‹ Mois du Sacre-CœurChapitre 20 sur 108 · DEUXIÈME .NEUVAINE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME .NEUVAINE

LES REGARDS DU CŒUR DE JÉSuS.

Erunt orr//} met et cor meurt ilti cunctis diebus.

Mea v.mix c\ mou cœur seronV ici tous les jours.

(III Reg. ix, 3.)

Jusqu'à présent nous n'avons contemplé que le symbole môme de i amour de Jésus, le Cœur et ses glorieux attributs, cette douce image que le divin maître a donnée à sa fidèle épouse, et que celle-ci nous a laissée gravée, dans son sang... Désormais nous allons entrer dans ce Cœur Sacré, pour apprendre encore mieux a le connaître et à l'aimer.

Mais comment un cœur peut-il révéler ses sentiments les plus intimes, ses pensées les plus secrètes, tous les mouvements enfin qui semblent l'agiter ?y/H est temps d'exposer les principes de la doctrine que nous avons touchée dans Tarant-propos de ce livre; puisqu'elle doit

nous découvrir tous les trésors de grâce, d'amour et de miséricorde qui s'épanchent de ce Cœur Sacré, comme de leur source vive et féconde : In ipso habitat omnis plenitudo divinitatis. (Coloss. ii, 9.) — Locus fluviorum, rivi latissimi et patentes, (Isa. xxxm, 21.) / Gomment donc le Cœur de Jésus pourra-t-il parler à nos cœurs ? Quel sera ce langage mystérieux?... Ah ! ne le savez-vous pas? Le plus souvent un cœur n'a pas besoin de paroles ou de sons articulés : c'est par des regards, par des larmes, par des soupirs, qu'il s'exprime. Et ce langage naturel du cœur est partout le même et compris de toute la terre. Mais, s'il parle enfin, s'il veut rendre, exprimer ses plus intimes sentiments, il aura une langue à lui, spéciale et inspirée, pour dire ses transports : ce sont alors des paroles vives et pleines d'affection, ou de tendres épanchements d'amour, ou bien de douces et de longues confidences, par lesquelles nonseulement il se révèje, mais il se donne, il se livre à ceux qu'il aimeTEh bien ! tel sera, dans toute cette neuvaine, le sujet de nos exercices sur ce divin Cœur : nous aurons à méditer sur ses regards, ses larmes, ses soupirs, et ses plus intimes communications.

Nous allons commencer parles regards. Ii est

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certah) que les yeux sont le miroir de l'âme et le premier langage du cœur. Nous ne pouvons môme cacher ni dissimuler un sentiment vif, un mouvement extraordinaire, ni une passion, enfin, comme disent les philosophes : on se trahit par le regard; les yeux parlent. Dans la pitié, ils s'emplissent de larmes; dans la colère, ils brillent d'un feu sombre ou éclatant : dans l'amour, ils ont, parfois et tout ensemble, des pleurs et de la flamme.

Le Cœur de Jésus va se révéler à nos cœurs par ses regards les plus sympathiques. Ce sera le sujet d'une étude pleine de douceur et de lumière.

I. Disons d'abord un mot des regards dont l'Evangile n'a pas parlé directement et positivement, mais que la plus simple intelligence des choses divines et humaines suffirait pour indiquer au lecteur attentif. Ainsi, dans le premier regard de l'Enfant-Jésus sur sa mère, quelle tendresse! quel amour et quel doux sourire!

Et, dans la crèche encore, son regard sur les bergers et sur les rois Mages. Le divin enfant ne pouvait, sans miracle, s'exprimer autrement. 11 tournait donc les yeux de leur côté, pour leur faire comprendre qu'il était touché de la simpli-

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eitédeleurfoi, et «uni recevait avec plaisir e! reconnaissance leurs présents mystérieux.

Et, quand Jésus priait I Nazareth, ou bien lorsque, pendant les longues nuits, il priait sui la montagne de Sion, quels regards il élevait au ciel! et comme son Cœur parlait dans ces sublimes et solitaires oraisons! Ses yeux étaient le plus souvent remplis de larmes, ou brillaient du feu de l'amour le plus ardent.

Et lorsqu'il chassait du temple ceux qui le profanaient par un. trafic indigne , quels éclairs de feu dans ses regards!... on eût dit que ses yeux lançaient la foudre, parce que son Cœur brûlait du zèle de la gloire de Dieu son père.

Enfin, d p.n s les derniers regards de Jésus mourant au calvaire, vous découvrirez tous les sentiments de son Cœur; il lève les yeux au ciel; ce regard exprime la soumission, l'abandon; — il les abaisse sur ses bourreaux, c'est la douleur et le pardon; - sur son peuple, c'est la pitié et la miséricorde ; - sur sa mère, c'est la tendresse filiale et. les profonds regrets des adieux ; — sui Madeleine et saint Jean, c'est la compassion la plus vive; — et sur toute la terre, en expirant, c'était un regard plein d'amour, de miséricorde et de zèle pour attirer tous les cœurs à son Cœur !

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