‹ Moïse, le talmud et l'évangileChapitre 8 sur 29 · A LA QUATRIÈME ÉDITION XYII · texte numérisé non relu

A LA QUATRIÈME ÉDITION XYII

manifester la moindre originalité en sa qualité de juif. Comme dans nos écoles universitaires on n'enseigne rien, absolument rien qui puisse servir à Thomme de guide dans les voies diflieiles à travers les vicissitudes de la vie, comme récole ne fait que vendre en gros de la soi-disant

imbécile ou ce tartufe dipMmé enseigne à la jeunesse que Dieu avait prescrit à Moïse au mont Sinal d'ordonner à tous les Juifs de mettre des phylactères au prières du matin (avec Texclusion des femmes) et qui h la question supposée d'une jeune fille (car le Catéchisme est destiné aux filles comme aux garçons) : par quel signe Dieu avait fait son pacte d'alliance avec les Israélites? répond : Par la circoncision! tous ces rabbins Font comblé de leur idiot dédain. Et le Consistoire Israélite d'alors, composé comme celui d'aujourd*hui, d'argent, d'ignorance et d'impuissance, a remué ciel et terre pour l'empêcher d'en faire partie et a fait élire à sa place un homme qui, quelque temps plus tard, a été condamné à plusieurs ans de prison. Il est mort abreuvé de soucis et de chagrins. C'est le seul grand savant juif sorti du judaïsme français émancipé. Car Salvador, reproduisant les observations homilétiques des critiques religieux allemands, ne savait pas l'hébreu.

J'ose prétendre que pas un Juif d'aujourd'hui ne connaît la Bible de Cahen 1 Ù en ignore même l'existence. Pour rapetisser son œuvre, les rabbins ont fait courir le bruit que son commentaire était de Muok. Pure calomnie I Munk dans les articles ajoutés à la Bible de Cahen déclare ne pas partager les appréciations religieuses de Cahen, et Cahen, à son tour, s'inscrit en faux contre les aperçus de Munk. On voit d'ailleurs, au style aussi bien qu'aux opinions émises dans ce Commentaire, qu'il est entièrement l'œuvre du juif français émancipé Samuel Cahen, dont le talent et le labeur frisent le génie!

XMII PRÉFACE

science pour que l'élève la revende en détails avec de gros intérêts, les Juifs par leur esprit pratique, et leur sagacité se' distinguent aux premiers rangs desStruggle for lifers, mais c'est là toute leur originalité.

Tous les grands caractères de Thistoire, pour me servir d'une image populaire, ont eu la Bible dans le ventre. La série suivie des plus grands caractères en France est sortie des Huguenots, tous fils de la Bible, même Richelieu, tous nourris de la moelle de lion de Moïse et de ses prophètes.

Sans la connaissance de Dieu, où plutôt sans les recherches pour connaître les lois de Dieu, jamais mortel n'apprendra à se connaître soimême et le caractère n'est pas autre chose que la certitude qu'a l'homme de ce qu'il .va faire demain et de ce qu'il ferait devant les dangers et les trahisons de l'avenir.

Toute la force du Juif est dans son caractère de fer devant les malheurs de la vie et dans sa volonté granitique de lutter, de lutter toujours contre toutes les adversités terrestres, force qu'il puise exclusivement dans sa confiance en Dieu ; confiance qu'il n'a plus quand, dès sa jeu-

A LA QUATRIÈHg ÉDITION XIX

nesse, il n'a pas sucé mot à mot la sagesse et les conseils de la Bible. Et quiconque n'a pas dans sa prime jeunesse étudié la Bible en hébreu 9 n'en garde pas les traces de feu . C'est comme si on n'avait vu un tableau qu*en songe. Un juif qui ne sait pas l'hébreu, ou qui ne l'a pas appris dans son enfance, n'est plus un vrai juif. C'est comme un lion sans dents, un bœuf sans cornes, un coq sans ergots, un jour sans soleil, une nuit sans étoiles, une femme sans beauté ! De ces Juifs-là il ne sortira que des primeurs précoces, promptes à se corrompre, sans parfum, c'est-à-dire sans esprit ni caractère.

Le Séminariste catholique devenu curé a la tâche facile. Il n'a, comme le dit Pascal, qu'à B^dbétir et ai>étir ses ouailles. Il est dans son rôle de leur dire : c Mes enfants ! pour être de bons catholiques, il ne faut ni penser, ni raisonner, ni méditer. Vous n'avez qu'à croire aveuglement ce que je vous récite d'après mon catéchisme. Plus cela vous paraîtra absurde, plus il faut y croire. Vous pouvez être bêtes et même fous.

Cela ne fait rien, pourvu que vous ayez la foi en ce que je vous dis, que je ne puis vous expliquer autrement que par ma propre foi. Plus vous se-

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