‹ Mois des ames du PurgatoireChapitre 9 sur 26 · DIXIÈME JOUR · texte numérisé non relu

DIXIÈME JOUR

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Des deux chemins qui conduisent en Purgatoire.

4^ Le chemin des fautes mortelles.

2» Le chemin des fautes vénielles.

^^'•^^i^emier poiNTe — De sanature, le péché mortel condiiit plus loin que le Purgatoire : il précipite dans l'abîme de l'enfer. Mais le pauvre pécheur se confesse et le pardon du Sei-

gneur descend sur lui par la grâce sacramentelle , qu'arrivet-il alors ? La faute grave est pardonnée, ramitié de Dieu est rendue, et la peine éternelle est commuée en peine temporelle qu'il faut expier ou en ce monde par la pénitence, ou dans Tautre par les souffrances du Purgatoire. Et maintenant, s'il arrive qu'un grand pécheur reçoive, dans les dispositions à peines suffisantes, l'absolution, non d'un péché mortel^, mais de plusieurs, de dix et de cent, après de longues années d'égarement, quel effroyable, quel long Purgatoire Tattend ! Quelle énorme dette il devra solder à la justice divine ! — il est vrai que

la pénitence sacramentelle réduit notre dette. Mais cette pénitence est ordinairenaent si légère, et faite avec si peu de ferveur ! — Il est vrai aussi que les mortifications et les Indulgences peuvent nous préserver ou nous délivrer du Purgatoire. Mais hélas ! il y a si peu dfe chrétiens qui se mortifient et qui jeûnent! Ceux qui sont les plus coupables sont précisément ceux qui font le moins de pénitences^ Enfin, combien n'ont pas la conttition suffisante pour gagner les indulgences ! — 0 Dieu ! qu'il y en a peu qui évitent cet effroyable abîme !

Tant dépêchés et si peu d'expiation !

Cette considération, Ame chrétienne, est bien propre à nous faire réfléchir, à nous arracher des larmes de pénitence, si notre vie passée a été ternie par des fautes graves, si nous avons marché dans ce premier chemin qui conduit en Purgatoire. 0 Seigneur^ mon Dieu! pénétrez mon esprit d^une crainte salutaire^ à la pensée anticipée de vos redoutables jugements ! Elle est bien propre aussi à nous faire verser des pleurs et des prières sur les Ames les plus coupables de ce lieu d'expiation.

Deuxième point. — Mais je veux. Chrétien, que vous soyez innocent, que vous ayez con-

serve la pureté de votre baptême, comme saint Louis ; combien n'avez-vous pas à vous reprocher de fautes vénielles qui vous constitu 3nt débiteur envers Dieu? En vérité, ces fautes sont inombrables. Votre vie n'est peutêtre qu'un tissu de péchés véniels. Ainsi, que de pensées inutiles ! que de paroles oiseuses !

que de jugements téméraires !

que de distractions ! que de médisances ! que de vanité ! que de temps perdu inutilement !... N'offensez-vous pas Dieu très souvent, tous les jours, sous le futile prétexte que vos fautes ne sont que légères? Ne vous rendezvous pas souvent coupable de

certaines fautes vénielles qu'on pourrait appeler graves^ parce qu^elles avoisinent le péché mortel ? Et quand est-ce que vous faites pénitence ? Or, si votre vie est pleine de dettes et vide de satisfactions, il est bien évident que vous êtes dans la seconde voie qui conduit directement en Purgatoire. Hélas ! que dejours^que de mois, que d'années, vous aurez à gémir dans ce terrible lieu d'expiation ! Mon Dieu ! que votre Purgatoire seralong et rigoureux ! Ame chrétienne, réfléchissons sérieusement et disons-nous à nous-mêmes : Je veux enfin régler mes comptes avec Dieu, je veux profiter du temps que me laisse

sa miséricorde pour satisfaire à sa justice ; je veux acquitter les dettes, qu'il m'est si facile de solder avec un peu de générosité et d'amour. Je le puis, je le dois, je le ferai. Ames charitables du Purgatoire, venez à mon aide. Demandez pour moi l'esprit de pénitence, je demanderai pour vous soulagement et consolation.

EXEMPLE

lEN ne rend sensible la malice du J^ péché véniel comme ce que racontent un grand nombre d'âmes, dans des apparitions authentiques, sur la rigueur avec laquelle Dieu leur fait expier ces fautes qui^ selon notre manière de voir, sont très légères.

Quelques-unes ont été condamnées au Purgatoire pour avoir parlé dans l'Eglise sans nécessité, comme le rapporte Césaire, d'une petite fille de sept ans. D'autres, comme la sœur de saint Pierre Damien, pour avoir écouté avec plaisir une chanson profane. Catherine, noble demoiselle romaine, vint à mourir. Sainte Monique avait une si bonne opinion de cette vierge, qu'elle recommandait souvent à ses prières son fils Augustin. Et malgré cela^ l'âme de la défunte apparut, remplie de tristesse, au saint évêque Martin, et lui dit : Je brûle dans ces flammes expiatrices pour m'être lavé deux ou trois lois le le visage par vanité ! Saint Séverin passa quelques années au Purgatoire, à cause de certaines négligences dans l'office divin. Un petit enfant de neuf ans y fut aussi condamné pour n'avoir pas payé ou rendu quelques bagatelles

qu'il avait prises. Un père de famille demeura cinq cents ans dans ce feu, pour avoir négligé l'éducation de ses enfants. Combien d'autres ont eu le même sort !

Oh ! comprenons donc enfm, à la clarté du feu épouvantable du Purgatoire, combien c'est un grand mal de commettre le péché véniel ! Hélas !

loin de le pleurer, nous le commettons sans scrupule^ par manière de jeu et d'amusement. Ah ! heureuses les âmes qui pourront dire à la mort, comme saint Paul : Je porte en moi les stigmates du Seigneur Jésus !

PRIÈRE

Que de fautes, ô mon Dieu, je me permets à moi-même sans remords, comme si c'étaient autant de bagatelles! Ah ! si je pensais au compte que j'en

rendrai un jour à votre justice, combien je serais plus vigilant. Daignez soutenir ma faiblesse et ranimer mon courage languissant. Daignez aussi faire miséricorde à mes frères de l'Eglise souffrante. 0 Jésus, soyez-leur propice et ouvrez-leur la porte de l'Eglise triomphante. Qu'ils reposent en paix !

Requiescant inpace !

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