‹ Moïse et la GenèseChapitre 16 sur 34 · LE BABYLONIEN CUNÉIFORME · texte numérisé non relu

LE BABYLONIEN CUNÉIFORME

Aux affirmations un peu sommaires, semble-t-il, de la Haute-Critique, M. Ed. Naville vient opposer une rare érudition ethnographique et linguistique. C'est la partie technique, dirais-je, mais très curieuse, et peutêtre la plus neuve de son œuvre ; mais c'est celle qui relève presque exclusivement des spécialistes, au nombre desquels, il est inutile de le répéter, nous ne sommes pas.

Bornons-nous à résumer les résultats au sujet : 1° de la langue babylonienne cunéiforme ; 2" de la langue parlée et du phénicien ; 3"* de l'araméen ; i'^ de l'hébreu carré.

I . En Mésopotamie, il y avait deux races : dans le Nord, les Sémites, dits Accadiens (de la ville Akkad ou Agade), et dans le Sud, les Sumériens, occupant les plaines du Tigre et de l'Euphrate. Les Sumériens

LA THÉORIE LINGUISTIQUE DE M. ED. NAVILLE Sq

étaient plus civilisés que les Sémites ; et leur invention la plus importante fut peut-être l'écriture cunéiforme, qui servit aux Assyriens, et aux Babyloniens. C'est un fait reconnu : toute la civilisation babylonienne provient des Sumériens.

Le roi Sargon, d'Agade, envahit les pays des Amurru, Amoréens (Syrie et Palestine), qui étaient Sémites, et importa chez eux l'écriture cunéiforme. Puis les Amurru s'établirent à Babylone. Puis vint le roi de Larsa, dont le fils Hammurabi ou Ammurapi (l'Amraphel de Genèse, xiv, 9) était contemporain d'Abraham vers 1 g/io, et chassa les Elamites de Babylone ^ . Le professeur Lehmann-Haupt dit : « Depuis 2600 jusqu'à 1960, la Phénicie et la Palestine furent sous l'influence continuelle de l'Orient, oii Babylone dominait sous tous les rapports. »

Les fouilles ont prouvé en effet qu'entre 2600 et 2000 avant Jésus-Christ, une invasion sémitique subjugua la population cananéenne, et s'établit dans la plus grande partie du pays.

Sargon d'Agade (il nous le dit lui-même) introduisit sa langue, le babylonien cunéiforme, en Palestine, 5oo ou 600 ans avant l'époque d'Abraham. Et sur ce point M. Ed. Naville se trouve d'accord avec le représentant ardent de la Haute-Critique, le D"" Briggs : « Les différences, dit celui-ci, entre ces langues étaient tout au plus celles d'un dialecte à un autre. »

Nous partageons, dit M. Éd Naville, entièrement la

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