ÉRASTE, LUCILE, MARINETTE, GROS-RENÉ
MARINETTE Je l'aperçois encor ; mais ne vous rendez point.
LUCILE Ne me'soupçonne pas d'être faible à ce point.
MARINETTE
Il vient à nous.
Non, non ; ne croyez pas. Madame, Que je revienne encor vous parler de ma flamme : C'en est fait ; je me veux guérir, et connais bien Ce que de votre cœur a possédé le mien. Un courroux si constant pour l'ombre d'une offense M'a trop bien éclairé de votre indifférence. Et je dois vous montrer que les traits du mépris Sont sensibles surtout aux généreux esprits. Je l'avouerai, mes yeux observaient dans les vôtres Des charmes qu'ils n'ont point trouvés dans tous les Et le ravissement où j'étais de mes fers [autres,
Les aurait préférés à des sceptres offerts ; Oui, mon amour pour vous sans doute était extrême. Je vivais tout en vous ; et, je l'avouerai même. Peut-être qu'après tout j'aurai, quoique outragé, Assez de peine encore à m'en voir dégagé ; Possible que, malgré la cure qu'elle essaie. Mon âme saignera longtemps de cette plaie,