XVI PRÉFACE
reconnaît aucune aptitude prononcée pour une de ces carrières, on le destine, chez les Juifs, au rabbinat, chez les Chrétiens, à la prêtrise.
Dans ces carrières mondaines et officielles le Juif grossit l'innombrable nombre des médiocrités primées comme les moutons engraissés, sans
ses lignes on voit bien que Gahen n*est pas partisan d'une révélation personnelle de Yéhovah à Moïse. Il indique tous les commentateurs critiques de la Raison pure^ mais tout rationnel qu'il est, il n'ose pas prendre fait et cause pour eux d'une manière affirmative. On lui a fait une guerre acharnée pour ce qu'il a dit. S'il y avait eu encore une Inquisition, on l'aurait brûlé, et si les rabbins français d'alors avaient osé, ils l'auraient mis au ban.
Gahen n'a pas su séparer le Pentateuque de Moïse de celui qu'Esra et ses docteurs, rédacteurs du Pentateuque actuel, lui ont mis dans la bouche. L'eût-il su, sous le règne même de Louis Philippe qui l'a protégé, on l'aurait poursuivi pour offense à une religion reconnue par l'Etat et professée par la majorité des Français, car à travers le rationalisme juif, Cahen ne ménage guère le christianisme, qui regarde l'Ancien Testament comme l'héritage légitime d'un père trépassé, assassiné par lui. Il n'a pas non plus pénétré l'essence spirituelle et divine des principes philosophiques de Moïse, qui en vertu de ces principes d'absolue Vérité, a créé un peuple inexternûnable.
Mais tel qu'est son Commentaire, c'est un trésor de science inestimable et indispensable, non seulement pour les hébraîsants, dont Cahen est un des premiers, mais pour tous les philosophes, pour tous les hommes d'Etat Ml y a dépensé toute une vie de labeur et de privations. Les rabbins de son temps, cuistres orthodoxes, le grand rabbin de Paris d'alors en tête, l'auteur du Catéchisme juif officiel dans lequel cet