‹ Molière, 1622-1673Chapitre 95 sur 223 · GROS-RENÉ, MARINETTE, ÉRASTE · texte numérisé non relu

GROS-RENÉ, MARINETTE, ÉRASTE

MARINETTE

Je viens vous avertir que tantôt, sur le soir, Ma maîtresse au jardin vous permet de la voir.

ÉRASTE

Oses-tu me parler, âme double et traîtresse ? Va, sors de ma présence, et dis à ta maîtresse Qu'avecque ses écrits elle me laisse en paix, Et que voilà l'état, infâme, que j'en fais.

(Il déchire la lettre.)

Gros-René, dis-moi donc quelle mouche le pique.

GROS-RENÉ

M'oses-tu bien encor parler ? femelle inique.

Crocodile trompeur, de qui le cœur félon

Est pire qu'un satrape ou bien qu'un Lestrigon !

Va, va rendre réponse à ta bonne maîtresse,

Et lui dis bien et beau que, malgré sa souplesse,

Nous ne sommes plus sots, ni mon maître ni moi^

Et désormais qu'elle aille au diable avecque toi.

MARINETTE, seule.

Ma pauvre Marinette, est-tu bien éveillée ? De quel démon est donc leur âme travaillée ? Quoi ! faire un tel accueil à nos soins obligeants ! Oh ! que ceci chez nous va surprendre les gens !

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