I. Herzog, Encyclopédie, 3^ édit., IX, p
ko LA THÉORIE LINGUISTIQUE DE M. ED. NAVILLE
manière de voir du D"" Briggs. Il n'existait entre l'idiome d'Abraham et celui deMamré l'Amoréen, ou d'Abimélek, le roi de Guérar, qu'une différence de dialecte ; c'est pourquoi ils se comprenaient si facilement entre eux.
2. Abraham quitta donc un pays de culture babylonienne, pour venir dans un pays, qui avait subi l'influence de Babylone.
La Babylonie, que quittait Abraham, avec sa culture très avancée avait un langage sémitique et une écriture cunéiforme. C'était le pays des tablettes cunéiformes, dont on a trouvé des centaines. Et en effet ces tablettes sont très commodes à transporter. On s'en sert pour les lettres envoyées au loin.
Tout cela est certain. Voici qui, tout naturellement, est vraisemblable. Abraham partait pour cause de religion, pour cause de différence de religion. Les hommes, qui ont une foi particulière, ont des livres religieux particuliers. Abraham dut emporter ses livres, c'est-à-dire ses tablettes, semblables aux tablettes que l'on a retrouvées, et sur lesquelles étaient écrites les lois d'Hammurabi, son contemporain. Il les emportait dans une de ces jarres, que l'on a également retrouvées, pleines de tablettes, et qui étaient les caisses de cette époque. — Ces tablettes devaient contenir des récits relatifs aux choses qui s'étaient passées depuis la création jusqu'à la vie de son père Terah. — Deux indications confirment cette supposition : i"* le récit du déluge a une forte couleur babylonienne ; 2" ces briques contenaient des généalo-
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gies ; et on sait le rôle que jouaient les généalogies pour les hommes de cette époque et de ces races.
Et puis, une fois en Palestine, Abraham, un chef puissant, ne pouvait-il pas avoir un homme de confiance, quelqu'un comme Eliézer, un scribe, capable d'écrire les épisodes de la vie de son seigneur, par exemple son voyage en Egypte, la victoire sur les rois ? Tout cela est naturel, conforme aux us et coutumes.
Il est naturel aussi que ces documents soient arrivés jusqu'entre les mains de Moïse, puisque les documents écrits par Hammurabi, le contemporain d'Abraham, sont arrivés jusque dans nos mains à nous, et cela sous deux formes, en deux éditions, si l'on ose dire. La première (découverte en 1901, 1902) est constituée par un grand bloc de diorite noire de 2™, 25 de hauteur, avec les 282 articles, préface, postface. Cette stèle était destinée au temple de Shippar ; écrite vers 2200 elle a été retrouvée à Suze, ancienne capitale de l'Elam, où elle fut transportée comme trophée vers 1 1 00 . La seconde édition est sur des tablettes , que l'on a retrouvées aussi, au moins en partie. — Du reste on possède encore des tablettes antérieures à celles qu'a pu écrire, ou faire écrire Abraham, et sur les mêmes sujets I On y lit, en caractères cunéiformes, un récit du déluge et de la tentation, que certains savants déclarent avoir été (( l'original du récit mosaïque )) . Lesdites tablettes proviennent de la bibliothèque de Nippour, détruite lors d'une invasion de la Babylonie parles Elamites, à l'époque d'Abraham ^