XVII. René Berthelot. — C'est le fameux Du Parc
« Le comique dont le premier surnom fut celui de Gros-René, et qui prit ensuite celui de Du Parc, se nommait René Berthelot. Dès sa jeunesse, il avait beaucoup d'embonpoint et tirait de cette qualité ou de ce
(i) « Les noms des acteurs qui ont signé la quittance du 24 octobre 1647 vont nous devenir bientôt familiers. René Berthelot, c'est Duparc, le futur Gros-René. C'est ici, croyons nous, qu'il apparaît pour la première fois. Charles Dufresne et Pierre Rebelhon (lisez Réveillon) avaient déjà fait partie, à Lyon, en 1653, d'une même troupe comique qui comptait aussi parmi ses membres le poète Nicolas Desfontaines [notre n° XII], celui qui s'était agrégé à l'Illustre Théâtre en 1644. S'ils étaient devenus «comédiens du duc d'Épernon », ce ne pouvait être que par suite de la protection accordée à Madeleine Béjart, et parce qu'ils étaient associés aux Béjart et à Molière.
« Mais cela n'est -pas sûr, objecte M. Brunetière (Éludes critiques, p. 162), peut- » être leur réunion n'eut-elle lieu que l'année suivante. » ISous verrons tout à l'heure que l'année suivante Dufresne, Berthelot, Réveillon, Molière, Madeleine Béjart, constituent une même troupe ; nous verrons encore que cette troupe est bien celle de son Altesse d'Épernon, l'une des deux troupes provinciales qui passaient pour les plus complètes, et que Scarron cite au commencement de son Roman. Cet ensemble de faits connus : la protection accoidée à une actrice qui peut bien être la Béjart, le titre porté par la troupe en passage à Albt, l'association indubitable de ces acteurs à une année de là, tout cela, sans produire la certitude, s'enchaîne assez bien et prend ainsi quelque consistance et quelque valeur. Voici donc ce que nous croyons apercevoir: Madeleine Béjart. forte de l'appui trouvé auprès du gouverneur de la Guyenne en 1646, aurait, au printemps de 1647, époque où les troupes provinciales se reformaient à Paris, ren/o>cé sa compagnie de ces artistes déjà habitués au train de la coméaie errante. » Louis Moland, Molière..., p. 70-71.
« Les documents cités, dit de son côté M. Mesnard, viennent de nous donner la certitude de la préstnce des comédiens du duc d'Épernon à Toulouse, à Albi, à Carcussonne, en 1647 ; mais plusieurs n'ont pas cru pouvoir en conclure sans hésitation celle de Molière dans cette dernière ville, la quittance n'étant pas signée par lui. non plus que par les Béjart. S'il fallait douter qu'il ait été plus que tout autre désigné par le comte de Breteuil comme un de ces très bons artistes, et fort honnétls i.kns, on serait désappointe. Heureusement, le scrupule parait excessif. Il est difficile de penser que la troupe n'ait pas été au complet dans une occasion telle que les fêtes de l'entrée du lieutenant général; et il n'y a jamais lieu de s'étonner quand les comédiens ne sont pas tous nommés dans les quittances, baptistaires et autres pièces. » Pur Messari», Notice..., p. 115.
défaut physique des effets qui provoquaient toujours le rire du parterre. Molière ne manqua pas de se servir de ce moyen pour égayer le rôle du valet d'Éraste (le Dépit amoureux), personnage dont il composa le nom du prénom de Berthelot et de l'adjectif qui caractérisait sa taille; il fit Gros-René, et lui mit dans la bouche ces vers :
» Je suis homme tout rond de toutes les manières... Moi jaloux! Dieu m'en garde et d'être assez badin Pour m'aller emmaigrir avec un tel chagrin...
» ... Il épousa Marquise-Thérèse de Gorle, qui fut une femme de talent dans la tragédie et la comédie... » A. Jal, Dictionnaire critique Je biographie et d'histoire, colonne 936, article : Parc (Du}.
René Berthelot, nous apprend en outre M. Jal (même page, colonne 2e), mourut le mardi 28 octobre 1664 et fut enterré le lendemain 29 : « Conuoy de 20 [prêtres], » vespres, de feu René Du Parc, viuant comédien de Mon- » sieur le duc d'Orléans, pris rue S^Thomas-du-Louvre. » (S^Germain l'Auxerrois.) — « Mardy quatre nouembre. on t> ne joua point à cause de la mort de M. Du Parc. » (Journal de La Grange.) — 4 nouembre, fait remarquer M. Jal, est une faute que corrige l'acte du 29.
« René Berthelot, dit Duparc, dit Gros-René, était Nantais. Il était, dit son contrat de mariage, « lilz naturel et légitime de Pierre Berthellot, » bourgeois de Nantes en Bretagne, et de damoiselle Perrine l'Evesque ». La présence de René Berthelot dans la troupe des comédiens de Me* le duc d'Épernon est constatée au mois d'octobre 1647.
» Duparc, à partir de cette époque, ne quitta plus la troupe, sauf une absence d'une année, de Pâques 1659 à Pâques 1660, qu'il passa au Marais...
» Dup ire parait avoir été l'un des acteurs français qui s'exercèrent le plus heureusement â suivre les Italiens sur le terrain de la farce improvisée. On voit qu'il continua à Paris ce qu'il avait sans doute commencé en Languedoc; on lit sur le registre de La Grange plusieurs titres de farces qu'il remplissait probablement de son exubérante personnalité: La Jalousie de Gros-René; Gros-René petit enfant; Gros-René écolier. » Louis Moland, Le Théâtre et la troupe de Molière, p. 437 à 439.
XVIII. Pierre Réveillon. — Trouvant ce nom sur l'acte de mariage de Foulle Martin et de Anne Reynes [célébré à Lyon, à l'église de Stc'-Croix, le 29 avril 1655] : les deux époux dont nous verrons baptiser le fils à Bordeaux en
304 Cha. VI ,
4656, M. Jal dit à ce propos: «Je ne connais point » Pierre Réveillon, qui n'était peut-être pas comédien. » (Dictionnaire, p. 846-847). Nous sommes plus avancés à ce sujet, aujourd'hui, que réminent historiographe et archiviste de la marine, puisque nous venons de trouver ce Pierre Réveillon signant la quittance du Compte des frais de l'entrée de Monseigneur le comte d'Aubijoux à Albi, en 1647, en qualité de comédien de la troupe de Mer le duc d'Espernon (*), et il avait déjà fait partie à Lyon, en 1643, d'une autre troupe comique avec Charles Dufresne (notre n° XVI) et Nicolas Desfontaines (notre n° XII).
Une grande lacune, de près de six mois, existe, maintenant, dans la vie de Molière, à partir de son séjour très probable à Carcassonne, en 1647, jusqu'à son séjour très certain, à Nantes, en 1648 (').
Voici ce que nous lisons sur les Registres de l'hôtel de ville de Nantes:
« Du jeudy 23e jour d'apvril mil six cent quarante-huit... Ce jour est venu au Bureau le sieur Morliehre, l'un des comédiens de la troupe du sr Dufresne, qui a remonstré que le reste de ladfite] troupe doit ar[r]iver ced[it] jour en ceste ville et a supplyé tresheumblement Messieurs leur
(') M. J. Loiseleur nous dit, page 133 des Points obscurs, que « Pierre Heveillon... » n'entra dans la compagnie qu'en 1648, à Nantes. » On voit cependant que Heveillon, en 1647 et à Albi, faisait déjà partie de la troupe du duc d'Épernon.
(s) « ... Pour trouver la troupe à Nantes, nous avons... à franchir une grande distance depuis Carcassonne, et aussi un assez long temps, d'octobre ICi/ à la seconde quinzaine d'avril 1648. Cette lacune dans nos informations ne serait pas entièrement comblée si l'on admettait la conjecture, pour laquelle vianquent d'ailleurs les preuves, que les comédiens, lorsqu'ils arrivèrent à Nantes, venaient de Paris, oit ils auraient passé la plus grande partie du carême de 1648, comme faisaient souvent les troupes de campagne. 11 vaut mieux reconnaître que toute indication fait DÉFAUT. Ce qui est certain, c'est que, en 1648, Molière est loin du duc d'Épernon; il n'y a pas à s'en étonner. Épernon n'avait plus guère le loisir de réclamer le service de sa troupe. Les luttes de son insolent despotisme avec les Bordelais l'avaient engagé dans de moins agréables distractions (a). Rien ne relevait donc ses comédiens dans son gouvernement ou même dans les provinces voisines. Tout leur conseillait au contraire de s'en tenir éloignés. » Paul Mksxard, Notice biographique sur Molière, p, 117-118.
(a) Nous trouvons cependant les lignes suivantes : « Et que de souffrances... LES RKPnÉSEXTA- TIONS A Bordkaux KN PLEIN» GUEIIEE CIVILE », page -11 du mignon volume de il. Jules Claretie, publié en 1873 à Paris par l'éditeur Alphonse Lemerre : MoHbre, sa vie et ses œuvres. M. Jules Claretie posséderait-il donc à ce 6ujet des renseignements que personne ne conuait ou du moins que je n'ui vus nulle part, ou bien, ce que je répugne à croire, aurait-il écrit ce passage daus le simple but d'arrondir une période ?
permettre de monter sur le t[h]éâtre pour représenter leurs commédyes... »
La date du 23 avril 4648 est celle à laquelle nous sommes convenus à l'avance de nous arrêter. Nous terminons donc ici nos recherches au sujet des premières pérégrinations de Molière et de sa troupe en province. Nous n'écrivons pas une vie de Molière. Nous ne retrouverons maintenant le grand homme qu'à Bordeaux, où il vint très positivement en 4656.
§ 7. — Un dernier mot sur ces époques.
Molière vint très certainement à Bordeaux, comme il vint aussi à Agen, à Cadillac, à Paris, en sa qualité d'acteur de la troupe du duc d'Épernon. La date 1647, fournie pour un de ses passages à Bordeaux par Nicolas de Tralage, doit être exacte, du moment où le neveu de la Reynie s'est donné la peine de l'indiquer après coup, en corrigeant de fait «1544 ou 1545» marqué par lui auparavant.
Rien n'était plus ordinaire au duc que de faire venir ses comédiens dans les résidences qu'il occupait, et l'on conçoit que personne ne se soit occupé alors de noter ces occasions ni même de les faire quelquefois remarquer au passage. Vers cette époque, et comme l'a si bien dit M. Hippolyte Minier (*), «Molière n'avait pas la moindre » notoriété : c'était un simple acteur de la troupe de la » Béjart, qui l'avait amené avec elle — et l'on sait pour- » quoi [oh! Monsieur Minier!]. — Est-il donc étonnant » que le silence, à ce moment-là, se soit fait sur un nom » qui ne devint célèbre que plus tard?» Mais le duc
(>) Le Théâtre à Bordeaux, étude historique par Hippolyte Minier (Bordeaux, in-8-, 1883), page 20, note 1.
306 Chap. VI,
d'Épernon le remarqua particulièrement, et ce fut beaucoup (1). « La capitale de la Guienne, dit en outre M. Hip- » polyte Minier (même ouvrage, p. 21), n'en sera pas moins » toujours fière d'avoir vu poindre l'aurore d'un incompa- » rable génie... » Mais pas seule! Mais avec Paris, Toulouse, Albi, Garcassonne, Agen, Cadillac, Nantes Que
sais-je encore? Tant il est vrai que chacun prêche pour son saint, plaide pour sa paroisse...!
Le duc d'Épernon quitta son gouvernement de Guyenne le 25 juillet 1650 (2). « La protection d'un homme qui » affectait la puissance d'un prince n'avait pas été inutile, » au temps surtout où, en pleine détresse des naufragés » de V Illustre Théâtre, elle leur avait donné un titre qui » les relevait. L'avantage de pouvoir s'en parer avait fini » par être contestable, lorsque le nom du Mécène était «> devenu si justement abhorré dans la province où il » régnait (3). » (Paul Mesnard, Notice biographique, p. 121.)
(i) « Molière dut renoncer à diriger la compagnie, soit à cause de son jeune âge et des tristes résultats qu'avait eus sa gestion, soit par crainte des créanciers que V Illustre Théâtre laissait à Paris, et qui auraient pu faire main basse sur les recettes. — Mais la suprématie de Du Fresne fut purement nominale, et personne ne s'y trompa : la troupe... était connue sous le nom de troupe de Molière et de la Béjart. Madeleine en était l'àme; femme de tête, esprit plein de ressources, Madeleine calculait tout, voyait tout, veillait aux intérêts communs aussi bien qu'à ses propres intérêts, et parfois les défendait en justice... C'était par elle encore, par son esprit d'ordre et d'économie que l'abondance régnait dans l'association, quand tant d'autres [compagnies nomades] manquaient du nécessaire. » Jcles Loiseleur, les Points obscurs de la vie de Molière, p. 134-135.
(*)« Épernon, qui avait fait venir ses comédiens à Agen [en 16ô0], les y retint peut-être longtemps. Il y lit lui-même un séjour de plusieurs mois. C'est à cette époque que se rapporte sans doute le passage des Mémoires de Pierre Lenet (collection Michaud. t. XXVI, p. 267), où il est dit que la haine de ceux d'Agen pour le duc augmentait fort, et que, s'il sortait de cette ville, on pensait qu'il n'y rentrerait jamais. Ce moment d'impopularité croissante est celui où les mêmes Mémoires parlent de la folle passion du gouverneur pour sa Nanon. On nous les représente alors tous deux dans leur retraite du manoir de Malconte, menacés par les malédictions publiques, et, comme ils cherchaient dans les plaisirs une distraction à leurs ennemis, gardant peut-être près d'eux la troupe comique. Ceci n'est qu'une conjecture, mais une des plus acceptables. La Cour pressait le duc de s'éloigner de la Guyenne; il s'y décida le 25 juillet, pour ne plus reprendre son gou remement, dont la paix de Bordeaux, conclue le 29 septembre, promettait aux Bordelais de les débarrasser. On peut regarder son dipart d'Acen comme ayant mis
FIN A L'ENGAGEMENT QUI LIAIT LES COMÉDIENS A SON SERVICE. « PAUL MESNARD, Xolke
biographique sur Molière, p. 121.
(*•) « Et puis, être protégés aussi bien par Nanon de Lartigue que par le duc
Pourquoi sa troupe, hélas! ne possédait-elle pas un La Grange, se chargeant de tenir registre spécial de ses représentations, distributions, échanges et déplacements?
La légende, de la venue à Bordeaux de la troupe nomade de Molière et de la Béjart en 1645, et de sa réception dans cette ville par le duc d'Épernon, Bernard de Nogaret, est désormais évanouie, et à toujours. Je me trompe : elle existe, elle brille dans le monde de l'Art, d'où elle n'est pas près d'être chassée. Sont-ce donc les choses les plus vraies qui sont les plus célèbres? La véritable Athalie, c'est celle de Racine. Le véritable Cinna, c'est celui de Corneille. Le véritable Louis XI, c'est celui de Casimir Delavigne. Le véritable François Ier, c'est celui de Victor Hugo. Le véritable Henri III, c'est celui d'Alexandre Dumas. Ceux de l'Histoire les laissent vivre à côté d'eux; je veux dire: ne viennent que bien après dans les pensées et dans l'imagination de la foule.
Et nous ne voulons pas terminer ce chapitre sixième sans reproduire, ici, au moins quelques vers de la comédie de M.Hippolyte Minier (1865) : Molièi'e à Bordeaux.
Le duc d'Épernon.
Ne me supposez pas une pitié vulgaire ; Vous me haïssez. Moi, je ne vous aime guère... Si je cède, par vous follement menacé,
(Montrant Molière.) C'est qu'entre vous et moi un homme s'est placé; C'est que, par ce billet, son bon cœur me vient dire :
(Lisant le billet écrit par Molière, j « En face du malheur je ne sus jamais rire; » Que Bordeaux ait du pain, ou je pars à l'instant. » Moi, le laisser partir, l'homme à qui je tiens tant!...
d'Épernon, pouvait paraître un médiocre honneur. Il semblerait <jue Molière dût être homme à le sentir et a trouver qu'il gagnait quelque chose le jour où sa troupe cessa d'appartenir à un protecteur ai niai famé. Sa profession, cependaut, rendait peutêtre difficile trop de délicatesse, particulièrement sur l'article des scandaleuses maitresses; et d'ailleurs, en ces temps-là, on était tellement habitué aux désordres, publiquement étalés, des grands, qu'on ne pensait guère à en être choqué, Paul Mesnakd, Notice biographique sur Molière, p. 121 et 122.
308 Chap. VI,
Non... Messieurs les jurats, que tout grenier se vide!
Si quelque farinier, accapareur avide,
Voulait vendre son grain au-delà du tarif,
Qu'on l'appréhende au corps et qu'il soit roué vif!
Premier homme du pecple.
Vive le duc!
Le Duc.
Criez plutôt : Vive Molière !
Jacques de Lestrilles.
Quoi! cet acteur fameux, dont la province est fière?...
Le Duc.
Le voilà!
Molière, au duc, Ménagez votre hôte, s'il vous plaît.
(Entre Oronte, qui reste inaperçu.)
Le Duc.
Non... Il faut à Molière un triomphe complet. C'est pour moi que ce soir vous jouez ; mais j'ordonne Qu'à Montméjean, demain, un spectacle se donne Gratis... J'en fais les frais.
(Le duc donne une bourse à Molière.)
Molière.
J'accepte... Seulement, J'y mettrai, Monseigneur, avec votre agrément, Une condition.
Le Duc.
Laquelle?
Molière.
Que la somme Pour es pauvres se change en pain.
Premier homme du peuple.
Excellent homme!
Madeleine Béjart, avec exaltation.
Grand génie et grand cœur!
Molière.
Messieurs, c'est entendu.
(Mettant la bourse dans les mains du premier jurât.) Ou'aux indigents cet or soit par vous répandu.
Oronte, se faisant voir, et battant des mains, liravo !
Le Dec, étonné, à Oronte.
Saint-Aignan... vous, ici... l'homme à la mode? Oronte, pressant la main du duc oVÉpernon.
Un mystère.
(A Molière.) Avec vous cela me raccommode.
Vous jugez mal les vers, mais votre cœur est bon..
(Tirant son manuscrit de sa poche.) Et puis j'ai très mal lu les miens... Je veux...
Molière, reculant, avec un effroi comique.
Pardon.
Demain... Plus tard... Mon rôle à l'instant me réclame... Je vais devant le Duc...
(Désignant Madeleine Béjart.) Jouer avec Madame.
Oronte, saluant Madeleine Béjart.
La Grésinde (l) !
Le Dec.
Messieurs, ne vous éloignez pas.
Déjà mes invités sont réunis en bas.
C'est l'heure du spectacle, et je vous y convie Tous...
(Aux hommes du peuple.) Vous aussi... ce jour marquera dans ma vie. Oui, nos petits-neveux, fiers de leurs devanciers, Diront : « Le vieux Bordeaux a vu, l'un des premiers, » Rayonner dans Molière un moderne Térence, » La gloire du théâtre et l'honneur de la France ! »
l1) «J'ai confondu les deux Béjart! » m'a dit, à propos de ce passage, le poète Hippolyte Minier. — Non, cher maître, vous avez été devin, sorcier, tout ce que vous voudrez, mais vous avez dit la vérité, à preuve les lignes suivantes (p. 181) du Dictionnaire de Jal:
« Elle figure [Magdeleine Béjart] sous les noms de « Magdelaine-Gresaindre » (sic) dans le baptistaire d'un enfant de Marie Prévost, le 20 novembre 1661. Elle fut
marraine ce jour-là, ayant pour compère Jean-Baptiste Poquelin Molière Ce nom
de Grésinde, qu'elle prit pour une raison qui m'échappe et que me fait connaître l'acte du 1!) février 1672, m'autorise à penser que Madeleine Béjart fut la marraine, à la campagne, de sa dernière sœur, cette Armande-Grésinde-Claire-Élisabeth qu'elle aima toujours beaucoup. » J'avais fait moi-même cette supposition avant d'avoir lu les lignes de M. Jal que je viens de citer.
310 Chàp. VII,