IK
Il en est de même du temps messianique, de la résurrection des morts, etc., etc.
On lit (Traité Sanhédrin^, livre IX*^) : Il n'y a pas d'autre différence entre ce monde-ci et le monde de la venue du Messie que la sujétion aux rois, c'est-à-dire le manque de liberté nationale. > Autre part, on y ajoute, car il est écrit : « Jamais le pauvre ne disparaîtra de la terre. >
LB^ALMUD ET l'ÉVANGILE 169
Nous avons déjà prouvé que cette phrase intercalée dans la Bible, répétée par Jésus à ses disciples, disant : « Vous ne m'aurez pas toujours, mais vous *aurê«^ toujours des pauvres parmi vous, i est contraire à la loi de Moïse. Moïse promet formollement la félicRé tout entière sur cette terre, si le peuple fait son devoir envers tous les étires créés par Dieu. Ildîlen toutes lettres (Deutéiienonîe^ chap. XV, verset 4) : €Et le pauvre disparaîtra. mLe Tjpjmud niant la liberté de rhomme, ne croifpas S cette félicité, même du temps du Messie, bien qu'il espère que'toutes les nations se conwrtiront à la fin. Il dit : (Pesachim, livre VIII) : « Dieu n'a exilé Israël parmi les peuples que dans le but de les convertir» .
Abodah Sara,.<^|^^ le ftvre ïçremier^n lit : € Rabbi José a dit^i A rave^wg^ous ils peuples se convertiront à JéhovaS^PPva plus loin encore : Traité Megilah, on lit dans. le premier livide : € Tout homme reniant le sery^k^s faux dieux ^ (idole faite par rhomme)/?w< ^jje regardé comme juif.p Puis continuant sur le Messie , il tJlte (Traité Sanhédrin) : c Le fils de David ne viendra que lorsque tous les royaumes seront convertis à la Minothy » c'est-à-dire à la fausse foi.
Le Talmud ajoute encore : c Le Messie ne viendra (ceci est ufle nouvelle opinion) que lorsque tout sera tout^ fait^ielf ou tout à fait mal. » Il y a bien d'autres avis encore sur le Messie. Rabbi Abouah dit : c Le temps du Messie pour Israël ne viendra que dans sept mille ans. » En ce cas, il y aurait encore bien de la marge, car il y a à peu près quinze cents ans que le docte Rabbi a dit cela. Puis vient brusquement un Rabbi Hillel, (ce n'est pas le vieux Hillel, ayant
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vécu longtemps avant Jésus Christ et qui longtemps aussi avant TËvangile a dit à un païen, lui demandant Texplication de la loi, pendant qu'il pouvait se tenir sur un de ses pieds : « Toute la Thorah est dans ces mots : Ne fais pas à ton prochain ce que tu ne veux pas qu'il te fasse. Tout le reste n'est que commentaire. (Trsité Sabath, livi'e II). » Celui-là s'appelait Hillel tout court ou Beth Hillel. L'autre, que nous allons citer, est désigné sous le nom deRabbi Hillel). Il dit : c Ah bah, il n'y a plv^ de Messie pour Israël, ils Vont mangé depuis longtemps, du temps du roi Jeheskiahu. > Saint Paul, à son tour, fulmine contre de faux chrétiens prétendant que la résurrection est déjà venue. Ce propos est cité deux fois par le Talmud et pourtant le Talmud croit à un Messie avant et après Jésus Christ. Rosch Haschanah II, il dit : € Au mois de Nissan (fête de Pâques) ils ont été délivrés en Egypte, c'est aussi au mois de Nissan qu'aura lieu leur délivi'ance future. Les rabbins du dixième et du onzième siècle ont même élevé cette croyance à un dogme de foi, mais il est vi^ai qu'ils n'ont jamais eu le pouvoir de l'imposer. Aujourd'hui même on peut être bon juif sans croire au Messie.
Vin
Moïse n*a jamais soulevé la question de savoir si la foi sauve plutôt que l'œuvre. Sa doctrine à ce sujet est clabe et nette. Le Juif, selon lui, n'a été élu ni pour sa force numérique, ni par faveur, mais uniquement pour servir de modèle et d'exemple, tant par ses lois de raison que par sa sagesse pratiqua.
Mais le Talmud et les Pharisiens, prêchant la
prédestination de l'homme, ont nécessairement soulevé ces questions, En eifet, si Dieu, par sa volonté arbitraire, distribue les biens spirituels et matériels, il est très important pour l'homme de savoir par quels voies et moyens on obtient les faveurs et les grâces de ce souverain dispensateur. Les rabbins ont donc longuement discuté et débattu la question de savoir si Tétude de la loi de Dieu plaît mieux que l'œuvi^e de bien. Sous ce mot : étude, (Talmud Thorah) les rabbins entendent bien la foi, mais non pas la foi ignorante. Le Talmud a horreur de la piété ignorante. Il dit en toutes lettres : < Nul ignorant ne saurait être pieux. »
Il dit ailleurs (Traité Sabath, livre VI«) : « Un sage savant, fût-il vindicatif et irascible comme un serpent, lie-le comme une ceinture sur tes reins ; mais si tu trouves un homme du commun un ignorant dévot, fuis, fuis son voisinage. » C*est le mot de La Fontaine : « Mieux vaut un sage ennemi qu'un sot ami. d II dit encore Traité Pesachim, livre IIP) : « Un homme doit vendre tout ce qu'il a plutôt que d'épouser la fille d'un manant (ignorant), d C'est sur ces filles que l'Ecriture a dit : « Quiconque s'approche d'une bête^ qu'il meure. » Il pousse l'exagération si loin qu'il ajoute : « Un am Haaretz (littéralement « peuple de la campagne » mais le mot n'est employé que pour désigner Vignorant)^ on peut récorcher un jour de Kipour qui tombe un jour de Sabath (à ce jour-là, deux fois sacré), Il est permis de le déchirer comme un poisson. Car la haine qu'ont les ignorants (toujours am haaretz) pour les savants est plus forte que celle que portent aux Israélites les adorateurs
172 uoïsE
d'idoles, et les femmes des ignorants les haïssent encore davantage. »
Le Talmud dit (Traité Sotah, livre !•') c Qu'estce qu'un am haaretz ? C'est un homme qui a des fils et qui ne les élève pas pour étudier la loi. » L'instruction est le premier devoir d'un Israélite. Seulement le Talmud , contrairement à Moïse en exclut la femme. HVaschim Péturoth Mithalmod Thorah.) <r Les temmes sont exemptes de Tétude de la loi. »
On lit (Traité Kiduschm, livre P' ). « A. Bud, on a débattu la question de savoir si l'étude est plus grande que l'œuvre. Rabbi Tarphon a dit : L'œuvre est plus grande, mais Rabbi Ekiba prétend que l'étude vaut mieux encore ; tous alors ont répondu : l'étude vraiment est plus grande, car l'étude pousse à l'œuvre. >
Si la foi n'a de grandeur que parce qu'elle produit l'œuvre, celte dernière étant le but, serait certainement plus sainte et plus nécessaire.
C'est aussi l'avis de Saint Jacques. Voici le passage remarquable à ce siyet de cet apôtre, (chap. II, V. 14) : « Mes frères, que servira-t-il à un homme de d^e qu'il a la foi s'il n'a point les œuvres ? La foi pourra-t-elle le sauver ? Si un de vos frères ou une de vos sœurs n'ont point de vêtements ni de nourriture, et que quelqu'un d'entre vous leur dise : Allez en paix, réchauffez-vous, rassasiez-vous, sans leur donner ce qui est nécessaire au corps, à quoi seiwont ces souhaits ? Ainsi la foi qui n'a pas les œuvres. Elle est morte en elle-même. Quelqu'un pourra donc dh*e : vous avez la foi et moi j'ai les œuvres. Montrez-moi votre foi sans les œuvres, moi je
LE TALMUD ET l'ÉVANGILE 173
VOUS montrerai ma foi par mes œuvres. > Et, v. 26 : € Car, de même qu'un corps sans âme est mort, de même la foi sans les œuvres est morte. >
Ailleurs le Talmud dit le contraire.
Rabbi Lakisch dit (Traité Gitinn, livide V') : € Les paroles de la loi ne s'affirment que par ceux décidés à mourir pour elle. > Il s*agit du martyre de la mère des sept enfants dont il est question dans les Machabées. Dans les Perké Aboth, où est résumée la sagesse des rabbins, on compare l'homme qui a la science et les bonnes œuvres à un chêne au bord de Teau dont les racines sont plus nombreuses que les branches et qui résistera à tous les vents, mais sans les œuvres, sans les fortes racines, le chêne ne résistera pas longtemps aux tempêtes, si nombreuses et si belles que soient ses branchés et ses feuilles. Mais (Traité Berachoth, livre V"), Rabbi Eliezer dit : La prière est plus grande que les bonnes œuvres. Nul ne fut plus grand en bonnes œuvres que notre maître Moïse, et pourtant on ne lui a répondu que sur sa prière, car il est écrit : (Deutéronome, chap. III, v. 26) : € Dieu me dit : Ne me parle pas davantage. > Et puis tout de suite après verset 27 : c Monte sur le sommet du mont Pisgah, etc. >
Cette preuve, comme toutes les preuves talmudiques, repose sur des arguties scolastiques. Rabbi Eliezer veut dire, que Dieu n'a pas d'abord daigné répondre à la demande de Moïse, mais^ qu'il lui a répondu après la prière. Malheureusement ce passage prouve précisément le contraire de ce qu'avance le rabbi. Moïse prie Dieu de lui permettre de passer le Jourdain, mais Dieu,
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ajoute-t-il, se courrouça contre moi, à cause de vous (parce que leur œuvre était contraire à sa loi). Dieu me dit : «Monte sur le sommet de Pisgah et lève tes yeux sur le sud, le nord, l'ouest et l'est, regarde de tes yeux, mais tu ne passeras pas ce Jourdain. » Sa prière ne lui a donc guère servi. Mais le Talmud ne regarde pas de si près à un texte ; à la rigueur il dit : ne le lis pas tel qu'il est écrit.
En général, un talmudiste n'énonce pas d'opinion sans qu'il ne s'efforce de la trouver écrite dans la Bible, dût-il torturer le texte et lui faire dire le contraire de ce qu'il dit, ou par unparallélogisme de mots similaires, ou bien encore par un argument a fortiori, à faire crier les pierres.
Ces arguments a fortiori ont été souvent employés par saint Paul, surtout dans son chapitre VII, aux Hébreux sur Melchizèdek et Abraham.
Ce même rabbi Eliezer dit : c La prière est plus gi'ande que le sacrifice, > Et cette fois, il cite Issue qui dans son fameux chapitre premier, s'écrie : c Que me fait la quantité de vos sacrifices ! etc., etc. » Mais Isaïe n'ajoute nullement que Dieu aime mieux la prière. Au contraire il dit (verset IS) : c Si vous accumulez prière sur prière , je ne vous écoute pas, vos mains sont pleines de sang. » Seulement le rabbi conclut que la prière est plus grande que le sacrifice, parce que Isaïe, visant à l'effet par la gradation poétique, a l'air de dire : c Je n'écoute mêma pas vos prières, bien que je les aime mieux que des sacrifices. »
C'est là un raffinement d'argumentation cher
LE TALMUD ET l'ÉVANGILE 175
aux esprits talmudiques. C'est sur de telles bases que le Talmud fonde ses doctrines les plus graves, fussent*elles même conformes à la raison logique ! Il dit encore (Traité Tanith, livre 1er) (nous ne comptons plus les contradictions) :
€ Au moment de la mort de Thomme, toutes ces œuvres se séparent de lui, vont-au-devant de lui et lui disent : tu as fait ceci et cela, ici et là, tel et tel jour, à tel ou tel endroit. Lui, répond alors c'est vrai* Là-dessus, elles lui disent : signe et cacheté ; et ce sont ces œuvres qui décident du sort de l'homme. » Donc Tœuvre est tout, car elle fait descendre Tâme dans Tenfer ou la réserve pour la vie éternelle. Nous verrons plus tard les péchés qui, d'après le Talmud, font descendre Thomme dans l'enfer et le maintiennent dans le purgatoire. Là-dessus il y a aussi des avis diiférents, il y a des rabbins disant, qu'une seule bonne action suffît pour sauver un homme (Traité Sabath, livre IV) : € Et si neuf cent et quatre-vingt-dix-neuf actions l'accusent et qu'une seule bonne action le défende, il sera sauvé, car il est dit (Hiob. 36) : € Si un seul ange défenseur sur mille dit la justice de l'homme il sera gracié. « Rabbi Jonathan dit (Traité Sotah, livre 1*') : c Quiconque a fait une bonne action, cette action le précède de ce monde-ci à l'autre monde. ^
Ailleurs il dit : « Eût-il été un parfait scélérat toute sa vie, (Traité Kiduschin, livre !•'), pourvu qu'il se fût repenti à la fin, on ne se souviendra plus de ses péchés. Car il est écrit (Ezéchiel, chap. XXXIII, V. 12) : € Et la méchanceté du méchant ne lui sera pas comptée, le jour où il reviendra de sa méchanceté. :b
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Dans les Perké Âboth un sage rabbin dit :
Sur trois choses le monde est fondé ; sur la justice, la vérité et la charité. II n'ajoute pas : sur Tétude de la loi, mais un autre Tajoute ailleurs. Enfin, (Traité Makoth, livre Ille), oïi lit le fameux passage tant de fois cité et dont voici la teneur :
€ Six cent treize commandements ont été dits à Moïse ; trois cent soixante-cinq de négatifs ^défenses, tu ne feras pas), le nombre des jours ae l'année. Deux cent et quarante-huit d'affîrmatifs, autant que les membres de Thomme.
Quand est venu David, qui les a réduits à onze. Il dit (Psaume, tout le chapitre XV) :Jéhovah qui s'abrite dans les tentes et qui demeure dans les montagnes de la sainteté. Celui qui marche sans tache, qui opère la justice et qui dit la vérité dans son cœur ; il ne médit pas de sa langue, ne fait pas de mal à son prochain et ne porte pas la honte sur celui qui l'approche ; ce qui est digne de mépris est une horreur à ses yeux, il honore ceux qui craignent Jéhovah, il jure contre le mal et il tient son serment ; il ne prête pas son argent à usure et ne se laisse pas corrompre pour condamner l'innocent, celui qui a fait tout cela ne chancellera jamais. »
Est venu Isaïe, et les a réduits à six (chap. XXXIII, V. 15) : « Celui qui marche dans la justice, qui parle droit, qui méprise le droit d'infamie, dont la main du revers repousse le don corrupteur, dont l'oreille se bouche pour ne pas entendre des propos de sang et dont les yeux se ferment pour ne pas voirie mal, celui-là demeurera dans les hauteurs, citadelles et rocs qui lui serviront d'abri. Son pain lui est donné et son eau est assurée. »
Est venu Michah (chap. 1) et a les réduits à trois : « Rendre justice, faire la charité et marcher humblement avec Jéhovah ton Dieu. »Est venu Habakuk et les a réduits à un. Il y est dit (chap. II. : « Etle juste vivra par sa foi. >
Voilà donc tous les commandements de Moïse réduits à la seule et unique Foi. Saint Paul répète à plusieurs fois les paroles du prophète Habakuk sans citer son nom. Aux Galates (chap. III, V. 2) : € Et il est manifeste que sous sa loi personne n'est justifié devant Dieu, puisque k ■ juste vit par la Foi. > Puis, aux Romains (chap.
I, V. 17), il répète la même phrase : « Le juste vit par sa Foi. »
Même contradiction entre Saint Paul et Saint Jacques. Saint Paul, aux Romains (chap. III, v. 27), s'écrie : « Où est donc votre glorification ? Elle est anéantie. Et par quelle loi ? Est-ce par la . loi des oeuvres ? Non, mais par la loi de la foi. Car nous devons reconnaître que l'homme est justifié par la Foi, sans les œuvres de la loii^ . Ailleurs, aux RomainSy (chap. LX, v. 31 et 32), il dit : « Et pourquoi les Israélites qui recherchaient la loi de la justice n'y sont-ils point parvenus ? Parce qu'ils ne Vont point recherchée par la foi^ mais par les oeuvres. » Il dit aux Galates (chap.
II, V. 16 : € Cependant, sachant qu'on n'estpas justifié par les œuvres de la loi, mais par la foi en Jésus Christ, nous croyons nous-mêmes en Jésus Christ pour être justifiés par la foi et non parles œuvres, car nul homme ne sera justifié par les œuvres. »
Saint Jacques au contraire dit (chap. II, v.
14) : « Mes frères, que servira-t-il à un homme de dire qu'il a la foi s'il n'a point les œuvresl La
178 KOÏSE
Foi* pourra-t-^lle le sauver f Et (même chapitre, V. 24) : € Vous voyez donc que l'homme est justifié far les oeuvres et non par la foi seule. >
Mieux vaut sans contredit la réduction de la loi par Jésus* lui-même. Saint Mathieu (chap. XXII. V. 36) : € Maître, quel est le grand commandement de la loi? Jésus lui dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton àme, de tout esprit C'est là le plus grand et le premier commandement. Et voici le second semblable àtîelui-là : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Ces deux commandements (de Moïse) renferment toute la loi et les prophètes. »
C'est la parole du vieux Hillel disant avant Jésus : Ne fais pas à ton prochain ce que tu ne veux pas qu'il te fasse, » ainsi que la réduction de Habakuk, c Et le juste vwt*a par sa foi. »
Il est vrai que le pi'f^phète n'a pas dit ce que le Talmud lui met dans la bouche. Il fait dire à l'esprit de Dieu, c ce qui est obscur, mon âme ne s'y plaît pas, mais te juste vivra par sa foi, (Emmunah, qui vient d'Amen), c'est-à-dire, de ce qui est affirmé. En d'autres termes: dans ces •mauvais temps qui vont venir, le^jujste sera sauvé parce qu'il croit et qu'il 6st juste. » Le prophète n'a nullement voulu dire qu'il suffise d'avoir la foi et de se croiser les bra^. Il a dit d'ailleurs le juste et non J'homme; o»,-nul n'est juste s'il n'agit pas d'après les lois de la justice.
Tout cela n'empêche pas le Talmud de dire (Traité Berachoth, livre 1er) : que le faire est plus grand que l'apprendre, en termes plus précis, l'œuvi'e vaut rnieiix que la foi.
C'est le cas de dire, devine si tu peux et choisis si tu l'oses.
LE TALMUD ET t'ÉVANGILE 179
Eh bien, les rabbins talmudiques et catholiques ont cru deviner et ont osé se prononcer pour la foi, non pas précisément contre Tœuvre, mais en la proclamant par elle seule comme œuvte de salut.
Saint Paul a prévalu sur Saint Jacques.
Chose. triste, mais pas unique! Le Talmud tend à prouver que ses résolutions son divines ; que Dieu les a toutes révélées à Moïse, et que quiconque transgresse un de ses règlements mérite lamort.HeureusementMM. lesTalmudistes, depuis la destruction de Jérusalem, n'ont jamais eu de pouvoir . séculier. Us Tout abandonné à leurs confrères* et coreligionnaires, messieurs les inquisiteurs chrétiens. On lit (traité Berachoth, livre l^r).-: < Quiconque transgresse une parole des sages'a mérité la mort. » Et pour, qu'on ne se trompe pas sur le mot sage (Hakam) il répète la même loi en disant- (traité né'rubin, livre l«r : «Quiconque transgresse une parole des Écrivains (Sophrim), a mérité la mort. > C'est du reste conforme à la parole de J^sus, même, qui dit (Samt Luc. chap XIX, v.'27) :
« Quant âmes ennemis qui n'ont pas v#ulu que je règne sur eux, amen§z-les etfaites^les mourir devant moi. »
A son tour. Saint ?aul, dont toute Targumentation est talmudique, dans son épitre aux Hébreux (chap. X, ^'. 28), menace de mort quiconque ne croit pas à Jésus Christ. Il dit : « Celui qui viole la loi de Moïse est mis à mort sans miséricorde sur la déposition de deux ou trois témoins. Combien mérite déplus grands supplices
celui qui aura foulé aux pieds le fils de Dieu, qui aura profané le sang de Talliance par lequel il a été sanctifié, ou qui aura outragé Tesprit de la grâce. Car nous savons qu'il a dit : La vengeance est à moi. >
Nous sommes loin du Dieu de Tamour de Saint Jean (cliap. IV, v. 8).
Tout ce qui a été dit par les sages du Talmud ainsi que par les Écrivains, doit être considéré comme parole de Moïse. Quant à la preuve, la ^ voici : (traité Mégilah, livre l^rf*
^ « Il est écrit (Deutéronpme, chap. IX, v. 10) :
Y Et Jéhovah me donna les deux tables de pierre écrites du doigt de Dieu, selou les paroles que Jéhovah vous a dites sur la montagne, au milieu du feu, le jour de la grande a^emblée. >
« Il résulte de ces mots, > selon les paroles, etc., «que Jéhovah a démontré à Moïse toutes les déductions de la Thorah, toutes celles des Écrivains et toutes éelles qiie les docteurs plus tardent inventées. Entre autres, Thistoire d'Esther, la Mégilah.»
% Presque toutes les preuves du Talmud sont de cette force.
On lit (traité Berachot, livre II*) : RabiOschia a dit : il est écrit : (Proverbes, chap. XXX, v. 15): « Trois choses ne sont jamais rassasiées: le Schéol (réhfer) et la Rechem (Rechem veut dire matrix, de là le mot Rechaatah, pitié, mîséric^e). Qu'a de commun le Schéol avec la Rechem ? Voici ! De ménie que la Rechem prend et rendj de même le Schéol. (C'est un a fortiori. Voici comment). Puis donc la Rechem prenant avec douceur rend avec des cris, à plus forte raiso7i/lQ Schéol prenant avec bruit, rendra avec fracas. »
LE TALMU1) ET l'ÉVANGlLB 181
f De là la réponse à ceux qui disent que la résurrection des morts n'est pas une loi de la Thorah de Moïse. » »
Jésus (Saint Marc, chap. XII, v. 26) donne une meilleure preuve. Il dit : c Et quant aux morts qui ressuscitent, n'avez-vous point lu, dans le livre de Moïse, comment Dieu lui parla du milieu du buisson, disant: c Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et le Dieu de Jacob. Or, il n'est point lî' Dieu des morts, mais le Dieu \ des vivants. Vous êtes donc dans une grande g erreur. » Jésus conclut de cette phrase "que / Moïse déjà a proclamé la résurrection des morts et l'immortalité de l'àme. Tel n'est pas Tavis de Saint Paul. Il dit, aux Corinthiens (chap. XY, V. 21) : « Car c'est par un homme que la mort est venue, c'est aussi par lin homme que vient la résurrection. Et comme tous meurent par Adam, tous ausdi revivront par Jésus Christ.^»
Le Talmud n'admet rien sans preuve.
Il lui faut absolument un argument motivateur^ prouvant que tout ce qu'il dit est parole de Moïse $ et de Jéhovah. Autrement il n'y croirait pas. Il ne dit pas : «Je te défends de nier ce que j'affirme ; de douter, par exemple, de la résurrection des morts; d mais il dit : « J^vais te prouver que Moïse ou Fa Thorah a énoncé cet axiome ou cette vérité yDonc si tu nies Moïse', tu es un impie. » ^ ' $m^
Quant à la preuve, iF n en est jamais, embarrassé.
Voyons plutôt, car il faut citer les textes.
On lit (Traité Berachoth, Uvre P') : « Il est écrit HExode, chap. XXIV, v. 12) : Jéhovah a dit à Moïse : Monte vers moi à la montagne et
restes-y, je te donnerai les tables de pierre, et la Thorah, et la Milzvah (commandements), que j'ai écrits pour les enseigner, c Les Tables^ » cela veut dire le Décalogue ; t Thorah, t cela veut dire le Pentateuque ; c Mitzvah^ » c'est la Mishnah ; < que j'ai écrits ^ » ce sont les prophètes et leshagiographes; € pour les enseigner, » c'est la Guémarah (Talmud), € De là on conclut que tout cela a été donné à Motse sur le mont Sinaï. »
Après cela si quelqu'un, malgré ces preuves irréfragables, élève encore l'ombre d'un doute, le Talmud, le livi'e princeps des Jésuites, n'est pas en peine pour répondre. Jamais on ne le trouvera sans vert.
Il dit (Traité Jouma, livre des deux boucs) : Il est écrit : c Vous observerez mes fondements de loi, je suis Jéhovah ! » choses que Salan pouiTait railler, auxquelles les peuples idolâtres pourraient répondre (pour les nier), disant : ce sont là des choses vaines; c'est pourquoi il y Hjoute : Je suis moi Jéhovah, c'est-à-dire, moi, Jéhovah, je les établies comme fondements et vous n'avez même pas la permission de les méditer, ni d'en rechercher l'explication.
Cela ressemble furieusement à ce que d'autres rabbins christianisés ont dit durant des siècles et disent encore à l'occasion : c Monsieur l'impie, c'est un mystère qui dépasse la force de votre raison. C'est Jéhovah ou son fils qui a établi cela. Tout ce que l'Eglise dans l'avenir inventera, Dieu Fa prévu, présu, prélu et préétabli. On a montré cela à Moïse au Sinaï, à d'autres sur une autre hauteur, c II ne vous est donc pas permis de discuter les choses mystérieuses*
Le ïâlkud et l'évangile 183
Vous n'y entendez rien. En bon hébreu, vèèn lach reschuth leharor hahén. >
Le Talmud dit d'ailleurs en toutes lettres :
(Traité Sanhédrin, livre IX): «Quiconque dit: « Toute la Thorah vient du ciel ; sauf ce verset, ce syllogisme, cet argument, cet a fortiori, ce parallèle, n'a pas de part au monde futur. > C'est clair et net.
Le Talmud s'est contenté, il est vrai, d'édicter des peines pour l'autre monde. C'est qu'il n'avait plus le pouvoir dans ce monde-ci. Les fanatiques ne privent jamais un homme du ciel, sans le dépouiller par avancement d'hoirie. Ils ne lui dénient le ciel que pour lui ôter les droits de la terre. L'enfer qui le réclame à cor et à cris ne le rendra même pas, car l'enfer, malgré le purgatoire, ne rend que ce que les rabbins de Jérusalem et de Rome daignent lui arracher. Le portier de l'enfer même est connu des rabbins. On connaît l'histoire du riche et du pauvre Lazard de l'Évangile. (Saint Luc, chap. XVI, v. 19) ; Le riche dans l'enfer a beau prier le pauvre dans le paradis (le sein d'Abraham) de l'en faire sortir. Il ne sortira pas, dit l'riVangéliste.
Il existe dans le Talmud, à côté des nouveaux chrétiens, un rabbin qui fait figure à part, figure extrêmement intéressante. Le Talmud l'appelle tout court l'Autre. Son véritable nom est Elysée beii Abuyah. Ce savant talmudiste était une espèce de Spinoza. Il n'était ni juif ni nazaréen. Sa science était extraordinaire. Le Talmud même lui rend ce témoignage, mais il n'observait aucune loi, ni mosaïste, ni talmudique, et il niait'^S
184 Moïatt
tout aussi bien le Messie chrétien que la révélation personnelle de Moïse . Il a vécu quelque temps après les Ëvaugélistes, un temps de grande liberté de conscience. Les rabbins n'avaient pas, comme plus tard les évéques, le pouvoir séculier à leur disposition . Les chrétiens eux-mêmes étaient encore à l'état de religion naissante et embryonique.
Cet AutrCj comme tous les penseurs sérieux, n'était pas riche. Après sa mort, sa filky femme également remarquable, se présenta devant un raJ)bin chef d'académie et lui dit : c Nourris-moi, je suis la fille de VAiUre. » Le rabbin lui ayant rappelé les doctrines du père , la fille répondit : c Souviens-toi de sa science et non de sa vie. » De propos en propos, le rabbin démontra qu'Elisée brûlait dans l'enfer. Un autre rabbin disait: € Si tu voulais l'en faire sortir, le portier de l'enfer ne se lèverait même pas devant toi. t Tout cela se trouve dans le deuxième livre du Traité Hagigah.
Naturellement, siTenfer a un gardien de porte le paradis n*en peut manquer. Du temps du Talmud on ne connaissait pas encore le nom de ce gardien, mais depuis, on sait qu'il s'appelle Pierre.
Nous avons pourtant vu que l'enfer rend, et même avec fracas, ce qu'il prend, mais il y a des exceptions. V Autre était dans une des catégories exceptionnelles.
Pourtant les opinions diffèrent beaucoup dans le Talmud sur l'enfer.
Le Talmud, il parait, l'a parfaitement vu, me-
LE TALHUD ET l'ÉVANOILB 185
suré même, car voici ce qu'il en dit tout d'abord : (Traité Thanith, livre 1«):
« Le monde est à l'égard du jardin comme un à soixante, le jardin vis-à-vis de TÉden comme un à soixante (le jai'din d'i^den est le paradis, paradis est la traduction chaldéenne d'Eden qui veut dire délice), et TÉden est un soixantième de Fenfer; donc le monde entier est comme une iansedepot à l'égard de Tenfer; d'aucuns disent: Tenfer est incommensurable . t Cette mesure , d'ailleurs, n'est pas trop consolante. Si l'enfer est cent quatre -vingt fois plus grand que le monde entier, cela prouverait qu'il est fait pour être le contenant et que tous les êtres vivants sont destinés à faire partie de son contenu.
Voici maintenant l'opinion du Talmud sur le purgatoire. On lit : (Traité Rosch Hashanah, livre 1*') : « Trois divisions existeront le jour du dernier jugement: l'une de parfaits justes, l'autre de parfaits scélérats, la troisième d'entre les deux. Les justes sont inscrits et scellés immédiatement pour la vie éternelle, les scélérats immédiatement aussi sont inscrits et scellés pour l'enfer, car il est écrit : (Daniel, chap. XII) : «Et bon nombre de ceux qui dorment dans la poussière s'éveilleront, ceux-ci à la vie éternelle, ceux-là à la honte perpétuelle.» Les entre-deux, les moyens descendent dans l'enfer où ils gémissent, où ils geignent et remontent après (c'est le purgatoire), car il est écrit: (Zacharie, chap. XIII): «Et je ferai passer le tiers par le feu et le purifierai comme on purifie l'argent, et le ferai passer au creuset comme on éprouve l'or, lui m'appellera par mon nom et moi je répondrai. 9 Hannah aussi (Samuel I, chap. II) dit
à ce sujet : c Jéhovah tue et vivifie, il fait descendre dans le Schéol et en fait remonter. > Mais la maison Hillel dit que la grâce prédominera, c'est-à-dire, qu'ils ne feront même pas de station dans le purgatoire.
Nous avons déjà cité d'autres passages où le Talmud prétend qu'une seule bonne action sauve le pécheur, surtout quand il est pénitent, à plus forte raison quand la balance entre les bonnes et les mauvaises actions est égale.
Le Talmud, même Traité, dit encore: cLes vrais pécheurs en Israël et les vrais pécheurs des autres peuples descendent dans Tenfer et y sont jugés pendant douze mois. Après ces douze mois, leur corps est anéanti, leur âme est brûlée et un esprit les disperse sous les pieds des justes, car il est dit (Malachie), chap. III) : « Et l'essence des méchants deviendra poudre sous les paumes de leurs pieds. » Mais les Minimes (nous avons déjà expliqué ce mot, Raschi dit, ce sont des disciples qui intervertissent, expliquent à faux les paroles de vie de Yéhovah) les dénonciateurs et les épi^îuriens (niant la Thorah et la réaurrection des morts), ceux qui s'éloignent des voies de l'Église, ceux qui ont péché en excitant les autres à pécher, descendent dans l'enfer et y sont damnés éternellement. Car il est dit: (Isaïe, chap. X): «Et ils sortiront et verront les cadavres de ces hommes qui ont péché contre moi, Venf&i* ne sera plus et ils seront mcore^ » car il dit encore: (Psaumes, chap. XLIX, V. 15): «Et leurs figures pourries auront l'enfer pour demeure. >
Saint Paul dit à peu près la même chose aux Hébreux (chap. IV, v. 3) : « Car il est dit des in-
crédules, j'ai juré dans ma colère qu'ils n'entreront point dans mon repos. »
Un pécheur israélite est endurci dès qu'il ne met pas tous les jours des phlyactères (même Traité). On lit : (Traité Sabath, livre XXIII) : Rabbi Elieser a dit : t Les âmes des justes sont recueillies sous le trône de gloire (de Jéhovah) celles des méchants sont en peine, un ange est au bout du monde et les jette à un autre ange placé à l'autre bout du monde, t
On le voit, jes sorcières de Shakspeare, jouant aux balles avec des enfants morts, ne sont qu'une faible imitation du Talmud.
Puis un autre rabbi ajoute : c Les premiers douze mois le corps se conserve (il ne s*agit plus des méchants) et les âmes montent et descendent (de là les légendes des apparitions d'âmes sur les tombes). Mais après douze mois le corps devient néant, l'âme remonte et ne descend plus. 9
On lit encore ceci : (Traité Baba Mézia, livre IV) : € Tous ceux qui descendent dans le Gehinom (de là vient le mot Géhenne), remontent, sauf trois qui descendent et ne remontent plus. Ce sont rhomme qui a commis un adultère avec une femme mariée, celui qui a humilié son prochain devant le monde, ou qui lui a donné un sobriquet injurieux. »
L'homme adultère est condamné à être pendu, dit-on, quelques lignes plus loin, mais il a part au monde futur, mais l'humiliateur n'a point part au monde futur, c II vaut mieux que l'homme tombe dans un four brûlant que de faire rougir son prochain devant témoins, t
Moïse a déjà dit : t Tu réprimanderas ton
188 MoTsB
frère seul à seul, mais tu ne lui imputeras rien à mal. » Le Talmud, sous ce rapport, est le précurseur et l'émule de TÉvangile.
En voici quelques textes à l'appui.
Traités Jouma, Gitin, Sabath, c'est-à-dire, à trois fois il dit : Ceux qui sont humiliés et qui n'humilient pas, ceux qui écoutent leur honte et ne répondent pas, faisant tout par amour et acceptant leurs douleurs avec joie, sur eux l'Ecriture a dit : (Juges, chap. V, v. 31) : c Les amis de Dieu brillent comme le soleil dans toute sa force. »
Il dit encore (Traité Érubin, livide 1") : c Celui qui s'abaisse. Dieu l'exaltera et celui qui s'exalte. Dieu l'abaissera ! Ce sont les mêmes paroles de l'ÊvangUe. (Saint Mathieu, chap. XXIII, v. 12). Saint Paul, aux Romains^ (chap. XII, v. 14) dit la même chose. « Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez-les et gai*dez-yous bien de les maudire jamais. »
Celui qui court après les grandeurs, les grandeurs le fuiront et celui qui les fuit en sera recherché : celui qui veut violenter l'heure, l'heure le poussera, mais celui qui s'efface devant elle, l'heure lui tiendra compte. >
Il se peut bien que la première phrase soit copiée de rÊvangile, mais quant à l'humiliation, le Talmud ne va pas si loin que Jésus.
Il ne dit pas qu'il faille présenter la joue gauche, après avoir été frappé sur la joue droite, il se contente de glorifier celui qui ne répond pas. Par contre, on lit (Traité Baba Kama, livre VHP) : « Habbi Abouah a dit II vaut toujours mieux que l'homme soit du nombre des chassés que des chasseurs, t en d'autre termes : Mieux vaui^ être victime que bourreau.
Pour revenir à Tenfer, le Talmud comme TÉvangile est d'une sévérité inexorable pour le délit d^adultère. Il dit : (TraitéSotah, livre P') : € Celui qui s'est approché de la femme du prochain, fut-il racheté par Dieu lui-même comme le patriarche Abraham, il ne pourrait pas être racheté de Tenfer, eût-il reçu en personne de Dieu même toute la Thorah. >
Ce texte du reste, comme tous les autres, est en flagrante contradiction avec le Traité Baba Mezia, quatrième livre déjà cité, où il dit : t L'adultère meurt pendu, mais il a part au monde futur.
L'enfer, selon le Talmud, a même une espèce de gouvernement comme le styx grec. On lit :
(Traité Sabath, Uvre XXIIP) : c Rab a dit : Quand Nabuchodonosor est descendu dans le Gehenom, tous les descendants dans l'enfer se sont recriés : c II vient pour dominer sur nous. Quand une voix d'en haut s'est fait entendre etc., etc. >
Il ne fallait rien moins que cette voix !
L'enfer est donc une république, à en croire le Talmud, Elle craint la domination d un tyran comme Nabuchodonosor.
Enfin on lit : (Traité Baba Bathra, livre !•') On a demandé au rabbin Jéhuda: si Dieu aime les pauvres, pourquoi ne les nourrit-il pas? Il répondit : afin que nous soyons sauvés de l'enfer par le bien que nous leur faisons. » Idée terrible, car en ce cas le pauvre n'existerait que pour le salut du riche. Jésus du moins exige que le riche, pour entrer au ciel, se dépouille de toute sa fortune et se fasse pauvre lui-même.
190 MOlSB
A l'appui il cite un homme qui a nourri une veuve avec ses sept enfants, et à l'instant sa destinée fut changée.
D'après la loi de Moïse, le pauvi'e a ses droits. Le premier devoir du riche est de venir à son secours. Car, dit Moïse (même chapitre cité) : € C'est pouquoi Jéhovah a béni les travaux de ta main. » D'après le Talmud, le pauvre lui-même n'existe que pour sauver le riche, non dans ce monde-ci mais dans le monde futur. Comme moyen de recommandation de charité, cette doctrine a une apparence de bien ; comme principe, c'est régoïsme et la fatalité poussés à l'extrême le plus absurde.
La prière seule peut faire remonter de l'enfer, surtout la prière dujuste. Le Talmud la compare à un van (Traité Jébamoth, livre IV). Comme le van renverse le blé, de même la prière des justes fait changer d'avis le Saint béni soit-il, et fait changer ses décrets de justice en décrets de miséricorde. Ceux qui recommandent des messes pour les morts sont de l'avis du Talmud. Certains rabbins, de même que les Evangélistes, ont même cru savoir d'avance si leur prière a été exaucée, aussitôt après l'avoir prononcée.
On lit à ce sujet : (Traité Berachoth, livre V^) : € On conte de Rabbi Hanina ben Dosa que, pendant qu'il priait pour les malades il disait, celuici guérira et celui-là mourra. Lui ayant demandé d'où lui venait cette certitude, il répondit : Si ma prière coule de source, elle est exaucée, si elle est trouble, elle ne produit rien. :&
Les formules de prières sont très-nombreuses
LE TALHUD ET l'ÉVANQILB 191
dans le Talmud ; on les trouve dans le second livre du Traité Bérachoth et dans le Traité Thanith. Presque chaque rabbin avait sa prière particulière, avant de commencer son enseignement et après l'avoir terminé. Bon nombre de ces prières ressemblent presque littéralement à celles des Évangiles ; elles commencent toutes par les paroles; €Abinu Shébaschamaïm. ^ — € Notre Père au ciel, que ta volonté soit faite ; donne à chacun son pain nourricier et à chaque peuple assez pour combler ce qui lui manque ; » ou bien: cFais, ô mon père, que je ne pêche pas, et si j*ai péché efface-le par ta grande miséricorde, t
Il est impossible de citer toutes ces oraisons, dont quelques-unes sont assez longues, et qui étaient toujours une espèce d*exorde à l'étude de la loi, comme aujourd'hui elles le sont encore pour les méditations et les sermons. Il en est pourtant une que je ne puis omettre et qu'il faut citer en entier, car elle témoigne de Tidée déjà dominante de la macération du corps jointe à la prière, pour fléchir la volonté de Dieu. Elle révèle toute la doctrine du jeûne et de l'abstinence conventuelle ; doctrine qui fut assez longtemps et qui est encore la reine du monde religieux. Elle se trouve également dans le deuxième livre du Traité Bérachoth.
Rabbi Schischa a dit la prière que voici :
€ Maître des mondes, il est connu de toi que du temps de l'existence de la sainte maison (le temple), un homme ayant péché était pardonné, après avoir présenté un sacrifice dont il n'offrait que la graisse et le sang. Moi, qui passe mon temps à jeûner, ma graisse et mon sang dimU
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nuarU tous les jours, accueille ces acrifice comme si je l'avais offert sur Tautel. t
Le jeûne, la macération, la flagellation, furent donc déjà, du temps du Talmud, considérés, comme un saciîfice expiatoire et faits pour gagner le ciel. Peut-être la prière elle-même que le Talmud met au-dessus des sacrifices, (même Traité, livre V«), est-elle, en effet, un plus grand effort individuel qu*un bouc ou qu'un veau acheté à beaux deniers et offert au prêtre, surtout la prière improvisée, non répétée d'après une formule généralement admise. Il y a plus. Le Talmud cite déjà des exemples d'ermites faisant des miracles et vivant dans la plus grande abjection, le tout pour Tamour et la gloire de Dieu. On lit: (Traité Thanith, livre III): c Ils ont raconté de Nachum-isch-Gamsu (on l'appelait Gamsu, parce qu'à tout événement il avait l'habitude de dire : c Cela aussi (Gamsu) est pour le bien) :> qui, aveugle, perclus de pieds et de mains, le corps couvert de lèpre, était couché dans une maison caduque, les pieds de son lit se trouvaient dans l'eau, afln que la vermine ne le dévorât pas. Un jour ses disciples ayant voulu déménager le lit, il leur dit : c Otez d abord le reste, car je suis certain qu'aussi longtemps que je suis couché ici la maison ne s'écroulera pas. t Les disciples lui ayant dit alors : c Comment se fait-il qu'un si parfait juste soit si parfaitement malheureux? c II leur répondit : cje vais vous le dire. Un jour, étant en voyage pour aller voir mes beaux parents, ayant avec moi trois mulets chargés, l'un de vivres, l'autre de vin, le troisième d'effets d'habillement, j'ai rencontré un pauvre qui me dit : c Donne-moi à
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manger, » et je lui disais : Attends que je sois descendu de ma monture. «Pendant ce temps il mourut ; alors je suis tombé sur lui et j'ai dit : Que l'œil qui n'a pas eu pitié de toi s'éteigne, que la main qui ne t'a pas secouru se paralyse, que le pied qui n'est pas accouru pour te sauver soit perclus, et je n'ai pas cru assez me punir jusqu'à ce que j'eusse ajouté : que mon corps* entier ne soit plus qu'une lèpre. >
Ce Nahum est bien le père de Saint François et de Saint Dominique. Les Juifs pourtant, après les Esséniens, n'ont plus fondé d'ordres monastiques.
Le judaïsme talmudique a eu de bienheureux Labre comme Nahum, mais ils n'ont jamais fait école; ils n'ont jamais fondé des ordres conventuels.
Il va de soi que le Talmud, préchant la grâce et la prédestination, se préoccupe de la contradiction qui existe entre la prescience de Dieu et le libre arbitre de l'homme, surtout entre le juste malheureux et le méchant heureux. Inutile d'ajouter que ces explications, forcément illogiques et arbitraires, ne reposant sur aucune base de certitude, si ingénieuses d'ailleurs qu'elles soient, n'expliquent absolument rien et ne résolvent pas le problème posé. Mais il est bon en même temps de citer les différents avis du Talmud sur le juste, avant de rapporter sa conclusion. Il dit d'bord : (Traité Sanhédrin, livre IV) : € Dieu a marqué tout mortel du sceau d'Adam, mais nul ne ressemble à l'autre, afin que chacun
se dise : le monde a été créé pour moi. » C'est Thomme centre du inonde, le microscosme. Il ajoute : c L'homme a été créé seul et non par couples, afin que le juste ne dise pas : c Je suis le fils du juste, t et le méchant: c Moi, je suis le fils dun méchant, » afin que l'humanité ne se scinde pas en familles et en castes. »
Grande et belle idée. L'unité du genre humain et la liberté de Thomme, liberté absolue. La justice ni la scélératesse ne sont héréditaires. Il dit ailleurs: c Pourquoi les fils des savants sont-ils d^ordinaire des médiocrités ? Afm que Ton ne dise pas : que le génie est héréditaire. »
Il dit encore c que Dieu, en se révélant à Moïse dans le buisson, un tout petit arbuste, a voulu lui apprendre qu'il n*y a rien de petit dans la naLure devant le Créateur ; idée répétée par Saint Paul. Tout cela est bien pensé. Mais il dit (Traité Berachoth, livre 1er) : c Notre maitre Moïse a dit à Jéhovah : Maitre de l'univers, pourquoi y a-t-il des justes malheureux et des justes heureux, des méchants heureux et des méchants malheureux? Celui-ci lui a répondu: le juste heureux est le fils d'un juste, le juste malheureux est le fils d'un méchant, le méchant heureux est le fils d'un juste, le méchant malheureux est le fils d'un méchant »
— € Mais il est pourtant écrit, les enfants ne doivent pas mourir pour les pères ? Réponse : cNon, s'ils ne persévèrent pas dans le mal; oui, s'ils y persévèrent. >
Cette dernière condition se trouve en Moïse, Il dit : € Dieu se ressouvient du mal jusqu'à la quatrième génération, à ses ennemis, c'est-àdire, s'ils restent ennemis de Dieuft jusqu'à la
LE TALMUD ET l'ÉVANGILB 195
millième, à ses amis. s*ils persévèrent dans le bien. »
Toujours est-il que le juste malheureux, fils d un pervers, paye pour son père, d'après le Talmud, ce qui est diamétralement contraire à ce qu'il vient de dire (Sanhédrin). Pareilles solutions ont été proposées par nombre de penseurs chrétiens, mais elles se heurtent toujours contre la logique. Puisque Dieu, d'après eux, peut pardonner et faire qu'une chose faite ne le soit pas, il pourrait, jour par jour, payer chacun selon ses œuvres.
Ou bien, puisqu'il sait d'avance ce que rhonftne fera, qu'il sera juste ou injuste, il peut lui préparer de longue main une destinée adaptée à son caractère et à ses actions.
Ne perdons pas notre temps à trouver le fil conducteur à travers ce dédale ténébreux, cherchons la lumière, mais cherchons-la avec la lumière seule de la raison.
Citons encore quelques passages sur les justes .
Rabbi Eliézer a d^t (Traité Berachoth, livre IV') : € Pour un seul juste. Dieu aurait créé le monde. Car il est écrit : c Jéhovah vit que tout était bien > bien, cela veut dire un juste, car il est écrit (Isaïcchap.XIII) : Ils disent au juste, c'est bien. > Cela s'appelle en langue talmudique un Gueséré Schavah, un parallèle. Là est écrit bien et ici on lit bien, de même que Ikbien veut dire telle ou telle chose, de même ici.
C'est un des sept midoth ou modes que nous avons déjà cités (1).
4i) Je me rappellerai toujours une fêle de Pourim (fête slher) à Francfort. Bien que fort jeune encore, je complais parmi les douze premiers étudiants talmudiques. A cette fête
196 HoTsE
Poursuivons. .
€ Nul juste ne meurt avant qu'un autre ne soit né (Traité Jouma, livre IV'), cai' il est écrit Ecclésiaste, chapitre I.) : c Et le soleil se couche et se lève. » Avant que le soleil d'Elie ne s'éteignit, celui de Samuel se leva, c Voyant que lesiustes seront très rares , Dieu les a échelonnés pour les différentes époques. >
Le monde se soutient pour Tamour d'un seul
domiée Dar le v^*érable rabbin Trier se trouvaient rabbi
. AaroD Fbi:^d^r|))bi*Jyob Posené, rabbi Salomon Basa, rabbi Schaler et boa q^bre d'autres Juges talmudiques, faisant parUe du tribunanacré. Nolis étions très gais et, d'après la saiDt4|^^fij)l[on, un peu piqués par le vin. Après force * chantset chansons hébr^l^es, la conversation tomba sur les sept Midmby et cofllni^'ce jour-là tout est permis, les jeunes étddiants parodiaient à. qui mieux mieux, l'es procédés d'argumenlation du Talmud. Aon tour vint. Je vais, m'écriaijè, expliquera nos saints rabbis ce que c'est qu'un Gueséré Schava (par§llélogisme^.
l\ est écrit : « Une femme qui' manque beaucoup (nombre de fois) aux -Mb de la pudeur, sera expulsée de la sainte communie. » Seaucoup de fois I Combien de fois ?
11 est écrit : c Dans la bataille que les Éphralmites livrèrent aux Bcliamites, il est tombé beaucoup d'hommes! » Encore beaupoup 1 Goiibien ? La même histoire est racontée*dans les'Paralipomènes. « l\ est tombé dans cette bataille beaucoup d'hommes. Et plus bas il est dit : « quarante milles hommes. » Donc là est écrit beaucoup. et ici est écrit oeaucoup, beaucoup veut dire partout qiuirante mille fois I
Et mon vieux rabbi à se tenir les côtes.
Eh bien, tous les Gueséré Schavah du Talmud sont de cette force-là.
Voulez-vous un idéal de Kal Vehomer, dont nous avons déjà cité plusieurs exemples. C'est l'argument a fortiori^ Voici un échantillon. Pendant l'action d'argumenter on tourne le pouce de la main droite de droite à gauche. Ce mouvement est de rigueur. Les Talmudistes ont un geste particulier pour chaque procédé d'argumenter, c Puis donc il t'est défendu de toucher à ma caisse et que tu touches à la tienne, moi auquel U n'est pas défendu de toucher à ma caisse, à plus forte raison, a fortiori je puis toucher à la tienne. »
LE TALMUD ET l'ÉVANGILE 197
juste, car il est écrit : c Le juste est le fondement du monde. »
Nous avons déjà cité ce que le Talmud dit de Tàme des justes.
Il dit encore (Traité Kethuboth, livre XIIP) : « A la fin, les justes ressusciteront avec leurs vêtements j Cela est prouvé par un Kal-Vehomer (a- fortiori). Puis donc le grain de blé, enterré Su ressuscite garni, à plus forte raison, Je juste, enterré habillé, ressuscitera briilanjnient vêtu. », • Pourtant il y a une condition. Il faul^étre enteri^ en Palestine, c Les justes des^ay^a 4ehors de la Palestine ne ressuscitent pasflfeabbi Êloï, pris d'un accès de pitié, ajoute (IbidenJ^ lh||^'Si . fait, ils ressusciteront, maisLili^seroui^troptilans des galeries souterraines.jusqu'à Jérusalem, » Pour cette raison, les vrais orthodoxes émigrent ^ à Jérusalem, où ils sont sûrs (le ressuifciter ha- * bUlés.
€ Il y a toujours (Traité Hulin, livre IV*) trente justes parmi les peuples du monde en d^ors d'Israël, c C'est Rabbi Jehuda qui dit-^bla.. , Enfin on lit (Traité Megilah, livre P')^ « Dieai à la fin mettra une couronne sur la tète de (Chaque juste. Puis (Traité Berachot, livre IP) : c Aiy monde futur, il n'y a ni manger, ni boire, ni amour de la femme, ni travail, ni commerce, ni envie, ni haine, ni discussion. Les justes sont assis avec des couronnes sur la tète, et resplendissants des rayons de la Shechinah (Dieu), dont ils se noumssent. Jésus, à son tour, dit : Saint Mathieu (chap. XII, v. 3) : « Car au jour de la résurrection les hommes n'auront point de femmes. Ils seront commes les anges de Dieu
dans le ciel. » Mahomed, seul, admet Tamour de la femme pour le paradis.
Par contre, on lit (Traité Baba Batbra, livre VHP) : € Dans le monde futur, il n*y aura personne sans jouir en même temps d'un pays où il y aura des montagnes, des vallées et des col- Unes, c c*est-à-dire le monde futur aura une nature des plus romantiques et des plus fertiles à la fois, où tout sera beau et bien. En d'autres termes, les Champs-Elysées des païens. Dans un autre passage un rabbi dit : c Dans les siècles qui viendront les femmes concevront et enfanteront presque en même temps. Gomment cela sera t-il possible ? demande un disciple. Regarde donc les poules, répond le rabbi ! Tout est possib'e dans la nature.
Mais si justes que soient les justes, le Talmud les place au-dessous des repentis. Il dit (Traité Beracboth, livre Vv) : € Là où sont placés les hommes de repentir, les parfaits justes ne peuvent se tenir. Absolument comme Jésus disant (Saint Luc, chap. XV, v. 7): c Je vous dis qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui fera pénitence, que pour quatre-vingt-dix justes qui n'ont pas besoin de pénitence. »
D'après ce principe, le pécheur le plus misérable, pourvu qu'il se repente vers la fin de ses jours, est sûr d'être placé au-dessus du juste.
Morale dangereuse mais commode pour tout pouvoir absolu, inique et prévaricateur, surtout à l'usage de ceux qui donnent l'absolution, soit qu'il faille une réparation complète, soit qu'il suffise de se frapper seulement la poitrine et de s'humilier par des paroles. Le Midrasch aussi dit : f Le repenti est plus grand que le juste, >
Il y a dans le Talmud même toutes sortes d'accomodements avec le ciel et Tenfer. Il répète à trois fois les paroles de Rabbi Haninah (Traité Kiduschin, livre 1") : «Il vaut mieux pour Thomme qu'il pèche en cachette, pourvu que son péché ne profane pas le nom de Dieu en public. Rabbi Elie ajoute : Si l'homme voit que sa passion remporte sur lui, qu'il aille à un endroit où on ne le connaît pas, qu'il s'habille en noir et qu'il fasse ce que bon lui semble, pourvu qu'il ne blasphème en public et qu'il ne profane pas le nom de Dieu publiquement. »
Toute morale contraire à la raison conduit à la plus odieuse immoralité. Il y a encore aujourd'hui, dit-on, certains rabbins vêtus de noir qui professent les mêmes impiétés, tout en s'arrogeant le pouvoir sur tous les autres croyants, tout en déclarant qu'eux seuls possèdent la faveur et l'oreille de Jéhovah et que Dieu, en son absence, leur a donné le pouvoir de lier et de délier. Heureusement cette doctrine, loin d'être nationale, est tout-à-fait talmudique. Ceux qui la proclament, aussi bien que ceux qui se la laissent imposer, sont ou des esclaves ou des fous.
Le Talmud a eu un vague sentiment de la solidarité universelle, mais seulement pour le peuple d'Israël. On lit (Traité Schabath, livre V**): «Rabbi Jéhudah a dit au nom de Rabbi Samuel.
Au moment où Salomon a épousé la fille de Pharaon (princesse étrangère défendue par la loi), l'ange Gabriel est descendu et a planté un roseau
900 MoTss
dads la mer qui est devenu une ile sur laquelle
on a construit Rome. »
C'est-à-dire, dès cS moment, Salomon, pour avoir violé la loi, a préparé la chute de son peuple. David y acert{iiDementsagrande part. Ceci donc prouverait contre le pouvoir du repentir. Le mal fait ne peut pas nuétre pas fait, ni être anéanti parades saci*ii[ices et des prières. Mais cela se borne seulement liux crimes d'Israël dont le Talmud a fait le pivot de^l'humanité; idée qui se trouve chez Jésus el^méme chez Saint Paul. On lit : Saint Mathieu/ blmp. XV, v. 23. Une femme cananéenne ay^ink demandé le secours de Jésus pour sa fille possédée du démon, Jésus répond : c Je ne suis envoje^çe pour les brebis perdues de la maison disrail. » Même parole.
Saint Mathieu, chapf X, v..5. Quant à Saint Paul, dans le. chapitré ll^aua: Romains^ il dit : € L'avantage de^ Juifs est grand en toute ma-
«'ère, d'abord en c& que la parole de Dieu leur a \ confiée j et^ ^., etc. >