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dit (Exode, chap. xxii, v. 24) : « Si tu prêtes de l'argent à un de ton peuple ou à un pauvre chez toi, ne lui impose pas d'intérêt. » C'est une défense formelle de l'usure. Mais on lit (Lévitique, chap. xxv, v. 35) : « Si ton frère ^'appauvrit, tu ne prendras de lui ni profit ni intérêt. » L'usure ne paraît défendue qu'envers le pauvre, et non dans une affaire avec un frère riche.
Enfin (Deutéronome, chap. xxin, v. 20), l'usure est défendue entre Israélite et Israélite, riche ou pamTe, mais permise dans les affaires avec l'étranger.
Même changement de règlement pour la question de l'esclavage.
Moïse défend d'abord (Lévitique, chap. xxv, V. 39), de faire faire des travaux d'esclave à un Israélite appauvri qui veut se vendre. Il ne doit être qu'un salarié. Puis, admettant l'esclavage pour sept ans, il établit l'égalité entre l'esclave homme et l'esclave femme (Deutéronome, chap. XV, V. 12).
Mais (Exode, chap. xxi,) il y a un règlement particulier pour les esclaves masculins et un autre règlement pour les femmes. Nous en parlerons plus amplement dans les lois fondamentales.
Mais la preuve la plus convaincante de
rintercalation de certains textes est la conti\adiction flagrante sur le sacrifice humain. Moïse a cinq ibis condamné ce sacrifice comme une abomination. J'aurais trop à citer si je voulais traduire tous les textes à ce sujet. Deux citations du Deutéronome suffiront. Cliap. XII, V. 31, il dit : « Ne fais pas cela à ton Dieu, car ce qu'ils font à leurs dieux est une abomination h Jébovali. Ils font passer pai^ le feu leurs fils et leurs filles en llionneur de leurs dieux, > Puis, chap. XVIII, V. 9. « Quand tu seras dans le pays que Jéliovab, ton Dieu, te donnera, n'imite pas les horreurs des peuples qui y demeurent. Que jamais nul de vous ne Jasse passer son fils ou sa fille par le feu ! Qu'il n\y ait parmi vous, ni augure, ni consulteur de nues ou conjurateur de serpents, ni sorcier, ni conjurateur d'animaux, ni magicien, ni explicateur de signes, ni évocateur de morts. Car quiconque fait cela est un abominé de Dieu et c'est à cause de ces abominations que Jéhovah chasse ces peuples devant toi. »
On lit encore (Lévitique, chap. xxyii, V. 2) : ce Si quelqu'un a fait un vœu sur Testim"ation des âmes, — c'est-à-dire le rachat d'un sacrifice humain, — l'estimation d un mâle depuis vingt jusqu'à soixante ans sera
MOÏSE
de cinquante sicles ; si c'est une femelle, ce sera trente sicles. De cinq jusqu'à vingt ans, restimation du mâle sera vingt, et de la femelle dix sicles. D'un mois jusqu'à cinq ans, on estimera le mâle cinq et la femelle trois sicles. A partir de soixante ans et au-dessus, le mâle est estimé quinze, et la femelle dix sicles. S'il est pauvre, le prêtre l'estimera jusqu'où peut atteindre la main de celui qui a fait le vœu (textuel). »
Ceci est une troisième preuve de l'horreur qu'a eue Moïse du sacrifice humain et de l'enracinement de cet odieux usage.
Eh bien, dans le même chapitre, verset 28, quelque prêtre a ajouté ceci : «ToutZTereyn (Un herem est un ecc-voto, une ville, une chose vouée à Dieu par un homme.
Ainsi la ville de Jéricho devint un Herem, Josué ayant juré que si la ville tombait en son pouvoir, pas une âme n'échapperait, que tout serait sacrifié à Dieu ! La fiUe de Jephté était également un Herem), On lit donc :
« "ïowi Herem qu'un homme voue à Dieu, de ce qu'il possède en hommes, animaux, champs, ne peut être racheté. Tout herem
HUMAIN NE PEUT ÊTRE RÉDIMÉ. Il FAUT QU'iL
MEURE ! Moth iimiatJu »
Je défie tous les rabbins, tous les évêques,
Jk^:
tous les miiphtis passés, présents et futurs, de concilier ce texte avec les autres tex-^ tes de Moïse punissant de mort tout être qui sacrifie un liomme à Dieu. Liin ou Tautre de ces textes est faux, archifaux !
Je ne relèverai pas les nombreuses contradictions de la légende de la création. Il est dit (Genèse, chap. i, v. 27) : Et^ Dieu créa Adam d'après son image; selon Timage d'EloMm il le créa; mâle et femelle il les créa. »
Voilà donc Eve créée en même temps qu'Adam. Que devient alors la légende de la côte d'Adam et de son malencontreux sommeil ? Des milliers de commentateurs juifs se sont exei'cés sur la contradiction de la création du jour et de la nuit avant l'existence du soleil et des astres, ils y ont perdu leur hébreu. Le Pentateuquô cite des villes qui n'ont existé que cinq siècles après Moïse, du temps des rois (voir Spinoza). Enfin, il est flagrant que Moïse n'a pas écrit l'avantdernier verset du Pentateuque ainsi conçu :
« Et jamais plus il ne s'éleva en Israël un prophète comme Moïse qui a connu Jéhovah face à face. » Encore s'il avait dit : << Et jamais il ne s'élèvera plus Iakom, mais il emploie bien le passé Mm. C'est donc une
o^ moïse
phrase ajoutée du temps qu'il n'y avcait plus de prophètes, du temps des docteurs pharisiens, affirmant de nouveau la révélation liersonnelle et surnaturelle !
Je pourrais encore citer plusieurs autres contradictions relevées parEben-Esra, Spinoza, David Michaelis et même par le Taîmud, qui met souvent ces genres de questions dans la bouche des païens convertis. Le lecteur raisonnable et de bonne foi, pour qui un texte est un texte et rien de plus, ne se laissera pas entraîner par des arguties scolastiques, ni ne se contentera de Ja fin de non-recevoir, savoir : que tout cela est audessus de la raison et du jugement humain et qu'on n'a pas la permission de méditer làdesus. (Talmud. Traité Jouma).
Si jamais législateur a fait appel à la raison, ce fut Moïse. On a pu altérer, obscurcir, défigurer sa loi; le fond en reluit toujours comme de l'or pur. Les règlements de localité, les excès de logique s'en sont détachés et sont devenus œuvre morte, mais ses principes philosophiques, la base morale sur laquelle il a bâti sa cité avec toutes les conséquences sociales et politiques, sont encore debout aujourd'hui partout où bat un cœur
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LE TALMUD ET l'ÉVANGILE
humain pour la justice, la liberté, Fégalité et la solidarité.
Quelle est, me demandera-t-on, à travers tant de contradictions, la véritable loi fondamentale de Moïse ? C'est ce que nous allons chercher. C'est ce que nous allons trouver.
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