‹ Moïse et la GenèseChapitre 9 sur 34 · QUELQUES ARGUMENTS CONTRE LA HAUTE- CRITIQUE I · texte numérisé non relu

QUELQUES ARGUMENTS CONTRE LA HAUTE- CRITIQUE I

rédacteur et correcteur : mais quelquefois, ils le lui permettent ; ainsi quand il est dit que Yahveh fait prospérer Joseph dans la maison de Putiphar (xxxviii, 3, 5), — Alors l'Eloliiste se contredit luimême.

Et comment expliquer que d'un bout à l'autre de son récit le Yahviste se serve du nom de Yahveh ? Si c'est une erreur, il est mal informé.

Et voici qui est plus grave encore. S'il se trompe, l'alliance d'Abraham avec Yahveh, les promesses, dont la sanction et la garantie sont données dans les mots solennels : « Je suis Yahveh », — tout cela est aussi une erreur ; Yahveh n'a pas été le Dieu d'Abraham ; ce n'est pas Yahveh qui apparut à Isaac, à Beershéba, et lui dit : (( Je suis le Dieu d'Abraham, ton père )) ; et ce n'est pas Yahveh, que Jacob vit au haut de l'échelle, et qui lui dit : « Je suis Yahveh, le Dieu d'Abraham ton père et le Dieu d'Isaac. »

La pierre angulaire de tout l'édifice israélite disparaît. Cette alliance de Yahveh avec Abraham, cette base, sur laquelle repose toute l'histoire d'Israël, disparaît. Que devient la Genèse ? Ce n'est plus la charte d'élection d'Abraham et de sa postérité.

5. Et puis qui sont ces auteurs, qui apparaissent.^ des écrivains d'un genre tout nouveau, qui n'était pas connu dans l'Ancien Testament. Ce sont gens qui écrivent pour écrire, un peu comme les littérateurs et les savants de cabinet de nos jours. Ils font de l'érudition, de l'archéologie, sans s'inquiéter de savoir à quels lecteurs leurs livres sont destinés.

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Voilà le Yahviste. — En réalité il ne devrait pas exister du tout. Il ne parle que de Yahveh, c'est-à-dire d'un Dieu, dont on ne connaissait pas le nom pendant tout le temps, dont il décrit les événements. Son récit n'est qu'un anachronisme cent fois répété.

Et l'Elohiste ? il appartient au royaume du Nord, dont Samarie est la capitale. Dans ces temps de guerre et de conquête par l'étranger, quel intérêt pouvait avoir pour les sujets de Jéroboam II ou d'Osée, l'histoire d'Abraham et d'Agar, et le sacrifice d'Isaac ? Connaissait-il le Yahviste ? Avait-il l'intention de le corriger ?

Et le (( rédacteur préliminaire », J E, qui surgit et fusionne le Yahviste et l'Elohiste, d'une manière si intime , que la Haute-Critique elle-même ne réussit plus à les distinguer. — On en trouve un morceau dans les huit premiers versets du chapitre xi, entremêlé avec des fragments empruntés à trois autres auteurs ; et dans le verset 2 du chapitre xv, où Abraham dit : (( Yahveh Elohim, que me donneras-tu? » — Le rédacteur préliminaire ne croyait donc pas, comme l'Elohiste que le nom de Yahveh ne datait que de Moïse ! Quelle incohérence !

Et le rédacteur final .^^ Lui non plus ne se range pas à la date fixée, dit-on, par l'Elohiste pour l'apparition du nom de Yahveh. — Mais alors, quand il a un texte en mains, oii la fusion des deux auteurs, des deux noms est faite, pourquoi ne l'emploie-t-il pas toujours? — Le texte fusionné n'était pas incomplet, il commençait avec les débuts de l'histoire d'Abraham, il s'étendait jusqu'à Joseph, et plus loin. — Pourquoi,

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