L'EAU ET LE SANG. T
avec notre sang; répandre son sang, c'est donner sa vie; <>(,, si le cœur vient à suspendre ses mouvements, le sang s'arrête, !a vie s'éteint... Quel que soit celui de nos membres qui soit atteint ou blessé, le sang coule, et c'est du Cœur qu'il vient, lors même que la plaie serait faite aux membres les plus éloignés de ce vrai centre et foyer de la vie... Ainsi, au jardin des Oliviers, au supplice de la flagellation, au couronnement d'épines, au crucifiement, c'était toujours le sang du Cœur de Jésus qui tombait comme une pluie abondante sur la terre. Il coulait de ses épaules meurtries, de son front déchiré, de ses mains et de ses pieds percés par les clous; c'était toujours le sang du Cœur.
Mais, dans son amour infini pour nous, il a voulu que son Cœur môme fût ouvert, et, par cette plaie faite après sa mort, il nous a donné jusqu'à la dernière goutte de son sang... Et remarquez bien, — c'est dans ce sang précieux que nous devons laver et purifier nos âmes, — c'e-t ce sang qui est le vrai prix de nos âmes ou la cause de notre rédemption, — c'est enfin dans ce sang que nos âmes doivent se nourrir de sa vie et s'enivrer de son amour. Trois pensées que uous allons méditer un instant.
1° Toutes ces vertus du sang adorable de Je-
•jg MSPT1ÊME JOUR.
ontété figurées et m fi me clairement révélée* au livre saint des vérités étemelles, Ouvrez ce
livre, lisez : dès les premières pages, il y a du sang qui crie, le sang d'Abel; et Dieu a entendu cette voix... Le sang de notre Sauveur crie pluhaut et demande la miséricorde, avec bien plus de force que l'autre, qui appelait la vengeance... Melius loquentem quant Abel. (Rvhr. xn, 24.)
Plus loin, c'est le sang d'un agneau, qui doit être mis sur la porte des maisons d'Israël, pour préserver ce peuple de la mort : Je verrai le sang, dit le Seigneur, et je passerai : Videbo sanguinem, et transibo (Exod. xn, 13), et l'ange de la colère, qui exterminait tous les enfants d'Egypte, passa en effet, et il épargna toutes les maisons au seuil desquelles on avait mis du sang.
Sur les autels du vrai Dieu on immolait des victimes, des hétacombes de taureaux ou de bœufs mugissants, de jeunes agneaux, des milliers de colombes : le sang de ces animaux coulait, et si le sang des boucs et des génisses, dit saint Paul, avait la vertu de purifier les âmes des souillures légales, combien plus le sang de Jésus, versé pour nous, pourra-t-il sanctifier les hommes et les racheter de la mort? Quanto magis sanguis Christi emundabit conscientiam nostram ab operibus mortuis? vHebr. ix, 14.)