‹ Mois des ames du PurgatoireChapitre 11 sur 26 · DOUZIÈME JOUR · texte numérisé non relu

DOUZIÈME JOUR

Etat des Ames du Purgatoire vis-à-vis de nous.

i^ Elles nous sont unies par

LES liens de la CHARITÉ.

2o Elles nous sont unies par les liens de la fraternité.

Crémier point. — (( Souvenez-vous, dit un pieux au-

^ teur, que nous sommes unis à ces saintes Ames par les anneaux d'une chaîne spirituelle et toute divine. » Comme nous,

elles ont été créées à Timage de Dieu j rachetées par le sang de Jésus-Christ, régénérées par les eaux du Baptême, et nous pouvons dire en vérité que le même sein, celui de l'Eglise, nous a portés; que nous sommes enfants de la même mère. Comme nous aussi, et peut-être à côté de nous, elles ont pris place à la table des Anges et elles ont reçu ce gage sacré de la vie éternelle.

Elles ont emporté dans le monde futur les mêmes espérances qui adoucissent maintenant les amertumes de notre pèlerinage. Membres du même corps, héritières du même royaume, elles seront un jour nos compagnons d'éter-

nité. Mais entro elles et nous, il y a cette différence, qu'elles sont malheureuses, captives, prisonnières, martyres, impuissantes à se secourir elles-mêmes , et qu'elles attendent de nous aide et consolation. Nous restons leurs débiteurs.

Ne sont-ce pas là des droits incontestables à notre compassion et à notre amour? Ah ! si les enfants d'une même famille s'aiment tendrement entre eux ; si les peines de l'un deviennent les peines de tous, ne doit-il pas en être de même des enfants de TEglise catholique ? Eh ! où serait notre charité , si nous n'aimions pas ces pauvres Ames

abîmées dar.s la douleur ? Seraitil possible qu'étant hommes, et surtout chrétiens, nous fussions insensibles à leurs maux ? Oh !

aimons-les comme nous-mêmes, aimons-les comme Jésus-Christ nous a aimés. Alors, nous les soulagerons^ nous les délivrerons.

(( Mes petits enfants , écrivait l'apôtre saint Jean, peu de temps avant de mourir, n'aimons pas seulement en paroles et de bouche, mais véritablement, en le prouvant par des actes . »

Deuxième point. — Parmi ces voix qui gémissent si plaintives et si douloureuses, n'en distinguez-vous pas une dont les accents parlent plus éloquemment

à votre cœur ? Ah ! c'est le cri du sang ! C'est la voix d'un frère, d'une sœur qui vous aimaient si tendrement et faisaient avec vous la joie du foyer paternel. C'est la voix d'un enfant chéri, l'espoir de la famille, que vous vouliez arracher au trépas, et qui, déjà mourant^ vous tendait sa main défaillante et glacée. C'est la voix d'url époux, d'une épouse bienaimée , que l'amour avait unis auz pieds des autels et que la mort, hélas ! a séparés. Ah ! c'est la voix d'un père, d'une mère, dont le sang coule dans vos veines et dont la mort vous arracha tant de larmes! Et ce cri du sang, cette voix de la famille,

que vous dit-elle? Ecoutez : Viens^ ô frère, ô sœur, ô fils, ô époux, ô père, viens à mon secours : Miser eminimei. Il y a si longtemps que je t'appelle; je n'ai que toi et tu ne viens pas. Oh ! viens donc avec ton cœur , avec ta prière, avec tes bonnes œuvres, avec ton dévouement ; viens m'arracher à ces brûlantes abîmes, viens me donner le Ciel, Dieu, l'Eternité, viens !!

Ame chrétienne , comment résister à ce cri de détresse?

Comment ne pas répondre à ce pressant appel ? Mon Dieu ! que savons-nous si nous n'avons pas amassé nous-mêmes ces brasiers vengeurs sur la tête de ceux qui

nous ont tant aimés, trop aimés peut-être ? Quel pressant motif de leur venir en aide !

EXEMPLE

N 1874, un juif, artiste distingué, ^gjs'étant converti pendant un sermon sur TEucharistie, avait quitté le monde après avoir reçu le baptême et s'était retiré dans un ordre religieux très aus tère. Il passait chaque jour plusieurs heures à adorer le Saint-Sacrement, et, dans ces effusions de ferveur, ce qu'il demandait surtout à Jésus-Christ c^était la conversion de sa mère, qu'il entourait de la plus filiale tendresse.

Il ne l'obtint point cependant : sa mère mourut avec obstination dans l'erreur du judaïsme. Pénétré d'une

amère douleur, ce bon fils va se prosterner devant le Ta' ernacle, et, donnant carrière à ses plaintes : « Eh quoi. Seigneur, disait-il, je vous dois tout, il est vrai, mais que vous ai-je refusé? Ma jeunesse, mes espérances dans le monde, le bien-être, les joies de la famille, un repos peut-être légitime, j'ai tout sacrifiédèsquevousm' avez appelé.

Mon sang, je l'eusse donné de même.

Et vous. Seigneur , vous Téternelle bonté, qui avez promis de rendre au centuple, vous m'avez refusé l'Ame de ma mère !! ! Mon Dieu, je succombe à ce martyre, le murmure va s'exhaler de mes lèvres. > Les sanglots étouffaient ce pauvre cœur. Tout-à-coup une voix mystérieuse frappe son oreille et dit : « Homme de peu de foi, ta mère est sauvée ! » « Ma mère est sauvée ! ah ! Seigneur , serait-il possible! » — « Oui, elle est sauvée!

Sache que la prière a Lout pouvoir auprès de moi; j'ai recueilli toutes celles que tu m'as adressées pour ta mère, et ma providence lui en a tenu compte, à son heure dernière. Au moment où elle expirait, je me suis présenté à elle, et à ma vue elle s'est écriée : Mon Seigneur et mon Dieu ! — Relève donc ton courage : ta mère a évité la damnation et tes supplications f^Vr ventes délivreront bientôt son âme de la prison du Purgatoire. ». Le Très-Révérend Père Herman apprit bientôt^ en efifet, par une secc^nde apparition, que sa mère montait au ciel. Oh ! prions beaucoup pour nos parents défunts !

PRIERE

Miséricorde , Seigneur , pour les Ames auxquelles vous m'avez uni par

des liens si doux, si étroits, et que vous me faisiez un devoir d'aimer. Oui, miséricorde pour les Ames de mes parents, de mes bienfaiteurs, de mes amis. Seigneur, laissez-vous fléchir par les prières et les larmes que je vous ofî're pour elles. 0 Jésus ! ô Marie! soyez-leur propices ! Appelez vos enfants et nos frères dans le lieu du rafraîchissement, de la lumière et de la paix.

Requiescant in pace !

TREIZIÈIVIE JOUR

Les Ames délaissées.

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