‹ Moïse, le talmud et l'évangileChapitre 3 sur 29 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

gile. Il me biffa en même temps dans le manuscrit tous les textes qui avaient l'air d'être une critique, un blâme direct contre la religion catholique, en me disant : Il vous suffira de flétrir ces superstitions et ces folies miraculaires dans le Talmud, sans établir des comparaisons avec rËvangile. Le public intelligent, auquel votre livre s'adresse, fera tout seul ces comparaisons. L'effet en sera le même et nous ne serons pas exposés à être traduits devant la police correctionnelle et à être condamnés à l'amende, peutêtre à la prison, sans compter la destruction de votre œuvre !

Ce n'était pas chose facile que de rechercher tous les textes talmudiques qui concordent avec les principes de l'Évangile. Il m'a fallu parcourir douze gros In-folios de plus de quinze cents pages chacun, écrit moitié en hébreu, moitié en chaldéen ou en araméen. Il est vrai que durant quinze années de ma jeunesse je les avais non seulement parcourus, mais étudiés et parfois nous restions à l'Académie talmudique huit jours à nous disputer sur une seule page commentant une loi du Pentateuque. Il m'a fallu une année entière pour retrouver ces textes, dont bon nom-

À LA QUATRiiHE ÉDITION XI

bre m'étaient restés dans la mémoire, sans me rappeler le titre du Traité^ ni la page où ils se trouvaient, car en ces sortes de citations et d'affirmations, la moindre erreur est imputée à crime par les orthodoxes de toutes les religions dont on froisse les préjugés et les superstitions, crime impardonnable et pendable à leurs yeux.

Ce ne fut donc pas sans un profond chagrin, que cédant aux désirs de mon éditeur, je retranchai de mon livre, non-seulement les mots du titre : « Et l'Évangile » mais encore une bonne partie du fond du livre, me réservant le droit de les publier, cela va sans dire, à la première conjoncture plus favorable à la libre-pensée. Cette conjoncture ne se fit attendre trop longtemps. La première édition admirablement imprimée chez Lahure, tirée à quinze cents exemplaires avec le titre un peu maigre : Moïse et le Talmud s'épuisait rapidement et dès la chute de TEmpire, je me hâtai d'en publier une seconde édition populaire, en y ajoutant toute la copie qu'Amyot n'avait pas osé publier, sous le titre actuel : Moïse, le Talmud et VÉvangiley mais sans y ajouter les textes en hébreu parce que cela aurait trop renchéri Tédition.

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