‹ Molière, 1622-1673Chapitre 104 sur 223 · LUCILE, MARINETTE · texte numérisé non relu

LUCILE, MARINETTE

MARINETTE La résolution, Madame, est assez prompte.

LUCILE

Un cœur ne pèse rien alors que l'on l'affronte; Il court à sa vengeance, et saisit promptement Tout ce qu'il croit servir à son ressentiment. Jt& traître ! faire voir cette insolence extrême !

Vous m'en voyez encor toute hors de moi-même ;

Et quoique là-dessus je rumine sans fin,

L'aventure me passe, et j'y perds mon latin. »

Car enfin, aux transports d'une bonne nouvelle,

Jamais cœur ne s'ouvrit d'une façon plus belle :

De l'écrit obligeant le sien tout transporté

Ne me donnait pas moins que de la déité ;

Et cependant jamais, à cet autre message,

Fille ne fut traitée avecque tant d'outrage.

Je ne sais, pour causer de si grands changements,

Ce qui s'est pu passer entre ces courts moments.

LUCILE

Rien ne s'est pu passer dont il faille être en peine, Puisque rien ne le doit défendre de ma haine. Quoi ! tu voudrais chercher hors de sa lâcheté La secrète raison de cette indignité ?

Cet écrit malheureux, dont mon âme s'accuse, Peut-il à son transport souffrir la moindre excuse ?

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