‹ Molière, 1622-1673Chapitre 138 sur 223 · ACTE QUATRIÈME. SCÈNE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME. SCÈNE TROISIÈME

ERASTE continue.

Vous m'assuriez par là d'agréer mon service : C'est une fausseté digne de ce supplice.

(Il déchire la lettre.)

LUCILE lit.

J'ignore le destin de mon amour ardente, Et jusqu'à quand je souffrirai ; Mais je sais, ô beauté cliarmante, Que toujours je vous aimerai.

LUCILE continue.

Voilà qui m'assurait à jamais de vos feux : Et la main et la lettre ont menti toutes deux.

(Elle déchire la lettre.)

GROS-RENÉ Poussez.

ÉRASTE

Elle est de vous? Suffit; même fortune. MARINETTE, à Lucile.

Ferme.

LUCILE J'aurais regret d'en épargner aucune.

GROS-RENÉ, à Éraste.

N'ayez pas le dernier.

MARINETTE, à Lucile.

Tenez bon jusqu'au bout.

LUCILE Enfin, voilà le reste.

ÉRASTE

Et, grâce au ciel, c'est tout.

Que sois-je exterminé, si je ne tiens parole !

LUCILE Me confonde le ciel, si la mienne est frivole!

ÉRASTE Adieu donc.

LUCILE Adieu donc.

MARINETTE, à Lucile.

Voilà qui va des mieux.

GROS-RENÉ, à Èraste.

Vous triomphez.

MARINETTE, à Liicile.

Allons, ôtez-vous de ses yeux.

GROS-RENÉ, à Éraste.

Retirez-vous après cet effort de courage.

MARINETTE, à Lucile.

Qu'attendez-vous encor ?

GROS-RENÉ, à Éraste.

Que faut-il davantage ?

ÉRASTE

Ha! Lucile, Lucile, un cœur comme le mien Se fera regretter, et je le sais fort bien.

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