VINGT-NEUVIÈME JOUR
agréable à Jésus-Christ, devra aussi se conformer à ses plus intimes désirs, qui nous ont été clairement manifestés. Ainsi, vous ne manquerez
jamais de célébrer sa fête, et au jour marcmé par le Seigneur Jésus lui-même, le vendredi après l'octave du saint Sacrement; ne l'oubliez pa-... Que ce soit la communion la plus fervente de l'année. — Vous ferez encore ce que vous pourrez pour lui consacrer le premier vendredi de chaque mois; vous tâcherez de communier ce jour-là; vous renouvellerez votre acte de consécration au divin Cœur, et vous ferez l'amende honorable. — Vous tâcherez aussi de faire le saint exercice de l'heure sainte, une fois au moins par an, la nuit du Jeudi au Vendredi Saint : peut-être même, une fois chaque mois, la nuit qui précède le premier vendredi, jour du Sacré Cœur. Encore plus, peut-être que vous voudrez, à l'imitation de la Bienheureuse Marguerite- Marie, le faire tous les jeudis. Et si Notre-Seigneur vous le demandait comme à elle, est-ce que vous pourriez lui refuser cette preuve d'amour?. . .
II. Un culte de réparation ou de larmes. Nous avons dit bien souvent que c'était la nature essentielle et la fin principale de la dévotion au Sacré Cœur; et en exposant tout à l'heure en
quoi consistait le culte d'amour, nous avons rappelé ce que nous devions nous efforcer de réparer; et comment notre bon Maître lui-même avait révélé que nous pourrions le consoler de ces mépris et de ces outrages. Nous n'avons donc pas l'intention de revenir sur cette pensée: mais nous saisissons avec empressement l'occasion de dire encore un mot, sur le moyen, le plus simple à la fois et le plus efficace, pour entrer dans cette voie de la réparation ; ce moyen, c'est la pratique de la Communion réparatrice, dont nous avons déjà parlé, mais en passant.
Cette grande œuvre est bien faite pour consoler le Cœur de Jésus. On peut dire qu'elle a été révélée par lui, à la Bienheureuse elle-même; car c'est la conséquence des paroles qu'il lui adressait, au jour où il lui confia le secret de ses souffrances et de ses désirs... Aussi, cette association a-t-elle été bénie par le Saint Pontife, l'immortel Pie IX, qui la regarde comme un gage d'espérance et de salut, dans ces derniers siècles d'indifférence et d'impiété. Aussi a-t-elle été recommandée, encouragée, par la plupart des Évêques du inonde catholique.
Celui de tous qui en a parlé avec plus de zèle et d'onction, c'est sans contredit le pieux Évoque dAutun. Cette gloire lui appartenait de droit,
310 nNGT-NEUVIÈMK JOUR.
puisque c'est dans son beau dio à Paray-le-
Motiial, que le Seigneur Jésus a daigné manifester ses secrets d'amour et de douleur, et nous donner enfin son Cœur adorable.
Dans une lettre pastorale, du jour de la Toussaint 1863, lettre admirable, et que nous voudrions pouvoir reproduire en entier, le Prélat expose à ses diocésains le désir de voir se propager et s'étendre partout cette sainte pratique de la communion réparatrice, qui donne tant de gloire à Dieu, et qui assure tant de grâces à l'âme fidèle! Il montre ensuite la puissance que doit nécessairement avoir une association de cette nature pour apaiser le ciel, et il conclut en fondant canoniquement cette œuvre dans son diocèse. Il déclare qu'il adopte et sanctionne le règlement d'Avignon, par lequel les associés s'engagent à communier, le premier vendredi de chaque mois et une fois par semaine, afin de consoler le Cœur de Jésus, qu'ils prieront ce jour-là d'une manière spéciale pour les besoins actuels de l'Eglise, pour le Souverain Pontife et pour la France.
Des Brefs en faveur de l'œuvre de la communion réparatrice ont été donnés par Pie IX ; de nombreuses indulgences accordées aux membres de cette pieuse association. Déjà ils sont en
si grand nombre, que plus de trente mille communions sont offertes par jourau Cœnrde Jésus, et doivent bien le consoler de l'ingratitude des hommes. Si le pieux lecteur est déjà de cette association, qu'il se réjouisse, qu'il redouble de zèle et d'amour, et qu'il tâche d'y faire entrer de nouveaux membres. S'il n'en faisait pas encore partie, qu'il examine devant Dieu, qu'il pèse les avantages promis à ces fidèles amis de Jésus, et qu'il se hâte d'entrer dans cette sainte union des cœurs pour consoler le Cœur de son Dieu.
/ III. Un culte d'imitation. — , C'est le point capital, et le moyen le plus sûr de glorifier le Cœur de Jésus : imiter ses vertus. Notre amour, sans les œuvres, serait un amour stérile, comme la foi, sans elles, est une foi morte. Mais, parmi toutes les perfections du Cœur de Jésus, auxquelles faudra-t-il nous attacher de préférence?. . . Ce bon Maître a daigné lui-même nous diriger dans ce choix; il a réduit toutes ses leçons à deux mots : « Apprenez de moi, dit-il, que je suis doux et humble de Cœur. » Discite a me quic mitis sum et humilis Corde. (Mat th. xi, 29.) Comment donc ! Est-ce qu'il n'avait aue ces deux vertus? ou bien est-ce que ces deux vertus de son Cœur surpassaient toutes les autres? Ce
312 VINGT-NEUVIÈME .IOUH.
serait ignorance ou impiété de le penser; un blasphème de le dire. Un Dieu-Homme po dait toutes les vertus, et toutes dans Je même degré de perfection infinie. Mais c'est que Ja douceur et l'humilité suffisent, c'est qu'elles renferment tout. Si nous imitons Notre-Seigneur dan» ces deux vertus, c'est assez; et avec le bonheur de la terre nous sommes assurés d'avoir un jour le bonheur et la gloire des cieux. Et invente lis requiem anima bus v es tris. (Mûtth. xi,29.)
Maintenant, pour étudier et admirer la douceur et l'humilité du Cœur Sacré de Jésus, vous n'aurez qu'à vous rappeler ici quelques circonstances de sa vie mortelle. Depuis la crèche jusqu'à la croix, il nous a donné les exemples les plus touchants de ces belles vertus. Son caractère était d'une douceur vraiment incomparable, envers tous les hommes grands et petits, riches et pauvres, justes et pécheurs, amis et ennemis. Son humilité a été jusqu'à l'anéantissement. Apprenez d'abord, et puis aimez à n'être rien à être méprisé comme lui, avec lui, pour lui. ( Ama nesciri, et pro nihilo reputari. (Imit.) Mais que ce soit une humilité vraie, en un mot l'humilité de cœur, comme celle de Jésus.
Et pour vous animer encore à la pratique de ces belles vertus, pensez à la récompense pro-
LKs TROIS CULTES. 313
mise, au prix attaché à cette divine Irçon, je veux dire le repos, la paix, le bonheur : Invenietis requiem animabus vestris. Celui qui est iloux est et sera toujours aimé, il attire tous les cœurs, il les possède et il y règne par amour. Celui qui est humble ne peut jamais avoir d'ennemis ni d'envieux; il est bien accueilli partout, et il s'y trouve bien.
Au contraire, il suffit d'avoir manqué une fois d'humilité ou de douceur, pour avoir tout de ^uite et bien longtemps du trouble, de l'inquiétude et de la peine. On se fâche de s'être fâché, dit le bon saint François de Sales, -et on est humilié, attristé d'avoir montré de l'orgueil. Certes ! toutes les paroles de Jésus-Christ sont vraies et la vérité même ; mais celles-ci deviennent évidentes et sensibles par l'expérience de chaque jour. Réfléchissez un instant, et vous serez obligé de convenir vous-même que, si vous avez manqué d'humilité ou de douceur, vous en avez été puni sur-le-champ; et, si vous avez en ce mon h nt quelque peine, rentrez dans votre cœur, vmiinez-vousun peu, etvous allez voir que vous ave/ manqué de patience ou de douceur, que vous avez parlé avec vivacité ou avec orgueil. \/ Répétez souvent pendant ce jour l'une ou l'autre des deux oraisons jaculatoires suivantes :
#il VINGT-NEUVIÈME JOUR.
Cor Jesu flagram amore rneî, inflamrna ûor t/tcum amore lui.
Cœur de Jésus brûlant d'amour pour moi, enflammez mon cœur d'amour pour vous.
Jesu mitis et humilis corde, fac cor meurn secundum Cor tuuml
0 Jésus doux et humble de Cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre 1