XII PRÉFACE
Cette publication en petit format a eu deux éditions, outre la première in-octavo. En voici la quatrième, avec quelques augmentations d*argumentations et de textes religieusement revus et fidèlement traduits. J'ose affirmer que ce travail n'a jamais été fait avant moi. Pour citer ces textes, il faut presque les connaître par cœur. Or, même les candidats rabbiniques d'aujourd'hui ne les connaissent plus. L'étude du Talmud n'est plus pour eux qu'une science accessoire. De même Tétude des liwes rabbiniques homilétiques du moyen-âge, écrits en hébreu.
Peu d'entre eux ont étudié le Cusriy VAkoriniy le More Nébuchim! Peu d'entre eux sont capables de traduire à la première vue un livre écrit en hébreu, tel que le Schebat Yéhudahj VEmekHabachah ou le Sepher Habrith, ce dernier un résumé en hébreu de toute la science soi-disant profane de l'époque où ce livre a été rédigé. A plus forte raison, ils ne sauraient plus rédiger un sermon, une harangue, encore moins un traité en hébreu.
Ils passent leurs jeunes loisirs à étudier les mathématiques, science d'argent et de lucre, qui n'a pas la moindre influence sur la conduite
A LA QUATRIÈHE ÉDITION XIU
de l'étudiant dans la carrière pénible de la vie, puis, la science tout-à-fait stérile de débiter dans une langue vernaculaire, comme disent les Anglais, une allocution encore plus stérile, qui entre dans Toreille droite de leurs auditeurs pour sortir par Toreille gauche.
Autrefois, il y a bientôt un siècle, quand dans une famille juive il y avait un garçon aux grandes dispositions d'études, on le destinait au rabbinat, c'est-à-dire on lui faisait faire toutes les études bibliques et talmudiques, pour pouvoir, si le cœur lui en disait, ou bien s'il s'en sentait la vocation, remplir l'offlce d'un rabbin muni du diplôme délivré par un chef d'école talmudique, grand rabbin lui-même. Le diplôme obtenu, le jeune homme était libre d'entrer dans le rabbinat, ou d'exercer n'importe quelles autres fonctions ouvertes aux Juifs. La plupart des Juifs qui se sont rendus célèbres, soit dans les lettres, comme Louis Boerne, Henri Heine et Berthold Auerbach, soit dans la musique comme Meyerbeer, Halévy et OfiTenbach, ont passé leur première jeunesse dans une école juive hébraïque, où dès l'âge le plus tendre, ils suçaient le laît fort de la Bible en hébreu! D'aucuns d'entre