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lo délit d'adultère. Il dit: (Traité Sotali, livre !'"■) : « Celui qui s'est approché de la femme du prochain, fût-il racheté par Dieu lui-même comme le patriarche Abraham, il ne pourrait pas être racheté de l'enfer, eût-il reçu en personne de Dieu même toute la Thorah. »
Ce texte du reste, comme tous les autres, est en flagrante contradiction avec le Traité Baba Mezia, quatrième livre déjà cité, où il dit : « L'adultère meurt pendu, mais il a part au monde futur.
L'enfer, selon le Talmud, a même une espèce de gouvernement comme le styx grec.
On lit: (Traité Sabath, livre xxiif) : « Rab a dit : Quand Nabuchodono sor est descendu dans le Gehenom, tous les descendants dans l'enfer se sont recriés : « 11 vient pour dominer sur nous. Quand une voix d'en haut s'est fait entendre, etc., etc. »
Il ne fallait rien moins que cette voix !
L'enfer est donc une république, à en croire le Talmud. Elle craint la domination d'un tyran comme Nabuchodonosor.
Enfin on lit: (Traité Baba Bathra, lirve i"') : « On a demandé au rabbin Jéhuda,
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si Dieu aime les pauvres, pourquoi no ies nourrit-il pas ? Il répondit, a/in que non.?, soyons sauvés de l'enfer, par le bien que nous leur faisons. » Idée terrible, car en ce cas le pauvre n'existerait que pour le salut du riche. Jésus du moins exige que le riche, pour entrer au ciel, se dépouille de toute sa fortune -et-s© fasse pauvre lui-même.
A l'appui il cite un homme qui a nourri une veuve avec ses sept enfants, et à l'instant sa destinée fut changée.
D'après la loi de Moïse, le pauvre a ses droits. Le premier devoir du riche est de venir à son secours. Car, dit Moïse (même chap. cité): «C'est pourquoi Jéhovah. a béni les travaux de ta main. » D'après le Talmud, le ijauvre lui-même n'existe que pour sauver le riche, non dans ce monde-ci, mais dans le monde futur. Comme moyen de recommandation de charité, cette doctrine a une apparence de bien; comme principe, c'est l'égoïsme et la fatalité poussés à l'extrême le plus absurde.
^ La prière seule peut faire remonter de l'enfer, surtout la prière du juste. Le Talmud la compare à un van (Traité Jébamoth, livre iv°). Comme le van renverse le blé, de même la prière desjustes fait changer d'avis
le Saint, béni soit-il, et fait changer ses décrets de justice en décret de miséricorde.
Ceux qui recommandent des messes pour les morts sont de l'avis duTalmud. Certains rabbins, de même que les Evangélistes, ont même cru savoir d'avance si leur prière a été exaucée, aussitôt après l'avoir prononcée.
On lit à ce sujet : (Traité Beracbotli, livre v<=) : « On conte de Rabbi Hanina ben Dosa que, pendant qu'il priait pour les malades, il disait, celui-ci guérira et celui-là mourra. Lui avant demandé d'où lui venait cette certitude, il répondit : Si ma prière coule de source, elle est exaucée, si elle est trouble, elle ne produit rien. »
Les foriïiules de prières sont très-nombreuses dans le Talmud ; on les trouve dans le second livre du traité Béracholh et dans le Traité Thanith. Presque chaque rabbin avait sa prière particulière, avant de commencer son enseignement et après l'avoir terminé. Bon nombre de ces prières ressemblent presque littéralement à celles des Evangiles ; elles commencent toutes parles paroles : « Ahinu Shéhbaschamàim. » — « Notre Père au ciel, que ta volonté soit faite: donne
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à chacun son pain nourricier et à chaque peuple assez pour combler ce qui lui manque; » ou bien : « Fais, ô mon père, que je ne pèche pas, et si j'ai péclid efface-le par ta grande miséricorde. »
Ilestimpossible de citer toutes ces oraisons, dont quelques-unes sont assez longues, et qui étaient toujours une espèce d'exorde à l'étude delà loi, comme aujourd'hui elles le sont encore pour les méditations et les sermons. Il en^est pourtant une que je ne puis omettre et qu'il faut citer en entier, car elle témoigne de l'idée déjà dominante de la macération du corps jointe à la prière, pour fléchir la volonté de Dieu. Elle révèle toute la doctrine du jeûne et de l'abstinence conventuelle; doctrine qui fut assez longtemps et qui est encore la reine du monde religieux. Elle se trouve également dans le deuxième livre du Traité Bérachoth.
Rabbi Schischa a dit la prière que voici :
« Maître des mondes, il est connu de toi que du temps de l'existence de la sainte maison (le temple), un homme ayant péché était pardonné, après avoir présenté un sacrifice dont il n'offrait que la graisse et le sang. Moi, qui passe mon temps à jeûner, ma graisse et mon sang diminuant tous les
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jours, accueille ce sacrifice comme si je l'avais ofi"ert sur l'autel. »
Le jeûne, la macération, la flagellation, furent donc déjà, du temps du Talmud, considérés comme un sacrifice expiatoire et faits pour gagner le ciel. Peut-être la prière ellemême, que le Talmud met au-dessus des sacrifices, (même traité livre v"), est-elle, en effet, un plus grand effort individuel qu'un Ijouc ou qu'un veau acheté à beaux deniers et offert au prêtre, surtout la prière improvisée, non répétée d'après une formule généralement admise. Il y a plus. Le Talmud cite déjà des exemples d'ermites faisant des miracles et vivant dans la plus grande abjection, le tout pour l'amour et la gloire de Dieu. On lit : (Traité Thanith, livre m) : « Ils ont raconté de Nachum-iscli-Gamsu (on l'appelait Gamsu, parce qu'à tout événement il avait l'habitude de dire : « Cela aussi (Gamsu) est pour le bien) » qui, aveugle, perclus de pieds et de mains, le corps couvert de lèpre, était couché dans une maison caduque, les pieds de son lit se trouvaient dansl'eau, afin que la vermine ne le dévorât pas. Un jour Ses disciples ayant voulu déménager le lit il leur dit : «Otez d'abord le reste, car je suis certain qu'aussi longtemps que je suis cou-
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elle ici la maison ne s'écroulera pais. » Les disciples lui ayant dii alors : « Comment se fait-il qu'un si parfait juste soit si parfaitement malheureux? « Il leur répondit: «Je vais vous le dire. Un jour, étant en voyage poup aller voir mes beaux parents, ayant avec moi trois mulets chargés, l'un de vivres, l'autre de vin, le troisième d'effets d'habillement, j'ai rencontré un pauvre qui me dit : « Donne-moi à manger, » et je lui disais : « Attends que je sois descendu de ma monture. « Pendant ce temps il mourut ; alors je suis tombé sur lui et j'ai dit : Que l'œil qui n'a pas eu piiié de toi s'éteigne, que la main qui ne t'a pas secouru se paralyse, que le pied qui n'est pas accouru pour +e sauver soit perclus, et je n'ai pas cru assez me punir jusqu'à ce que j'eusse ajouté : que mon corps entier ne soit plus qu'une lèpre. »
Ce Nahum est bien le père de saint François et de saint Dominique. Les Juifs pourtant, après les Esséniens, n'ont plus fondé d'ordres monastiques.
Le judaïsme tahnudique a eu de bienheureux Labre comme Nahum, mais ils n'ont jamais fait école; ils n'ont jamais fondé des ordres conventuels.
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Il va de soi que le Talmud, prêchant la grâce et la prédestination, se préoccupe delà contradiction qui existe entre la prescience fle Dieu et le libre arbitre de l'homme, surtout entre le juste malheureux et le méchant neureux. Inutile d'ajouter que ces explications, forcément illogiques et abitraires, ne reposant sur aucune base de certitude, si ingénieuses d'ailleurs qu'elles soient, n'èx- Pliquent abs.îlument rien et ne résolvent pas le problème posé. Mais il est bon en même temps de citer les différents avis du Talmud sur le juste, avant de rapporter sa conclusion. Il dit d'abord: (Traité Sanhédrin, livre iv) : « Dieu a marqué tout mortel du sceau d'Adam, mais nul ne ressemble à l'autre, afin que chacun se dise : le monde a été crée pour moi. » C'est l'homme centre du monde, le microscosme. Il ajoute: « L'homme a été créé seul et non par couples, afin !lue le juste ne dise pas : « Je suis le fils du Juste, » et le méchant: «Moi, je suis le fils d un méchant, » afin que l'humanité ne se scinde pas en familles et en castes. »,
Grande et belle idée. L'unité du genre humain et la liberté de l'homme, liberté
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absolue. La justice ni la scélératesse ne sont héréditaires. Il dit ailleurs : « Pourquoi les fils des savants sont-ils d'ordinaire des médioci'ités ? Afin que l'on ne dise pas : que le génie est li-iréditaire. »
Il dit encore « que Dieu, en se révélant à Moïse dans le buisson, un tout petit arbuste, a voulu lui apprendre qu'il n'y a rien de petit dans la nature devant le Créateur ; idée répétée par saint Paul. Tout cela est bien pensé. Mais il dit (traité Berachoth, livre P''): « Notre maître Moïse a dit à Jéhovah :
Maître de l'univers, pourquoi y a-t-il des justes malheureux et des justes heureux, des méchants heureux et des méchants malheureux? Celui-ci lui a répondu : le juste heureux est le fils d'un juste, le juste malheureux est le fils d'un méchant, le méchant heureux est le fils d'un juste, le méchant malheureux est le fils d'un méchant. »
— « Mais il est pourtant écrit, les enfants ne doivent pas mourir pour les pères ? Réponse : « Non, s'ils ne persévèrent pas dans le mal ; oui, s'ils-y persévèrent. »
Cette dernière condition se trouve en Moïse, Il dit : « Dieu se ressouvient du mal iusqu'à la quatrième génération, à ses ennemis, c'est-à-dire, s'ils restent ennemis de
Dieu et jusqu'à la mi'lième, à ses amis, s'ils persévèrent dans le bien. »
Toujours est-il que le juste malheureux, fils d'un pervers, paye pour son père, d'après le Talmud, ce qui est diamétralement Contraire à ce qu'il vient de dire (Sanhédrin). Pareilles solutions ont été proposées ps.r nombre de penseurs chrétiens, mais elles Se heurtent toujours contre la logique. Puisque Dieu, d'après eux, peut pardonner et faire qu'une chose faite ne le soit pas, il pourrait, jour par jour, payer chacun selon Ses œuvres.
Ou bien, puisqu'il sait d'avance ce que l'homme fera, qu'il sera juste ou injuste, il peut lui préparer de longue main une destinée adaptée à son caractère et à ses actions. Ne perdons pas notre temps à trouver le fil conducteur à travers ce dédale ténél'i'eux. Cherchons la lumière, mais cherchons-la avec la lumière seule de la raison.
Citons encore quelques passages sur les justes.
^ Rabbi Eliézer a dit (Traité Berachoth, livre TV"): « Pour un seul juste. Dieu aurait créé le monde. Car il est écrit :« Jéhovah vit ^lue tout était bien » bien, cela veut dire un Juste, car il est écit (Isaïe, chap. xiii) :
moïse
« Ils disent au juste, c'est bien. » Cela s'appelle en langue talmudique un Gueséré Schavah, un parallèle. Là est écrit bien et ici on lit bien, de même que là bien veut dire, telle ou telle chose, de même ici.
C'est un des sept inidoth ou modes que nous avons déjà cités (1).
(1) Je me rappellerai toujours une fête de Pouriœ. (fête cl'Esther) à Francfort. Bien que fort jeune encore, je comptais parmi les douze premiers étudiants talmudiquos. A cette fôte donnée par le vénérable rabbin Trier se trouvaient rabbi Aarou Fould, rabbi Jacob Posené, rabbi Saloraon Bass. rabbi Schaïer et bon nombre d'autres juges talmudiques, faisant partie du tribunal sacré. Nous étions très gais et, d'après la sainte prescription, «n peu piqués par le vin. Après force chants et chansons hé))raïques, la conversation tomba sur les sept Midoth, et comme ce jour-là tout est permis, les jeunes étudiants parodiaient à qui mieux mieux, les procédés d'argumentation, du Talmud. Mon tour vint. Je vais, m'écriai-je, expliquer à nos saints rabbis ce que c'est qu'un Gueséré Schava (parallélogisme).
Il est écrit : a Une femme qui manque hemwonf (nombre de fois j aux lois de la pudeur, sera expulsée de Is sainte commune. » Beaucowp de fois I Combien de fois 1
Il est écrit : a Dans la bataille que les Éphraïmites livrèrent aux Benjamites, il est tombé Icaiiconp d'hommes. » Encore beaucoup 1 Combien ' La même histoire est racontée dans les Paralipo-
Poursuivons.
« Nul juste ne meurt avant qu'un aulre ne soit né (traité Jouma, livre IV"), car il est écrit (Ecclésiaste, chap. i.) : « Et le soleil se couche et se lève. » Avant que le soleU d'Éli ne s'éteignît, celui de Samuel se leva. « Voyant que les justes seront trèsrares. Dieu les a échelonnés pour les différentes époques. »
Le monde se soutient pour l'amour d'un seul juste, car il est écrit : « Le juste est le fondement du monde. »
mènes, a II est tombé dans cette bataille heatiooup d'hommes. Et plus bas il est dit : a Quarante mille hommes. » Donc, là est écrit heanooup et ici est écrit beaucoup, beaucoup veut dire partout, pial'ante mille fois 1
Et mou vieux rabbi de rire à se tenir les côtes.
Eh bien, tous les Gueséré Schayah du Talmud sont de cette force-là.
"Voulez-vous un idéal de SCal Véhomer, dont nous avons déjà cité plusieurs exemples. C'est l'arguaieut a fortiori. Voici un échantillon. Pendant l'action d'argumenter on tourne le pouce de la main droite, de droite à gauche. Ce mouvement est de rigueur. Les Talmudistes ont un geste particulier pour chaque procédé d'argumenter. » Puis donc il t'est défendu de toucher à ma caisse et que tu touches à la tienne, moi auquel il n'est pas défendu de toucher à ma caisse, à plus forte raison, {"■fortiori'), je puis toucher à la tienne. »
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Nous avons déjà cité ce que le Talmud dit de l'âme des justes.
Il dit encore (traité Kethuboth, livre XUr) : « A la fin, les justes ressusciteront avec leurs vêtements. Cela est prouvé par un Kal-Vehomer {a fortiori). Puis donc le grain de blé, enterré nu, ressuscite garni, à plus forte raison, le juste, enterré habillé, ressuscitera brillamment vêtu. » Pourtant il y a une condition. Il faut être enterré en Palestine. « Les justes des pays en dehors de la Palestine ne ressuscitent pas. »
Rabbi Éloï, pris d'un accès de pitié, ajoute (Ibidem) : « Si fait, ils ressusciteront, mais ils se rouleront dans des galeries souterraines jusqu'à Jérusalem. » Pour cette raison, les vrais orthodoxes émigrent à Jérusalem, où ils sont sûrs de ressusciter habillés.
« Il y a toujours (traité Hulin, livre IV"), trente justes parmi les peuples du monde en dehors d'Israël. « C'est Rabbi Jehuda qui dit cela.
Enfin on lit (Traité Megilah, livre I"''') :
« Dieu à la fin mettra une couronne sur la tête de chaque juste. Puis (Traité Berachot, livre II")-. « Au monde futur, il n'y a ni manger, ni boire, ni amour de la femme, m travail, ni commerce, ni envie, ni haine,
i>i discussion. Les justes sont assis ayant des couronnes sur la tête, et resplendissant des rayons de la Schechinah (Dieu), dont ils Se nourrissent. Jésus, à son tour, dit :
saint Mathieu (chap. xii, v. 3): « Car au jour de la résurrection les hommes n'auront point de femmes. Ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel. » Mahomed, seul, admet l'amour de la femme pour le Paradis.
Par contre, on lit (traité Baba Bathra, livre VHP;: « Dans le monde futur, il n'y aura personne sans jouir en môme temps d'un pays où il y aura des montagnes, des ■^"allées et des collines, « c'est-à-dire le îiionde futur aura une nature des plus romantiques et des plus fertiles à la fois, où tout sera beau et bien. En d'autres termes, les Champs-Elysées des païens. Dans un autre passage un rabbi dit : « Dans les siècles lui viendront les femmes concevront et enfanteront presque en même temps. Comment cela sera-t-il possible? demande un disciple. Regarde donc les poules , répond le rabbi !
Tout est possible dans la nature.
Mais si justes que soient les justes, le Talmud les place au-dessous des repentis. Il dit (traité Berachoth, livre V°.) : « Là où sont placés les hommes de repentir, les
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