NEUVIÈME JOUR
Impuissance des Ames du Purgatoire.
1^ Impuissance de leurs souffrances.
2o Impuissance de leurs prières
REMiER POINT. — Considérez qu'à là mort cesse tout mérite^ parce que, sortie deTarène des combats, l'âme n'a plus son libre choix entre le bien et le mal. Le Purgatoire est cette nuit dont parle Jésus-Christ, du-
rant laquelle nul ne peut agir.
Ceux qui y gémissent sont comme ce fermier de l'Evangile auquel le père de famille ne permet plus de cultiver son champ. Voilà pourquoi nos chers défunts ne peuvent rien pour adoucir leurs souffrances. Leur résignation parfaite, leur tendre amour pour Dieu, la grandeur de leurs tourments, n'en abrégeront pas d'un instant la durée. La plus petite des souffrances du Purgatoire leur aurait acquis sur la terre U7i poids immense de gloire céleste ; dans ce terrible lieu d'expiation, ces souffrances sont stériles pour eux, stériles pour le Ciel ; elles sont simplement l'acquit d'une
dette. Hélas! souffrir cruellement, souffrir pendant des siècles peutêtre, souffrir sans profitpour ellesmêmes, combien cette pensée est désolante pour ces Ames chéries^, et combien n'ajoute-t-elle pas à leurs tourments ! Aussi, est-ce de nous seuls qu'elles attendent secours et soulagement.
Oui, Ame chrétienne, nous seuls sommes la ressource des morts, nous seuls sommes leur Providence libératrice. Le Ciel les console;, nous les soulageons ; le Ciel les encourage^ nous les délivrons ; les Saints leur ouvrent leurs bras pour les y recevoir, nous les introduisons dans le séjour du bonheur. Telle est notre puissance,
tel est notre devoir. Y pensonsnous souvent?
Deuxième point. — Les Ames du Purgatoire sont aussi impuissantes à se soulager par leurs prières que parleurs souffrances.
G^est en vain que du fond de leurs brûlants abimes elles font monter vers Dieu le cri de leur douleur, c'est en vain qu'elles essaient de fléchir sa justice et qu'elles lui disent avec David : ce Mon Dieu !
mon Dieu ! pourquoi m'avez-vous abandonnée? Je crie vers vous pendant le jour , et vous ne m'exaucez pas. La nuit j'exhale mes gémissements et personne ne me répond. Souvenez-vous, Seigneur, de vos miséricordes.
Rompez les liens qui me retiennent loin de vous, délivrez-moi des tourments que j'endure. Hélas ! que mon exil est long et rigoureux! Miséricorde, Seigneur, miséricorde ! ».
Insensible aux accents de leurs détresse, Dieu répond : Le temps de la miséricorde n'est plus, le règne de la justice a commencé.
Vos supplications réitérées n^ont aucune efficacité ; vous ne sortirez de votre prison que lorsque votre dette aura été entièrement acquittée par la souffrance.
Mais si les prières des morts n'ont aucun crédit , les nôtres sont toutes - puissantes sur le cœur de Dieu. A mesure qu'elles
montent vers le Ciel, la miséricorde descend dans le Purgatoire, en torrents de grâces, de pardon, de liberté et de gloire. C'est par la prière que Marthe et Marie obtinrent la résurrection de Lazare, c'est par elle aussi que nous obtiendrons la délivrance de nos parents défunts. Oh! prions de tout cœur, prions sans cesse pour eux.
Disons souvent : Bon et miséricordieux Jésus, donnez-leur le repos éternel. 0 Marie, mère et consolatrice des affligés, hâtezvous de les secourir! Saints et Saintes du Paradis, intercédez pour eux !
EXEMPLE
t^^^E Sam^eur, traversant la Judée, .^rencontra un jour un homme qui était paralytique, et qui attendait tristement assis auprès de la piscine de Siloé. L'ange^ à certains jours, descendait dans la piscine, en remuait l'eau, et le premier malade qui pouvait ensuite s'y laver, était guéri. Il y avait cependant bien longtemps que le pauvre paralytique de l'Evangile était là, attendant toujours, sans jamais pouvoir descendre à temps. Touché de compasion.
le doux Sauveur s'approche de lui et lui demande avec bonté pourquoi il ne va pas se laver comme les autres. « Seigneur, répond ce malheureux, c'est que je suis perclus de tous mes membres, et incapable de tout mouvement ,
et je r/ai personne pour me jeter le premier dans la piscine salutaire. Ma guérison tant désirée ne dépend pas de moi, puisque je suis tout paralysé, il me faut un ami généreux, qui me prête son aide et me donne la main ! »
Pauvre paralytique! Qu'il était à plaindre !
Tel est le triste sort des saintes Ames du Purgatoire; elles restent immobiles dans les flammes vengeresses, incapables par elles-mêmes de se secourir, incapables de se jeter dans la piscine salutaire du sang précieux de Jésus qui a sauvé le monde. Elles n'attendent, comme le paralytique, pour s'y plonger, qu'un ami secourable. Soyez, Ame chrétienne, cet ami charitable, oh !
oui, soyez l'ange libérateur des pauvres paralytiques du Purgatoire.
PRIERE
Souffrez, ô mon Dieu ! que je vous recommande ces pauvres Ames qu'une nuit terrible enveloppe aujourd'hui dans ses ombres. Hélas ! elles ne peuvent plus rien, vous ne vous laissez plus fléchir par leurs prières et par leurs larmes ; mais vous me permettez d'être leur médiateur, et de m'interposer entre votre justice et elles. Ah ! je vous en supplie, remettez leurs peines et finissez leur douloureux exil. 0 Jésus, soyez-leur propice ! appelez vers vous vos enfants et nos frères ! qu'ils reposent en paix !
Requiescant in pace !