‹ Mois des ames du PurgatoireChapitre 3 sur 26 · DEUXIÈME JOUR · texte numérisé non relu

DEUXIÈME JOUR

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Le Purgatoire.

lo Qu'est-ce que le Purgatoire?

2^ Pourquoi le Purgatoire?

^^^^REMIER POINT. — La foi

nous apprend que le Purlàs) gatoire, comme l'étymologie de ce mot l'indique, est un séjour de douleur et d'expiation, où la justice divine achève de purifier les Ames des fidèles, qui ne sont ni assez coupables pour être précipitées dans les feux éter-

neîs, ni assez pures pour être admises dans les cieux. Ce n'est pas le Paradis^ où rien de souillé ne peut pénétrer; ce n'est pas l'enfer où il n^y a plus de Rédemption ; c'est un lieu intermédiaire entre le séjour des joies infinies et le séjourdes infinies douleurs.

Il tient de Fenfer par la rigueur de ses supplices, il tient du Ciel par la sainteté de ceux qui y gémissent. C'est une prison, mais qui n'est pas perpétuelle; c'est un feu dévorant, mais qui purifie ; c'est un séjour de larmes, mais ce n'est pas le pleur éternel dont parle l'Evangile. Quand ce travail d'épuration sera terminé, quand Dieu n'aura plus rien à réclamer

de ses débiteurs affranchis par la souffrance, il les appellera près de lui, pour les associer à son propre bonheur. Le Purgatoire est donc une peine temporaire^ et il n'existera plus après le jugement dernier. Quelques docteurs pensent qu'il est placé au centre de la terre, très proche de l'enfer dontil est comme une dépendance.

Ils rappellent : un lieu inférieur^ un puits profond^ une terre de misères et de ténèbres.

Tel est le Purgatoire. Eh bien , c'est là que souffrent et gémissent la plupart des Ames qui ont terminé leur pèlerinage ici-bas. Car, l'entrée immédiate dans le Paradis n'est le privilège que d'un pe-

tit nombre, disent de graves théologiens. C'est donc là que sont probablement des parents, des bienfaiteurs, des amis dont nous pleurons encore la perte.

C'est là que nous-mêmes, Ame chrétienne, serons vraisemblablement un jour! et peut-être bientôt ! Eh ! qui pourrait se flatter de mourir assez pur pour ne rien avoir à expier? Oh ! qu'il importe donc de bien connaître l'état de ces pauvres Ames, pour compatir à leurs douleurs, et pour mériter d'être soulagés à notre tour !

Deuxième point. — Lorsqu'une âme paraît devant le souverain Juge, si elle est exempte de toute

souillure, Jésus lui ouvre le Ciel et lui décerne la couronne promise aux vainqueurs. Si, aucontraire, elle est reconnue coupable d'un seul péché mortel, l'arrêt de sa réprobation éternelle est prononcé à l'instant même. Mais, si cette âme ne porte sur La robe de son innocence que quelques légères souillures, que deviendra-telle? où ira-t-elle? Que deviendront tant d'autres âmes, pas assez pures pour monter au Ciel, pas assez coupables pourdescendre en enfer ? Ne verront-elles donc jamais la face de Dieu ? Oh!

bénissons le Seigneur qui a trouvé le moyen de concilier les droits de sa justice et de sa miséricorde,

— sien plaçant le Purgatoire comme un jalon entrele Ciel et Fenfer. Là, ces Ames s'épurent comme l'or dans le creuset. Là, s'efïacent la rouille et les traces du péché.

Aussi TertuUien, faisant allusion aux souffrances qu^on y endure, les appelle les tourments de la miséricorde, tormenta misericordix.

Considérez donc, Ame chrétienne, que le Purgatoire a sa raison d'être. Oui, il est nécessaire pour compléter la pénitence qui n'aura pas été faite en ce monde, satisfaire à la justice divine, et mériter par l'expiation un poids immense de gloire. C'est une invention de la bénignité du

Sauveur, que nous pourrions appeler un huitième sacrement, le sacrement du feu^ pour les âmes auxquelles les septsacrementsvéritables n'ont pas suffi à conférer une pureté parfaite. Gloire donc à la miséricorde divine qui sauve par le Purgatoire ceux que nous avons aimés, et nous fournit les moyens d'abréger leurs souffrances et de leur ouvrir le Ciel.

EXEMPLE

i^^^N saint prêtre, prêchant naguère A?y)sur le Purgatoire, terminait ainsi son instruction.

« Ces jours derniers, j'ai reçu la triste nouvelle qu'un vénérable vieil-

lard, modèle de la religion antique, modèle de toutes les vertus chrétiennes, venait de mourir. Ce vieillard est mon père ! Eloigné de ma patrie et de ma famille, cette nouvelle m'a brisé le cœur. Je n'ai pas eu le bonheur d'embrasser mon père pour la dernière fois ; je n'ai pas pu lui fermer les yeux de ma main sacerdotale^ de cette main qu'il aimait tant à baiser lorsqu'elle reçut l'onction du sacerdoce. Eh bien, dans la peine que je ressens, dans la douleur qui m'accable. Tunique consolation que j'éprouve, c'est de pouvoir soulager son âme par le sacrifice de Jésus-Christ ; c'est de pouvoir le recommander comme je le recommande aux prières de vous tous, qui êtes si bons et si indulgents pour moi. Lorsque dans cette pensée, je monte à l'autel, afin d'offrir le saint sacrifice pour le repos de l'âme de mon père bien-

aimé, il me semble que je ne l'ai pas perdu ; il me semble qu'il me remercie de ce dernier témoigaage de ma piété filiale; il me semble qu'il me bénit encore aussi affectueusement qu'il me bénissait sur cette terre ; il me semble enfin que ma prière adoucit, abrège ses peines, le délivre du Purgatoire et lui ouvre le Ciel, où il m'a donné rendez-vous dans la maison de Dieu. Oh ! que c'est une pensée sainte et salutaire de prier pour les morts ! Oh ! que le Purgatoire est bien une invention de la miséricorde de Dieu ! »

PRIERE

J'adore, ô mon Dieu, vos éternels décrets ; je confesse que le Purgatoire, en conciliant votre justice et votre miséricorde, est une invention de votre

mour. Faites, Seigneur, que j'évite par ma pénitence, ce lieu de peines et de privations, et quemaprière obtienne de votre indulgence paternelle la fin de l 'exil de ces Ames souffrantes qui tendent à vous avec tant d'ardeur. 0 Jésus, soyez-leur propice ! appelez vos enfants et vos frères au repos éternel, et que la lumière qui ne s'éteint plus, luise sur eux ! Qu'ils reposent en paix !

Requiescant in pace !

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