XV, V
Mais (Exode, chap. XXI,) il y a un règlement
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particulier pour les esclaves masculins et un autre règlement pour les femmes. Nous en parlerons plus amplement dans les lois fondamentales.
Mais la preuve la plus convaincante de Imtercalation de certains textes est la contradiction flagrante sur le sacrifice humain. Moïse a cinq fois condamné ce sacrifice comme une abomination. J'aurais trop à citer si je voulais traduire tous les textes à ce sujet. Deux citations du Deutéronome suffiront. Chap. XII, v. 31, il dit : € Ne fais pas cela à ton Dieu, car ce qu'ils font à leurs dieux est une abomination à Jéhovah. Ils font passer par le feu leurs fils et leurs filles en l'honneur de leurs dieux, i Puis, chap. XVIII, V. 9. € Quand tu seras dans le pays que Jéhovah ton Dieu te donnera, n'imite pas les horreurs des peuples qui y demeurent. Que jamais nul de vous ne fasse passer son fils ou sa fille par le feu ! Qu'il n'y ait parmis vous, ni augure, ni consulteur de nues ou conjurateur de serpents, ni sorcier, ni magicien, ni expUcateurs de signes, ni évocateurs de morts- Car quiconque fait cela est un abominé de Dieu et c'est à cause de ces abominations que Jéhovah chasse ces peuples devant toi. >
On lit encore (Lévitique, chap. XXVII, v, 1) : € Si quelqu'un a fait un vœu sur l'estimation des âmes. — c'est-à-dire le rachat d'un sacrifice humain, — l'estimation d'un mâle depuis vingt jusqu'à soixante ans sera de cinquante sicles ; si c'est une femelle, ce sera trente sicles. De cinq jusqu'à vingt ans, l'estimation du mâle sera vingt, et de la femeUe dix sicles. D'un mois jusqu'à cinq ans, on estimera le mâle cinq et la femelle trois sicles. A parth» de soixante sins^et .
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au-dessus, le mâle est estimé quinze, et la femelle dix sicles. S'il est pauvre, le prêtre Teslimera jusqu'où peut atteindre la main de celui qui a fait le i;œw (textuel). >
Ceci est une troisième preuve de Thorreur qu a eu Moïse du sacrifice humain et de Tenracinement de cet odieux usage.
Eh bien, dans le même chapitre, verset 28, quelque prêtre a ajouté ceci : t Tout Het^em (Un herem est un ex-voto, une ville, une chose vouée à Dieu par un homme. Ainsi la ville de Jéricho devint un Herem, Josué ayant juré que si la ville tombait en son pouvoir, pas une âme n'échapperait, que tout serait sacrifié à Dieu ! La fille de Jephté était également un Herem,), On lit donc: € Tout Herem qu'un homme voue à Dieu, de ce qu'il possède en hommes, animaux, champs, ne peut être racheté. Tout herem humain ne peut
ÊTRE RÉDIMÉ. IL FAUT QU*IL MEURE ! Moth yU"
math, »
Je défie tous les rabbins, tous les évêques, tous les muphtis passés, présents et futurs, de concilier ce texte avec les autres textes de Moïse punissant de mort tout être qui sacrifie un homme à Dieu! L'un ou l'autre de ces textes est faux, archifaux.
Je ne relèverai pas les nombreuses contradictions de la légende de la création. Il est dit (Genèse, chap. I, V. 27) : « Et Dieu créa Adam d'après son image ; selon l'image d'Elohim il le créa ; mâle et femelle il les créa. »
Voilà donc Eve créée en même temps qu*Adam.
Que devient alors la légende de la côte d'Adam et de son malencontreux sommeil ? Des milliers de commentateurs juifs se sont exercés sur la
contradiction de la création du jour et de la nuit avant Texistence du soleil et des astres, ils y ont perdu leur hébreu. Le Pentateuque cite des villes qui n'ont existé que cinq siècles après Moïse, du temps des rois (voir Spinoza). EnÛn, il est flagrant que Moïse n'a pas écrit l'avantdeniier verset du Pentateuque ainsi conçu : c Et jamais plus il ne s*éleva en Israël un prophète comme Moïse qui a connu Jéhovah face à face. > Encore s'il avait dit : c Et jamais plus il ne s'élèvera plus yakom, mais il emploie bien le passé kam. C'est donc une phrase ajoutée du temps qu'il n'y avait plus de prophètes, du temps des docteurs pharisiens, affirmant de nouveau la révélation personnelle et surnaturelle !
Je pourrais encore citer plusieurs autres contradictions relevées par Eben-Esra, Spinoza, David Michaélis et même par le Talmud, qui met souvent ces genres de questions dans la bouche des païens convertis. Le lecteur raisonnable et de bonne foi, pour qui un texte est un texte et rien de plus, ne se laissera pas entraîner par des arguties scolastiques, ni se contentera de la fin de non-recevoir, savoir : que tout cela est au-dessus de la raison et du jugement humain et qu'on n'a pas la permission de méditer là-dessus. TTalmud. Traité Jouma).
Si jamais législateur a fait appel à la raison, ce fut Moïse. On a pu altérer, obscurcir, défigurer sa loi ; le fond en reluit toujours comme de l'or pur. Les règlements de localité, les excès de logique s'en sont détachés et sont devenus œuvre morte, mais ses principes philosophiques, la base morale sur laquelle il a bâti sa cité avec toutes les conséquences sociales et politiques,
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sont encore debout aujourd'hui partout où bat un cœur humain pour la justice, la liberté, Tégalité et la solidarité.
Quelle est, me demandera-t-on, à travers tant de contradictions, la véritable loi fondamentale de Moïse ? C'est ce que nous allons chercher. C'est ce que nous allons trouver.