‹ Moïse, le Talmud et l'Evangile, rev. et augm. de plus de cent textes.... 4, Le Talmud et l'Evangile. (suite)Chapitre 5 sur 8 · ID · texte numérisé non relu

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sa bonté, — car autrement le monde ne pourrait pas exister, — il pardonne à son

fils égaré ou désobéissant, annihile le mal

qu'il a fait, soit par un souffle, soit par un

1 miracle, soit par sa grâce.

Parexemple, il pardonne à l'assassin, mais - .;; on ne sait pas ce que devient l'assassiné. Ce

il;! dernier n'est jamais consulté.

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l^i C'est là la doctrine du Talmud, au nom de

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LE TALMUD ET f/ÉVANGILE 63

Jéhovah, et de l'Év-angile au nom de Jésus.

Comme les malheureux, quoi que l'on fasse, protesteront toujours contre la doctrine de la prédestination et de fatalité, il ne reste aux hommes de ce système que la force et le droit du plus fort. Seulement pour prêter à ce droit une apparence de justice, ils l'exercent au nom de Dieu et pour sa grande glorification.

Poussés par la logique, — car l'erreur a sa logique comme la vérité, — ils déclarent posséder, à eux seuls, la vérité absolue. Que cette vérité soit contraire à toute raison, peu importe. Elle a été révélée te'le quelle. La raison n'a rien à y voir. Elle est impuissante à maintenir l'honime dans la voie du bien, quoiqu'il n'y eût jamais d'autre voie de bien que la raison; émanation directe du Créateur. D'après leur système. Dieu aurait donné la raison à l'homme pour ne jamais s'en servir, à moins que cela ne fût pour la nier, car il faut même de la raison pour nier

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la raison. En vertu du même principe, les fatalistes, partisans de la grâce, nient le progrès humain. Du moment que Dieu a révélé à l'homme la vérité absolue, il ne peut y avoir jamais le moindre progi-ès dans cette vérité, ni dans ses conséquences politiques et sociales. S'il y a un changement dans la vie des peuples, c'est que Dieu les a ordonnés, après avoir lui-même changé de volonté, soit qu'il se fût apaisé, de courroucé qu'il était, soit qu'il éclatât de colère, après une période de bonté et de douceur. Parfois ses châtiments frappent l'innocent et ses bénédictions comblent le méchant, mais tous deux aprèi leur mort changeront de place. La raison de l'homme, d'ailleurs, est trop courte et trop mince pour pénétrer les causes de ces catastrophes. Ces changements à vue une fois opérés, le vieux système continue et le monde est toujours gouverné, en vertu de la même vérité absolue, accordant par sa grâce tout aux élus, — les dévots, les prêtres et

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les privilégiés qui les soutiennent, — et refusant tout aux réprouvés, — les pauvres, les hérétiques, les impies, et les étrangers. — Voilà le système des pharisiens juifs et évangéliques.

C'est l'extrême opposé de la religion philosophique de Moïse, qui, — on ne saurait assez le répéter, — met le bonheur et le malheur de l'homme dans sa propre main parla liberté, tout en reconnaissant la solidarité des méchants avec les bons, n'ayant garde de payer les souffrances du pauvre par une lettre de change, tirée sur le ciel, payable seulement après la mort.

Qu'on se figure maintenant ce système de fatalité cousu, tissé, enchevêtré de force dans les lois de Moïse. Il n'en reste pas une ligne, pas un mot, pas une syllabe dans son sens naturel. Là où la lettre de la loi est contraire au système, on la violente, on la falsifie ; là, au contraire, où l'esprit de la loi crie contre l'application, l'esprit est

condamné et la lettre maintenue dans toute sa riguoui' (1)

(1) Le Talmud n'a pas de parti pris pour la lettre contre l'esprit. Tantôt il maintient la lettre, tantôt Il la nie et l'interprète à sa guise. Ainsi, quand Moïse dit poétiquement : « Cette loi te servira cornme souvenir entre tes yeux. , Le pharisien, maintenant la lettre et l'appliquant rigoureusement, ordonne, sous peine d'excommunication, d'enfer et d'éternelle damnation, que tout juif, pour prier mettra tous les matins un nœud de cuir de veau contenant le Schemah Israël sur le front entre les yeux, et sur le bras nu en face du cœur, le tout enjolivé de courroies avec lesquelles le croyant fera un certain nombre de nœuds et de rouleaux cabalistiques autour le bras et les doigts. Mais quand Moïse, par humanité, dit : « Tu ne cuiras pas l'agneau dans le lait de sa mère, » le Talmud, loin do prendre cela à la lettre, invente tout un volume de règlements et do défenses sur le mélange du laitage avec le viandage, qu'il appelle Taruhcth, Une goutte de lait tombant sur un morceau de viande, la viande est défendue à moins qu'il n'y ait soixante parties de viandes contre une partie de lait. Il y a I)lus de mille volumes d'imprimés sur cette seule question de Mélanges, tous contenus, d'après le Talmud, dans les paroles do Moïse, et auxquels ce grand homme, certes, n'a jamais songé, ou ordonnant de ne pas cuire l'enfant dans le lait de sa mère.

Une telle doctrine devait naturellement provoquer des dissidents et des opposants.

Aussi l'histoire de la seconde monai'chie Juive n'est-elle qu'une longue suite de crimes et des guerres civiles. Jésus vint. Jésus, pharisien lui-même comme St-Paul qui s'en Vante, comme tous les apôtres, n'attaque pas ses ennemis parce qu'ils sont pharisiens, mais parcequ'ils sont hypocrites. Il les appelle toujours : 2:iharisiens hypocrites dont le faire est autre que le dire, dont l'extérieur l'essemble à des sépulcres blanchis et dont l'intérieur est pourri, trafiquant de la foi, faisant de longues prières avec de longs Philactères sans faire la charité aux pauvres.

Toutes les doctrines de Jésus sont pharisiennes. L'immortalité de l'âme, la résurrection des morts, le pardon des péchés, l'enfer, le paradis, le trésor au ciel, tout cela est pharisien. Seulement Jésus pousse ces principes logiquement à l'extrême. Il pousse la

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H ' charité j usqu'à l'abolition totale de la richesse

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K et la foi jusqu'à l'abolition du prêtre.

M Bon pour le peuple, Jésus déclare une

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■ guerre à outrance aux prêtres et aux riches H de sa nation.

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m-'] Il fut sacrifié par ces mêmes prêtres et ces Hj : mêmes riches, mais sa doctrine n'en resta

B pas moins pharisienne. Tous ses disciples K sont talmudistes.

H , A peine fut-il mort qu'ils appliquèrent à Kl Jésus la doctrine que le Talmud appliquait

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b à JéhoYah. Les miracles et la résurreciion Bh:. sont talmudiques.

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