, le prophète Job : Artifex glorise Dei, Job (Tert.) : Oui, quand il me tuerait, j'espérerais en lui, et je l'aimerais : Etiam si occïderit me, in ipso sperobo (Job xiii, 15). — Ainsi la confiance adoucira toutes nos douleurs, et l'amour nous rendra les croix et la mort même infiniment aimables.
Mais, hâtons-nous de le dire, c'est surtout à la puissante intercession de saint Joseph que nous devrons ces grâces; c'est lui qui est îe protecteur des malades; et nous allons le méditer dans la seconde partie de cet exercice.
II. Deux faits principaux révèlent la protection de saint Joseph dans cette épreuve : sa puissance s'exerce directement contre la maladie, et en faveur des malades. Il combat le mal; il guérit et sauve ceux qui en sont atteints.
1° Pour la maladie d'abord, ou bien il en préserve ses fidèles serviteurs, ou bien il en adoucit les rigueurs pour ceux qui r invoquent;
deux faveurs singulières dont nous allons donner les preuves en peu de mots.
// préserve. Je pourrais citer ici un grand nombre de miracles authentiques, la plupart rapportés parle pieux et savant P. Patrignani; entre autres ce qui arriva en 1658, pour la ville de Lyon, qui a été préservée de la peste par un vœu solennel fait en l'honneur de saint Joseph. La ville de la sainte Vierge a été sauvée de la mort par l'intercession de son glorieux époux.
J'aime mieux signaler un fait plus récent, et de nos jours. Je me garderai de le qualifier : on n'y verra pas un miracle, si on veut, mais on ne pourra s'empêcher au moins d'y reconnaître la preuve d'une protection admirable de ce grand Saint, sur ceux qui l'invoquent. Depuis la fondation de l'Association de la Bonne-Mort dans notre Église, Association dont il est le protecteur spécial, déjà deux fois le choléra-morbus a fait invasion sur la ville de Paris, et il a frappé bien des victimes, mais il semble que ce tléau ne puisse atteindre aucun des membres de cette pieuse confrérie, puisque, de fait, à peine si nous avons eu quelques décès à déplorer ; ce n'est pas un sur dix mille 1
// adoucit singulièrement les souffrances de
la maladie pour ceux qui ont recours à lui avec confiance, par les grâces célestes d'espérance et d'amour, et par les vertus de force et de patience qu'il leur obtient. C'est encore un fait dont nous avons été plus d'une fois témoin, et on en peut lire la preuve touchante dans les Annales de l'Association dont j'ai déjà parlé. Elles contiennent le récit simple et authentique de la mort de ces pieux et fidèles serviteurs de saint Joseph, et on y voit à chaque page des marques sensibles de la protection de ce grand Saint. Son nom seul, répété avec celui de Jésus et de Marie, a paru charmer les plus cruelles douleurs, diminuer les horreurs de la mort, et quelquefois même guérir soudain la maladie et dissiper tout danger.
2° Pour les malades. — Oui, souvent ce bon saint les a guéris, quand on lui a demandé cette grâce, et qu'elle pouvait être utile à ceux qui sollicitaient cette faveur. Vous en trouverez mille exemples dans le livre déjà cité de Pa* trignani, et dans celui du P. Lallemant. — On publie depuis plusieurs années un journal qui recueille avec soin les récils des miracles opé-1 rés par notre glorieux Protecteur, et parmi ces prodiges, on remarque souvent des guèrisons inexplicables aux yeux de la science. Pour ce
50G YING1 -CINQUIÈME JOUR.
qui nous concerne personnellement, nous pourrions produire ici, comme clans l'exercice du jour précédent, une foule de lettres des associés de la Bonne-Mort, qui attesteraient la puissance de saint Joseph et sa bonté. Ces documents précieux, je l'ai dit, sont conservés avec soin dans nos archives, et seront peut-être un jour publiés pour l'édification de tous, et pour la gloire de saint Joseph.
Il m'est pourtant impossible de ne pas dire en un mot ce qui se passait au Jésus, pendant la neuvaine de 1866... Mais je le répète, sans prétendre qualifier ce fait, sans assurer qu'il y a là un miracle. Nous ne sommes pas juge, mais simple témoin. Le troisième jour, dans une réunion très-nombreuse de l'Association, le Directeur parlait de la confiance avec laquelle il faut invoquer saint Joseph; il venait de dire qu'aux pieds de sa statue on pourrait obtenir des miracles, quand on voudrait, qu'il n'y avait qu'à prier et espérer. En ce moment, une personne présente fixe ses regards sur l'image de notre glorieux et puissant Protecteur, et elle disait en elle-même : Nous allons bien voir si cesî uraï, ôbon saint Joseph, guérissez-moi! Et à 1 instant, elle fut guérie d'une maladie terrible qui, de l'avis des plus habiles médecins, devait
la conduire en peu de temps au tombeau. Rien de plus simple et en même temps de plus touchant, que la lettre par laquelle le lendemain, celte personne, nommée Elisabeth Valenlin, rendait compte de cette guérison. Et l'année suivante, à la date du même jour, le troisième de la neuvaine du Patronage, elle en écrivait une seconde au Directeur de l'Association, pour le prier de remercier encore saint Joseph , et elle assurait que, depuis le jour où elle avait été si bien guérie, elle n'avait pas ressenti la moindre atteinte de ce mal cruel.
Il nous resterait encore à dire comment saint Joseph secourt les malades eux-mêmes jusqu'à la fin, et quelles grâces il leur obtient du Ciel ; grâces bien autrement précieuses que la guérison du corps, puisque la vie de l'âme en dépend, et son salut éternel ; c'est la grâce décisive d'une bonne et sainte mort. Oui, qu'elle soit subite ou non, elle ne peut jamais être que très-précieuse aux yeux de Dieu, pour les serviteurs fidèles de saint Joseph... Mais, c'est là une question trop importante, pour ne pas lui réserver un jour tout entier de méditation, et nous allons garder ce sujet pour l'exercice de demain, où nous devons considérer saint Joseph comme le protecteur spécial des mourants.
508 ¥I3GT-CÏKQIJÏÈ!IE JOUR.
Nous terminerons celte lecture par une prière fervente à saint Joseph, pour tous les malades, principalement pour ceux qui ont le plus grand besoin de son secours, et qui ont eu pour lui une plu-; tendre dévotion. On trouvera à la fin de ce livre beaucoup de prières; il y en a poux* toutes les intentions ; celle des malades nous a paru une des plus belles, et, si nous prions pour eux, nous pouvons espérer qu'un iour aussi on priera pour nous.
Prolector meus et cornu salutis mese, et susceptor mens, — lai.dans iniocabo... et ab inimitié meis salmis ero.
Vous êtes mon protecteur, mon
espérance de salut, mon défenseur,..
je vous invoquerai avec confiance,
et je serai délivré de mes ennemis.
(Ps. xvin, 3. -i.)
Toici le plus beau sujet de nos méditations; la grâce la plus importante de toutes, celle qui décide du salut, d où dépend notre éternité. Nous voulons parler de la grâce d'une bonne mort, de la protection de saint Joseph sur ses fidèles serviteurs, en ce moment suprême. Oui, tout est là : bien mourir, mourir dans la grâce, dans l'amour, en prédestiné des Cieux.
0 saint Joseph ! sauvez, sauvez ceux qui doivent mourir en ce jour, ceux qui meurent en ce moment ! Erue eosqui ducuntur ad mortem (Prov. xxiv, 11).
0 bon saint Joseph, puis-je espérer que vous
prierez ; uir moi au dernier jour de ma vie, a ma dernière heure !... Oui, je veuxgarder cette espérance dans mon cœur, et quand déjà jecommencerais à entrer dans les ombres de la mort, je ne craindrais rien, parce que vous seriez, parce que vous êtes avec moi! Si ambulavero in medio umbrx mortis, non timebo mala, quoniam tu mecum es Ps.'xxn.
C'est à la mort surtout que saint Joseph est le protecteur de ceux qui espèrent en lui : Protector est omnium sperantium in se (Ps. xvn,31). Nous donnerons trois preuves de cette proposition : une preuve de droit, une preuve d'autorité, une preuve de fait.
I. Preuve de droit divin, ou raison théologique. Ici L'espérance du chrétien se fonde sur la plus sainte des convenances religieuses. C'est un fait que Dieu honore ses saints dans le ciel, en leur attribuant une certaine partie de sa puissance, et en leur communiquant le don de ses grâces, mais de grâces spéciales et le plus sou- I en rapport d'analogie avec celles qu'ils avaient eux mêmes reçues de lui, pendant les jours de leur pèlerinage. Nous avons déjà eul'oc- <u de faii e idusieurs fois cette remarque dans le côuis du mois; et l'on peut dire que toutes
SA\i*ï JOSEPH PROTECTEUR DES MOURANTS. 311
les dévotions particulières aux saints, se tondent sur ce principe d'analogies spirituelles de vertus, de grâces ou de mérite.
Cela posé, il nous semble que c'est surtout à l'heure de la mort que nous devons espérer la protection de saint Joseph, et je ne crains pas d'assurer, qu'entre toutes \es grâces dont le Seigneur a voulu le faire comme le trésorier et le maître, c'est principalement celle d'une bonne mort, qu'il doit obtenir à ceux qui auront recours à lui.
N'a-t-il pas eu en effet la plus douce, la plus saLlj de toutes les morts?... Entre Jésus et Marie, sous les yeux mêmes de la Vierge immaculée sa glorieuse épouse, entre les bras de Jésus, qui lui donnait le doux nom de père! N'est-ce pas mourir dans le ciel? Contemplez un instant ce tableau de saint Joseph rendant le dernier soupir : Marie prie et pleure auprès de lui, à genoux, et les yeux fixés sur ce noble visage déjà couvert des ombres de la mort... Et Jésus d'une main soutient la tête vénérable du mourant, et de l'autre il le bénit, et lui montre les Cieux..* Entre toutes les morts, c'est la plus sainte, la plus douce, la plus précieuse, comme dit le prophète : Pretiosa in conspectu Domini mors sanctorum ejus!...(?s. cxv, 15). Heureux, mille
fois heureux ceux qui meurent dans le Seigneur : Beati mortui qui in Domino moriuntur (Apoc. xiv, 15). Mais vraiment, il n'y a que Joseph qui soit tout à fait moit dans le Seigneur, près de lui, soutenu, encouragé, béni par le Seigneur Jésus.
II. Preuve d'autorité. — C'est pour ces raisons que de tout temps, et dès les premiers âges de la loi, on invoquait saint Joseph comme lepatron de la bonne mort. Un grand nombre de saints docteurs lui ont donné ce nom, et se sont plu à reconnaître en lui ce glorieux privilège.
L'Église, dans ses prières les plus belles, s'adresse à saint Joseph pour obtenir cette grâce d'une bonne et sainte mort. On en trouvera plusieurs formules dans la seconde partie de ce petit ouvrage.
Mais ce qui nous fait encore plus particulièrement connaître la pensée de l'Église sur ce point, c'est que toujours et partout elle a donné saint Joseph pour patron aux pieuses Associations dites de la bonne mort, c'est-à-dire à tous ceux de ses enfants qui, dans leurs prières, s'unissent de cœur poui obtenir du Ciel cette :ri àce, la plus précieuse de toutes, puisqu'elle nous assure le bonheur éternel. C'est lui qui
est le prolecteur spécial detoutes ces confréries, approuvées par le Saint-Siège et enrichies de nombreuses indulgences parla plupart des Pontifes romains, vicaires de Jésus-Christ sur la terre et, en cette qualité, nos maîtres dans la foi.
III. Preuves de fait. — Nous en avons de deux ordres. D'abord un fait général, universel, qui embrasse tous les siècles et tous les peuples de la terre; et puis une série de faits particuliers, plus récents et de nos jours, je dirai même un fait permanent, que nous avons vu mille fois, et que chaque jour nous touchons pour ainsi dire de nos doigts.
Le fait général, c'est l'ensemble môme de tous ces prodiges de grâces obtenues à la mort par l'intercession de saint Joseph, depuis le commencement de l'Église. Ce fait se révèle à chaque page de ses annales. Les archives des ordres religieux sont remplies des exemples admirables de la protection de ce grand saint sur les serviteurs de Dieu, à l'heure de mourir. La vie des saints est pleine de ces mêmes récits.
Pour les pauvres pécheurs, ce sont des grâces de conversion, mais des grâces miraculeuses à cette heure suprême, et obtenues, tantôt par la
314 VfNGT-SIXItME JOUR.
fervente prière d'une mère, d'une épouse, ou d'un enfant, et tantôt par la seule invocation du nom de saint Joseph, de la part d'un malade à l'extrémité.
Pour les âmes justes, ce sont des grâces de consolation, des sentiments de confiance toute filiale, d'amour pur ou de joie céleste. D'après le témoignage de saint Jérôme, la vierge Marie vient, à l'agonie, chercher ses enfants, pour les conduire au Ciel : pourquoi craindre d'assurer que saint Joseph descend aussi de la gloire et vient consoler ses fidèles serviteurs? au moins qui pourrait nous empêcher de l'espérer? Nous en avons vu de nos yeux plusieurs, qui paraissaient si heureux en ce moment, et qui répétaient avec tant de confiance le nom de ce grand et puissant Protecteur, qu'on ne pouvait s'empêcher de croire qui! se passait là quelque chose d'extraordinaire. Quelques-uns même ont dit positivement et répété avec des larmes de bonheur, qu'ils voyaient ce bon Saint, qui les appelait et qui les bénissait. Il y en a bien des exemples dans le livre des Annales de l'Association de la Bonne-Mort, et rien ne pourra nous prouver que cev âmes étaient dans le délire; qu'elles se trompaient, bien moins encore qu'elles voulaient nous tromper. Et je me trouve ainsi tout natu-
SAINT JOSEPH PROTECTEUR DES MOURANTS Mb
Tellement amené à parler ici de ces exemples d'une protection particulière et de ce que j'ai appelé un fait permanent, dans les associations établies en l'honneur de ce grand Saint, et pour obtenir cette grâce d'une bonne mort.
Oui, c'est un fait incontestable, un fait qui se renouvelle sans cesse dans ces pieuses confréries. Ceux qui en font partie peuvent espérer le puissant secours de saint Joseph, pour cette heure solennelle et décisive de leur éternité. Depuis bien des années déjà, nous ne connaissons pas une niort de ces pieux associés, qui puisse nous causer de l'inquiétude. Quiconque voudra lire avec attention le recueil de ces pièces authentiques et que nous oserions appeler officielles, puisqu'il n'y a pas un détail, pas un seul mot ajouté à ces lettres, en sera convaincu comme nous. Est-il possible de dire quelque chose de plus glorieux pour saint Joseph? de plus consolant pour ses enfants? Leur mort est toujours précieuse ; il leur obtient toujours cette grâce.
Ouvrez et lisez. Il y en a qui ont été frappés subitement; oui, plusieurs même, car ce genre* de mort étant plus fréquent de nos jours, ces exemples n'ont pas été plus rares dans notre association qu'ailleurs; mais toujours c'étaient
des âmes pures et ferventes, qui étaient ainsi appelées par le Seigneur... et nous n'avons pu jusqu'à présent trouver une seule exception. La notice ajoute quelquefois... Mais c'était un excellent chrétien, mais il avait communié le jour même... ou quelques heures avant d être frappé... Je pourrais en citer bien des exemples, quedisje, tous vraiment, puisqu'il n'y a pas une seule exception dans les deux volumes d'Annales1.
Plusieurs sont morts doucement, et, comme ils l'avaient désiré et demandé, le jour même de la fête de Saint-Joseph leur protecteur, le 19 mars, ou le jour de son patronage; on peut encore voir ces détails dans les deux volumes des mêmes Annales, pour les années 1860-1 866*.
Mais c'est surtout dans l'invocation du nom de saint Joseph, que la plupart ont trouvé la force, la paix et la joie. Les uns se réjouissaient à la vue de son image vénérée, et ne pouvaient se
4 Au premier volume , vovez pages 46, 47, 59, 406, 1U, 165, 170, 175, 178, 179, 183, 187, 195, etc.
Au deuxième volume, voyez pages 4, 25, 59, 46, 61, 10G, i;>8, 162, etc., etc.
- Premier volume, voyez pages 44, 45, 165, 174.
Deuxième volume, voyez pages 51, etc.
Le troisième volume ne tardera pas à paraître,) t il donnera encore un plus grand nombre de ces exemples louchants de la protection de notre bon saint Joseph.
lasser d'y coller leurs lèvres, comme pour y laisser leur dernier soupir; les autres, la tenant dans leurs mains, y fixaient avec amour leur dernier regard. Quelques-uns ont demandé à garder sur leur cœur cette image précieuse après leur mort, et ont voulu l'emporter dans la tombe. On trouvera encore ces détails dans le livre des Annales de l'Association, et rien ne prouve mieux que ces faits la vérité de la proposition de cette méditation : saint Joseph est le véritable protecteur des mourants.
Je ne puis résister au plaisir d'en citer au moins un trait. Ces jours derniers (juin 1867;, un des plus dignes magistrats de la première cour de Paris, en proie à des douleurs si cruelles que l'on pouvait bien croire que c'était l'agonie môme de la mort, répétait dans ses souffrances les noms sacrés de Jésus et de Marie... C'était sur ses lèvres une douce prière qui charmait en quelque sorte la violence de ses crises : à la troisième invocation de ces noms bénis, que nous répétions avec lui, nous ajoutâmes celui de Joseph. . . Jésus, Marie, Joseph ! ... et souda in nous l'avons vu répéter ce dernier nom avec un sourire inexprimable... Oh ! bien, dit-il, Jésus, Marie, Joseph!!... et depuis, il n'a jamais cessé de répéter ces trois noms dans sa prière,
ayant soin d'articuler devant nous le derniei nom avec plus de force, comme pour nous prouver qu'il ne pouvait plus et ne voulait plus jamais l'oublier... 11 l'a répété en effet jusqu'à la dernière heure, et il nous serait impossible de dire avec quelles grâces de foi, d'espérance et d'amour il est mort! Sa prière était si belle ! . .. Je crois et j'adore ! j'aime et j'espère! Jésus, Marie, Joseph!! je vous donne mon cœur!
IV. Nous n'avons plus qu'à tirer les conséquences de ces faits et à recueillir quelques fruits de ces réflexions. La principale : si le lecteur n'est pas encore entre dans une de ces pieuse- Associations qui, sous la protection de saint Joseph, s'el forcent d'obtenir la y race précieuse d'une bonne mort, nous l'engageons à réfléchir un instant et à voir s'il ne ferait pas bien de s'y enrôler au plus tôt. C'est un gage de salut, un signe de prédestination ; c'est au moins une douce assurance pour le bonheur éternel.
Que si déjà vous êtes membre de celle confrérie, et associé depuis quelque temps, examinez comment vous en remplissez les devoirs et les engagements : si vous êtes fidèle à réciter les petites prières prescrites; car enfin, si vous ne mettez pas à la masse, de quel droit pourriez-
&AINT JOSENI PROTECTEUR DES MOURANTS. 319
vous prétendre à jouir des privilèges accordés? N'est-il pas juste de contribuer aussi pour votre part au bien général, et de verser dans le trésor commun de l'association?
Ce n'est pas assez. Un membre zélé de l'Association de Saint-Joseph fait de la propagande; il tâche de faire participer les âmes à tous ces avantages, et, par ce moyen, il assure le salut de plusieurs. C'est surtout auprès des malades que ce zèle peut s'exercer avec succès. On leur dit que, dans ces pieuses associations, on priera bien pour eux, pour leur guérison, et ils s'empresseront aussitôt de donner leur nom pour en faire partie. Il n'est pas rare d'en voir qui, à dater de ce moment, ont été soulagés dans leurs souffrances, et toujours au moins, ils ont trouvé dans cette union de prières une augmenlalion de force et de grâces pour souffrir avec soumission et mourir avec confiance.
Enfin la conséquence pratique pour tous en général, associés ou non, c'est de nous rappeler ce titre de saint Joseph, Protecteur des mourants, et de l'invoquer souvent avec cette pensée, pendant la vie d'abord, et surtout quand viendra pour nous l'heure suprême de la maladie et de la mort.
il y a des chrétiens fidèles qui ne passent pas
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un seul jour, sans faire une prière fervente à saint Joseph, à celte intention d'obtenir la grâce d'une bonne mort. Vous la trouverez dans ce livre (page 407). D'autres ne manquentjamais, avant de se livrer au repos delà nuit, de réciter au moins Y Ave Joseph, qui finit comme Y Ave Maria par ces mots : « Priez pour nous, maintenant et à l'heure de notre mort. » Pourquoi ne prendriez-vous pas dès ce jour cette bonne habitude?
Mais souvenez-vous-en surtout, quand viendra pour vous le jour des souffrances, 1 heure de la dernière lutte; à la mort, souvenez-vous de prier le bon saint Joseph. Répétez aussi ces trois noms bénis : Jésus, Marie, Joseph!... Demandez son image, baisez-la aussi, comme la médaille de Ma rie... Quand un chrétien à lamort tient son crucifix, sa médaille miraculeuse ou son chapelet et l'image de saint Joseph, il n'a rien à craindre, et il peut dire comme Berchmans : « Avec cela, je mourrai en paix : Cum las tribus Ubenler moriar... » C'est alors que l'on peut espérer que ce saint prolecteur descendra des cieux pour consoler son fidèle serviteur et le conduire dans l'éternité. Cette grâce a été accordée, plus d'une fois, je l'ai déjà dit, aux associés de la Bonne-Mort, et je finirai en citant
ces mots extraits d'une notice sur les dernières heures d'une femme vertueuse, qui mourut en souriant, la veille même de la fête du Patronage : Saint Joseph m'attend, il m appelle, quel bonheur! que je suis heureuse de mourir clans ses bras !. . . Il m'attend !. . . Il m appelle !. . .
Terminons cet exercice par une prière pour les agonisants du jour : Erue eos qui ducuntur ad mortem. 0 bon saint Joseph, protégez, sauvez tous ceux qui sont en ce moment appelés par la mort!
\INGT-SEPTIÈME JOUR
SAINT JOSEPH PROTECTEUR SPÉCIAL DE L'ÉGLISE ET DU PATRIMOINE DE SAINT PIERRE
Salvator meus... adjulor meus^ non tmi'jrabo.
Cest vous qui êtes mon Sauveur, mon protecteur, et je ne serai pas banni... (Ps. ni, 7.)
Nous allons, en ce dernier jour de la neuvaine des Patronages, élever nos pensées, et c'est sur les lèvres et dans le cœur môme de l'Église notre mère, que nous mettons cette parole de reconnaissance à saint Joseph : Salvator meus, adjutor meus, non emigrabo ! Vous êtes mon protecteur... je ne serai jamais vaincue, je ne périrai jamais! Sans doute, c'est Jésus-Christ, son divin Epoux, qui e^t son véritable Sauveur; c'e^tlui qui a bâti sur la pierre inébranlable cet édifice sacré, lui qui le soutient e< le défend contre tous ses ennemis. Mais comme il a mis une Tour inébranlable, qui doit le protéger, je veux dire sa sainte Mère, la
vraie Tour de David ; comme il a chargé de sa défense, Marie, aussi terrible qu'une armée rangée en bataille, Marie, dont le pied victorieux a écrasé la tête hideuse du serpent, et dont le nom suffit pour disperser et détruire toutes les hérésies; ainsi, dans sa providence, il a voulu lui donner un secours et un puissant protecteur dans saint Joseph, qui avait été sur la terre son père nourricier et son gardien fi dèle; saint Joseph, le seul appui, la vraie force de la maison de Nazareth.
Oui, saint Joseph, de fait et de droit, après Jésus et Marie, est le protecteur spécial, le premier protecteur de la sainte Église, mais plus particulièrement de son chef visible, du successeur de Pierre, eî de ses Pontifes et de ses Prêtres, en un mot, de tous ceux qui ont autorité et puissance dans la sainte hiérarchie, charge ou emploi dans l'administration de l'Église de Jésus-Christ.
I. Commençons par dire les raisons de ce protectorat glorieux. C'est la preuve de droit. Je le répète : Jésus seul est le fondateur, le Roi et en même temps le divin Époux de cette Église sainte, c'est l'œuvre de son sang. Il a été, il est. il sera éternellement le seul chef de
cette armée des Élus... Il en a confié le gouvernement à un chef visible sur la terre, à Simon, qu'il a appelé Pierre, et aux successeurs de cet apôtre jusqu'à la fin des temps. C'est le Pontife romain, le Pape, c'est-à-dire le Père commun de tous les fidèles, aujourd'hui le saint, l'immortel Pie IX. Mais, dans le ciel au >si, il a voulu donner à cette Église des protecteurs ; et, après Marie, mère de Jésus, et Reine de la gloire, c'est saint Joseph : nous ne pouvons en douter, et il suffit de réfléchir un instant pour en voir la raison.
Saint Joseph n'était-il pas le chef de la maison de Nazareth, de la sainte Famille? le soutien et même le seul protecteur alors du Dieu lait homme, et de sa Mère?... IVest-ce pas lui qui avait été préposé à la garde de l'un et de l'autre? et n'a-t-il pas été fidèle à ce mandat sacré? N'a-t-il pas rempli sa haute mission avec justice, avec courage, avec succès?... Mais quelle récompense a pu mériter aux yeux du Seigneur l'accomplissement d'un devoir si grave, si ce n'est la marque d une confiance absolue et la gloire d'une nouvelle charge, et, s'il était possible, d'un ministère encore plus honorable et plus important? — Eh bien! c'est sur ce principe de justice et de convenance que repose
toute l'espérance de l'Église en saint Joseph, et c'est à tous ces titres qu'elle le regarde comme son plus puissant protecteur.
1° El d'abord il doit l'être plus spécialement de celui que Jésus-Christ a voulu donner pour chef visible à cette Église sainte et pour premier Pasteur à nos âmes : queni pastorem Ecdesix tuœ prœesse voluistl (Lit.). Oui, le souverain pontife, le pape aura un droit tout particulier à celle protection de Joseph. Joseph, du haut des cieux, doit non-seulement veiller sur sa personne sacrée, mais il défendra aussi son royaume, sa capitale, sa fortune môme, et le glorieux patrimoine de Saint-Pierre qui lui appartient, puisque cela est nécessaire à Pindépendance du Pasteur suprême de l'Église.
Ne craignez pas, ô vous qui vivez aujourd'hui sous la conduite de ce saint pontife, l'immortel Tie IX; il sera toujours protégé par la Vierge immaculée, dont il a proclamé la gloire, il sera sauvé par le chaste époux de la Vierge très-pure, par saint Joseph, dont il aime à bénir le nom et à propager le culte... Et c'est sur les lèvres de ce saint ponlife de Rome, que nous voulons mettre en ce moment le texte placé au commencement de cet exercice : Vous êtes mon protecteur, ù Joseph, vous êtes mon espérance,
je ne quitterai pas ces lieux sacrés... je neserai jamais banni, jamais exilé de la ville sainte, de la ville éternelle... je n'en sortirai point! Adjutor meus, non em'ujvabol (Ps. lxi, 7.)
2° Les évèques. — Ils sont aussi pères et pasteurs, non pas de l'Église universelle, mais d'une portion de ce troupeau du Christ; ils sont chargés de veiller sur les âmes confiées à leurs soins ; ils les dirigent et leur donnent la nourriture de la grâce el de la vérité. Saint Joseph, que le Seigneur avait choisi pour être le gardien et l'économe de sa maison à Nazareth, doit être aussi leur prolecteur et leur modèle : et piineipem omnis possessionis ejus (Ps. civ, 21).
5° Les piètres enfin, minisires de Dieu, sont sûrs de trouver en lui un secours puissant, avec les exemples de toutes les vertus essentielles à leur sainte vocation. Outre la raison qui a été indiquée, en parlant des ordres supérieurs, et qui peut s'appliquer aussi aux fonctions des simples prêtres, mais dans des propoi lions plus restreintes, puisqu'ils n'ont qu'une bien faible partie d'autorité dans 1 Église de Dieu, nous pouvons faire encore celte considération, que saint Jos pli a été comme le premier prêtre, lorsqu'il a offert Jésus-Christ au temple et sur l'autel, au jour de la Purification.,. El combien
de fois aussi en qualité de père, n'a-t-il pas porté le divin Enfant sur son cœur, et par conséquent louché de ses mains, comme les prêtres, le corps adorable de son Dieu? Mais avec quel respect, avec quel amour! et qui ne verrait dans ces relations iniimes et incessantes de Joseph avec Jésus-Christ, une raison, pour qu'il devienne le modèle, le protecteur de tous les bons prêtres? Ne le portent-ils pas comme lui? ne touchent-ils pas de leurs mains sacrées et vénérables l'hostie vivante des autels, le corps du Christ- Sauveur?
II. Aussi, de tout temps, ce grand saint a-t-il manifesté sa puissance par des bienfaits éclatants sur l'Église entière, mais surtout aux jours de ses plus cruelles tribulations, dans les temps de persécution ou de calamité. C'est la preuve de fait sur laquelle nous devons nous arrêter un instant avec bonheur.
Ainsi, pour garder le même ordre que dans la première partie de cet exercice, nous allons rappeler quelques traits delà protection desaint Joseph envers les pontifes romains, les évèques et les prêtres, et en disant ce qu'il a fait, nous indiquerons ce qu'il fera toujours pour eux.
1° Les papes d'abord. Quelques mots suffiront
pour rendre notre pensée de foi et dire nos saintes espérances. Ces pensées nous paraissent grandes, pleines de consolation, ces espérances sublimes, mais elles ne nous appartiennent pas... ÎS'ous avons pris toutes ces belles considérations, et puisé ce sentiment de confiance, dans un livre charmant duR. P. Nampon, delà Compagnie de Jésus. Ce petit livre, intitulé Neuvaine en l'honneur de saint Joseph, parut en 18G5 et commence à devenir très-rare. Voici ce qu'on y lit, dans la préface :
« Je dois dire le motif qui m'a déterminé à publier ces méditations, et le profit que j'en attends. J'ai lu que Gerson, le chantre si pieusement inspiré du saint époux de Marie, dans son poème intitulé Josephina, avait employé avec succès la dévotion à saint Joseph pour éleindre le malheureux schisme d'Occident. Voici comme il s'exprime : Mon grand désir est de voir se célébrer dans l'Église une solennité nouvelle, soit en l honneur du mariage de saint Joseph, soit en mémoire de sa bienheureuse mort, afin que, par les mérites de Marie et par l intercession d'un patron aussi puissant, qui exerce une sorte d'empire sur le cœur de son épouse, l Eglise soit rendue à son unique époux, le pape ceitain , qui lient auprès d'elle la place du Christ. Or
ce moyen réussit : l'intercession de Joseph fut efficace, et Gerson vit la paix rendue à l'Eglise, divisée depuis plus de soixante ans. »
« J'ai v:i dans ce fait, poursuit le P. Nampon, un précieux renseignement que nous donnait la Providence. Saint Joseph fut l'économe et le gardien du temporel de la Sainte Famille. Or la Sainle Famille se continue danc. l'Église romaine, mère et maîtresse de toutes, lesautrcs.Le patronage dont saint Joseph couvre l'Église, s'étend donc d'une manière touie spéciale sur le patrimoine de Saint-Pierre, aujourd'hui menacé par d'ambitieux voisins. »
«Rassemblés autour de Pie IX, le 9 juin 1862, les évoques ont déclaré, dans une adresse à jamais mémorable, que V autorité temporelle du saint-siège était mie institution de la divine Providence , nécessaire , dans Vétat présent des choses humaines, pour le bon et libre gouvernement de l'Église et des âmes. C'est là ce que pensent, avec leurs évoques, tous les dociles enfants de 1 Église. Ce qu'ils doivent faire maintenant, c'est de recourir par d'unanimes et ferventes prières à celui qui a sauvé, au milieu de tant, de périls et de sang répandu, la vie de Jésus et le modeste patrimoine de Nazareth. Le bras de Dieu n'est pa* raccourci, et la puissance d'in-
tercession accordée à saint Joseph doit croître avec la confiance des catholiques et la ferveur de leurs prières. »
il finit en disant : « Puisse cet opuscule fournir un aliment de plus à cette confiance et à cette ferveur, et puisse la protection de saint Joseph, implorée avec plus d'ardeur et d'unanimité, conserver au pontife suprême de l'Église cette souveraineté temporelle, qui n'est pas seulement son droit certain, mais la seule garantie imaginable de son indépendance, et par conséquent de la nôtre !... »
Nous sommes heureux aussi de donner nousmême cette pensée à nos lecteurs, et d'exprimer ce pieux désir, ces douces espérances... Non, ce n'est pas en vain que les enfants de l'Église prieront ce grand saint de proléger leur père. Il lui conservera la vie dans la paix, et celte glorieuse indépendance du pontife-roi , avec le domaine de Saint-Pierre.
2° Et maintenant, que dirons-nous pour les pontifes des Églises particulières, et pour les prêtres qui sont leurs auxiliaires dans le ministère de la parole divine et dans l'administration des sacrements? Une seule chose, que l'expérience des siècles a révélée. C'est un fait constant que la dévotion à saint Joseph, est pour eux une
source des grâces les plus abondantes ; et que le plus sur moyen d'attirer sur leurs peuples toutes sortes de faveurs célestes, sera d'étendre et de propager cette dévotion dans leurs diocèses, ou dans les Églises confiées à leurs soins.
Pour eux d'abord, pour les pasteurs euxmêmes, ils obtiendront une augmentation de foi et de ferveur, qui les mettra toujours à l'abri d'un danger déjà signalé dans une des premières méditations, je veux dire le danger de se familiariser trop facilement avec Dieu et avec les mystères les plus saints de la religion ; ils apprendront ainsi à imiter leur auguste modèle, qui s'élevait de jour en jour dans la perfection : fdius accrescens Joseph... Ascensiones in corde suo disposuit. (Ps. lxxxiii, 6.)
Pour les autres, ils obtiendront des miracles de conversion. L'expérience d'un grand nombre de prêtres a déjà démontré qu'il pouvait suffire, pour faire changer de face à toute une paroisse , d'y élever un autel à saint Joseph ou d'y ériger une association en son honneur.
Il faudra terminer cet exercice par une prière fervente à saint Joseph — pour l'Église entière, — pour son chef visible, le vicaire de Jésus- Christ — pour les évoques — et principalement pour celui du diocèse — pour les prêtres enfin,
mais spécialement pour le pasteur de votre paroisse,— et surtout pour votre confesseur.
Domiuus conservet eum, et vivificet eum, et bcaîum facial eum in terra, et non tradat eum in animant in'nn corum ejus (Ps. xl, 5).
Que le Seigneur le conserve, qu'il lui donne la force et la vie, qu'il lui assure le bonheur de la terre, et qu'il ne permette pas que jamais il tombe dans les mains de ses ennemis.
T1UDUURÏ