‹ Moïse, le talmud et l'évangileChapitre 27 sur 29 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

Nous avons prouvé par des textes, que d'après Moïse, Jéhovah n'a élu Israël que pour servir de modéje aux autres peuples par ses lois fondées sur la raison ; que si Israël manquait à ce devoir, il perdrait tous ses droits et deviendrait encore plus misérable que les autres nations.

Le prophète Malachie (chap. I, v. 11), va plus loin encore : il dit à Israël au nom de Jéhovah : € Je ne veux pas de vous, car de l'Orient au Couchant mon nom e^ grand parmi les peuples, partout on me brûle de Tencens et Ton me sacrifie. > Saint Paul cite souvent cette phrase.

tfi TALitUD ET l'ÉVÀNGILB SOl

Selon le Talmud^ c'est tout à fait le contraire. Tous les autres peuples n'existent plus que pour Israël. Outre le texte du Trrfilé Abodah Sara que nous avons déjà cité» où Dieu à la fin, la loi à la maiUj citant tous les peuplés à sa barre, leur demande ce qu'ils ônt|ait pour sofr peuple élu, le Talmud en contient d'autres bien plus explicites. Il dit (Traita Ôerachoth', livre V*) : Resch Lakisch a dit : c La copïmune d'Israël se*plaint à Dieu disant, un hoftun'Q épousant une seconde femme se souvient ^owjours de sa première épouse ; pourquoi, J;oî, m'as-tu abandonnée ? Dieu répond : «GoAmaent ! j-arcréé les planètes et le zodiaque et lis sept pieux, tout cela je- ne l'ai créé que pour toi etltu te dis aJ}andonnée ! >

Il dit encore (TrdféJébaqpth,- livre IV®):

« Tous les châtiments viennent à cause d'Israël. » * • ^

Naturellement Israël a son xô^pr II doit por' ter sa loi et sa parole partout.- Il-^oit convertir tous les peuples à la loi de Dieu. C'est l'argumentation de Saint Paul, Talmudiste. (Voir chapitres II, III et IV, aux Romains). « Le péché est venu par un seul homme et le. salut de même.

Abraham, est, à juste titre, le père de tous les peuples. Dieu est aussi le Dieu des Gentils par la foi des Juifs, mais les Juifs ont la mission de délivrer les peuples du péché, etc., etc. » Il dit encore aux Romains (chap. XI, v. 11): cLes Juifs sont-ils tombés pour ne jamais plus se relever? Non, sans doute! LeiK*ehute est devenue le salut des Gentils. Que si leur chute a été la richesse des Gentils, combien plus leur plénitude ! >

Israël a-t-il accepté librement q,^

tiateur? Le Talmud, comme toujours, dit oui et non sur ia même page.

Il dit (Traité Abodah Sara, livre !•'); c II est écrit : Et ils (Israël) étaient debout sous la montagne de Sinaï. De là on peut conclure (c'est RabbiDima qui parle) que le Saint béni soit-i!, a renversé sur eux le mont comme une cave, el leur a dit : Si vous acceptez la Thorah, c'est bien; sinon, ce sera là votre tombeau. (Ils appellent cela un peuple élu).

Par contre, on lit un peu plus loin : Il est écrit (Habakuk, chap. III) : Êlohim vient du Midi, etc., etc. » De là on apprend que Jéhovah a proposé sa loi à tous les peuples, qui ne Font pas acceptée, jusqu'à ce qu'il Tait proposée à Israël, qui Ta agréée : »

En ce cas, il n'y a pas de quoi s'enorgueillir. Le peuple d'Israël n'eut été qu'un pis aller, à moins d'admettre que grâce à la prescience de Dieu, il eût su que tous lui refuseraient et que seul ce petit peuple accepterait. Cçla ne cadre guère avec les lamentations, les douleurs et les larmes de Dieu que nous avons citées, depuis qu'il a laissé détruire Jérusalem. D'ailleurs, le Talmud n'admet pas de milieu pour Israël, pas même dans l'exil. Il dit (Traité Méguilah, livre !•') : cCe peuple ou descend jusqu'à la poussière, ou s'élève jusqu'aux étoiles. > Et en cela l'histoire vient à son appui. Il oublie seulement que la poussière pour Israël, c'est le Talmud luimême. C'est là où Israël a appris a ramper ; c'est là où il a oublié la loi divine de Moïse, pour mettre à la place un tas d'arguties, contraires à toute raison, à toute logique.

C'est de cette corruption spirituelle que sont

LÉ YaLMUD et L^ivÂNGILE ^

sortis les microbes humains ; Chrétiens et Musulmans qui, depuis ce temps, dévorent ce peuple, sauf à s'enlredétruire eux-méme après.

Cette corruption, il est vrai, date de la falsification de la Loi mosaïste par Esra et la Grande Synagogue. La destruction du second Temple était aussi inévitable que celle du premier ! L'idolàtrie des Israélites sous le premier Temple ne se distingue guère de l'adoration des Juifs pharisiens et talmudiques du Yéhovah-Homme d*Esra avec son Assas-El au désert, avec le pardon et le miracle d'où est sorti THomme-Dieu des Chrétiens. Ces idolâtries sœurs se trouvaient toutes deux frappées par les mêmes malédictions prophétiques de Moïse ! Toutes les deux ayant été des crimes de lèse-Dieu, de lèse- Justice et de lèse-Yéhovah de Moïse, elles devaient forcément aboutir à la ruine et à la dispersion prédites par le seul véridique prophète de Dieu, dont la Loi seule a toujours gouverné et gouvernera toujours tous les mondes visibles et invisibles,

Le Talmud étend ses privilèges nationaux sur le pays promis même. Il dit (Traité Tanith, livre 1er) : c Le pays d'Israël (la Palestine), a été créé le premier, et Tunivers entier après. Dieu luimême irrigue le pays d'Israël, les autres pays sont aiTOsés par ses messagers. >

Je ne cite plus les passages de l'Ecriture d'où le Talmud prouve ces choses ; autant citer au hasard et dire, car il est écrit quelque part : € La iHuie vient du ciel. > La pluie, c'est Palestine; le ciel, c'est Jéhovah lui-même.

Ne prétend-il pas que les morts décédés en

soi itoTsM

dehors du pays d'Israël ne ressuscitent pas. La terre de Palestine est pour lui la terre sainte i € C'est, dit-a, (Traité Kethuboth. livre XÎII), comme si l'on était enterré sous l'autel du sanctuaire. > Et dire que le Talmud n'edt pas seul pour professer ces idées !

Je n*ai plus besoin de rappeler au lecteur les statuts de Moïse au sujet de Tesclayage, et que plus de vingt fois il dit à son peuple : c Rappelletoi que tu as été esclave en Egypte. » Moïse a établi le sabath afm que l'esclavp, l'étranger, la bête de somme aient un jour de repos.

Si Moïse veut que Ton ménage la béte comme Thomme, on peut dire du taltnud qu'il traite l'esclave comme l'animal. Il défend (Traité Berachoth, livre !!•), d'observer les cérémonies de deuil pour un esclave, disant : c On n'accepte pas de consolation pour des esclaves. De même que l'on souhaite à un homme, ayant perdu son bœuf et son âne, que Dieu les lui remplace, de même pour l'esclave. » Il ne fait exception que pour l'esclave qui a été un honftne parfait. C'est le cas de dire : c Aux vertus que vous exigez de vos semteurs, combien de rabbins y avait-il dignes d'être esclaves? »

Le Talmud Ait (Berachoth, livre V), d'un homme tué par un mulet : c Ce n'est pas le mulet qui Ta tué,. mais le péché. » Ailleurs il dit c L'animal n'attaque que l'homme à face d'animal. »

Cela cadre parfaitement avec la doctrine du destin et de la grâce ; Dieu a créé l'un pour être esclave et Tautre pour être son maître. A leur

LE TALHCJD ET L'ÉVANGILB 206

* toui*, les desoendants de oes dactrinaires, ont été/durant des siècles^ traités comme des bœufs et des ânes* Le Talmud ne dit-il pas lui-même : c Gomme tu mesures aux autres, on te mesurera. >

J'ai hâte d'arriver à la question de la femme^ véritable pierre de touche de tout état de civilisation ou de barbarie, de lumière ou de ténèbres, de progrès ou de recul.

Quand dans Thistoire la force brutale, la tyrannie ou i'igûorance veulent exploiter une classe d'humains, elles préparent, pour ainsi dire, les victimes en Iw affranchissant, en les excluant de leurs devoirs. Le devoir ôté, le droit tombe de soi. Tel le boucher ou le sacrificateur blanchit et lave la brebis avant de l'immoler.

|ft Dès qu'un siècle plus humain accorde de nouveau aux exploités leurs devoirs naturels, devoirs qui les égalent aux maîtres, les droits suivent de près.

Le Talmud m plutôt les Pharisiens en ont agi ainsi avec la femme. Ils ont commencé par la détacher de tous les devoirs que la loi de Moïse lui a imposés-. Moïse prescrit que tous les sept ans, hommes, femmes et enfants se rendent à Jérusalem, assister à la lecture publique de la Loi.

Le Talmud dit : c (Traité Erubin, livre IP) : Pour tout commandement attaché à une époque fixe les femmes en sont t exemptes ! » Ne lui en demandez pas la raison, il en aura cinquante parallèles, quarantes a fortiori, tous de la force que nous savons.

Des commentateurs plus intelligents vous di-e

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ront : mais le Talmud, connaissant la faiblesse et Tétat maladif de la femme. Ta exemptée d'un voyage pénible. Soit. Mais dans quel but Moïse a-t-il fait cette loi? Dans le but d'enseigner à la femme la loi de Dieu. Or, le Talmud, violant luimême sa prescription dit : (Traité Kiduschin, livre !•') : La femme est exclue (exempte de Tétude de loi. L'étude de la loi est pourtant un commandement qui n'est pas attaché à une fête ni à une date fixe.

Moïse a défendu aux rois de prendre plusieurs femmes, le Talmud (Traité Sanhédrin, livre II), leur en permet dix-huit.

• Je crois même que nul législateur n'a osé, comme le Talmud, déclarer la femme indigne de déposer en justice. (Traité Schebuoth, livre IV').

Il va encore bien loin.

Il dit : (Traité Baba Bathra, livre XIII® :

€ L'homme hérite de sa femme, mais la femme n'hérite pas de son mari. »

Le Talmud énumère (Traité Kethuboth, livre Vil), les vices rédhibitoires de la femme qu'on a épousée par tiers, à condition qu'elle n'ait pas de défaut. En ce cas, « si l'écartement des seins n'est pas réglé au compas, » le mariage est nul. Il en est de même, si elle a la voix un peu forte. Une femme sortant et laissant voir ses cheveux, ou parlant à quelqu'un dans la rue, perd son douaire après la mort de son mari.

Saint Paul, aux Corinthiens (chapitre XI), maintient cette loi. « Pour l'homme, il ne doit point couvrir sa tète, etc., etc. : aussi l'homme n'a pas été ci'éé pour la femme, mais la femme pour Thomme. C'est pourquoi la femme doit porter sur sa tète le signe de sa dépendance,-»

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Le Talmud ne laisse que trois commandements particuliers à la femme. Le premier s'appelle Nidah. Cela veut dire, la séparation forcée de son mari pendant son impureté. Moïse la limite sur la loi de la nature, mais Rabbi Serré à étendu cette séparation à sept jours de plus qu'il appelle les sept purs. Cela fait que toute femme est forcément privée de son mari douze jours par mois, On a voulu voir dans cette mesure une admirable loi de pureté et de fidélité, de fécondité même. Moïse a accordé à toute femme des droits d'amour : le Talmud, au contraire, bien qu'il fasse du mariage le premier devoir de l'homme, comme nous allons le voir, n'a nullement condamné la polygamie. La monogamie forcée date chez les Juifs du onzième siècle, au nom du ban de Rabbi Gerson.

Il en est de même du bain dans une source vive, qu'il prescrit à la femme, après les douze et parfois les quinze jours de pureté ; mesure hydrothérapique et de propreté, mais Moïse ne fait jamais une loi pour la femme seule.

Le second commandement que le Talmud prescrit à la femme s'appelle : Halah. C'est un souvenir d'offrande à Dieu avec du pain béni.

Le troisième, c'est la bénédiction des lumières, la veille du Sabath.

Ces commandements ont été consacrés par tous les rabbins venus après le Talmud,

Pour toute autre loi, la femme peut l'observer, maison ne lui en tient aucun compte. Quelle est donc la gloire de la femme talmudique ? On vous le dira (Traité Berachoth, livre II). «Avec quoi les femmes sont-elles glorifiées? En conduisant leur^ fils à Técole, en laissant leurs maris

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à rétude de la loi dans une autre ville et en les attendant sans impatience. > Un rabbi s'écrie : (Traité Jebamoth, livré IV) : dl leur suffit d'élever nos enfants et de nous préserver du péché. »

Saint Paul, cet autre Talmudiste, dit à Thimothée (chap. XI, v. 12) : «Je ne permets point aux femmes d'enseigner, ni de prendre autorité sur leurs maris. Je leur ordonne de demeurer dans le silence, car Adam a été formé le premier et Eve ensuite. Ce n'est point Adam qui a été séduit, mais la femme, qui ayant été séduite, est tombée dans la prévarication. Elle se sauvera néanmoins par les enfants (encore faut-il que ce soit des fils !), si elle persévère dans la foi, dans la sainteté et dans une vie tempérante. >

U dit encore, aux Corinthiens (chap. XI, v. 7): « L'homme est l'image et la gloire de Dieu, au lieu que la femme est la gloire de l'homme.

L'homme n'a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme. »

Quant à Eve, le Talmud dit (Traité Schabâth, livi'e XXII) : « Le serpent a couché avec Eve et Ta empoisonnée. Israël au mont Sinaï s'est débarrassé de ce venin, mais les peuples rebelles à la loi l'ont gardé. Saint Paul, aux Corinthiens Tchap. XI, V. 3), dit à son tour : % Comme Eve rut séduite par les artifices du serpent > C'est bien plus fort que le péché mortel, c'est bel et bien du venin, le venin du mal. Sinaï seul est le contre-poison contre cet empestement. C'est là toujours l'idée de Saint Paul un peu gazée, avec la seule différence qu'àla place de Sinai", l'apôtre met la Rédemption par Jésus.

U existe dans le Talmud plusieurs femmes admirables qui ont toujours protesté contre lessot-

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tes injustices des rabbins. L'histoire de ces Juives est aussi édifiante que romanesque. A toutes ces protestations les rabbins répondaient : Naschim deathon kaloth^ c'est-à-dire l'esprit des femmes est futile. £t pourtant, ces mêmes femmes, par leur vie et par leurs actions, ont donné des preuves irréfragables de leur grandeur d'&me et de leur esprit divin.

Chose extrêmement curieuse ! Le Talmud, déniant tout droit d'égalité à la femme, la forçant avec Saint Paul de cacher, comme signe dinfériorité, le plus bel ornement de la tête, sa chevelure sous un épais voile, plus tard sous un bonnet, contient en même temps des histoires, des légendes et des romans qui tous sont autant de témoignages, non seulement de la vertu de la femme, mais encore de sa science et de sa raison supérieure. C'est que partout où régnent l'injustice et l'oppression, la vie donne des démentis contmuels aux faux principes, qui ont été l'origne de ces violences et de ces tyranies. La femme a toujours protesté par ses vertus contre l'opinion vicieuse que l'homme, par égoïsme, se faisait sur son compte. Partout où l'on a nié le noble mouvement de son cœur, elle a répondu : Regardez-moi ! je marche, je pense, je sens, je sais. Cela a suffi pour confondre ses détracteurs, mais cela n'a pas désarmé ses exploiteurs !

Yaltha, dit le Talmud, était aussi belle que savante. Elle était versée dans la science théologique et tenait même dans sa maison une école talmudique. Le Talmud exclut la femme de

toute fonction sacerdotale et rabbinique. Yaltha protesta contre cette injustice. Ses discussions à cet égard, son opposition contre son mari, étaient de notoiîété publique. A toutes ces objections, le rabbi n'avait qu'une réponse :

€ L'esprit de la femme est volage et capricieux. > Yaltha, à la fin, opposa à cet argument sa propre personne, sa science et sa vertu. Le rabbi se tut ; mais, peu de temps après, il fit entrer dans sa maison un jeune étudiant d'une grande beauté, et le mit sous la protection spirituelle de Yaltha. Le Talmud ne dit pas si cet astucieux mari était vieux ou jeune, si lui même remplissait ses devoirs de mari. En tous cas, il lui était permis d'avoir plusieurs femmes. Au bout de quelque temps, la professeuse devint

• amoureuse de son disciple ; elle lui fixa un rendez-vous. Le mari, instruit par le jeune homme,

^., s'y rendit à sa place, et, comme un vrai cuistre .qu'il était, il ne lui adressa pour tout reproche

• que sa devise ordinaire : c Naschim deathon kaloth. » Vous le voyez, le Talmud a raison, les femmes sont légères d'idées.

Yaltha, soit honte, soit confusion, soit douleur d'avoii' été trahie, attenta à ses jours !

Cette histoire, vraie ou fausse, est citée par le Talmud comme justification de ses principes sur la femme. Eh bien ! en l'admettant telle quelle, elle est plutôt un témoignage en faveur de la femme.

D'abord, il n'est pas prouvé que Yaltha, même infidèle, n'eût pas rendu à la science et aux lettres plus de semces que son indigne mari obscur. Nous verrons tout à l'heure de quelle grandeur d'âme, de quel courage Béruria a fait

LE TALMUD BT l'ÉVÂNGILE 211

preuve. Et cette même histoire est attribuée à Béruria.

En second lieu, il eût fallu que son mari, résistant à cette même tentation, eût triomphé de ce même danger. J*en doute fortement ; mais il ne se serait pas pendu, c'est certain.

En troisième lieu, nous ne savons pas si Yaltha pouvait être jBdèle à quelque chose. Là où les devoirs sont égaux, il faut absolument que les droits le soient de même (1).

Mais où trouver un homme égal en sagesse et grandeur d'âme à Béruria, la femme de Rabbi Meïr? Elle avait trois fils plus beaux Tun que lautre. Un jour, pendant que le mari s'était rendu à l'Académie où il professait, ses fils, dans une promenade autour de la ville, tombèrent dans une fosse ; tous trois y trouvèrent la mort. On les rapporta asphyxiés à la mère.

(i) Pareille histoire est arrivée à Voltaire avec Mme' Dû* chatelet. Mais Voltaire était un homme sincère qui se rendait . justice. Voici le fait: Mme Duchatelet, la femme la plus savante de son siècle, depuis vingt ans l'amie inséparable de Voltaire, eut, vers l'automne de sa vie, une faiblesse pour le jeune Saint Lambert, officier et poète, que Voltaire avait introduit dans sa maison. Elle fut bien vite punie, car elle mourut au château de Lunéville, des suites d'une couche, à race de quarante-deux ans, étouffée par une crème à la glace qu elle venait de prendre, et sans pouvoir adresser une parole ni à Voltaire, ni à Saint Lambeit, ni au roi Stanislas, qui descendait dans sa chambre pour lui porter secours.

Voltaire fut inconsolable; il savait qu'il était trompé. A la vue de la mort de cette femme chérie, il tomba dans les bras de son rival en s'écriant : « Vous n'avez rien perdu ; moi je perds tout I » Là-dessus le roi de Prusse, qui depuis longtemps était jaloux de l'attachement de Voltaire pour cette femme, parce que le poète ne voulait jamais la quitter pour aller à Berlin, Frédéric se moqua de la douleur de son ami, et lui dit, dans une lettre, £e que Rabbi Meir disait àYaliba: «Après tout c'était une femme légère, qui vous a été infidèle. » — « Infidèle à quoi 7 • répond Voltaire au roi. (< Je

Ut HOÏSB

Elle« les étend sur une litière, le couvre d'un linceul et va au-devan^ de son mari : c Maître, lui dit-elle« j'allais te quérir ; on t'attend chez nous pour juger une question très grave. Un homme est venu et m'a dit ceci : Il y a déjà des années, quelqu'un m'a confié un dép6t précieux ; je m'en suis fidèlement chargé ; ce dépôt, je Tai conservé, cultivé, embelli, agrandi, au point que je ne puis plus m'en séparer, sans risquer de mourir de chagrin et de douleur. Ce matin, soudain, le propriétaire du dépôt s'est présenté chez moi et m'a réclamé le byou, que je considérais comme m'appartenant à moi. Promesses, prières, pleurs, menaces, rien ne l'ébranlé; il lui faut son dépôt aujourd'hui même. Maître, faut-il le lui rendre? Je ne lui rendrai que sur l'ordre du grand juge le rabbi. Cet homme t'attend chez nous ; je suis allée au-devant de toi, pour te donner le temps de réfléchir avant de prononcer. »

ne suis pas un amoureux (tt avait cinquante-trois ans); j*ai nerdu un ami de vinot années, un grand homme qm n'avait a*au tre défaut que d être femme, et que tout Paris regrette et honore. Une femme qui a été capable de traduire Newton et Virgile, et qui avait toutes les vertus d'un homme, aura sans doute part à vos regrets. Vous n'auriez peut-être pas jugé d'elle comme vous avez fait, si elle avait eu Thonneur d être connue de vous. »

Et dans une autre lettre :

«Je me borne à regretter, dans la retraite, un grand homme qui portait des']upes, à respecter sa mémoire et à ne point me soucier de ses faiblesses de femme. »

Je ne justifle pas Mme Duchatelet (pii, il faut le dire, se rendit justice à elle-même. Mais Voltaire, dans son rdle, est tout simplement admirable, tandis que le mari de Yaltha, exposant sa femme de gaieté de cœur, par vanité et amourpropre, est un pédant sans cœur et sans amour. Il manquait envers elle à tous ses devoirs d'homme et de mari I Ainsi sont tous les ennemis des droits de la femme I

LE TALMUD BT l'ÉVANGILE 218

— € n n*y a pas de quoi réfléchir une minute, s'écria le rabbi ; il faut rendre le dépôt ! »

Ils étaient arrivés a la maison ; la mère retira le linceul et dit au père : « Voilà le dépôt sacré que Dieu, qui nous Tavait confié, est venu ce matin nous redemander. Nous le lui rendrons, d'après ton jugement, sans murmurer. » Et le pieux rabbi s*écria: «Jéhovah la donné, Jéhovah Ta ôté ; béni soit le nom de Yéhovah ! »

Comment après un récit pareil, le Talmud ose-t-il encore dire : Naschim Deathon Kaloth ! Où, dans l'histoire, y a-t-il l'exemple d'une âme plus mâle, plus forte que celle de cette mère, de cette épouse? Qu'il y ait des femmes légères, que la femme soit moins limitée pour le mal que l'homme, qui en doute ? Mais précisément parce que sa nature lui permet de pousser le vice jusqu'à l'excès, il lui faut trois fois plus de force morale pour aspirer, pour atteindre à l'idéal de la vertu. Et elle y aspire naturellement, grâce à sa nature sphntuelle, à moins d'être corrompue, exploitée par l'homme, dont l'in- * térét, le vice et l'égoïsme trouvent leur compte dans cette chute et dans cette abjection.

Il est encore une autre histoire dans le Talmud, une légende romanesque exquise de sentiments, mais seulement ébauchée, car elle est sans conclusion.

Il y avait, près de Pumbeditha, un riche avaricieux, nommé Kaleb Sébua; il avait plus de 400 esclaves, une fille unique et un grand nombre de serviteurs. Parmi ces derniers, se trouvait le jeune pâtre Ekiba, distingué par son intelligence, son esprit et sa conduite. La jeune fille de l'harpagon juif aimait à s'entretenir avec

ce jeune homme et l'encourageait à quitter le travail manuel pour étudier la loi, afin de jeter quelques rayons de gloire sur Israël. Ekibane demanda pas mieux que de partir pour Pumbeditha, où se trouvait une académie talmudique. Plus grande fut encore sa joie quand la jeune fille lui dit, qu'elle espérait partager sa gloire future, et qu'elle l'autorisait à demander d'ores et déjà sa main à son père. Pour toute réponse, le père chassa son valet, et la jeune fille ayant déclaré, à son tour, qu'Ekiba serait un jour la gloire d'Israël, et qu'elle n'épouserait jamais un autre homme, le père la maudit et Texpulsa sans miséricorde de sa maison. Ekiba et sa bienaimée se marièrent pourtant. — D'après la loi juive, deux témoins suffisent pour accomplir le mariage. — Pauvres et abandonnés de tous, ils ne trouvèrent d'autre habitation qu'une misérable chaumière, en face du palais deKaleb, où, pour tout meuble, ils n'avaient qu'une litière de paille. Dans cette chaumière, la femme donna à son mari des leçons rudimentaires de la langue, afin de le préparer à la grande étude de la doctme. Elle était à la veille d'accoucher, privée de tout et honnie par les esclaves de son père. Un jour un ange se présente à la chaumière et dit: «Mes amis, ma femme est prête d'accoucher, et je n'ai pas un brin de paille à ma disposition. » Ekiba partagea avec lui sa botte de paille, et dit à sa femme: «Tu le vois, il y a encore de plus pauvres que nous. » Triste consolation, mais les malheureux se consolent de peu.

Ici la légende fait un saut de plusieurs années, Ekiba était devenu la gloire dTsraël. Chef et<

LE TALHUD ET l'ÉYàNGILB 215

recteur de TAcadémie de Pumbeditha, il allait se rendre à Tendroit où il avait vécu pauvre, ignorant et ignoré, suivi d'un cortège de plusieurs milliers d'élèves. La légende ne dit pas ce que, pendant cet intervalle, était devenu son ange tutélaire. Autant pourtant que je me le rappelle, le Talmud dit que cette femme, humble • et modeste, se trouvait parmi la foule qui acclamait et proclamait la gloire de son mari. Le. Talmud n'avait en vue que le triomphe d'Ekiba, et c'est vraiment dommage. Quelle belle scène ! Celte noble femme, confondue dans la foule, versant des larmes de joie, en se disant : < Voilà mon œuvre ; je ne me suis pas sacrifiée pour rien. » Puis, Ekiba, l'apercevant, accourant vers elle, la saisissant par la main, et disant au peuple et à ses disciples enivrés : Voici l'âme, voici la créatrice de mon œuvre ! » Quel beau spectacle de voir ces milliers de jeunes gens fléchir le genou devant cette céleste vertu, devant cette divine femme ; puis la conduire en triomphe auprès de son cruel père qui vivait encore, et qui, reconnaissant son erreur, demande pardon à sa fille d'avoir méconnu sa grandeur et sa splendeur d'âme. Il y a là tout un drame divin en l'honneur et pour la glorification de la femme. Mais le Talmud n'en a pas connu la portée ; il n'en a même pas conscience; il ne raconte cette légende que pour glorifier Ekiba, son savoir, sa pauvreté, sa résignation et son élévation. Il a omis jusqu'au nom de cette admirable femme, de cette sublime Juive !

Après avoir ôté à la femme ses devoirs et sèSS'^

droits, le Talmud s*en préoccupe plus que jamais. Il y revient à tout propos et même hors de propos. Il en dit autant de bien que de mal. Il en fait une étude constante, même sous le rapport anatomique hygiénique. Gilons-en quelques exemples.

Rabbi José (Traité Jouma, livre 11^) narguant un peu la Genèse, s'écrie : c lia maudit la femme et tout le monde court après elle. Il a maudit la terre et tout le monde se nourrit d'elle !» On le voit, les Talmudistes avaient leur liberté de discussion. Ce Rabbi José blasphème quelque peu. U raille la malédiction de Dieu ou lautgir de la légende. . •^'

Rabbi Jéhoschuah se lève ^t s'écrie : ^(Traité Baba Kama, où il est question d'une voix du ciel) : < Que m'importe votre ^obc du. ciel, Moïse n'a-t-ilpas dit : c Ma doctrine n'est pas au ciel. » Et puis d'ailleurs il est écrit: «D'après la majorité tu dois pencher. » C'est-à-dire, en termes vulgaires, la loi divine est humaine et se fait par la majorité des votants. Mais ces boutades sont isolées. Elles n'ont point eu l'infliience qu'elles eussent mérité d'avoir. Ailleurs, le Talmud moins galant, dit: (Traité Sabath, livre XXIIP) : « La femme est un vase plein d'i)rdures, sa bouche est pleine de sang et pourtant tout le monde court après elle. » Cela n'empêche pas un autre rabbi de féliciter Adam d'avpir trouvé la femme à la place d'une c6te. ^ C est, dit-il, comme quelqu'un ayant«troqué un pot de terre contre un précieux bijou. » < Une belle femme, dit-il encore, agrandit les idées. %

Resch Lakisch prétend même (Jouma) « C'est un plus grand bonheui* de regarder une belle

LE TALMUD ET l'ÉVANGILB 217

femme que la chose même. » Deux lignes plus loin, RaLbi Elieser dit : < La femme n'a d'esprit que pour des travaux de main (fller, broder et tisser), car il est écrit : (Exode, chap. XXXV) : c Et toute femme sage de cœui* (la Bible appelle < un artiste, un homme sage de cœwr) lissait de sa main. » Il s*agit des tapis et des portières de la tente sacrée que Moïse fît faire. Rabbi Élieser en conclut que la femme n'est artiste que pour filer, tisser et broder.

On lit (Traité Kethuboth, livre V) : Un ven^e de vin va très, bien à la femme, deux l'enlaidissent ; avec le*troisième elle demande de sa bouche. A-trelle bu le quatrième, elle ne dédaignera pas un* âne du marché qui passe.» Raba ajoute jnaïvement r < A condition que son mari ne soit pas avec e^e ! »

Le Talmud (Traité Nedarim, livre !!•), prescrit • au mari des règlements de pudeur et de «bienséance, en énumérant les aberrations et les mœurs vicieuses des païens. Alors plusieurs s'écrient : € Ah bah ! tout ce que l'homme veut faire avec sa femme il le fera. Il la mangera à la croque en sel, rôtie, bouillie ou crue. »

Une question au sujet de laquelle on ne trouve pas de contradiction dans le Talmud, c'est le mariage. jLië mariage est un commandement de Dieu. Dieu a dit : < Soyez féconds et multipliez" vous, 1^ Le Talmud dit (Traité Jebamoth, liv. IV«): Quiconque n'observe pas cette loi, c'est comme s'il versait du sang humain. > Il dit (Traité Kiduschin, livre I*) : Quiconque à vingt ans n'a

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pas pris femme (toujours dans le but divin de propagation) restera toute sa vie dans le péché.» Samuel dit (Jebamoth^ déjà cité) : «Quand l'homme même aurait plusieurs enfants, il ne lui est pas permis de rester sans femme.» Inutile d'ajouter que toute tentative faite pour éviter Tenfant est un crime ; c'est comme un assassi* nat . Rabbi Hanilai dit : » Tout homme sans femme demeure sans joie, sans bénédiction, sans bien, sans science, sans abri et sans paix. » Rabbi Ëlieser ajoute : c Un homme sans femme n'est pas un homme. » On lit (Traité Kiduschin, livre !•) : « L'homme doit d*abord apprendre la loi et prendre femme après, mais si cela lui est impossible, qu'il prenne femme d'abord et qu'il étudie après . » Mais Rabbi Jochanan ajoute : c Est-ce possible? Quand on a une meule au cou peut-on s'adonner à l'étude ?» Ce Rabbi Jochanan est plutôt de l'avis de Saint Paul disant: c Se marier c'est bien, mais ne pas se marier est mieux encore. » Saint Paul dit même (Epitre aux Corinthiens, chap. VU, v. 38): «Et ainsi celui qui marie sa fille fait bien, mais celui qui ne la marie pa^ fait encore mieux. » Puis il dit à propos d'une veuve (verset 39) :

< Mais elle sera plus heureuse si elle demeure veuve. C'est ce que je lui conseille et c'est l'esprit de Dieu qui me conduit* »

Le mariage, dailleurs rudement attaqué par les Esséniens, défendu seulement par les Pharisiens, n'est pas l'idéal de l'Évangile.

Jésus dit (Saint Luc, chap. XX, v. 34): «Les enfants de ce siècle épousent des femmes et des femmes des maris. Mais ceux qui sont dignes du siècle à venir et de la résurrection des morts

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ne se marieront pas. > Neque rusent, neque dur cent vaores.

Le Talmud dit (Traité Jébamoth et Sanhédrin) : Quiconque aime sa femme comme son propre corps, qu'il Thonore plus que soi-même, qui conduit ses fils et ses filles dans le droit chemin, sur lui rÉcriture a dit : < Tu sauras que ta tente est en paix. > Çaint Paul, se servant du même mot, dit, aux Ephésiens (chap. V, v. 28) : < C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes, comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme aime soi-même. Jamais personne n'a haï sa propre chair. Au contraire, il la nourrit et en a soin comme Jésus Christ a soin de son Église. »

Mais il ajoute: c£t vous maris, aimez vos femmes comme Jésus Christ a aimé son Ëglise, jusqu'à se livrer pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant dans le baptême de l'eau par le parole de vie. 1^

(Même Traité Sanhédrin, livre !!•), le Talmud dit : € Jamais mari ne meurt qu'à sa femme, et jamais femme ne meurt qu'à son mari. » En d'autres termes, nul enfant ne remplace à l'époux la perte de l'épouse, ni à l'épouse la mort de répoux. Cela ne l'empêche pas d'admettre avec Salômon que la femme est méchante.

Salomon dit : < Maza ischah mazu tob, » celui qui a trouvé une femme a trouvé lé bien. Pui3 il dit : € Vèmozé eni eth haïschah mar mimaveth, et je trouve la femme plus amère que la mort. »

Le premier verbe est waza, l'autre mozé. Quand donc un rabbin se mariait, on Fui demandait brièvement: Est-ce maza ou mozé? «Le Talmud dit encore (Traité Sanhédrin, livre VII?) : Quiconque donne sa fille à un vieux la Ijvre^^^^^

MO noise

prostitution.» Puis (Traité Kiduschin, livre IV'): c Quiconque prend femme pour l'argent aura des enfants mai venus. Quiconque prend femme et ne demeure pas avec elle ne doit pas enseigner des jeunes gens. » C'est un cKme, d*après le Talmud, que de regarder le talon d'une femme autre que la sienne, de lui toucher la main, de causer avec elle. D'après Jésus, il faut s*arracher l'œil qui a convoité une femme autre que la sienne. Le Talmud défend même de causer trop avec la sienne propre.

Il dit d'aiUeurs (Traité Baba Mezia, livre lY'): c Quiconque se laisse dominer par sa femme criera, mais on ne lui répondra pas. »

S'il est prouvé que la femme mourrait d'amour, qu'elle meure plutôt que de se livrer à l'amant ! (Traité Sanhédrin, Uvre VII?).

Quant à l'homme, le Talmud ne se prononce pas à ce sujet.

n raconte seulement Thistoire d'un rabbin qui, après avoir résisté à une noble Romaine, la convertit et devint son mari.

Dans une autre histoire, la fille de l'empereur demanda à RabbiJehoschuah pourquoi les hommes d'esprit sont en général si laids. Il lui répondit de demander à son père, pourquoi il mettait son vin le plus précieux dans un tonneau de bois, au lieu de la recueillir dans un vase de marbre et de porphyre? Le vin, le lait Bt l'eau sont meilleurs dans des vases de peu de valeur extérieure. Ainsi la parole de Dieu. Elle ne coule ni de l'orgueil, ni de la beauté, ni de la grandeur.

U est pourtant permis à la femme de se livrer pour la gloire de Dieu. Ainsi le Talmud (Traité

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Nasir), prétend que le général Sisrah tué par la Joël, Ta reconnue sept fois.

Dans chaque verbe du chant de Déborah (il y en a sept, décrivant la chute de cet ennemi), le Talmud met un acte d amour. Il ne recule d'ailleurs jamais devant un cynisme. Comme tous les hommes d'une époque primitive et de mœurs pures, il nomme chaque chose par son nom. Une de ses grandes préoccupations pour le ménage, c'est d'avoir des fils. Il prétend que l'homme contient en soi le germe de la fille et la femme celui du fils. Il indique donc le moyen, à plusieurs reprises, pour avoir des fils. Il dit : Se^ men mulieris primum, mascula, hominis, fœmina. Il croit donc pouvoir donner des conseils certains pour obtenir des garçons. RabbiKatina dit (Traité Nidah, livre III®) : < Moi, si je veux, tous mes enfants seront des garçons » C'est en efl'etrenfant, et l'enfant mâle qui préoccupe le Talmud et Saint Paul dans le mariage.

< Depuis la destruction du temple, dit-il (Traité Sanhédrin, livre VIII*), le parfum delà volupté nous a été ôté et fut donné à ceux qui aiment dans le péché. »

En d'autres termes, le plaisir de Tamour même est un péché. L'homme et la femme n'existent plus que pour l'enfant, et leur premier devoir est de donner à cet enfant de l'Instruction et de lui enseigner la loi.

Il dit (Traité Sabalh, Uvre XVP) : « Rabbi Jehuda Hanasi dit : Le monde ne se conserve que par le souffle des enfants à l'école . » Puis : € On ne trouble pas les enfants à l'école, pas môme s'il s'agissait d'aller reconstruire le temple. »

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Un autre rabbidit : c Tout endroit sans école sera détruit. » Rabbin ajoute : c II mérite d'être mis au ban. »

c Un père qui a des garçons sans leur donner de rinstruction est un Âm haarez, » c'est-à-dire le dernier des manants. On n'apprend du reste qu'en enseignant. Cette vérité est répétée par plusieurs rabbins disant : € Tû appris quelque chose de mes maîtres, beaucoup de mes condisciples, mais le plus que je sais je l'ai appris de mes élèves. »

L'amour du Talmud pour la jeunesse studieuse est immense et c'est un de ses grands titres. n conseille également d'apprendre un métier à son fils. U dit (Traité Kiduschin, livre 1«') : « De même que l'homme doit se marier et étudier la loi, de même il doit apprendre un état. L ouvrier ne doit pas se lever devant le savant, c'est-à-dire, il est l'égal du premier des citoyens. » Il dit encore : « Ni la richesse, ni la pauvreté ne sont dans le métier (il n'y a pas de sot métier), tout est dans l'ouvrier. » Pourtant il y a un rabbin qui dit : c Je vois des animaux et des oiseaux se nourrissant sans douleur et pourtant sans métier. Or, ils ne sont créés que pour moi. Et moi créé pour servir mon Créateur, je ne dois pas pouvoir me nourrir sans douleur et sans angoisse ! » Il ajoute : « Jamais je n'ai vu un cerf récolter, ni un lion porter un fardeau, ni un renard flatter, et pourtant ils trouvent leur nourriture ; et moi leur maître, je dois travailler pour me nourrir?» (Traité Sotah, livre IX*, le grand Rabbi Éliezer dit : c Quiconque a du pain dans la huche et dit :

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qtie mangerai-je demain, manque de foi. » Ce sont à peu près les paroles de Jésus. Saint Luc, (chap. XII% V. 24). Considérez les corbeaux, ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'ont ni cellier ni grenier et Dieu les nourrit. Combien valezvous mieux que ces oiseaux ? » < Considérez comment croissent les lis des champs, ils ne travaillent ni ne filent^ et je vous dis que Salomon demeurant dans toute sa gloire n*était point vêtu comme l'un deux ! »

On pourrait objecter que la gi'andeur de Thommè, sa similitude avec le Créateur est précisément dans le travail ; que le travail, loin d'être un châtiment, est la béatitude de Thomme , la douleur et le malheur ne gisent que dans l'excès et dans l'absence du travail, que si l'homme ne travaillait pas, il n'y aurait ni corbeau, ni lis. Dans le travail seul l'homme reconnaît sa supériorité divine, car par le travail seul il peut recevoir et donner du bonheur. Vivre pour son Créateur c'est, comme Ta dit Moïse, vivre pour son prochain, et vivre pour $on prochain, c'e^t travailler. On ne glorifie Dieu qu'en travaillant pour ses créatures. On ne le fait aimer qu'en se vouant au bonheur d'autrui. Dieu, c'est le travail, car Dieu, c'est l'Etre qui n'est que pour ses créatures.

Citons encore quelques opinions contradictoires sur les songes.

Elles se trouvent Berachoth, IX® livre.

€ Un homme bon ne voit pas de bons songes, et le méchant n'a pas de mauvais rêve. Quicon-

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que a eu un rêve et qu'il en soit inquiet, quMI aille devant trois personnes et se le fasse expliquer. »

cUn rêve non interprété est comme une lettre non lue. »

c Les rêves vont d'après l'interprétation. >

€ Quiconque en s'éveillant a trouvé dans sa bouche un verset, c'est comme une petite prophétie, c Un rêve c'est comme un soixantième de prophétie. »

Je ne citerai pas les animaux et les végétaux qui sont d'un bon ou d'un mauvais signe, c'est puéril.

Ce qui l'est moins, c*est que le Talmud, violant la loi formelle de Moïse, admet (Traité Hulin), que le sorcier peut faire mentir le destin d'en haut. C'est d'ailleurs naturel. Le destin n'existe que pour être déchiré, c'est là l'expression duTalmud. Que ce soit par des prières mystiques ou par l'art de Satan, peu importe. L'essentiel pour le prêtre du pouvoir (le pharisien), c'est de tenir ce pouvoir déchirant dans sa main, et d'en disposer d'après son bon plaisir.

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