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capricieux et terrible, Thomme n*a qu'à le flatter, qu'à le circonvenir par des prières ; ou bien, si Dieu est en colère, qu*à Tapaiser par des sacrifices. Le progrès étant en Dieu même, est permanent, il est toujours quelque part. Point n'est besoin de travailler en sa faveur, il existe par la volonté et la grâce de Dieu.
Si, par exemple, les chemins de fer n*ont été inventés que dans notre siècle, c'est que, quoi que les hommes eussent fait, qu'ils eussent été justes ou injustes, qu'ils eussent professé la vérité ou l'erreur, cette invention n'eût jamais pu être faite avant l'époque voulue où elle fut réellement faite. L'histoire pourtant prouve jusqu'à l'évidence, que les grandes inventions ont toujours suivi la proclamation et la reconnaissance des vérités philosophiques ; vérités bien des fois entrevues, acceptées parfois par quelques chefs de pouvoir mieux élairés que leurs peuples. Dès que ces peuples rentrent dans la voie du recul, l'esprit inventif de l'homme s'émousse, se rouille, se meurt pendant des siècles de paresse crapuleuse, ou de violence sanguinaire!
D'après ce système, l'homme n'est jamais le maître de son sort. Il ne peut rien ou presque rien, ni pour son bonheur, ni pour son malheur. Tout se fait par la grâce de Dieu, par la fatalité. A quoi, en effet, sert la liberté de l'homme, si Dieu peut annihiler les effets de ses actions, si, par une prière. Dieu tourne le mal en bien, ou retire de l'homme sa grâce pour Taceabler de malheurs, si bonnes que stient ses œuvres? En naissant, longtemps même avant la naissance.
Tun est destiné à devenir maître, l'autre esclave. Et puisque, pour devenir heureux, il faut avant tout gagner les bonnes grâces du maître suprême, à quoi bon travailler? le travail est un châtiment infligé aux disgraciés, aux déshérités, aux serfs. La suprême félicité, c'est de contempler le Seigneur et de rester éternellement dans cette stérile contemplation, aussi bien dans ce monde-ci que dans Tautre !
Naturellement ces principes d'erreur, d'injustice, de fainéantise et de fatalité conduisent droit à l'esclavage, à la barbarie, à toutes les calamités, à toutes les misères de la guerre, de la famine et de la peste.
Ces nations, prenant leurs malheurs comme une nécessité fatale, céleste, inévitable, n'ayant même pas la possibilité de la liberté et du bonheur sur cette terre, se sont créé une félicité factice, paradisiaque, pour une vie qu'ils appellent future et qui n'est à leurs yeux qu'une autre vie tout à fait mondaine, plus parfaite, plus heureuse, qu'ils élèvent en dogme, contrairement à toute raison, à toutes les lois de la nature et de Dieu. Ils ressemblent en cela à de malheureux prisonniers, charmant leurs ennuis à peinturlurer les murs de la prison avec des scènes de licence et de bombance.
Et pour se venger de leurs oppresseurs, ces mêmes nations inventent pour eux des enfers, des purgatoires et autres engins de supplice étemel.
La résurrection des morts, les miracles, les àaints, etc., etc.^ tout cela est forcé dans ce système, tout cela se trouve chez tous les peuples; qui, au lieu d'attribuer leurs malheurs &
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leurs propres erreurs, à leurs propres injustices, les imputent à Dieu, en s'écriant, que Dieu n est plus avec eux, qu'ils les a abandonnés ; oubliant, comme dit Moïse, que Dieu n'abandonne que ceux qui ont abandonné ses lois, que tout être qui perd ses droits a toujours manqué à ses devoirs, lui, ses pères et ses aïeux !
Inutile d'ajouter que les chefs spirituels de ces nations, se disant les élus, les biens-aimés de Dieu, ses représentants sur la terre, tiennent dans leurs mains les clés de ce paradis et de cet enfer. Eux seuls pardonnent au nom de Dieu !
Eux seuls aussi ont le droit de maudire et de damner !
Le premier principe est celui de Moïse!
Le second celui du Talmud et de l'Evangile.
Seulement les rabbins, les pharisiens, ayant voulu coller, pour ainsi dire, leurs principes sur ceux de Moïse, ont rédigé un Pentateuque sur de vieux documents qu'ils ont falsifiés visiblement, ostensiblement, audacieusement !
Malheureusement pour eux, le Deutéronome, qui est en gi*ande partie de Moïse lui même, s'est maintenu malgi*é eux ; et bien qu'ils aient là aussi coupé, tronqué, ajouté des phrases entières, le principe du Maître n'en reluit pas moins avec splendeur, pour ceux surtout qui savent l'hébreu, qui aiment la vérité pour elle-même, sans arrière-pensée de dogme ou de tradition (1).
A travers cette marche perpétuelle de l'huma-
(1) Dans un livre qui vient de paraître, un savant hébralsant tend à prouver, que dans le Pentateuque le signe qui veut dire : ouvert, indique que le texte a été copié tel que sur de vieux documents, mais que la lettre qui veut dire: fermé f annonce que le texte a été changé, supposé, ou ajouté.
LE TALMUD ET l'ÉYANGILE H
nité en avant et en arrière, toujours trois pas en arrière pour un pas en avant, deux vérités se font jour et s'imposent à la conscience des peuples.
La solidarité des générations, étant une loi identique avec Dieu, les peuples dans Thistoire ont presque toujours payé les erreurs et les crimes de leurs pères. Quand une génération reconnaissant ses erreurs, est revenue vers la vérité, cas extrêmement rare, elle a de nouveau semé et ses enfants ont récolté. Ceux-là, bien des fois sont retombés ; et, alors tout en jouissant des fruits de leurs pères, ils ont préparé à leur prostérité une ère néfaste de guerres, de violences et de misères. De nos jours, nous récoltons les fruits que nos braves pères de Quatrevingt-neuf ont semés. Nous sommes vraiment d'heureux mortels. Mais l'avenir que, par nos vertu, nos vérités et nos sacrifices, nous préparons à nos fils, sera terrible.
Un autre fait non moins prouvé par l'histoire est celui-ci: le bonheur, l'épanouisement matériel suivent partout et toujours la connaissance et la reconnaissance des lois de la raison qui sont les lois de Dieu. Nulle nation professant un principe divin contraire à la raison, ne fut jamais matériellement heureuse. Toujours la somme des malheurs universels a dépassé, au centuple, la félicité de quelques-uns. Cette nation n'aura jamais la paix. A peine aura-t-elle recueilli quelques fruits, qu'elle la perd par des guerres étrangères et civiles ; suite de la protestation de la raison, qui protesta, qui protestera toujours, é^awt Dieu dans l'homme. La nation française a centuplé sa fortune depuis la proclamation des
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principes de 89. Mais ces principes, battus continuellement en brèche par une génération ignorante, railleuse, supeilitieuse et souverainement hypocrite ; n'étant d'ailleurs nulle part appliqués dans leurs conséquences sociales, n'entreront jamais dans la conscience du peuple par l'indifférence, par ce que l'on appelle la tolérance, mais Wiiquemmt par la religion, c'est-à-dire, par un principe rationnel, fondé sur la vérité divine, par v/ne affirmation de profession de foi solennelle, proclamée par le pouvoir et adoptée par la nation. Sinon la France, retombant dans la voie des ténèbres du moyen âge, perdra non seulement son rayonnement spirituel, — elle l'a déjà perdu, — mais toute sa prospérité matérielle — récolte levée sur la semence céleste de nos pères — disparaîtra en moitié moins de temps, qu'elle n'a mis pour germer, pousser, fleurir et mûrir !
Prophétie que tout cela ! Prophétie veut dire : vision, ce qui se voit. Évidemment, pour bien voir, il faut des yeux exercés. Étudier la logique et l'histoire, c'est voiries lois de Dieu et de l'homme. Les vrais prophètes n'ont jamais fait autre chose, à commencer par Moïse, le plus grand de tous.
Le lecteur voit quel vaste champ est ouvert devant lui. C'est le champ du progi'ès humain, où tout homme, tout citoyen aimant son pays et l'humanité, doit entrer. C'est ce champ que je vais labourer, ensemencer, afin que nos petitsfils y trouvent de quoi récolter, pour leur bien spirituel et matériel.
J'aurais pu, sans tenir compte des travaux des hommes divins du passé, publier ma Parole Nouvelle et dire : Voilà ma pensée, mon œuvre
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à moi ! Mais je n'eusse pas fait œuvre de vérité et de sincérité.
L'homme n est ni d'hier, ni d'avant-hier. Je ne sais d'où me viennent mes idées, mais à coup sûr, à mon insu, elles ont jailli des vérités proclamées par les hommes de Dieu du passé. Cherchons donc d'abord la vérité, si restreinte qu'elle soit, dans l'histoire. Puis, sur ces fondements, élevons, avec l'aide de Dieu, notre édifice (1).
Je ne songe pas à mes contemporains. Les uns d'âge mûr et qui savent ne lisent plus, ne luttent plus. Les autres égarés, affolés par une littérature quinquannaîre sans philosophie, sans vérité, sans sincérité, parfois sans probité, sont déjà entrés dans la voie du matérialisme et du recul. On leur montrerait le jour, ils n'ont déjà plus d'yeux intellectuels pour voir. La vérité même seraient écrite en lettres de feu sur la voûte du ciel, ne pouvant, ne voulant plus la comprendre, ils la railleraient. .
Je ne travaille que pour un avenir lointain, mais, pour être lointain, ce n'en est pas moins l'avenir !
(1) La Parole Nouvelle a paru depuis. Et bientôt, si Dieu me le permet, paraîtra le complément, intitulé ; « De V Absolue Vérité. »