‹ Moïse, le Talmud et l'Evangile, rev. et augm. de plus de cent textes.... 1, MoïseChapitre 8 sur 9 · LE TALMUD ET IVKVAKGILK · texte numérisé non relu

LE TALMUD ET IVKVAKGILK

i^isa Achille plutôt qu'Hector. Ces dieux-là préfèrent toujours leurs serviteurs et flatteurs. Tel n'est pas Jéhovah, Quand Moïse Im demande son nom (Exode, chap. m, v. 14,) Elohim répond : Ehieh ascher ehieh, c'est-à-dire, je serai toujours qui je serai. ■De cet Ehieh Moïse d^MiJèhovah^ qidsera toujours ce qu'il est et qui ne change ja- ^^ais. « Tel est mon nom et mon souvenir pour réternité », ajoute Dieu. Ceci n'est plus ^^n jeu de mots, c'est tout un système. Dieu ^ est pas parce qu'il est le plus fort, il est parce qu'il est, il est l'Être qui fut toujours, Il ^^t y Etre Etant qui ne devient jstnmis l II ^}t l'Être qui sera ce qu'il est, c'est-à-dire, ^[ ^V a 2ms en lui de 2:ir ogres. Une changée ^i d'essence, ni de volonté, ni de principe.

S'il n'était que VEhieh on aurait pu croire ^l^^e dans le passé il a prog-ressé et qu'il ne progresserait plus. Mais Jéhovah dit ^out à la fois : Dieu est l'Être qui ne fut, <l^û n'est, et qui ne sera jamais autre chose ^^eee qu'il est, que ce qu'il fut î

^ J'ai dit que tout le sj^stème de Moïse est ^sumé dans le mot Jéhovah. En effet, si l^ieu est la loi qui fut et qui sera toujours la même, cette loi est immuable. Elle suit ^a propre loi et ne dévie jamais ni à droite

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ni à gvauclie. Dieu ne peut donc pas décider lire chose et ne plus la décider. Il ne peiU pas voicloir 2nmi-r et imrdonner aiyrès . Il ne peut même ni punir ni pardonner. En vertu de sa Loi (Logique) telle cause doit toujours produire tel effet, non pas dans une vie future, mais sur noire planète. Si cette Loi de Dieu n'était pas inexorablement immuable, l'homme ne serait pas libre, son libre arbitre n*aurait ni raison, ni sens. Si le mal que lltomme fait -poicvait être annihilépar Bieto, si le Lien que Vho77ime fait poiùvait tourne?^ contre lui en mal par la volonté de Bien, Jeliovah oie serait pas Jrhovah , il serait Elohim et Vliorame ne serait pas libre. Le premier ne serait qu'un maître volontaire, c;ipricieux, un odieux et rulicule tyran ; le second ne serait qu'un vil et al)ject esclave, bien au dessous de l'animal^ guidé par son instinct. Moïse qui croit à la liberté pleine et entière et qui déclare riionime Tarfisan de son bonheur et de son malheur, (Deutéronome :

chap. XI, Y. 26 ) : « A^ois, j'ai donné devant ^■ousla !)onédiction et la malédiction», etc., Puis, chap. XXX, v. 15 : « Vois, j'ai ex- ])osé devant toi la vie et le l)ien, la' mort et le nnù', choisis, » conclut log-iqueuient ù

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Lli TALMUD KT L EVANGILE

rimmutabilité de la loi divine o; rcsoiit d'ut; mot tous les problèmes philosophiques rendus insolubles par les Pharisiens et les chrétiens nazaréens au sujet de Ja près-cience, du libre arbitre, de la grâce et do la prédestination ; questions qui disparaissent complètement dans le seul mot de Jé~ /^ora/i, n'intervenant jamais entre la cause et l'effet, ne se préoccupant jamais du destin de l'homme et qui, certes, n'arrêtera pas plus le coquin courant après son châtiment qu'il n'arrête une pierre roulant sur un plan déclivé. L'un comme l'autre suit sa loi comme Jéhovah lui-même.

Chose remarquable dans le Jéhovah de Moïse ! Il ne parle jamais par l'intermédiaire d'un messager (malach) comme ÉIohim le fait à l'égard d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. C'est un point bien important et qui caractérise bien la doctrine de Moïse.

L'homme, d'après l'idée de Moïse, créé à rimai^^e de Dieu, est la création la plus parfaite. Si Moïse avait admis des génies et. des anges il en aurait parlé. Tous ses commandements sont des inspirations directes.

Depuis le mont au buisson ardent jusqu'à G aï où il fut enterré, jamais êire intermédiaire fie s'interposa ^''^('rsonnelleûient en-

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tre le philosopJw législateur et Jéhovah.

Le Talmud qui prêche la révélation personnelle et surnaturelle, par cela même détruit le système de Moïse, en admettant des démons et des anges. Moïse n'a pas eu comme Socrate un démon : Dieu immanent lui parle directement par son cœur et par sa raison, et il parle ainsi à tous les mortels comme Moïse le dit en toutes lettres ■ (Deutéronome, cliap. xxx, v. 14) : « Car ce » verbe est près de toi, dans ta bouche et » dans ton cœur. Vois, j'ai posé devant toi » aujourd'hui la vie et le bien, la mort et » le mal, » etc. Verset II du même chapitre il a déjà dit : « Car ce commandement n'est pas miraculeux, il n'est pas au ciel m au-delà delà mer, » etc. Puis : (Deutéronome, chap. xxx, V. 19): « Je prends à » tcmom le ciel et la terre, j'ai exposé * devant toi la vie et la mort, la béné- » diction et la malédiction : Choisis la ■>> vie, » etc. (1).

rh^ xyxT??T' ^7^ '"'^ '«« *i-°'« »ot«. Exode, cb. xxxir, V. 34 « Et maintenant va et mon mes. ■gaffer marchera devant toi. » Nous avons prouvé que Moïse lui-même, (Deut., chap. xxxr, v. 3 et v. 8) dit : « Jéhovah lui-même marchera devant toi • i que ces trois mots ne sont, ni ne sauraient être rie Moiso. De mémo le mot ange qui apparaît an

LE T.ALMUD ET L îîVANGILE

Jéhovah étant donné comme l'Être qui ne cliange pas, comme loi immuable, toute idée compatible avec cette essence peut lui servir d'attribut. C'est ainsi qu'il peut être (Exode, ehap. XXXIV, v. 6) : « fort, compatissant, gracieux, longanime, plein de charité et de vérité, conservant sa grâce à des milliers de générations , mais qid ne laisse rien impuni et qui se souvient de l'iniquité des pères pour les enfants, les petits-enfants et les arrière petits-enfants jusqu'à la troisième

buisson ardent est intercalé, puisque dans le verset suivant c'est JéJwvah Uii-3îême qui parle à Moïse de ce même buisson et nullement un ange. L'Ecriture cite bien un ange que Bileam a vu et son ânesse aussi. Mais Bileam, prophète païen, croyait aux anges, aux démons et aux génies. Jamais ange ne parla à Moïse. Bs n'apparaissent qu'à ceux qui y croient.

Jéhovah parlait à Moïse directement comme il parle à tous les hommes de génie par la raison, la méditation, l'étude et le jugement. C'est lui-même qui nous l'apprend.

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et à la quatrième g'énératioii.» Nous avons déjà prouvé que les quatre mots de pardon ne sont pas de Moïse.

Mettons à la place de Jéliovah la Loi, et voyons si ces attributs sont conformes ou contraires à la raison. Je ne fais pas l'apolode du système de Moïse, je l'explique.

La loi, représentant la justice , peut être compatissante, longanime, pleine de charité et de douceur, mais seulement avant son application à un crime.

Plutarque a écrit des pages divines sur la divine justice. D'aprôs lui cette justice est lente, très lente, miséricordieuse, avertissante comme une réprimande paternelle.

ELe parcourt trois j^hases sur lesquelles les hommes ont modelé ïe^troisinstcmces, mais iHie fois qu'elle aprononcé elle est immuable. Voilà 1 Idée de Plutarque! Voilà l'idée de Moïse. Jéhovah est très patient, très induis gent, très bonj i] avertit, mais il ne laisse rien -impuni, et il ne par donne pas une znt^uite. Le bien, il s'en souvient jusqu'à la milliemegenération,etpour le mal jusqu'à la quatrième, « maisseiaeme^rtqîm^îd les gêne^ rations persévèrent danslemaUy On a vorhi expliquer le mot Lcalaphim comme une ^^eon de parler qui veut dire louiriemps ; mai ^

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LE TA1.]>1UD KT J/KVANUli.K

uV a-t-il pas, dans notre société morne, des r^Tedins qui jouissent du nom de leurs ancêtres d'il y a cinq siècles? Y a-t-il dans la société un arrière petit-enfant d'un malfaiteur qui, à inoins d'une vie eœemxjlcdre, ne souffre pas de l'iniquité de son trisaïeun Qu'on aille donc au village où Ton connaît l'origine de toutes les familles, Ton verra que le châtiment indiqué par Moïse est dans ia loi de la nature. Quant à moi, je ne crois pas qu'il se Ijorne à la famille du malfaiteur. En vertu de la solidarité de tous les êtres, les .3uites d'une injustice commise, qu'on a laissé comm.ettre, s'étendent encore plus loin, même sur des soi-disant innocents , attendir, qu'il oi'est permis àjiersonne de violer les droits d'autrui, ni suriotU de laisser faire ime injustice à son prochain, sans risquer de iaire retomber les effets sur ses propres enfants. L'histoire, qui est le tribunal de Dieu, en fait grandement foi. Elle prouve non-seulement la vérité de Moïse, mais encore la mienne !

Est-ce à dire que la société ait le droit d'étendre cette solidarité de crime des pères aux enfants? Moïse, qui a du craindre cette autre iniquité, dit expressément (Deutéronome, cbap. xxiv, v. 10) : « Les^^^^es fie

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doivent pas mourir pour le^ enfanty, ni les enfants pour les pères ; chacun mourra pour son propre crime. » La justice humaine ne peut être qu'individuelle. Elle ne frappe que le crime. Mais, le premier coup porté, si le crime a été réel, les effets, quoique moindres, s'étendent certainement plus loin, que la justice le veuille ou non. La justice divine, qui, selon Moïse, est plus sûre et plus parfaite, se souvient-- c'est là son mot — également pour quatre générations. Heureux, mille fois heureux si les hommes ne s'en souviennent pas plus longtemps. Je n'en connais pas dans l'histoire I

La justice de Moïse, le pivot de son principe philosophique, est longanime, sévère pour des délits réparables, mais inflexible pour des crimes irréparables. Il va de soi que cette justice est égale pour tous. Quiconque a tué un homme (Lévitique, chap. xxiv V. 17) doit être tué. Il dit (Nombres, chap!

XXXV, V. 31) : « Tu ne prendras nulle rançon pour le meurtrier, car c'est un scélérat^ il faut qu'il meure. » Puis (Nombres, chap.

XXXV, V. 33 : « Il ne sera pardonné au pays, pour le sang qui y a été versé, que par le sang de celui qui l'a versé. » IJ dit même (Lévitique, chap. xx, v. 4): « En cas que

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le crime reste impuni (il s'agit du sacrifice humain) je mettrai ma face contre cet homme et F exterminerai. » Nulle rançon n'est possible ; seulement, il faut qu'il y ait préméditation et deux témoins (Deutéronome, chap.xvii, V. 6) : «Par deux ou trois témoins tu peux condamner à mort. Nul ne mourra sur un seul témoin. La main des témoins sera sur lui (le condamné) la première ; la main du peuple ne viendra qu'après. »

Il était d'usage chez les païens, et même chez les chrétiens du moyen âge quand l'assassiné était ou plébéien, ou serf, ou étranger, de ne condamner l'assassin patricien, même lorsqu'il y avait préméditation, qu'à une amende. Moïse n'admet pas cette barbare inégalité, pas même pour une blessure.

Il dit (Lévitique, chap. xxiv, v. 19) : « Si un homme a blessé son prochain, il lui sera fait comme il a fait. Bris contre bris, œil contre œil, dent contre dent, tel il a fait, tel il lui sera fait. » L'Evangile qui cite cette loi en la blâmant, n'en a pas compris la portée égalitaire et civilisatrice. Moïse n'admet l'amende que pour des blessures et des coups guérissables, en comptant la perte du temps et du travail. Tout mal irréparable, fait avec préméditation est puni par le même mal sans

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aucune distineiion do personne, de rang et de titre. Il dit eniîn (Lévitique, cliap. xxiv, V. 21): « Quiconque tue un animal le payera, mais qui tue im homme moi^rra. Vous aurez ime seule justice poiùT vous com^ne pour r étranger, comme pour V indigène» (non israôlite). Il répèle la même chose (Nombres, chap. XV, V. 15 et 16) : « Une seule loi, tme seule doctrine pottr tous, »

Il j a donc égalité complète devant la loi d'après le Droit de Moïse.

Pour de simples délits, Moïse a des lois particulières (Exode, cliap. xxi, xxii, xxin), fra2:)pées au coin de la rnison et de réiiuité.

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Ici nous touchons h la prande question des sacrifices, qui ne peut être élucidée que par un liébraïsant sachant le Pentateuque en hébreu !

Comment, dit-on (robjection a été faite bien des fois) comment concilier les sacrifices expiatoires avec la justice inexoralde fie Moïse?

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Rien de plus sioiple : Il n'y a tas pour l'if OISE DE SACRIFICE EXPIATOIRE î Nul mal ne peut être expie, d'après Moïse, qu'après réparation complète . Moïse indique lui-mêrne, à différentes reprises, les raisons des sacrifices. Il veut d'abord empêcher son peuple de sacrifier aux idoles. L'histoire de Balak et ,ses nondjreux autels prouYO l)ien cette évidence. Le mot Olali: monte sur Vaittel^ est même l'origine de holocauste. 11 ordonne donc (Lévitiqiie, chap. xvii, v^ 5, 6, 7), de ne pas manger de bête sans la sacrifier à JeJiovah^ afin que le peuple ne sacrifie plus aux idoles (aux boucs) Séïrim. Mais cette défense n'existait que pour le séjour dans le désert, bien que le mot olam, poicr toiojours, soit ajouté à ce commandement. Car Moïse (Deutéronome, chap. xii, v. 15), permet expressément pour la Palestine d'abattre partout les animaux à discrétion, en dehors de Jérusalem, sans Jes sacrifier à Jéhovah, attendu qu'il n'y avait et qu'il ne devait j avoir qu'un seul autel voué h Jéhovah.

La seconde raison , répétée à satiété dans le Pentateuque, c'est d'assurer à la Iribu de Lévi sans pr(q)riété, le droit de vivre, car

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cette tribu n'avait cFautres revenus que la dîme des sacrifices.

Mais , malgré ces liaisons , il n'existe pas de sacrifice expiatoire avant la réparation du mal. Il est dit (Lévitique, chap. v, v, 20 à 26) : « Tout homme qui a fait du tort à son prochain, soit qu'il ait menti , qu'il n'ait pas rendu un dépôt, qu'il ait volé, ou qu'il ait prêté un faux serment, doit tout d'abord réparer le mal ; si c'est un vol ou une chose trouvée non rendue , il faut qu'il le rende au quintuple, puis apurés il peut présenter son sacrifice afin que le prêtre le purifie, » Le

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