LE COEUR DE JÉSUS, MOTIF D'AMOUR
sanglante.... Comprenez- vous enfin la pensée cachée sous ce symbole d'amour qu'il vous a donné : Dabo eiscor, ut sciant?... Il aime, et il vous rappelle tout ce qu'il a souffert; que dis-je? "1 souffre, il voudrait au moins souffrir encore pour vous, comme il Ta souvent dit à son épouse fidèle; et vous, si vous l'aimiez, est-ce que vous refuseriez de souffrir pour lui? Ne commenceriezvous pas au moins à vivre pour l'amour d'un Dieu qui est mort pour votre salut et pour votre amour?
III. Mais vous serez peut-être encore plus touché de la circonstance du temps , que Jésus a choisi, pour donner au monde son Cœur sacré. Nous l'avons dit, en commençant cet exercice, c'était la dernière ressource, et comme le seul moyen qui pût lui rester pour se faire aimer : donner son Cœur; et c'est au siècle d'indifférence, à l'âge de Tégoïsme et de l'ingratitude que le divin Rédempteur a voulu faire cette grâce.
Les hommes, plongés dans les vils intérêts du temps , avaient oublié les destinées de leur vie immortelle ; n'aimant plus que la terre, ils étaient devenus de la terre, selon la parole célèbre d'Augustin : Uomo terrx datus 'ferrant amas,
terra es! Un grand nombre d'ennemis dp I)ieu et de sa croix avaient nou-<<uleinent résolu d'abaisser leurs regards sur la lange, mais ils ne cessaient de faire des complots pour combattre Jésus-Christ dont ils auraient voulu briser le trône, et faire disparaître le nom. Ils voulaient l'écraser lui-même, les infâmes! Et c'est pourtant alors que Jésus-Christ, désirant combattre le monde par des armes nouvelles et gagner les cœurs à son amour, a daigné révéler ce dernier secret de sa miséricorde. Il a donné son Cœur, dans l'espérance que les hommes comprendraient enfin, et reviendraient à lui : Dabo eis Cor ut sciant me , et revertentur ad me in toto corde
suo.
— Nous ne pouvons douter ici de la pensée de notre Dieu , car il a daigné l'exprimer luimême et de la manière la plus positive , en ce jour à jamais mémorable, où, parlant à sa fidèle épouse, à la Bienheureuse vierge Marguerite- Marie, il lui dit en se plaignant de l'indifférence du monde : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes, et qui ne reçoit de la plupart que des ingratitudes. » N'était-ce pas pour engager cette âme ardente à réparer ces outrages par un amour plus tendre encore et plus généreux? Sans doute, et non-seulement cette âme pure et fidèle, mais
LE COEUR DE JÉSUS, MOTIF D'AMOUR. Il
encore tous ceux auxquels il la chargeait de communiquer ses secrets d'amour, et les promesses magnifiques dont il accompagnait cette première révélation.
Eh bien! il y a une foule d'homm°,s, encore aujourd'hui, qui ne savent même pas que Jésus nous a révélé, nous a donné son Cœur ; et parmi ceux à qui on l'a dit et révélé , combien sont restés insensibles à cette nouvelle ! combien ont oublié cette faveur ! combien persistent encore à la nier !
Or nous pensons que cette indifférence, et nous disons que cette ingratitude est un des motifs les plus touchants pour nous de répondre aux desseins de Notre-Seigneur et au premier désir de son Cœur : l'aimer d'abord et réparer tous ces outrages. Croyez et aimez, vous consolerez votre Dieu. Aimez pour ceux qui n'aiment pas, et donnez-lui votre cœur, donnez-le tout entier, sans réserve et sans partage. Une seule bonne communion peut réparer bien des communions tièdes et même sacrilèges? et une âme ?m se donne généreusement à Jésus peut réi^rer la peine que lui font bien des cœurs lâches et des âmes ingrates.
Vous pourrez donc terminer ce premier exercice par une prière fervente, soit la consécration
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au Cœur de Jésus, soit une amenda honorable, soit même l'une et l'autre.
Vous en trouverez plusieurs à la lin de ce livre, mais je vous conseille surtout celle qui noua paraît la plus belle de toutes, la prière de la Bienheureuse Marguerite-Marie. Jésus venait de lui donner son Cœur, il n'est pas étonnant qu'elle ait répondu avec tant d'amour pour lui donnei le sien.