XIV PRÉFACE
eux sont allés jusqu'à l'étude du Talmud. (1) Cette situation a changé du tout au tout. Aujourd'hui, quand il y a dans une famille juive un garçon intelligent, on Tenvoie dès son enfance dans un collège chrétien, où on lui enseigne le mépris de la Bible, si on ne lui prêche l'athéisme
(i) Outre M. Munk, allemand de naissance, nationalisé français dont la France peut être fière, érudit de premier ordre et qui s'est immortalisé par son chef-d'œuvre français : La Palestine ; outre l'homme de génie s'appelant Halévy, digne émule de Meyerbeer et du grand orateur, avocat et homme d'Etat Grémieux, digne émule d'Israéli, le Judaïsme émancipé de France a produit un homme d'une immense érudition, jointe à une parfaite bonne foi scientifique et h une volonté inébranlable de faire honneur à sa nouvelle patrie, en jetant sur elle u i rayon de gloire immortelle. Cet homme presque inconnu des Chrétiens et méconnu des Juifs, s'appelait Samuel Gahen. Né à Metz, destiné dès sa jeunesse au rabbinat, ayant complété ses études polyglottes à l'Académie talmudique de Mayence, alors ville française, et dont l'Académie était célèbre par son chef, autodidacte comme Munk, c'est-à-dire sans avoir passé par des Lycées ou des Séminaires, Samuel Gahen, refusant les fonctions de rabbin et se vouant à l'instruction par la parole et la plume, a traduit la Bible en français et y a ajouté un Commentaire dans le sens textuel, littéral, autant dire rationnel ; traduction qui depuis a servi de modèle à tous les traducteurs européens de toutes les langues, bien entendu, sans le nommer et sans lui rendre le moindre témoignage de reconnaissance.
Gahen a, pour ainsi dire, haché menu le texte hébraïque, après en avoir passé en revue toutes les traductions anciennes et modernes, et en a rendu le sens en français dans une angue également hachée, c'est-à-dire, en la rendant accès