‹ Mois des ames du PurgatoireChapitre 4 sur 26 · TROISIÈME JOUR · texte numérisé non relu

TROISIÈME JOUR

Existence du Purgatoire.

i^ La parole de Dieu.

2^ L'enseignexMent de l'Eglise.

Î^REMIER POINT. — L'exis-

itence du Purgatoire n'est pas seulement une pieuse croyance, que nous soyons libres d'accepter ou de rejeter, c'est un dogme formel, enseigué par la foi, et que nous devons professer sous peine d'anathème. Oui^ c^est une sainte et salutaire peji e.

dit FAncien Testament, de prier pour les mortSy afin quHls soient délivrés de leurs péchés. Les Juifs étaient tellement convaincus de cette vérité, qu'ils avaient dans leur Ptituel une prière spéciale, que le clief de famille devait faire, pour la délivrance des Trépassés, avant de se mettre à table.

Mais écoutons Jésus-Christ luimême : (( Réglez vos comptes avec votre adversaire, pendant que vous êtes dans la vie : car autrement, votre adversaire vous remettra entre les mains du juge, et le juge vous livrera à son ministre qui vous jettera dans une prison, d'où vous ne sortirez que lorsque vous aurez payé votre

dette jusqu'à la dernière obole ».

Or, cet adversaire, dit saint Augustin, c'est Dieu lui-même, 1 ennemi irréconciliable du péché.

Ce juge inexorable, c'est Jésus- Christ, qui s'appelle^ dans l'Ecriture, le juge des vivants et des morts. Enfin, cette prison redoutable, c'est le Purgatoire, d'où l'on ne peut sortir qu'après avoir entièrement satisfait à la justice divine.

Jésus ne s'est pas contenté de c»raver dans nos cœurs le souvenir du Purgatoire, il nous a donné l'exemple ; car, après sa mort, il est descendu aux Limbes, pour consoler et délivrer les âmes des Patriarches.

Mon Dieu! je crois au Purgatoire, comme à tous les dogmes que vous enseignez, parce que vous ne pouvez ni vous tromper ni me tromper. J'adore l'équité de vos jugements, même dans les rigueurs de votre justice: Credo!

Deuxième point. — La foi de l'Eglise n'est pas moins explicite.

Voici comment l'a formulée le concile de Trente: (( Qu'il soit anathème celui qui affirmerait que, après avoir reçu la grâce de la justification, tout pécheur obtient tellement la rémission de sa faute et l'acquittement de la peine éternelle, qu'il ne lui reste aucune dette temporelle à payer, ou en ce monde ou en Fautre,

dans le Purgatoire, avant que lui soit ouverte Feutrée du royaume des Cieux. » Tous les Docteurs grecs et latins, tous les peuples anciens et modernes ont professé la même croyance.

D'après ce point de foi, TEglise, mère tendre et compatissante, prie tous les jours pour les Ames du Purgatoire, et termine chacun de ses offices par ce cri de douleur et d'espérance : Seigneur^ donnez'leur le repos éternel. Elle oblige tous ses prêtres à penser à elles, au saint sacrifice, et recommande à ses enfants d'offrir souvent à Dieu leurs vœux, leurs aumônes et toutes leurs œuvres satisfactoires pour la délivrance

de leurs frères décédés. Enfin, elle a un solennel anniversaire, où elle appelle la chrétienté entière au secours des fidèles trépassés. C'est la touchante fête du deux novembre.

Chrétiens, qu'il est consolant de penser qu'après notre mort, l'Eglise sera pour nous en prières, qu'elle invitera tous ses fidèles à demander à Dieu notre délivrance, qu'elle ne cessera de prier et de pleurer sur notre tombe, que lorsqu'elle nous aura introduits dans le sein de l'Eglise triomphante ! 0 Eglise catholilique ! que vous êtes bonne mère !

comme vous connaissez bien la Jaiblesse de vos enfants ! et qu'iL

nous est doux de dire avec le poète :

L'espoir que des amis pleureront notre sort Charme l'instant suprême et console la mort!

EXEMPLE

:uDAS Machabée, cet homme de foi )et de cœur, à qui le Seigneur avait confié le soin de défendre Israël et sa loi, Jérusalem et son temple, venait de remporter une grande victoire, et de mettre en fuite les ennemis de son Dieu et de sa patrie. Le premier mouvement de ce guerrier, non moins pieux que brave, ce fut de ployer le genou pour rendre grâces au Dieu des armées. Puis, se relevant avec les siens, il vit autour de lui les corps de ses compagnons d'armes qui étaient morts, ensevelis dans leur triomphe ; et alors, pénétré d'un saint respect pour les restes inani-

mes de ces braves, Judas les recueillit avec soin pour les déposer dans le sépulcre de leurs pères. Et enfin, songeant aux âmes de ces martyrs de la religion et de la patrie^ il fit faire une collecte et envoya à Jérusalem douze mille drachmes d'argent, . afin d'obtenir un sacrifice pour les péchés des morts.

Car il pensait avec sagesse et piété de la résurrection, considérant que ceux qui étaient endormis dans la religion avaient en réserve une récompense précieuse.

Voilà ce qui se passait, il y a deux mille ans, sur un champ de bataille de la Palestine ; et, confirmant toutes ces choses aussi graves que touchantes, l'Esprit de Dieu répétait par la bouche de l'historien sacré : « C'est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient déUvrés de leurs péchés. » — Ainsi, Judas Mâcha-

bée croyait au Purgatoire et l'Esprit- Saint loue et confirme cette croyance.

Hélas ! où sont de nos jours les généraux d'armée, capables d'imiter cette pieuse conduite ?

PRIÈRE

Enfant soumis de votre Eglise, je crois fermement, ô mon Dieu, à l'existence du Purgatoire. J'y crois parce que votre Esprit de vérité l'a révélé, parce que vos Saints et vos Docteurs l'enseignent. Augmentez ma foi afin de dilater ma charité envers les Ames captives. Soyez-leur propice, ô Jésus !

Seigneur, appelez vos enfants et nos frères au repos éternel, et que la lumière qui ne s'éteint plus, luise sur ^ux ! Qu'ils reposent en paix !

Requiesca7it in pace !

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