C. Bourgeois. G. Rabel
Geneuiefue Béjart. G. Clerin.
Béjart. Aubry.
Morel. Levasseur. »
mules inséparables d'un acte notarié; mais malgré leur bonne volonté, on verra qu'ils ne purent tenir immédiatement ce'nouvel engagement (a) et que Léonard Aubry n'en resta pas moins en bonnes relations avec eux jusqu'à la fin de sa vie. » Eudore Soulié, Recherches sur Molière, p. 46.
(!) « Qui, depuis 1643, n'a pas figuré parmi les comédiens, » E. Soclié, p, iti.
(2) « Qui parait pour la première fois. » E. Soulié, p. -46.
(3) ... k Des onze fondateurs de l'Illustre Théâtre, il ne restait plus après le découragement qu'avait dû produire la détention de leur chef,... que sept [comédiens en tout]... en y comprenant Germain Rabel, récemment engagé dans la troupe; Denis Beys, Georges Pinel, Nicolas Bonenfant, Nicolas Desfontaines, Catherine des Urlis, Madeleine Malingre, les avaient successivement quittés; leur protecteur Gaston leur faisait peut-être aussi défaut, car... les comédiens ne se disent plus entretenus par Son Altesse Royale. » E. Soulik, p. 47.
(a) « La dette contractée envers cet homme fut complètement remboursée trois ans après, ainsi que le reste des obligations faites il Pommier qui fut probablement payé à sa veuve. L'inventaire de Jean Poquelin mentionne la quittance de Léonard Aubry, eu date du 1" juin 1649... » EUDORB SOULIÉ, Recherchée sur Molière, p. 4", note 3.
Voici donc Molière bien et duement sorti de prison. La captivité au Grand -Châtelet, dans le cours de son existence, sera-t-elle la seule qu'il aura à subir?
§ 5. — Départ piour la province.
L'acte du 13 août 1645, que nous venons de reproduire dans le paragraphe précédent à cause de son extrême importance, est notre dernière fenêtre ouverte sur la troupe de V Illustre Théâtre et ses faits et gestes.
« Il est triste de ne pouvoir finir l'histoire de l'Illustre Théâtre que par le récit, trop peu littéraire, de ces embarras d'argent. La croissante menace d'nne complète ruine avait... découragé la moitié des comédiens de l'époque de la fondation... — Dans sa requête de prisonnier adressée au lieutenant civil, Molière avait encore pris le titre de Comédien de son Altesse Royale. L'acte du 13 août ne fait plus mention de la protection de Gaston. Ou l'on avait senti que l'on ne faisait plus assez d'honneur à cette haute protection, ou il avait paru au protecteur lui-même qu'une troupe devenue insolvable compromettait son nom; et il lui eût été désagréable d'entendre dire, probablement avec quelque vérité, que ses comédiens, mis au Châtelet, devaient n'avoir pas été trop bien entretenus par lui. — Le même acte, qui nous avertit de cette déchéance,... est... le dernier qui les dise assemblés au jeu de paume de la Croix-Noire. » Paul Mesnard, Notice biographique, p. 101.
« Les pauvres comédiens de l'Illustre Théâtre repassèrent-ils la Seine, comme on le dit communément (') et retournèrent-ils jouer au faubourg
(') « Vers la fin de l'année (1645), Molière, un moment tiré d'embarras par Léonard Aubry, retourne dans le faubourg S1 Germain (sus): il s'établit au jeri de paume de la Croix-Blanche (su), situé rue de Buci. sur l'emplacement occupé depuis par le café connu longtemps sous le nom de café de France, dont la façade est en retrait sur la rue de Buci, près de celle de Grégoire-de-Tours (a). La rive gauche de la Seine ne lui est pas plus favorable que la rive droite (sic); il y resta pourtant, se débattant contre la malechance jusqu'à la fin de 1646 (sic), époque où il se détermine à tenter la fortune en province.» Jules Luiselecr, La Peints obscurs de la rie de Molière, p. 130-131.
« Combien de temps Molière et ses associés restèrent-ils au jeu de paume de la Croix-Noire et à Paris? Est-ce à la fin de 161o qu'ils quittèrent le port Saint-Paul pour retourner de nouveau dans le faubourg Saint-Germain, au jeu de paume de la Croix-Blanche, rue de Buci? iYos documents ne nous apprennent rien à cet égard. » Bdoore Siiilii , Recherches sur Molière et sur sa famille, p. 46-47.
« Il n'est resté de trace dans aucun document relatif à nos comédiens d'un autre j'-n de paume, dit de la Croix-Blanche, dont a parlé Grimarest, et qu'avec l'espoir opiniâtre d'y relever sa fortune, la troupe, s'éloignaat du porl s. mil Paul, aurait été chercher au faubourg Saint-Germain, mal recommandé cependant par une première épreuve... Ce qui, même à première vue, fait croire a une erreur de Grirna-
(aj « M. Collnrdenu : La Salle de Théâtn de Molière. »
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Saint-Germain, carrefour Buci, dans un jeu de paume dit de la Croix' Blanche"? Grimarest cite le jeu de paume de la Croix-Blanche (*), mais sans parler du jeu de paume des Mestayers ni du jeu de paume de la Croix- Noire, de sorte qu'on peut supposer une erreur de nom... — M. A. Vitu pense que cette troisième station n'a point existé, et M. Eudore Soulié avoue n'avoir rien trouvé, dans les documents, de relatif à ce troisième séjour. » Louis Moland, Molière, etc., p. 58-59.
C'est à partir de la fin d'août 1645 que nous n'entendons plus parler de Molière ni de sa troupe : c'est à cette époque, n'en doutons pas, qu'ils quittèrent la capitale après vingt mois de vie théâtrale, douze au faubourg Saint-Germain, huit au port Saint-Paul. « La jeune troupe,
rest, c'est qu'il a passé sous silence le jeu de paume des Métayers et celui de la Croix-Noire. Il était donc bien mal informé et aura confondu les deux Croix. M. Vitu (Jeu de paume, p. 7) dit avoir constaté que la maison de la Croix-Blanche, rue de Bucy, ne renfermait pas un jeu de paume, mais un jeu de boules, lequel ne se prêtait pas à l'établissement d'un théâtre...
» En vérité, le moment aurait été bien choisi pour faire les frais d'une nouvelle installation, lorsqu'il était si clair que l'on succombait sous les délies, et que la ruine ne pouvait plus, sans miracle, cire conjurée! Il n'est pas même vraisemblable que l'on ait trouvé moyen de se soutenir longtemps à la Croix-Noire. Soulie a pensé que la troupe y avait prolongé jusqu'à la tin de 1646 une vie devenue si difficile. C'est faire singulièrement durer l'agonie. Du 13 août 164'i aux derniers jours de 1646, il y a seize grands mois, pendant lesquels les affaires des comédiens arec leur* ( réanciers et avec leurs préteurs auraient certainement donné lieu à des actes nombreux, et il n'en a pas été découvert un seul, de ce temps-la, qui constate clairement la continuation à Paris de l'existence de l'Illustre Théâtre {a)...
» Tout annonçait alors qu'à bout d'efforts dans sa lutte contre sa mauvaise
fortune, la troupe était sur ses [tus... Si après le 13 août il y eut encore des représentations, elles durent être en très petit nombre... » Pai:l Mesxaiid, Notice biographique, p. 101, 102 et 103.
(i) «Quelques bourgeois de Paris formèrent une troupe dont Molière était
Ils s'établirent dans le jeu de paume de la Croix-Blanche, au faubourg Saint- Germain. »
Et voilà tout ce que dit Grimarest (b) !
Pans l'édition Panthéon de la Vie de M. de Molière, Aimé-Martin ajoute en note: « Cette troupe.., débuta sur les fossés de la porte de Nesle, aujourd'hui la rue Mazarine. N'ayant obtenu aucun succès, elle traversa la Seine, et ouvrit un théâtre au port Saint-Paul (c). De là elle revint au faubourg Saint-Germain, et c'est alors seulement qu'elle s'établit au jeu de paume de la Croix-Blanche. » Il est plus que certain que Grimarest a écrit la croix Blanche au lieu et place de la croix Noire, sans se douter des commentaires futurs, s:ms fin, que ce simple lapsus de sa part était destiné à causer ! !...
la) « Soulié cite deux documents qui la lui ont fuit supposer: D'abord une quittance de François Pommier à Catherine Bourgeois, en date du 4 novembre 1G46... Puis c'est une promesse, signée le Ï4 décembre de la même année, faite par Jean Poquelin... pour son fils... Mais de la présence de Catherine Bourgeois à Paris, il n'y a rien à conclure. Elle était probablement alors séparée de ses associés : on ne la retrouve plus parmi eux. Quant à la promesse de Jean. Poquelin, Molière a pu la solliciter de loin... » Paul MnsXAitn, Notice biographique sur Molière, p. 102-103.
(6) Confondant la statinn du faubourg Saint-Germain [Le Mestayer] et celle de la Croix-Noire, Grimarest, de ces deux stations, n'en fait qu'une seule, et remplace la Croix-Noire, qui n'était pas dans ledit faubourg, par ta Croix-Blauche , qui s'y trouvait en effet.
{(.') Ce sont précisément les deux seules stations indiquées par Chappuzeau. liv. III, chap. XXXVI It de son Théâtre Français: et, au surplus, ce sont les bonnes.
» dit M. Moland (p. 59). prit bravement son parti. Paris » ne voulait pas d'elle; elle quitta Paris et alla demander » à la province, moins exigeante, un plus favorable » accueil. » Le même auteur rappelle les noms des sept artistes qui ont signé, seuls, l'acte du 13 août 1645, et il ajoute (p. 60): «De Germain Rabel et de Germain » Clérin, nous n'entendrons jamais plus parler, de Cathc- » rine Bourgeois (*) non plus. » Cette dernière affirmation est de trop : Nous savons, par le Document n° xxm publié par M. Eudore Soulié (p. 191) que Catherine Bourgeois était à Paris le i novembre 1646, où elle reçut quittance de François Pommier; ce qui prouve, du reste, ainsi que le pensait avec juste raison M. Louis Moland, qu'elle ne faisait plus partie de la troupe, réduite à son départ à sa plus simple expression.
« Pour préciser les faits qui se rapportent à cette période de la vie de Molière, il faudra rechercher dans les départements des documents analogues à ceux que renferment les études de Paris; en effet, la troupe de Molière a dû semer sur son passage des obligations et des quittances, des marchés avec des entrepreneurs et des fournisseurs, des baux pour la location des salles, des contrats d'associations entre comédiens, etc. » Kudore Soulié, Recherches sur Molière, p. 48.
« A partir de ce moment, il [Molière] disparait de Paris. Où est-il? Partout, sans qu'on puisse bien le saisir nulle part. Il fait des courses sans lin, à travers la province. Son corps s'y fatigue, mais son cœur s'y relève, son esprit s'y mûrit. Il ne laisse que sa vie aux ronces du rude chemin, où sa pensée, en revanche, se fait plus forte, son âme plus haute. — Aussi, quelle transformation, lorsque Paris le retrouve, plus de douze ans après! Il est parti vagabond, il revient grand homme!» Edouard Fournier, Études sur la vie et les œuvres de Molière, p. 42.
(*) « Le 12 janvier 16io. Robert Bourgeois, bourgeois de Paris, y demeurant, sur le fossé d'entre les portes de Bussy et Nesle, faubourg Saint-Germain, confesse devoir en gage a M. Charles Prieur, commis de M. le Musnier, la somme île ei«quaiile livres tournois. Le 7 juillet 1645, Robert Bourgeois demeurait rue des ffonaindières, paroisse Saint-Paul (Minute* de Ma Durant). On voit que Robert Bourgeois demeurait avec sa fille, puisque ses domiciles se trouvent successivement a proximité des jeux de paume des Métayers et de la Croix-Noire. » Eudore Soulié, Recherches..., p. 191, note 2.— Nous nous empressons de donner ce petit Suppléaient à la notice sur notre n° XI [cf. t. 11. p. "2071.
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