‹ Mois des ames du PurgatoireChapitre 20 sur 26 · TEMENT · texte numérisé non relu

TEMENT

.^^remier point. — Si quelque chose oblige sur la

9 terre et doit être respecté, ce sont les dernières volontés des mourants: elles sontsacrées.

Le saint concile de Trente recom-

mande aux Evoques de veiller attentivement à raccomplissement des legs pieux, faits par les fidèles défunts. D'autres conciles vont jusqu'à priver de la communion ecclésiastique ceux qui s'approprient les dons des mourants ou qui diffèrent d'accomplir leurs dernières volontés. Des lois si sévères nous font assez comprendre à quel point on se rend coupable, en privant les défunts des suffrages qu'il 5 ont voulu s'assurer après leur mort. Malheur donc à ceux qui s'engraissent de la substance des pauvres Ames du Purgatoire ! Ils les privent du soulagement qu'elles auraient reçu, se constituent en quelque

sorte leurs bourreaux, et deviennent responsables de leurs souffrances devant Dieu. Ah ! si le monde les absout de ce vol sacrilège, s^il ne les stigmatise pas de son mépris, Dieu ne les absoudra pas aussi facilement, qu'ils le sachent bien, et le jourviendra où il demandera un compte rigoureux de ces injustices qu'ils ne songent pas même à se reprocher. Ils seront probablement punis, même dès ce monde, par des châtiments temporels, et qui nous dira la longueur et la rigueur des peines qu'ils auront à endurer dans l'autre ?

Ame chrétienne, réfléchissez ; vos parents, vos amis, vos bien-

faiteurs, ne vous ont-ils pas fait en mourant de pieuses recommandations ? ne vous ont-ils pas demandé de vive voix ou par testament, des prières, des messes, des aumônes? Ne vous ont-ils pas au moins suppliée avec larmes de penser souvent à eux devant le Seigneur? Eh bien ! avez-vous justifié la confiance qu'ils avaient en vous ? Avez-vous satisfait pleinement et consciencieusement à toutes les obligations qu'ils vous ont laissées? Ah ! si vous ne Tavez pas fait, hâtez-vous donc d'acquitter cette dette sacrée de justice.

Deuxième point. — Non seulement il faut accomplir avec fi-

délité les suprêmes volontés des morts, mais on doit le faire le plus tôt possible, afin de ne pas priver ces chères Ames du soulagement que leur obtiendront, soit les messes qui seront célébrées pour elles, soit les sufî'rages des pauvres qu'on doit toujours engager à prier pour leurs bienfaiteurs, en leur remettant les aumônes qui leur ont été allouées. Chaque jour de retard est une faute dont nous sommes responsables et qui ajoute au supplice des trépassés. Ah!

si nous comprenions ce que sont ces terribles expiations du Purgatoire, loin de différer Taccomplissement de ce qui peut -les adoucir, nous nous empresse-

rions d'apporter de prompts et efficaces secours à ces Ames bénies, si dignes de notre compassion, et dont plusieurs doivent, partant de titres, être si chères à cliacun de nous. Hélas ! que d'héritiers peu consciencieux ont de graves reproches à se faire, à cause de leur négligence à remplir les engagements sacrés qu'ils ont contractés envers leurs frères les morts !

Instruisez-vous, Ame chrétienne, et ne donnez qu'à des personnes de confiance le soin d'exécuter vosdernièresvolontés.

Déposez entre des mains bien sûres les sommes que vous destinez à de bonnes œuvres ou à

faire célébrer des messes pour votre délivrance, après votre décès. C'est le seul moyen d'être certaine que vos volontés dernières seront accomplies, à moins que vous n'ayez le bonheur d'appartenir à une de ces familles chrétiennes qui, avec la foi, ont conservé le respect du au souvenir des morts.

EXEMPLE

oici un trait qui montre à quel point sont punis^ parfois, ceux qui n^exécutent pas les volontés dernières des mourants. — Il est rapporté dans les Gestes de Gharlemagne qu'un vaillant capitaine dont tout le monde vantait la bravoure, touchait au terme de sa car-

rière. Il fît appeler alors un de ses parents qu'il avait souvent obligé, et lui dit : « J'ai passé soixante ans au service de mon roi, sans jamais acquérir autre chose que ma solde habituelle.

Il ne me reste en mourant que mon fidèle cheval qui m'a rendu tant de services. Quand j'aurai rendu le dernier soupir, vous le vendrez et vous en donnerez le prix aux pauvres pour le soulagement de mon âme. » Le parent promit. Mais, quand le capitaine eut rendu son âme à Dieu, cet homme, séduit par la beauté et les qualités du cheval le garda pour lui, sans faire aux pauvres l'aumône convenue. La moitié de l'année s'était à peine écoulée, que l'âme du défunt apparut à ce parent égoïste, si peu fidèle à sa promesse : c( Malheureux, lui dit-elle, tu n'as point exécuté mes dernières volontés, tu n'as point tenu tes engage-

ments ; aussi tu es la cause de tous les tourments que j'ai endurés, car mon aumône m'en aurait préservée. Eh bien, sache que ta conduite sera punie par une prompte mort, et qu'un châtiment tout particulier t'est réservé : tu porteras la peine due à tes propres fautes, et tu souffriras à ma place toutes celles que je devrais encore souffrir pour satisfaire à la divine justice. » Le coupable fut accablé par cette menace, et voulant mettre ordre à sa conscience, il se hâta de remplir les dernières volontés du défunt, puis fit tout ce qu'il put pour éviter la mort éternelle : mais il ne put éviter la mort du corps qui lui avait été annoncée, et qui l'enleva à peu de jours de là. Tant il est vrai que l'injustice et l'ingratitude envers les morts sont détestées de Dieu, qui les punit, dans ce monde et dans l'autre.

PRIERE

Ne permettez pas^ ô mon Dieu !

qu'une indigne cupidité ou une coupable négligence me fasse jamais manquer à mes devoirs de justice envers les morts. Leurs droits sont sacrés, leurs dernières volontés seront également sacrées pour moi. Je satisferai pleinement à toutes les obligations qu'ils m'ont laissées, heureux si je puis, par mon empressement, par mes prières, hâter l'heure de leur délivrance. Jésus miséricordieux ! Marie, reine du Purgatoire ! soyez-leur propices, et qu'ils reposent dans la paix du Ciel !

Requiescant in pace !

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