‹ Moïse, le Talmud et l'Evangile, rev. et augm. de plus de cent textes.... 3, Le Talmud et l'EvangileChapitre 2 sur 5 · LES TEXTES · texte numérisé non relu

LES TEXTES

Le Talmud(Guémarali) n'est pas comme la loi de Moïse un système logique, conséf|uent, égal dans toutes ses parties ; il n'est pas non plus la parole d'un rabbin, ni l'exposé d'une doctrine philosophique d'un penseur ou d'une époque : c'est un commentaire collectif, c'est un corps de débats spirituels, non-seulement sur toute la loi de Moïse, mais sur le code entier de l'humanité passée, présente et future. Théologie, philosophie, jurisprudence, médecine, morale, vie pratique, présente et future, le Talmud aborde tout, discute tout et émet sur tout une série d'opinions et d'avis contradictoires. Il traite avec autant de sérieux le détail d'une prière, d'une défense de manger certains mets, de faire un nœud à son habit, que la subtance de Dieu, la foi à la résurrection, la naissance, la mort et la destinée de l'homme.

Rien de divin ni d'humain ne lui est étranger. Et tout est traité par lui fortuitement, incidentellement. C'est une causerie perpétuelle, irrégulière, déclamatoire, disputa-

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toire, procédant par sauts et par bonds, commençant par la nature de Jéhovah et finissant parfois par la coquetterie de la femme, si tant est qu'il finisse, car jamais le Talmud ne conclut. La Misclmah, qui est antérieure au Talmud de quelques siècles, a bien l'intention de formuler une espèce de code explicatif et supplémentaire des lois de Moïse, mais le Talmud, qui a fieuri depuis la chute du second temple jusqu'au cinquième siècle chrétien, remet les lois mêmes de la Mischnah en question. Ce n'est pas un cours de droit, de philosophie, de médecine, d'astronomie, d'astrologie, d'esthétique et do morale ; si célèbres que fussent les rabbins à Jérusalem, à Pumbeditha, àNaharda, àSura, à Bud et à Alexandrie, leur parole n'a pas dans le Talmud plus de valeur que celle du jeune écolier qui répond et qui très-souvent dit le contraire de ce qu'a dit le maître. Le Talmud est un livre unique dans l'histoire de l'esprit humain. Il y représente la démocratie la plus radicale, voire la plus anarchique. C'est une navette continuelle marchant toujours et ne s'arrêtant jamais. C'est le pour et le contre, le blanc et le noir, le oui et le non de chaque chose et sur chaque chose. C'est,en un mot, le résumé désor-

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donné, espèce de sténographie des débats religieux, judiciaires, tliéologiques et théosopliiques, des écoles juives de Jérusalem, de Babel, de tous les endroits où s'assemblaient les rabbins, docteurs de la loi de Moïse. De là vient que dans le Talmud même on trouve sur chaque question, légère ou sérieuse, différentes opinions qui d'ailleurs n'ont pas une grande influence sur la vie pratique.

Celle-ci est toujours restée dans la tradition transmise de père en fils, sur les grandes questions de la destinée, de la grâce, de la prière, de l'enfer, du paradis, de la résurrection des morts, sur le pardon des péchés aussi bien que sur la question de la femme, de l'amour, du dîner, du coucher, etc., etc. Les opinions contraires se heurtent parfois sur la même page et se neutralisent les unes les autres. Les rabbins eux-mêmes, on dirait dans un accès d'orgueil scientifique, s'élancent au-devant de ces contradictions, pour essayer leur esprit et leur dialectique à les accorder, en citant d'autres lois, d'autres passages de l'Ecriture, mais qui, en vérité, ne font qu'obscurcir encore les débats pour les rendre tout à fait inintelligibles.

Ce n'est pas qu'à travers toutes ces con-

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tradictions individuelles, il ne serpente, comme nous l'avons dit, une doctrine qui a sa logique, ses buts et ses fins, autour de laquelle les rabbins ont élevé une triple haie, c'est là leur mot, pour qu'elle ne fût jamais entamée, mais cette doctrine, loin d'être la loi do Moïse, est une tradition et de plus une tradition étrangère. La tâche du Talmud, tâche surhumaine, sous laquelle il a succombé, c'est d'accorder cette doctrine avec le Pentateuque, avec la loi de Moïse et les prophètes. Autant accorder l'eau avec le feu, réunir le jour et la nuit. L'une est l'extrême opposé de l'autre. Cette doctrine, venue de la Perse et des Indes porte la trace des principes d'idolâtrie, d'inégalité, d'esclavage, de tyrannie et de fatalité.

Nous en citerons quelques exemples, mais il faudrait citer tout le Talmud. Il a pourtant ses treize méthodes d'argumentation qu'il appelle Micloth, ou modes d'argumenter.

Hillel n'en avait que sept ; mais presque toutes sont entachées, soit d'argumentation scolastique, soit d'un parti pris ostensible. Parfois même un rabbin tire les conclusions les plus sérieuses d'un calembour, ou bien, en changeant les voyelles d'un mot. « Ne lis pas Ilfruth, mais Ilrtruth, » l'un veut

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cUro libre^ l'antre gravé. Ne lis pas -/¥«c7ioio/, mais Maehol-lo, » l'un dit profané, l'autre ^ardotmé. C'est comme qui dirait :

« Ne lis pas l'haleine mais la laine. » Un troisième vient et dit : « Non, c'est l'alêne. » H est dans le Talmud plus de cinq cents preuves de ce genre. Nous verrons plus tard les Gueséré Schavah et les Kal Vachomer, c'est-à-dire, les parellèles entre deux mots qui se ressemblent et les arguments dits a fortiori. Les Evangiles dans leurs argumentations se servent presque toujours de ces deux modes talmudiques. Saint-Mathieu (chap. XII, V. 40). CarcowHicJonasfut trois jours et trois mùts dans le ventre de la baleine, ainsi le fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. Cola s'appelle en langage talmudique un ffucsérc schavah.

Voici maintenant le Kal vehomer. Saint- Luc (ch. XI, V. 15) : (c Si donc tout mécliants fine vous êtes, vous savez doniier de bonnes choses à vos enfants, combien à plus forte l'aison votre père céleste donnera-t-il un ton esprit à ceux qui le lui demandent. »

La doctrine talmudique est devenue la religion du juif pharisien, comme le dogme chrétien est devenu la règle de conduite du

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chrétien. Mais les vrais juifs ne l'ont jamais admise. Les Juifs n'ont jamais admis de dogmes, pas même ceux que Maïmonide s'est donné la peine de rédiger et de résumer sur les lois du Talmud. N'eût été la barbarie du moyen âge, les Juifs auraient bien vite secoué le joug rabbinique. Ce qui a maintenu le Talmud, c'est le dogme chrétien. Peu importe qu'il lui soit antérieur ou postérieur.

Les textes que je vais citer, tout contradictoires qu'ils sont, convaincront le lecteur le plus crédule. La doctrine du Talmud, au fond est la doctrine des dogmatiques chrétiens de saint Paul et des Conciles, sauf Jéhovah à la place de Jésus et de la Trinité. L'anthropomorphisme même esttalmudique.

Le Jéhovah du Talmud est un homme ; il prie, il pleure, il se console, il se repent, il met même tous les matins des Tphilin (des philactères).

On lit (Traité Berachot, livre !<='•)•• Trois veillées sont dans la nuit. A chaque veillée le Saint, béni soit-il, s'asseoit, rugit comme un lion et s'écrie : « Malheur à » moi qui ai détruit ma maison, brtdé » mon temple et dispersé mes fils parmi

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» les peuples !» Rabbi José dit : « Une fois en voyageant je suis allé voir une ruine de Jérusalem pour prier. Est venu le propliète Elle, attendant à la porte que j'aie fini ma prière et me disant : Salem à toi. » Je répondis : « Salem, maître et seigneur. » « Mon fils, me dit-il, pourquoi es-tu entré dans cette ruine ? —Pour prier.— Mais tu pouvais prier en chemin. — J'avais peur d'être interrompu par des voyageurs. — Tu pouvais faire une courte prière ; qu'as-tu enten- <^u? — J'ai entendu la voix de Dieu gémissant coimJie une colombe et disant : « Malheur àmoi qui aidétruitma maison, » etc. , etc. Il me répondit : « Sur ta vie et sur ta tête, elle ne dit pas cela ■ seulement dans cette lieure, mais trois fois par jour. Non-seulenient ici, mais chaque fois qu'Israël entre dans les synagogues et les maisons d'étude.

Dieu alors secoue la tête et dit : « Heureux » le Roi dont on chante la gloire dans sa » propre maison ! Malheur au père qui a mis » en exil ses enfants ! Malheur aux enfants » expulsés de la table de leur père ! » Voici maintenant ce que dit saint Paul, aux Philippiens (chap. ii, v. 6): « Lui qui ayant la nature de Dieu n'a point cru que ce lût pour lui une usurpation de s'égaler à

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Dieu et qui s'est cependant anéanti luimôme. » ,o\ n

Puis, aux Hébreux (cliap. vi, v. 13): « Car Dieu, dans la promesse qu'il fit à Abrahani n'ayant rien de plus grand que lui par qui il r>vxi \wev Jura -par lid-7nëme. ^^^

C'est absolument la même idée d autoadoration du Talmud.

Même livre on lit ce qui suit: (Exode, cliap. XXXIII V "3) : Dieu dit àMoïse : «J'ôteraimes » pieds, tu verras mon dos et tu ne verras pas » ma face. » De là est prouvé que Dieu a montré à Moïse le nœud de Ti^/uïm qu'il portait. Les Tpliilin sont des nœuds de cuir dans lesquels se trouve le rouleau du Sche^niah c-est-à-dire : « Ecoute, Israël, Jeliovali notre Dieu est Un, » etc., etc. Les Pharisiens mettent ce nœud et ces rouleaux de cuir sur le front et sur le bras gaucho, prenant à la lettre les mots de la Bible (Deuteronome, chap. vi, v. 8). « Et tu le noueras comme un signe sur ta main, e: comme un bijou entre tes yeux. » L'Hébreu dit souvent poétiquement : « Nouer sur le cœur. >> Moïse a répété cette formule plusieurs fois, de même que Salomon. Mais le Talmud (traite Rosch Haschanah, livre F') dit que tout juif qui ne met pas des Tphilin est un parfait

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scélérat et ne sortira pas de l'enfer. De plus le T.dmud tend à prouver que Dieu prie, se console et met des Tphilin. On lit (Traité Berachoth, I" livre) : « D'où peut-on conclure que Dieu met des Tpldlin ?

Il est écrit (Isaïe, chap. lxii, v. 8) : « Jého- » vah jure par sa droite et par la force de » son iDras. » « Par sa droite, » c'est la Thorah; «la force de son bras, « ce sont les Tphilin. »

Voici même la prière textuelle de Dieu :

« Qu'il plaise à ma volonté que ma miséricorde éteigne ma colère, et que ma pitié couvre ma justice. »

On lit encore (Berachoth, livre IX'') :

« Quand le Saint, béni soit-il, se ressouvient que ses fils demeurent dans la douleur parmi les peuples, deux larmes roulent de ses joues dans la mer, et leur voix se fait entendre d'un bout dumonde à l'autre. Il frappe de ses mains, il trépigne dans le firmament, » etc.

Partout Jéhovali est représenté comme un Etre humain supérieur aux autres, mais soumis aux mêmes caprices et aux mêmes passions. Moïse a créé lemot de Jéhovah, c'està-dire, VEtre Etant qui ne change ni ne saurait jamais changer. Le Talmud et les Pharisiens ont fait de Jéhovah un être divin

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h plusieurs volontés, qui prie, pleure, met des pliilactères, se repent et ne s'occupe que de ses élus à lui semblables.

Il est même très-humble, très-modeste de sa nature . On lit (Traité Mégilah , livre IV°) : « Partout où tu trouveras la force du Saint, béni soit- il, tu trouveras à côté son humilité. » Il est écrit (Deutéronome) : « Car Jéhovah est le dieu des dieux, le seigneur des seigneurs, » et tout de suite après on lit: « Il rend justice à l'orphelin et à le veuve. » «Il est sublime, dit Isaïe (Isaïe,chap.LVi), élevé et saint, » et tout après : « Il est avec le frappé et l'humble d'esprit. » On lit (Psaume lxviii) : « Exaltez celui qui chevauche sur des nuages, » et puis, « Il est le père des orphelins et le juge des veuves. »

Ajoutons encore que d'après le Talmud Jéhovah a parlé à Moïse personnellement pour lui expliquer lui-même tous les règlements et les arguments de ses élus futurs Talmudistes. (Mégilah, livre P'')-

On lit (Traité Abodah Sarah, livre I"'):

Rabbi Hanina, fils de Papa a enseigné ceci :

(c A la fin, au dernier jugement le Saint, béni soit-il, apportera le rouleau de la Thorah

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dans son giron et dira : Quiconque s'est occupé d'elle, qu'il Tienne et qu'il prenne sa récompense. Alors viendront tous les peuples pêle-mêle, d'abord les Romains, puis les Persans, tous diront tour à tour ce qu'ils ont fait, les batailles qu'ils ont livrées, les monuments qu'ils ont élevés, les colonies qu'ils ont fondées, tout cela, diront-ils, nous l'avons fait pour que les fils d'Israël aient pu méditer la Loi. Mais Dieu leur répond (Même traité) : « Fous que vous êtes, vous n'avez jamais rien fait pour les autres. « Puis il leur énumère les causes égoïstes qui les ont fait agir, etc., etc., etc.

Rabbi Jéhudah dit (même traité) : « Il y a douze heures dans le jour. Pendant les trois premières, le Saint, béni soit-il, est assis et médite sur la Thorah ; pendant les trois autres , il s'assoit et juge l'univers entier. Dès qu'il le trouve coupable, il se lève du trône de la justice et se met sur le trône de la miséricorde. »

Ceci n'est point encore dogme de foi, car, il est dit (Traité Rosch Haschanah, liv. I'"') : « Dieu ne juge les hommes que pendant les douze jours s'écoulant entre le nouvel an et iQJour du pardon.» On y lit en effet ce qui suit : « Rabbi Jachonon a dit : Trois livres

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sont ouverts au jour de Roscli liasclianali, l'un des scélérats parfaits, l'autre des justes accomplis, le troisième des Entre les deux. Les justes sont inscrits et scellés immédiatement à la vie , les méchants à la mort, (Tosphoth ajoute: parfois c'est le contraire qui arrive, les justes sont condamnés à mourir et les méchants inscrits à la vie); les moyens restent en suspens depuis le nouvel an jusqu'au jour de pardon. S'ils font pénitence, ils sont inscrits pour la vie, sinon à la mort. Car il est écrit (voici venir la preuve plus que curieuse) : « Moïse dit à Jehovah : Eteins-moi de ton livre que tu as écrit (Exode, chap. xxxii, v. 32.) »

(( éteins » c'est le livre des méchants « de ton livre « c'est le livre des iustes <c que tu as écrit ii c'est le livre des entre deux ! » A côté de ce Dieu fait homme, on trouve dans le Talmud des aspirations philosophiques. Onlit (Barachotli, livre l") : « De même que Dieu remplit l'univers entier, de même l'âme remplit le corps entier. De même que Dieu voit et n'est pas vu, l'âme voit et n'est pas vue; de même que Dieu nourrit tous les êtres, l'âme nourrit tout le corps. Dieu est pur, l'âme de même. De même que Dieu demeure dans le réduit le plus secret du ciel,

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de même l'âme dans les replis du corps »

Nous verrons bientôt que les rabbins se divisent encore pour la grande question de pardon.

Tous pourtant admettent comme l'Évangile, cinQ\n.^éïà.iencQ déchire le destin. Sauf pour certains crimes que nous citerons.

J) autres disent que le jour de Kippour à lui seul pardonne tout. En tout cas, Dieu pardonne d'après son bon plaisir et tout à lait arbitrairement, souvent quand il a luinieme bien prié et après avoir exaucé sa propre prière,

Ce Dieu anthropormorpliisé est entouré de myriades à'anges servants.

Selon le Talmud , les espaces entre les sept cieux en sont remplis. Plusieurs de ces bons anges accompagnent l'homme pieux, quand il se rend à la maison de prière, et de là à sa propre maison. Mais l'homme en général est entouré de tant de Masikin, que, s il les voyait, il ne pourrait pas vivre. Les Masikin sont les légions do démons de 1 Evangile, littéralement ceux qui font du niai, les méchants. Il est pourtant plusieurs fonctions que le grand Saint ne confie à per-

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sonne et dont il se charge lui-même. On lit (Traité Thanith , livre I"') : (c R&hU Jochanan dit , trois clés sont dans la main du Saint, béni soit-il, qu'il ne remet pas à un messager : ce sont : la clé de la pluie , la clé de l'enfantement et enfin la clé de la résurrection des morts , car il est écrit (Deutéronome, chap. xxviii, v. 12) : « Il ouvrira son trésor pour te donner la pluie en son temps, puis (Genèse, chap. xxx, v. 22) -..«.Il se souvint de Rachel et ouvrit ses entrailles, d puis (Hézéchiel,chap. xxxvii, v. 12): «Vous saurez que je suis Jehovah, ouvrant moimême vos tombes. »

Le Talmud ajoute : «Un jour de pluie est plus grand que le jour de la résurrection, car il n'y a que les justes qui ressuciteront, (comme le répète l'Evangile,) mais il pleut pour les méchants comme pour les justes. ■»

L'ange de la mort joue un rôle particulier, de même que celui de la naissance. Dès que tout est destin, préétabli au ciel, il faut au ciel des messagers sans nombre. Il est un rabbin qui dit : « L'homme ne se fait pa,S une piqûre dans son doigt sans qu'on ne l'ait annoncé en haut. (( En tout cas, le Talmud met tout entre les mains des anges. Il dit Traité Nidah , livre ii") : ^^ Rabbi Hannina,

fils de Papa a dit , l'ange de la naissance s'appelle Lilah (en hébreu, la nuit.) II prend chaque goutte, la montre au Saint, béni soit-il, et dit : Maître de l'univers, cette goutte que sera-t-elle ? Deviendra-t-elle un héros ou un infirme, un sage ou un fou, un riche ou un pauvre? Mais il ne demande pas, sera-t-elle un juste ou un méchant? car tout est dans la main de Dieu excepté la crainte de Dieu, d Voilà donc la liberté de l'homme bornée à la crainte de Dieu. Eh bien, nous verrons bientôt que cette liberté Blême lui yïexApar la grâce du très-Saint.

Dans le troisième livre, même traité, on lit encore : « Pendant les neuf mois de grossesse, l'enfant sait toute la Tliorah, mais dès qu'il naît, un ange lui donne une tape sur la bouche pour lui faire tout oublier. »

On lit (Traité Abodah Sarah, livre P'') :

« L'ange de la mort qui est tout yeux, est debout à la tête de l'homme mourant. Il tient un glaive nu à la main au bout duquel se trouve une goutte amère. Quand le malade le voit, il ouvre la bouche de frayeur et reçoit cette goutte empoisonnée dont il meurt.»

Quant à Satan , il est tout-puissant, sauf le jour de .Jom Kipour (Traité Jouma. Jom Hakipourim.), jour où il n'a pas de pou-

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voir. Le Talmiid demande naïvement, pourquoi? Où en est la preuve ? et il so 'fait la réponse que voici : « Rami, lils de Ilami a dit : les lettres numérales de Satan (mais avec un D, car parfois on écrit Sadan), font un compte de trois cent soixante-quatre jours. Pendant ces trois cent soixante-quatre jours, il a son pouvoir de faire le mal, mais il ne l'a pas le trois cent soixante-cinquième, et ce jour c'est le Kipour. »

Quand une fois l'iiomme raisonne sur des êtres imaginaires dont il veut pénétrer la nature, il tombe forcément dans le mysticisme. Moïse a laissé les mj^stères à Dieu et s'est réservé les choses ouvertes, mais les Talmudistes comme les Évangélistes entrent hardiment dans le ciel et mesurent d un coup d'œil les anges et les démons.

Seulement ce qui nous reste à révéler à ce sujet est incompréhensible. Il dit (Traité Berachoth, livre P') : « Michaêl est avec un, Gabriel avec deux, Elle avec quatre etl'an^'c' de la mort avec huit. Il j a probablement là-dessous un mystère de lettres numérales que le Talmud appelle géométries, car en hébreu on compte on lettres.

Même traité, Rabbi-Ismaêl -ben- Elisée dit : « Une fois je suis allé dans le sanctuaire

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intérieur pour faire brûler l'encens, et j'ai vu Ahatriel, Jéliovali Zehaotli assis sur son trône glorieux. Il m'a dit : Mon fils Ismaël bénis-moi (c'est-àdire fais-moi une prière).

C'est-ce que j'ai fait, et il a approuvé mes paroles. «

Nous ne nous arrêterons pas pour expliquer le mot Akatriel , si c'est un ange, ou un autre nom de Jéhovali, ou un simple mot chaldéen. Quiconque veut voir des anges et des démons n'a qu'à y croire, et être privé de raison. Il y en a bien d'autres dans le Sohar et dans le Midrasch, mais nous nous en tenons préalablement au Talmud.

Les opinions des Talmudistes diffèrent bien sur les qualités et les fonctions des anges et des démons, mais nul d'entre eux n'en nie l'existence. Cette croyance, sortie des ruines du temple de Jérusalem, est entrée, bannière déployée, dans le christianisme.

On lit dans l'Évangile (Saint Mathieu, chap. XII, V. 26.) : « Si Satan chasse Satan, il est désuni avec soi-même. Comment donc son royaume subsistera-t-il ? « Et Jésus dit à ses disciples (chap. xviii, v. 10.) : u Gardez-vous de mépriser un de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans le ciel, voient toujours la face de mon père qui est

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dans les deux. » On connaît d'ailleurs la réponse de l'esprit immonde, qui dit à Jésus : Je me nomme légion. C'est le mot du Talmud. (c Si l'homme voyait la légion de démons qui l'entourent, il ne pourrait pas exister. «

Rabbi-Siméon-ben-Levi dit (Traité Kiduschin, livre I'^"'.) : « Le mauvais esprit de l'homme s'élève tous les jours au-dessus de lui pour le dominer et chercher à le tuer, car il est dit (Psaume xxxviii, verset 23) : Le méchant épie le juste et cherche sa mort, « et si Dieu ne venait pas-lui-même au secours de l'homme, l'homme ne pourrait pas le vaincre (le Satan). Saint Paul, aux Philippiens (chap. ii, verset 13) , ditlamême chose : a Car c'est Dieu, qui, par sa volonté, opère en vous le vouloir et le faire. )' C'est le système de la grâce. La liberté ne suffit pas à l'homme pour choisir le bien, pour vaincre le mal, il faut le concours de Dieu. Mais, Traité Nidah , second livre, et dans quelques autres endroits encore, Rabbi Hanina (que nous avons déjà cité), dit : « Toutest dans la main de Lieu, excepé la crainte de Dieu. )> C'est-à-dire'

Dieu ne peut pas influencer l'homme pour se faire craindre. L'iiomme est libre. C'est également l'opinion de Saint- Jacques , un Talmudiste de l'école de Hillel. Il dit, chap. IV. : « D'où viennent les guerres et les procès entre vous? N'est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres ? »

Puis versets 8 et 10 : <( Approchez-vous de Dieu et Dieu s'approchera de vous. » Humiliez-vous en présence du Seigneur et il vous élèvera. « Donc la crainte de Dieu ellemême est dans le pouvoir de l'homme. La grâce ne vient qu'après l'humiliation volontaire à la disposition libre de l'homme.

Je ne cite cette contradiction que fortuitement, car nous verrons bientôt que, malgré toutes ces contradictions apparentes, le Talmud a sa doctrine sur toutes ces questions d3 justice, sinon théoriquement, du moins pour la pratique. Il y a dans le Talmud des rabbins avec les aspirations de justice et de liberté de la loi de Moïse, mais ce sont, pour ainsi dire, des voix perdues, de faibles protestations qui meurent sur le seuil de l'académie talmudique. Le fond, c'est le corps des doctrines prêchées par les Pharisiens du second temple et appliquées avec une sévérité vigoureuse, jusque

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dans les moindres détails de la vie, par les rabbins de tous les temps.

Ces rigueurs n'ont fait que croître et embellir avec la venue du christianisme, attendu que le christianisme dogmatique s'est approprié toutes les doctrines théologiques des Talmudistes, sauf à les appliquer à Jésus au lieu de Jéhovah , parfois en les saupoudrant d'un vernis platonique.

Seulement les Juifs, tout en se soumettant aux décrets de leurs rabbins locaux, n'ont jamais accepté une codification du Talmud comme dogme.

Maïmonide lui-même, qui a essayé de codifier tous les règlements du Talmud dans un ouvrage intitulé : « La main puissante,-»

y a échoué. Les Juifs n'ont pas même accepté les treize articles de foi énoncés par ce maître selon la Bible et le Talmud. Si contraire à la loi de Moïse que fût la vraie pratique des Juifs, ils ont toujours sauvegardé la liberté théorique. Tous les juifs suivaient , pour ainsi dire, la tradition pratique, mais chacun se faisait un code à part, en commentant à sa guise la loi de Dieu.

Dès que la pression extérieure imposée par le pouvoir chrétien ou musulman se relâchait un' peu, l'esprit juif, sautant par-

dessus les rabbins, aspirait vers la liberté et réagissait à l'instant même sur le monde non juif. De là même la tendance de tous les pouvoirs despotiques, chrétiens, musulmans ou païens de maintenir les Juifs sous le dogme rabbinique ; dogme qui est d'accord avec les principes fondamentaux sur lesquels reposent l'absolutisme, l'esclavage et l'orgueil national, c'est-à-dire, l'esprit de castes et de privilèges.

Le jour du grand pardon institué par les Pharisiens, joue un grand rôle dans le Talmud. Mais les rabbins ne sont nulle part d'accord sur son influence. Tantôt il est dit (Traité Sebuath, livre I?.) : a Tous les péchés de la Thorah, sauf trois, le jour du Kipour les remet, n'importe que l'Jiomme ait fait pénitence ou non, )> Rabbi Jehudah dit au contraire : « De même que le sacrifice expiatoire ne pardonne qu'aux repentis, après réparation, de même le jour de Kipour. «

Ce n'est pas la seule controverse sur le Kipour et sur le parcb^.- tè-Tal^iiud toutes lettres (Tra^^ « Le reijentir décU

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Béluria , païenne convertie , fait l'observation qu'il y a contradiction entre le Deutéronome, disant que Dieu ne pardonnait pas et les Nombres, où Moïse dans une bénédiction dit (chap. VI, V. 26.) : « Dieu tournera vers toi sa face , c'est-à-dire, te pardonnera. » Le Rabbin lui répond : « Là où il pardonne, il s'agit des péchés envers Dieu, mais là où il ne pardonne pas, c'est quand il s'agitdes péchés commis enversle prochain. »

Le voilà donc bien établi. Dieu pardonne bien le péché envers lui-même , mais il ne pardonne pas le tort fait à une de ses créatures, à moins de ^ réparation. Eh bien, traité Jouma, le traité de la fête de Kipour, on lit ceci : « Le jour de Kipour remettons les péchés sans distinction, soit qu'on ait fait pénitence, soit qu'on n'en ait pas fait.-» Doctrine tout opposée.

Ce sont si l'on veut, deux rabbins qui ne sont pas d'accord. Le Talmud lui-même ne conclut pas, mais le peuple, sous le second temple croyait au pardon des péchés par le pur sacrifice. L'idée du pardon absolu des péchés par le sang est enracinée dans Saint- Paul. Seulement le pardon ne pouvant plus être effectué parle sang répandu sur l'autel le jour du grand pardon, après la disparition

du temple et des sacrifices, Saint Paul proclame le pardon universel de tous les péchés par le sang plus noble de Jésus-Christ.

Il dit, aux Colossiens (chap. ii, v. 14.) :

« Il a efTacé la cédule de condamnation qui était contre vous , il l'a entièrement abolie en l'attachant à la croix. »

Il dit, auœ Hébreux (chap. ix, v. 13.) :

« Car si le sang des boucs et des taureaux, et l'aspersion de l'eau mêlée à la cendre d'une génisse sanctifient ceux qui ont été souillés et purifient leur chair, combien plus (c'est un a fortiori) le sang de Jésus-Christ, qui par l'Esprit-Saint, s'est offert lui-même comme une victime sans tache, purifierat-il notre conscience des œuvres mortes ! »

Il leur dit encore (chap. xni, v. 11) : « Les corps des animaux , dont le sang est porté par le pontife dans le sanctuaire pour l'expiation du péché, sont brûlés hors du camp.

C'est pourquoi Jésus, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la ville. «Dans le même Traité talmudique, il est dit qu'on avait l'habitude d'attacher un fil rouge swc la grande porte intérieure du temple. Dès que le bouc émissaire chargé des péchés arrivait au désert, ce fil rouge blanchissait, afin d'accomplir la parole d'Isaïe

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(chap. I, V. 18.) : « Si tes péchés sont comme le pourpre, ils blanchiront comme laneige (1).

(1) Si l'on veut se convaincre de l'ignorance et da parti pris des traducteurs rabbiniqnes et chrétiens pardonniers de la Bible, on n'a qu'à lire ce même chapitre d'Isaïe. Dans ce chapitre, le prophète mosaïste et philosophe dit aux Israélites, au nom de Jéhovah : « Je ne veux pas de vos sacrifices, ils ne me font rien ; ni de vos fêtes, je les dédaigne ; ni de vos prières, je les trouve absurdes. Je n'ai que faire de vos cérémonies et de vos simagrées. Ce qu'il me faut, c'est la justice, c'est la destruction de l'injustice et du crime, c'est le devoir accompli envers le faible, le pauvre, l'orphelin et la veuve. »

Puis tout-à-coup , verset 18 : « Venez , que nous discutions ensemble, dit Jéhovah ; si vos péchés sont rouges comme pourpre, ils blanchiront comme neige », (traduction universelle) . Puis verset 19 : « Si vous m'écoutez, vous mangerez le bien du pays, sinon le glaive vous dévorera. »

La contradiction entre ces deux versets est flagrante, et les docteurs de toutes les nations, pour les accorder, après avoir écrit des volumes, ont jeté leur langue aux chiens. Comment, en eiïet, accorder la phrase : o Si vous faites le bien, vous serez heureux, sinon le glaive vous dévorera"», avec celle qui précède , disant que de lui-même Dieu transformera les péchés rouges du pourpre en une blancheur de neige et de laine ? C'est un non-sens. Or, non-seulement Xsaïe ne s'est pas ccntredit, mais la phrase même en question est une condamnation du pardon. Quiconque sait le génie de la langue hébraïque, peut s'assurer au premier abord que le

LIÎ TALMÏÏD ET L'ÉVANGILE

La prière seule du grand-pré tre produisait ce miracle.

Ou verra bientôt que sous le second temple, il y avait des miracles constants de ce genre , alisolument comme à Rome et à Naples. Le Talmuden cite dix qui étaient en permanence (en voici quelques-uns) : «Nulle femme ne s'est jamais trouvée incommodée de la mauvaise odeur de la viande à sacrice ; jamais on ne vit une mouche dans l'abattoir sacré ; jamais la nuit deKipourle grandprêtre n'eut un accident d'impureté ; jamais serpent ni vipère ne mordit qui que ce fût à Jérusalem , jamais la pluie n'éteignit le feu sacré, jamais personne ne disait : je me trouve à l'étroit â Jérusalem , malgré l'aflluence de tout le peuple des provinces pour les grandes fêtes, etc., etc., etc. >>

Le Talmud d'ailleui's est rempli de miraverset 18 est une interrogation, a Venez, dit Jéliovah, que nous discutions un peu . Si vos pèches sont rouges comme pourpre, blanchiront-ils comme neige d'eas-mêmcs 1 yi Nullement ! Ce mot est sousentendu, comme cela arrive souvent dans cette langue, la plus elliptique de toutes les langues. Bi vous m'écoùtez, vous mangerez le bien du pays, sinon mon glaive vous mangera vous-mêmes. C'estlà, le seul passage d'Isaïe sur lequel les partisans du pardon ont élevé leurs temples religieux. On Voit sur quelles bases fragiles ils ont été bâtis,

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MOÏSE

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clés dont quelques-uns fidèlement copiés par l'histoire chrétienne.

Il y avait aussi des contre-miracles. Dans le quatrième livre de Jouma, on lit : « Quarante ans avant la destruction de Jérusalem le lot du boue n'est jamais sorti à droite, le fil rouge n'a plus blanchi, la lampe du soir, espèce de veilleuse, n'a plus brûlé et les portes du temple se sont ouvertes d'ellesmêmes. ))

Il y a plus. Dans le traité des sacrifices (Traité Sebaehim, livre IX".), on lit : n De même que les sacrifices font pardonner, de même les vêtements du grand-prêtre. La tunique fait remettre le versement du sang humain , les culottes font pardonner les péchés d'amour, le fronton remet les péchés des mauvaises pensées, » et ainsi de suite, sur toutes les reliques du vêtement sacré .

Voici donc en toutes lettres les miracles opérés par des reliques. Comment accorder de telles doctrines avec des principes émis dans le même Talmud, que rien ne peut être pardonné sans pénitence à l'égard des péchés commis envers le prochain, c'est-à-dire, à moins d'une réparation complète? Hélas!

C'est la doctrine la plus contraire à la raison qui à la longue à prévalu. Elle a été adoptée

par les docteurs chrétiens du moyen âge, qui au milieu des ténèbres, n'ont pas vu plus clair que les rabbins.

Il en est de même du temps messianique, de la l'ésurrection des morts, etc., etc.

On lit (Traité Sanhédrin, livre IX'') :

Il n'y a pas d'autre différence entre ce mondeci et le monde de la venue du Messie que la sujétion aux rois, c'est-à-dire le manque de liberté nationale. ■» Autre part, on y ajoute, car il est écrit : « Jamais le pauvre ne disparaîtra de la terre. «

Nous avons déjà prouvé que cette phrase intercalée dans la Bible , répétée par Jésus à ses disciples , disant : (( Vous ne m'aurez pas toujours, mais vous aurez toujours des pauvres parmi vous, ■» est contraire à la loi de Moïse. Moïse promet formellement la félicité toutentièresurcette terre, pourvuque le peuple fasse son devoir envers tous les êtres créés par Dieu. Il dit en toutes lettres (Deutéronome, chap. xv, verset 4): «Et le pauvre disparaîWa. » Le Talmud niant la liberté de l'homme, ne croit pas à cette félicité, même du temps du Messie, bien qu'il espère que toutes les nations se convertiront à la fin. Il

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MOI SE

dit: (Pûsachim, livre vm) : « Dieu, n'a exilé Israël parmi les peuples que dans le but do les convertir.

Abodah Sara, dans le livre premiei%onlit:

« Rabbi José a dit : « A l'avenir tous les peuples se convertiront à Jéhovali. » Il va plus loin encore: Traité Megilah, on lit dans le premier livre: « Tout homme reniant le service des faux dietix, (idole faite par l'homme) peî^if être regardé comme juif. »

Puis continuant sur le Messie il dit: (Traité Sanhédrin) : « Le fils de- David ne viendra que lorsque tous les royaumes seront convertis à là Minoth, » c'est-à-dire à la fausse foi.

Le Talmud ajoute encore : « Le Messie ne viendra (ceci est une nouvelle opinion) que lorsque tout sera tout à fait bien ou «tout à fait mal. » Il y a bien d'autres avis encore sur le Messie. Rabbi Abouah dit : «Le temps • du Messie pour Israël ne viendra que dans sept mille ans. » En ce cas, il y aurait encore bien de la marge, car il y a à peu près quinze cents ans que le docte rabbi a dit cela. Puis vient brusquement un Rabbi Hillel, (ce n'est pas le vieux Hillel, ayant vécu longtemps avant Jésus-Christ et qui longtemps aussi avant l'Évangile a dit à un pai^n, lui

demandant l'explication de la loi, pendant qu'il pouvait se tenir sur un de ses pieds :

« Toute la Tliorah est dans ces mots : Ne fais pas à ton prochain ce que tu ne veux pas qu'il te fasse. Tout le reste n'est que commentaire (Traité Sabath, livre ii). »

Celui-là s'appelait Hillel tout court ou Beth Hillel. L'autre, que nous allons citer, est désigné sous le nom de Rabbi Hillel). Il dit: ^ Ah hah, il n'y a plus de Messie pour Israël, ils Vont mangé depuis longtemps., du temps du roi Jehesliidhu. »

Saint Paul, à senteur, fulmine contre de faux chrétiens prétendant que la résurrection est déjà venue. Ce propos est cité deux fois par le Talmud et pourtant le Talmud croit à un Messie avant et après Jésus-Christ.

Rosch Haschanah ii, il dit : « Au mois de Nisan (fête de Pâques) ils ont été délivré en Egypte, c'est aussi au mois de Nissan qu'aura lieu leur délivrance future.

Les rabbins du dixième et du onzième siècle ont même élevé cette croyance à un dogme de foi, mais il est vrai qu'ils n'ont jamais eu le pouvoir de l'imposer. Aujourd'hui môme on peut être bon juif sans croire au Messie.

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MOlSE

Moïse n'a jamais soulevé la question de savoir si la foi sauve plutôt que l'œuvre. Sa doctrine à ce sujet est claire et nette. Le juif, selon lui, n'a été élu ni pour .sa force numérique, ni par faveur, mais uniquement pour servir de modèle et d'exemple, tant par ses lots de raison que par sa sagesse pratique.

Mais le Talmud et les Pharisiens, prêchant la prédestination de l'homme, ont nécessairement soulevé ces questions. En effet, si Dieu, par sa volonté arbitraire, distribue les biens spirituels et matériels, il est trèsimportant pour l'homme de savoir par quelles voies et moyens on obtient les faveurs et les grâces de ce souverain dispensateur.

Les rabbins ont donc longuement discuté et débattu la question de savoir si l'étude de la loi de Dieu plaît mieux que l'œuvre de bien.

Sous ce mot étude, (Talmud Thorah) les rabbins entendent bien la foi, mais non pas la foi ignorante. Le Talmud a horreur de la piété ignorante. Il dit en toutes lettres :

« Nul ignorant ne saurait être pieux. »

Il dit ailleurs (Traité Sabath, livre VP) :

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« Un sage savant, fût-il vindicatif et irascible comme un serpent, lie-le comme une ceinture sur tes reins ; mais si tu trouves un homme du commun, un ignorant dévot, fuis, fuis son voisinage. » C'est le mot de Lafontaine : « Mieux vaut un sage ennemi qu'un sot ami. » Il dit encore (Traité Pesachim, livre IIP) : « Un homme doit vendre tout ce qu'il a plutôt que d'épouser la fille d'un manant (ignorant). » C'est sur ces filles que l'Ecriture adit: «Quiconque s'approche d'une bête, qu'il meure. » Il pousse l'exagération si loin qu'il ajoute : « Un am Haaretz (littéralement (( peuple de la campagne » mais le mot n'est employé que pour désigner Vignorant), on peut l'écorcher un jour de Kipour quitomhe un jour de sabbat (à ce jour-là, deux fois sacré), Il est permis de le déchirer comme un poisson. Car la haine qu'ont les ignorants (toujours am haaretz) pour les savants, est plus forte que celle que portent aux Israélites les adorateurs d'idoles, et les femmes des ignorants les haïssent encore davantage. «

Le Talmud dit (Traité Sotah, livre I") :

« Qu'est-ce qu'un am haaretz? C'est un homme qui a des fils et qui ne les élève pas pour étudier la loi. » L'instruction est

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lo premier devoir d'un Israélite. Seulement ie Talmud, contrairement à Moïse, en exclut la femme. (Naschim Péturoth'Mithalmod Tliorah.) « Les femmes sont exemptes de l'étude de la loi. »

On lit (Traité Kiduschin, livre I"'). « A Bud on a débattu la question de savoir si l'étude est plus grande que l'œuvre. Rabbi Tarplion a dit : L œuvre est plus grande, mais Rabbi i.luba prétend que l'étude vaut mieux encore • tous alors ont répondu : l'étude vraiment est plus grande, car l'étude pousse à l'œuvre. »

bi la foi n'a de grandeur que parce qu'elle produit 1 œuvre, cette dernière étant le but

serait certainement plus sainte et plus nécessaire.

C'est aussi l'avis de Saint- Jacques. Voici le passage remarquable à ce sujet de cet apôtre (chap. ii, v. 14) : « Mes frères, nue ser^ira-t-il à un homme de dire qu'il a la foi s'il n'a point les œuvres ? La foi poiirrat-elle le sauver? Si un de vos frères ou une de vos sœurs n'ont point de vêtements ni de nourriture, et que quelqu'un d'entre vous leur dise : Allez en paix, réchauffez-vous rassasiez-vous sans leur donner ce qui est nécessaire au corps, à quoi serviront ces souhaits? Ainsi la foi qui n'a pas les œuvres.

Elle est morte en elle-même. Quelqu'un pourra donc dire : vous avez la foi et moi j'ai les œuvres. Montrez- moi votre foi sans les œuvres, moi, je vous montrerai ma foi par mes œuvres. » Et v. 26 : « Car, de même qu'un corps sans âme est mort, do même la foi sans les œuvres est morte. »

Ailleurs le Talmud dit le contraire.

Rabbi Lakisch dit (Traité Gitin, livre V°):

« Les paroles de la loi ne s'affirment que par ceux décidés à mourir pour elle. » Il s'agit du martyre de la mère des sept enfants dont il est question dans les Macliabées. Dans les Perké-Aboth, où est résumée la sagesse des rabbins, on compare l'homme qui a la science et les bonnes œuvres à un chêne au bord de l'eau, dont les racines sont plus nombreuses que les branches et qui résistera à tous les vents, mais sans les œuvras, sans les fortes racines, le chêne ne résistera pas longtemps aux tempêtes, si nombreuses et belles que soient ses branches et ses feuUIes. Mais (Traité Berachoth, livre V"), Rabbi Elieser dit : « La prière est plus grande que les bonnes œuvres. Nul ne fut plus grand en bonnes œuvres que notre maître Moïse, et pourtant on ne lui a répondu que sur sa prière, car il est écrit : (Deutéronome, cliap.

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MOÏSE

III, V. 26) : « Dieu me dit : Ne me parle pas davantage. » Et puis tout de suite après, verset 27 : « Monte sur le sommet du mont Pisgah, etc. »

Cette preuve, comme toutes les preuves tamuldiques, repose sur des arguties scolastiques. Rabbi Eliezer veut dire, que Dieu n'a pas d'abord daigné répondre à la demande de Moïse, mais qu'il lui a répondu après la prière. Malheureusement ce passage prouve précisément le contraire de ce qu'avance le rabbi. Moïse prie Dieu de lui permettre de passer le Jourdain, mais Dieu, ajoute-t-il se courrouça contre moi, à cause de vous (parce que leur œuvre était contraire à sa loi). Dieu me dit : « Monte sur le sommet de Pisgah et lève tes yeux sur le sud, le nord, 1 ouest et l'est, regarde de tes yeux, mais tu ne passeras pas ce Jourdain. » Sa prière ne lui a donc guère servi. Mais le Talmud ne regarde pas de si près à un texte ; à la rigueur il dit : ne le lis pas tel qu'il est écrit.

En général, un talmudiste n'énonce pas d opinion sans qu'il ne s'efforce de la trouver écrite dans la Bible, dût-il torturer le texte et lui faire dire le contraire de ce qu il dit, ou par un parallélogisme de mots

similaires, ou bien encore par un argument a fortiori, à faire crier les pierres.

Ces arguments a fortiori ont été souvent employés par saint Paul, surtout dans son chapitre VII, aux Hébreux sur Melcliizèdek et Abraham,

Ce même Rabbi Eliezer dit : « La prière est plus grande que le sacrifice. » Et cette fois, il cite Isaïe qui dans son fameux chapitre premier, s'écrie : « Que me fait la quantité de vos sacrifices ! etc., etc. » Mais Isaïe n'ajoute nullement que Dieu aime mieux la pi'ière. Au contraire il dit (verset 15) : « Si vous accumulez prière sur prière, je ne vous écoute pas, vos mains sont pleines de sang. » Seulement le rabbi conclut que la prière est plus grande que le sacrifice, parce que Isaïe, visant à l'effet par la gradation poétique, a l'air de dire : « Je n'écoute mê'me pas vos prières, bien que je les aime mieux que des sacrifices. » .

C'est là un raffinement d'argumentation cher aux esprits talmudiques. C'est sur de telles bases que le Talmud fonde ses doctrines les plus graves, fussent-elles même conforme à la raison logique ! 11 dit encore (Traité Tanith, livre I"'') (nous ne comptons plus les contradictions) : « Au moment de

moïse

ÏÏÂ

la mort de l'homme, toutes ses œuvres se séparent de lui, vont au-devant et lui disent : tu as fait ceci et cela, ici et là, tel et tel jour, à tel ou tel endroit. Lui répond alors, c'est vrai. Là-dessus, elles lui disent : signe et cacheté ; et ce sont ces œuvres qui décident du sort de l'homme. » Donc l'œuvre est tout, car elle fait descendre l'âme dans l'enfer ou la réserve pour la vie éternelle. Nous verrons plus tard les péchés qui, d'après le Talmud, font descendre l'homme dans l'enfer et le maintiennent dans le purgatoire. Làdessus aussi il y a des avis différents. Il y a des rabbis disant, qu'une seule bonne action suffit pour sauver un homme (Traité Sabath, livre IP): « Et si neuf cent et quatrevingt-dix-neuf actions l'accusent et qu'une seule bonne action le défende, il sera sauvé, car il est dit (Hiob. .36) : « Si un seul ange défenseur sur mille dit la justice de l'homme il sera gracié. <c Rabbi Jonathan dit (Traité Sotah, livre P'') : « Quiconque a fait une bonne action, cette action le précède de ce monde-ci à l'autre monde. »

Ailleurs il dit : <c Eùt-il été un parfait scélérat toute sa vie, (Traité Kiduschin, livre !'='■), pourvu qu'il se soit repenti à la fin, on ne se souviendra plus de ses péchés.

LE TALMUn Eï l/JÎVANOILE

Car il est écint (Ezéchiel, cliap. xxxiii, y. 12) : « Et la méchanceté du méchant no lui sera pas comptée le jour qu'il reviendra de sa méchanceté. »

Dans les Perké Abotk un sage rabbin dit : Sur trois choses le monde est fondé ; sur la justice, la vérité et la charité. Il n'ajoute pas : sur l'étude de la loi, mais un autre l'ajoute ailleurs. Enfin, (Traité Makoth, livre IIP), on lit le fameux passage tant de fois cité et dont voici la teneur :

(c Six cent treize commandements ont été dits à Moïse ; trois cent soixante-cinq de négatifs (défenses, tu ne feras pas), le nombre des jours de l'année. Deux cent et quarante-huit d'alfirmatifs autant que les membres de l'homme. Quand est venu David, qui les a réduits à onze, il dit (Psaume, tout le chapitre xv) : Jéhovah qui s'abrite dans les tentes et qui demeure dans les montagnes de la sainteté. Celui qui marche sans tache, qui opère la justice et qui dit la vérité dans son cœur ; il ne médit pas de sa langue, ne fait pas de mal à son prochain et ne porte pas la honte sur celui qui l'approche ; ce qui est digne de mépris est une horreur à ses yeux, il honore ceux qui

68 MoïaE

craignent Jéliovali, il jure contre le mal et il tient son serment; il ne prête pas son argent à usure et ne se laisse pas corrompre >pour condamner l'innocent. Celui qui a fait tout cela ne chancellera jamais.

Est venu Isaïe, et les a réduits à six (Chap. XXXIII, V. 15) : « Celui qui. marche dans la justice, qui parle droit, qui méprise le droit d'infamie, dont la main du revers repousse le don corrupteur, dont l'oreille se bouche pour ne pas entendre des propos de sang et dont les yeux se ferment pour ne pas voir le mal, celui-là demeurera dans les hauteurs, citadelles et rocs qui lui serviront d'abri. Son pain lui est donné et son eau est assurée.

Est venu Michah ( chap. i ) et les a réduits à trois : « Rendre justice, faire la charité et marcher humblement avec Jéhovah ton Dieu. Est venu Habakuk et les a réduits à w«. Il y est dit (chap. ii) : « Eile juste vivra par sa foi. »

Voilà donc tous les commandements de Moïse réduits à la seule et unique Foi. Saint Paul répète à plusieurs fois les paroles du prophète Habakuk sans citer son nom. Aux Galates (chap. m, v. 2) : « Et il est mani-

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t,E TALMUD ET L'ÉVANQILE

feste que sous la loi personne n'est justifié devant Dieu, puisque le jt^te vit •par la Foi. » Puis, aux Romains (chap. i, v. 17), il répète la même phrase : <(. Le juste vit par sa Foi. »

Même contradiction entre saint Paul et saint Jacques. Saint Paul, auœ Romains (chap. m, V. 27), s'écrie : « Où est donc Votre glorification? Elle est anéantie. Et par quelle loi? Est-ce par la loi des œuvres ? Non, mais par la loi de la Foi. Car nous devons reconnaître que l'homme est ntstifié par la Foi, sans les œuvres de la loi. Ailleurs, aux Romains, (chap. lx, V. 31 et 32), il dit : « Et pourquoi les Israélites qui recherchaient la loi de la justice n'y sont- ils point parvenus ? Parce qu'ils ne l'ont point reclierclièe par la foi, mais par les œuvres. » Il dit, aux Oalates (chap. ii, v. 16 : « Cependant, sachant qu'on n'est pas justifié par les œuvres de la loi, mais par la foi en Jésus-Christ , nous croyons nous-mêmes en Jésus-Christ pour être justifiés par la foi et *ion par les œuvres, carmd homme ne sera Justifié par les œuvres. »

Saint Jacques au contraire dit (chap. ii, ^- 14) : « Mes frères, g-we servira-t-il à un homme de dire qu'il a la foi s'il n'a point

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MOÏSE

les œuvres. La Foi 'pourra-t-elle le sauver ? » Et (même chapitre, v. 24) : n< Vous voyez donc que l'homme est justifié jjar les œuvres et non par la foi seule. »

Mieux vaut sans contredit la réduction de. la loi par Jésus lui-même. Saint Mathieu (chap. XXII, V. 36) : « Maître, quel est le grand commandeinent de la loi? Jésus lui dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit. C'est là le plus grand et le premier commandement. Et voici le second semblable à celui-là : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Ces deux commandements (de Moïse) renferment toute la loi et les prophètes. »

Et du vieux Hillel disant avant Jésus :

« Ne fais pas à ton prochain ce que tu ne veux pas qu'il te fasse, » que la réduction de Habakuk, « et le juste vivra par sa foi. »

Il est vrai que le prophète n'a pas dit ce que leTalmud lui met dans la bouche. Il fait dire à l'esprit de Dieu, « ce qui est obscur, mon âme ne s'y plaît pas, mais le juste vivra par sa foi. » (Emunah, qui vient d'Amen), c'est-à-dire, de ce qui est affirmé. En d'autres termes : dans ces mauvais temps qui vont venir, le juste sera sauvé parce qu'il

LE ÏAUIDD ET L rsVASaiLB

croit et qu'il est juste. » Le prophète n'a nullement voulu dire qu'il suffît d'avoir la foi et de se croiser les bras. Il a dit d'ailleurs le juste et non l'homme; or nul n'est juste s'il n'agit pas d'après les lois de la justice.

Tout cela n'empêche pas le Talmud de dire (traité Berachoth, livre P'') : que le faire est plus grand qiw V apprendre^ en termes plus précis, l'œuvre vaut mieux que la foi.

C'est le cas de dire , devine si tu peux et choisis si tu l'oses.

Eh bien, les rabbins talmudiques et catholiques ont cru deviner et ont osé se prononcer pour la foi, non pas précisément contre l'œuvre, mais en la proclamant par elle seule comme œuvre de salut.

Saint Paul a prévalu sur Saint Jacques.

Chose triste, mais pas unique ! Le Talmud tend à prouver que ses résolutions sont divines ; que Dieu les a toutes révélées h Moïse, et que quiconque transgresse un de ces règlements mérite la mort. Heureusement MM. les talmudistes, depuis la destruction de Jérusalem, n'ont jamais eu de pouvoir séculier. Ils l'ont abandonné à leurs confrères ot coreligionnaires, messieurs les inquisiteurs

62 MOÏSE

chrétiens. On lit (traité Berachotli, livre I") : « Quiconque transgresse une parole des sages a meYité la mort. » Et pour qu'on ne se trompe pas sur le mot sage (Hakam) il répète la même loi en disant (traité Érubin, livre P'') : « Quiconque transgresse une parole des Écrivains (Sophrim) , a mérité la mort. » C'est du reste conforme à la parole de Jésus même, qui dit(SaintLuc, chap. xix, V. 27) : « Quant à mes ennemis qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les et faites-les mourir devant inoi. »

A. son tour, Saint Paul, dont toute l'argumentation est talmudique, dans son épître aux Héb7rux{cha^. X, v. 28), menace de mort quiconque ne croit pas à Jésus-Christ.

Il dit : « Celui qui viole la loi de Moïse est mis à mort sans miséricorde sur la déposition de deux on trois témoins. Combien mérite de j)lus grands supplices celui qui aura foulé aux pieds le iils de Dieu, qui aura profané le sang de l'alliance par lequel il a été sanctifié, ou qui aura outragé l'esprit de la grâce. Car nous savons qui a dit : La vengeance est à moi. »

Nous sommes loin du Dieu de l'amour de Saint Jean (chap. iv, v. 8).

Tout ce qui a été dit par les sages du Tal-

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LE TALMUD ET l'ÉVAKGILE

iiiud, ainsi que par les Écrivains, doit être considéré comme parole de Moïse. Quant à la preuve, la voici (traité Mégilah, livre 1°"') :

« Il est écrit ( Deutéronome, chap. ix, V. 10) : Et Jéliovah me donna les deux tables de pierre écrites du doigt de Dieu, selon les paroles que Jéhovah vous a dites sur la montagne, au milieu du feu, le jour de la grande assemblée. »

« Il résulte de ces mots, » selon les paroles, etc., « que Jéhovah a démontré à Moïse toutes les déductions de la Thorah, toutes celles des Écrivains et toutes celles que les docteurs plus tard ont inventé.

Entre autres, l'histoire d'Esther, la Mégilah. »

Presque toutes les preuves du Talmud

sont de cette force.

On lit (traité Berachot, livre IP) : Rabbi Oschia a dit : il est écrit: (Proverbes, chap. XXX, V. 15): « Trois choses ne sont jamais rassasiées : le Scheol (l'enfer) et la Rechem (Rechem veut dire matrix, de là le mot Rechamali, pitié, miséricorde). Qu'a de communie Scheol avec la Rechem? Voici ! De même que la Rechem prend et rend de même Je Scheol. (C'est un « fortiori. Voici comment)-

MOl«E

Puis donc la Recliem prenant avec douceur rend avec des cris, à 'plus forte raison, le Sclieol prenant avec bruit, rendra avec fracas. »

« Be là la réponse à ceux qui disent que la résurrection des morts vCest pas une loi de la Thorah de Moïse, »

Jésus (Saint Marc, cliap. xii, v. 26) donne une meilleure preuve. Il dit : « Et quant aux morts qui ressuscitent, n'avez-vous point lu, dans le livre de Moïse, comment Dieu lui pai'la du milieu du buisson , disant : « Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et le Dieu de Jacob. Or, il n'est point le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants. Vous êtes donc dans une grande erreur. » Jésus conclut de cette phrase que Moïse déjà a proclamé la résurrection des morts et l'immortalité de l'âme. Tel n'est pas l'avis de Saint Pau!.

Il dit, aux Corinthiens (chap. xv, v. 21) :

« Car c'est par un homme que la mort est venue, c'est aussi par un homme que vient la résurrection. Et comme tous meurent par Adam, tous aussi revivront par Jésus- Christ. » r;

Lo Talmud n'admet rien sans preuve.

Il lui faut absolument un argument motivatcur, prouvant que tout ce qu'il dit est

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LE TALMUD ET l'ÉVANGILE

parole de Moïse et de Jéhovah. Autrement il n'y croirait pas. Il ne dit pas : « Je to défends de nier ce que j'affirme; de douter, par exemple, de la résurrection des morts ; » mais il dit : « Je Tais to prouver que Moïse ou la Thorah a énoncé cet axiome ou cette Térité : Donc , si tu nies Moïse , tu es un impie. »

Quant h la preuve, il n'en est jamais embarassé.

Voyons plutôt, car il faut citer les textes.

On lit (Traité Beraclioth, livre 1") : « Il est écrit (Exode, chap. xxiv, v. 12) : Jéhovah a dit à Moïse : Monte vers moi à la montagne et restes-j, je te donnerai les tables de pierre, et la Thorah, et la Mitzvah (commandements), que j'ai écrits pour les enseigner. \< Les tables, » cela veut dire le Décalogue; « Thorah, » cela veut dire le Pantateuque ; « Mitzvah, » c'est la Mischiiah; « que j'ai écrits, » ce sont les prophètes et les hagiographes; « 2^our les enseigner, » c'est la Guemarah (Talmud).

« De là on conclut que tout cela a été donné à Moïse sur le mont Sinai. »

Après cela si quelqu'un, malgré ces preuves irréfragables, élève encore l'ombre "^l'un doute, le Talmud, le livre principe des

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MOÏSE

jésuites, n'est pas en peine pour répondre.

Jamais on ne le trouvera sans vert.

Il dit (Traité Jouma, livre des deux boucs) : Il est écrit : « Vous observerez mes fondements de loi, je suis Jéhovah ! » choses que Satan pourrait railler, auxquelles les peuples idolâtres pourraient répondre (pour les nier), disant : se sont là des choses vaines; c'est pourquoi il y ajoute : Je suis moi Jéhovah, c'est-à-dire, moi, Jéhovah, je les ai établies comme fondements et vous n'avez même pas la permission de les méditer, ni d'en rechercher V explication.

Cela ressemble furieusement à ce que d'autres rabbins christianisés ont dit durant des siècles et disent encore à l'occasion :

« Monsieur l'impie, c'est un mystère qui dépasse la force de votre raison. C'est Jéhovah ou son fils qui a établi cela. Tout ce que l'Église dans l'avenir inventera. Dieu l'a prévu, présu, prélu et préétabli. On a montré cela à Moïse au Sinaï, à d'autres sur une autre hauteur. « Il ne vous est donc pas permis de discuter les choses mystérieuses.

Vous n'y entendez rien. En bon hébreu, nveé lach reschuth leharor bahen. »

Le Talmud dit d'ailleurs en toutes lettres : (Traité Sanhédrin, livre ix) : « Quiconque

LE TALMUD ET l'ÉVAKGILE

dit: « Toute la Thorah vient du ciel; sauf ce verset, ce syllogisme, cet argu7nent, cet a fortiori, q.q jtarallèle, napas départ au 'monde futur. » C'est clair et net.

^ Le Talmud s'est contenté, il est vrai, d'édicter des peines pour l'autre monde. C'est qu'il n'avait plus le pouvoir dans ce mondeci. Les fanatiques ne privent jamais un homme du ciel, sans le dépouiller par avancement d'hoirie. Ils ne lui dénient le ciel que pour lui ôter les droits de la terre. L'enfer qui le réclame à cor et à cris ne le rendra même pas, car l'enfer, malgré le purgatoire, ne rend que ce que les rabbins de Jérusalem et de Rome daignent lui arracher. Le portier de l'enfer même est connu des rabbins.

On connaît l'histoire du riche et du pauvre Lazard de l'Évangile. (St. Luc, chap. xvi, V. 19) : Le riche dans l'enfer a beau prier le pauvre dans le paradis (le sein d'Abraham) de^ l'en faire sortir. Il ne sortira pas, dit l'Évangéliste.

Il existe dans le Talmud, à côté des nouveaux chrétiens, un rabbin qui fait figure à part, figure extrêmement intérressante. Le Talmud l'appelle tout court l'Autre. Son

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Moïse

véritable nom est Elysée ben Abuyali. Ce savant talmudiste était une espèce de Spinoza. Il n'étaitni juif ni Nazaréen. Sa science était extraordinaire. Le Talmud même lui rend ce témoignage, mais il n'observait aucune loi, ni mosaïque, ni talmudique, et il niait tout aussi bien le Messie chrétien que la révélation personnelle de Moïse. II a vécu quelque temps après les Evangélistes un temps de grande liberté de conscience. Les rabbins n'avaient pas, comme plus tard les évêques, le pouvoir séculier à leur disposition.

Les chrétiens eux-mêmes étaient encore à l'état de religion naissante et embr^'onique. Cet Aiitf-e, comme tous les penseurs sérieux, n'était pas riche. Après sa mort, sa fille, femme également remarquable, se présenta devant un rabbin chef d'académie et lui dit : « Nourris-moi, je suis la fille do Y Autre. » Le rabbin ayant rappelé les doctrines du père, la fille répondit: « Souvienstoi de sa science et non de sa vie. » De propos en propos, le rabbin démontra qu'Elisée brûlait dans l'enfer. Un autre rabbin disait : « Si tu voulais l'en faire sortir, le 'portier de l'enfer ne se lèverait même pas devant toi, > Tout cela se trouve dans le deuxième livre du Traité Hagigah.

LE TALMUD ET l'isVANGILE

Naturellement, si l'enfer a un gardien de porte, le paradis n'en peut manquer. Du temps du ïalmud on ne connaissait pas encore le nom de ce gardien, mais depuis, on sait qu'il s'appelle Pierre.

Nous avons pourtant vu que l'enfer- rend, et même avec fracas, ce qu'il prend, mais il y a des exceptions, h' Autre était dans une des catégories exceptionnelles .

Pourtant les opinions diffèrent beaucoup dans le Talmud sur l'enfer.

Le Talmud, il paraît, l'a parfaitement vu, mesuré même, car voici ce qu'il en dit tout d'abord : (Traité Thanitli, livre i"^) :

« Le monde est à l'égard du jardin comme un à soixante, le jardin vis-à-vis de l'Eden comme un à soixante (le jardin d'Éden est le paradis, paradis est la traduction chaldcenne d'Eden qui veut dire délice ), et l'Éden est un soixantième de l'enfer ; donc le monde entier est comme une anse de pot à l'égard de l'enfer; d'aucuns disent: l'enfer est incommensurable. » Cette mesure, d'ailleurs, n'est pas trop consolante. Si l'enfer est cent quatre-vingt fois plus grand que le monde entier, cela prouverait qu'il est fait

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MOÏSE

pour être le contenant et que tous les êtres vivants sont destinés à foire partie de son contenu.

Voici maintenant l'opinion du Talmud sur le purgatoire. On lit: (Traité Rosch Hasclianah, livre 10.-): « Trois divisions existeront Jejour du dernier jugement: l'une de parlaits justes, l'autre de parfaits scélérats, la troisième d'entre les deux. Les justes sontmscrits et scellés immédiatement pour la vie éternelle, les scélérats immédiatement aussi sont inscrits et scellés pour l'enfer car il est écrit : (Daniel, chap. xii) : « Et bon nombre de ceux qui dorment dans la poussière s'éveilleront, ceux-ci à la vie éternelle, ceux-là à la honte perpétuelle. » Les entre deux, les moyens descendent dans l'enfer où ils gémissent, où ils geignent et remontent après (c'est le purgatoire), car il est écrit : (Zacharie, cliap. xiii) : «Et je ferai passer le tiers par le feu et le purifierai comme on purifie l'argent, et le ferai passer au creuset comme on éprouve l'or, lui m'appellera par mon nom et moi je répondrai »

Hannah aussi (Samuel i, chap. n) dit à ce sujet: « Jéhovah tue et vivifie, il faitdescendr6 dans le Scheol et en fait remonter. )- Mais la maison Hillel dit que la grâce pré-

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LE TALMUD Eï I/EVANGILE

ilominera, c'est-à-dire, qu'ils ne feront mette pas de station dans le purgatoire.

Nous avons déjà cité d'autres passages où le Talmud prétend qu'une seule bonne action sauve le pécheur, surtout quand il est pénitent, à plus forte raison quand la balance entre les bonnes et les mauvaises actions est égale.

Le Talmud, même traité, dit encore: «Les vrais pécheurs en Israël et les vrais pécheurs des autres peuples descendent dans l'enfer et y sont jugés pendant douze mois. Après ces douze mois, leur corps est anéanti, leur âme est brûlée et un esprit les disperse sous les pieds des justes, car il est dit (Malachie, chap. m) : « Et l'essence des méchants devieudra poudre sous les paumes de leurs pieds. » Mais les Minimes (nous avons déjà expliqué ce mot, Raschi dit, ce sont des disciples qui intervertissent, expliquent à faux les paroles de vie de Jéhovah) les dénonciateurs et les épicuriens (niant la Thorah et la résurrection des morts), ceux qui s'éloignent des voies de l'Église, ceux qui ont péché en excitant les autres à pécher, descendent dans l'enfer et y sont damnés éternellement. Car il est dit: (Isaïe, chap. x) : « Et ils sortiront et verront les cadavres de ces hommes qui

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ont péché contre moi, V enfer ne sera plus et tisseront encore, » car il est dit encore: (Psaumes, chap. xlix, y. 15): « Et leurs figures pourries auront l'enfer pour demeure. »

Saint.-Paul dit à peu près la même chose aux Hébreux (chap. iv, v.3) : « Car il est dit des ^incrédules, j'aijuré dans ma colère qu'ils n'entreront point dans mon repos. »

Un pécheur Israélite est endurci: dès qu'il ne met pas tous les jours des piiilactères (même traité). On lit : (Traité Sabath, livre xxiii) : RabM Elieser a dit : « Les âmes des justes sont recueillies sous le trône de gloire (de Jéhovah) celles des méchants sont en peine, un ange est au bout du monde et les jette à un autre ange placé à l'autre bout du monde. »

On le voit, les sorcières de Shakspeare jouant aux balles avec des enfants morts.' ne sont qu'une faible imitation du Talmud! ' Puis un autre rabbi ajoute : « Les premiers douze mois le corps se conserve (il ne s'agit plus de méchants) et lésâmes montent et descendent (de là les légendes des apparitions d'âmes sur les tombes). Mais après douze mois le corps devient néant, Tâmo remonte et ne descend plus. »

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