Rue Magudas ou Vertueil
« Tous les fiefs de » ces deux paroisses » unies sont au nom- » bre de Trente-qua- »tre. (P. 631.)»
Trente-quatre fiefs, dans ces deux paroisses unies! Ainsi le constate, page 631 du précieux manuscrit G 399, le chanoine théologal T. M. M. Hierome Lopes!...
Trente-quatre fiefs! Quelle occasion tentante, cependant, si nous voulions faire ici, à peu de frais, de l'érudition historique et de l'archéologie, en ne regardant pas, comme certains moliéristes, à trop nous éloigner de notre sujet! Nous aurions beau jeu, en effet, à examiner, en les prenant successivement les uns après les autres, leur origine, les vicissitudes de toute sorte par lesquelles ils ont successivement passé, leur devenir, et enfin ce qu'ils sont actuellement dans les dernières années du xixe siècle...!
— Mais, — me direz -vous, lecteurs, — si le théâtre
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occupé par Molière et sa troupe en 1656, a fait réellement partie (ce qui n'est pas après tout d'un intérêt absolument exceptionnel) de l'un de ces trente-quatre fiefs, qu'auraient à voir, pour nous, et dans la question qui nous occupe, les trente-trois autres?
C'est un peu cependant à un travail de ce genre que s'est livré certain Moliériste «de haulte gresse», j'entends de grand et sérieux talent et d'une valeur tout à fait hors de pair, dans un ouvrage couronné, qui plus est, par l'Institut: M. Auguste Vitu, — que plaisante fort agréablement, à ce sujet même (tout en ayant l'air de lui adresser des compliments, et avec un petit ton de « pincesans-rire » vraiment rempli de charme), le très fin et très spirituel bibliothécaire de la ville d'Orléans, M. Jules Loiseleur, dans la page suivante, que nous nous donnons le plaisir de reproduire ici, ne serait-ce que pour animer un peu les présentes pages qui en ont sans doute grand besoin, et faire diversion à leur sécheresse forcée.
« M. Auguste Vitu n'est pas seulement un moliériste entendu et fort compétent, c'est aussi un archéologue. Le moliériste recherche toutes les demeures qu'a habitées notre grand poète comique; l'archéologue les décrit et en analyse les titres. C'est le moliériste qui a prouvé que Molière mourut au n° 40 de la rue Richelieu (l), mais c'est l'archéologue qui a
publié LES TITRES DE QUANTITÉ D'AUTRES MAISONS QUI N*ONT D'AUTRES RAP- PORTS AVEC CELLE-LA QUE D'ÊTRE SITUÉES DANS LA MÊME RUE. Au lieu d'ap-
(i) On sait qu'Ubalde, — dont je reprends et dont j'agrandis de mon mieux, dans le présent ouvrage, la singulière et fort tentante hypothèse — a, comme dit Sganarelle, changé tout cela. Vitu (avec qui j'étais personnellement dans d'excellentes relations, et qui voulait bien me consulter en matière de mélodies populaires) faisait une grimace fort expressive, paraît-il, quand on lui parlai l de la mince brochure jaune écrite en 1882 à Vichy par Ubalde, et publiée à Bordeaux en 1883. Je n'ai pas lu son article, s'il en a écrit un, à l'époque, sur cette publication. Je sais seulement, — et ceci je le tiens d'un de mes amis, qui le connaissait particulièrement, — qu'Auguste Vitu avait une opinion très arrêtée sur l'auteur, si malheureux et si affligé, de cet opuscule au fond parfaitement inoffensif. Pour lui, Vitu, le pauvre Ubalde était un fou. Le même ami dont je parle me demandait à quoi je pouvais bien attribuer cette opinion crue et sans ambages de la part d'un homme cependant rempli de sérieux, de tact et de solide érudition : — Comment donc, lui répliquai-je, ne le voyez-vous donc pas? Si Molière était réellement mort à la Bastille, comme, en effet, cela a fort bien pu avoir lieu, et si l'on parvenait à faire adopter cette opinion à la majorité du public, que deviendrait, du coup, le livre de M. Auguste Vitu : la Maison mortuaire de Molière?
peler son livre : La maison mortuaire de Molière (*), que ne l"a— t-il intitulé : Histoire de la rue Richelieu! Il eût évité l'ennui de s'entendre dire qu'il avait consacré moins de 40 pages à son sujet et plus de 400 à ce qui ne l'est pas (-) ; et l'ouvrage, qui est fort instructif, n'y eût rien perdu de son intérêt (3). M. Vitu fait partie de la Société de l'Histoire de Paris, et l'on ne pourrait dire, tant il sait associer les deux qualités (*), si c'est le disciple de Taschereau ou celui de Caumont qui publie, dans le Bulletin et dans les Mémoires de cette société, des études telles que celle qui concerne le Jeu de Paume des Mestaijers et l'Illustre Théâtre et celle qui a pour titre: la Maison des Pocquelins et la maison de Regnard aux piliers des Halles. » Jules Loiseleur, Molière, nouvelles controverses sur sa vie et sa famille, p. 60 et 61.
L'argumentation de M. Loiseleur est excellente et légitime. Avant de la lire, du reste, nous étions convaincu, nous étions converti à l'avance. Molière étant ici notre simple objectif, nous ne nous occuperons donc que du seul et unique fief renfermant le jeu de paume de Barolla, celui qui vit jouer sans doute le Docteur amoureux, la
(i) « La Maison mortuaire de Molière, d'après des documents inédits, avec plans et » dessins, par M. Auguste Vitu. Paris, Alphonse Lemerre, 1880: 1 volume in-8° de » 480 pages. »
(!) J'ai encouru un peu moi-même une critique de ce genre : Je ne nierai pas que l'on ne m'ait déjà reproché, avant même que le présent livre ait encore paru, de l'avoir appelé Molière à Bordeaux, par la raison que j'y parle d'autres choses encore que du séjour de ce grand homme dans notre ville. Je pourrais répondre ici, en parodiant le fameux vers du Roland de Quinault :
Quand on prend du Molière on n'en saurait trop prendre. Mais je ne le fais pas, et pour cause; j'aime mieux accepter la critique, mais seulement cependant jusqu'à un certain point. Mon livre ne porte-t-il pas, en effet, un second titre : et ses fins dernières à Paris? Et, puisque je suis ramené une fois encore sur ce dernier terrain, je ferai remarquer — et ici je suis dans mon droit le plus strict — deux choses : c'est que s' il est parfaitement prouvé que Molière est venu à Bordeaux en 1656, qu'il a habile le quartier Sainl-Christoly et qu'il y a donné des représentations au jeu de paume de Bariola, en revanche il n'est plus tant prouvé que cela qu'il soit réellement mort à Paris, rue de Richelieu [n°40 actuel, nous dit M. Auguste Vitu], le 17 février 1673. En un mot, ce que l'on ne savait pas autrefois, on en est à peu près sûr aujourd'hui avec quelques réticences peut-être; et, par contre, ce dont on croyait être, jadis, parfaitement certain, on commence sérieusement, de nos jours, à en douter... !
(3) M. Jules Loiseleur affecte, avec un rare esprit, de ne pas s'apercevoir que, grâce au titre si heureux, si alléchant et si... inexact (si exact, seulement pour une faible partie du livre), de la Maison mortuaire de Molière, tous les moliéristes, et ils sont légion, ont acheté le volume; tandis que, sous celui d'Histoire de la rue Richelieu, il ne s'en serait « placé » (style de librairie) qu'un bien moins grand nombre d'exemplaires! !... L'ironie de M. Loiseleur est fine, mais ne se laisse pas moins déceler, pour qui s'est rendu familiers les livres, d'un intérêt si vif et si piquant, du malicieux bibliothécaire Orléanais.
(*) Ici encore M. Jules Loiseleur adresse à M. Auguste Vitu des compliments à deux tranchants, mais auxquels il est bien difficile à un auteur, toujours naturellement prévenu en sa propre faveur, de ne pas naïvement se laisser prendre. C'est admirable, de « guêpinerie », de goût et de mesure.
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farce des Précieuses et l'Estourdy... sans compter les tragédies formant le fonds classique du répertoire...!
Quant aux trente-trois autres fiefs, qui (comme dit si bien M. Loiseleur) n'ont d'autre rapport avec celui-là que d'être situés dans la même rue ou dans la même paroisse, nous en ferons abstraction complète, et laisserons leurs titres et les noms de leurs anciens propriétaires tranquillement dormir sur les feuillets séculaires de la lieve du chanoine bordelais.
Mais il faudrait, maintenant, s'entendre, et la chose, certes, en vaut la peine : Si le jeu de paume de Barrola, ainsi que cela a été établi plus haut, a été vendu en 1671 , par le ministère du notaire bordelais Betbédé, aux Révérends pères Carmes s'établissant rue Saint-Cristoly; si, surtout, ces derniers ont, en 4672, fait bâtir leur église à la place, ledit jeu de paume de Barrola n'existait plus en 1685, date de la Lieve des Fiefs nouuellement dressée par Hierosme Lopes. Cela est irréfutable.
Page 609, recto, de ladite lieve, nous trouvons bien l'indication suivante que nous nous empressons de reproduire :
« P[aroisse] S'-Christoly. R[ue] S'-Christoly.
» M[ademoisel]le Pacot vefue de Nicolas Barbarin... Pour une maison de lad[it]e r[ue] faisant partie d'une plus grande maison où est un jeu de paulme que le fief du chapitre ioint, au couchant vis à vis de la porte de l'église des P. P. Carmes deschaussés... (??)
«Reconnu par Nicolas Barbarin ('), licencié ez loix, le 17 mai 1628. P. Subercaze, notaire, folio 289. »
Et, au folio 607, deux pages avant, nous trouvons : « La maison curiale de Saint-Cristoly joignoit au levant » l'église des PP. Carmes déchaussés. » — Il est clair
(') Il est bien certain que la reconnaissance de Nicolas Barbarin, faite le 17 mai 1628, ne pouvait contenir la mention précédente, reproduite par nous en italiques, et suivie qui plus est, entre parenthèses, de deux points d'interrogation des plus significatifs; et que la plus grande maison oh est un jeu de paulme, située au couchant vis à vis de la porte de l'église des Carmes, ne pouvait pas être celle que cette dite
que celte dernière existait, en 1685, date de la lieve, depuis treize ans accomplis...!
A ces renseignements, joignons les suivants, rétroactifs, et que nous tenons spécialement de l'obligeance de M. Dast de Boisville :
« G 398. — Jeu de Paume de Barrola. Notaires cités : Saubat, 11 avril 1658 j Conilli, 25 aoust 1651, 6 mars 1652; Lheritier (»), 26 avril 1656, 29 janvier 1656. — Le jeu de Paume de Barrola est rue S'-Christoly, confrontant par le devant à la rue S'-Christoly, par derrière à une maison du président Jean de Gourgue; d'un costé à la maison presbytérale où demeure le curé de S'-Christoly, de l'autre à une maison où demeure Me Raymond de Malvyn. »
Pour en revenir à Molière, dont la rue qu'il habitait et le jeu de paume où il a sans doute joue nous ont quelque peu éloigné, nous avons vu, dans le récit de ses pérégrinations avec sa troupe, que toute location de théâtre ou de jeu de paume donnait lieu à un bail ou à un marché. — Témoin ceux qui furent dressés :
A Paris, le 12 septembre 1644, avec Noël Gallois, pour location du jeu de paume des Mestayers;
A Paris, le 20 décembre 16-44, avec Antoine Girault, pour transformation en théâtre du jeu de paume de la rue des Barrés.
Ne serait-il pas possible de découvrir dans les anciennes minutes de 1656, chez un notaire de Bordeaux, une pièce du même genre concernant la troupe de Molière et le jeu de paume de Barolla ?
Eudore Soulié, si favorisé dans ses recherches chez les notaires de Paris, n'a plus retrouvé sa belle chance quand il a voulu ensuite compulser et fouiller les anciennes
église des Carmes avait elle-même remplacée. Il existait donc, en 1685, au couchant et vis-à-vis les Carmes, un autre jeu de paume; mais on ne dit pas qu'à cette époque, 1685, il fût déjà transformé en théâtre.
(M Lheritier était le notaire du duc d'Espernon à Bordeaux. On ignore ce qu'ont pu devenir ses minutes. (Renseignement rerbal de M. Dast de Boisville, fourni le 7 novembre 1897.) — Nous attirons spécialement l'attention des chercheurs et des fureteurs d'archives sur cette petite note.
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minutes des notaires de province. Dans les découvertes de ce genre, et quand ces sortes de pièces ne se rattachent pas surtout les unes aux autres, un heureux hasard seul peut vous guider! Je fais des vœux pour que cette nouvelle trouvaille soit, dans l'avenir, faite encore par M. Dast de Boisville, à qui Bordeaux est redevable de la première.
Quand a-t-on rebâti, maintenant, à Bordeaux, dans le même quartier Saint-Christoly un autre théâtre ou jeu de paume (car nous savons qu'il y en a eu un), portant ou ne portant pas le même nom? c'est là une question fort incidente. Celle qui nous touche le plus, surtout et avant tout, c'est de reconnaître dans le jeu de paume de Barolla ou à'Abarolla, primitivement iïlbarolla, le théâtre où Molière et sa troupe jouèrent à Bordeaux à différentes reprises, et en dernier lieu en 1656. Le reste n'est que secondaire.
Ce second théâtre, cependant, dont nous parlons plus haut, a certainement existé. Mais nous pouvons dire jusqu'ici, par rapport à lui, parodiant le vers des Plaideurs :
Ce que je sais le moins c'est son commencement ('),
puisque nous avons appris du moins par Bernadau [le Viographe Bordelais, page 101], qu'il a fini, lui aussi, comme presque tous les théâtres, par un incendie — qui eut lieu le 14 juillet 1716. « Pour la reconstruire [la salle de spectacle], les jurats autorisèrent l'établissement d'une loterie... » Mais que disent, à ce sujet, les documents officiels?
Nous n'avions rien trouvé, aux Archives municipales, qui ait rapport à cet incendie, si ce n'est l'analyse d'une
(!) Ce commencement, chance inespérée, M. Dast de Boisville va cependant nous en fournir la date ! Voyez, ci-après, page 446, note 1.
lettre, écrite en 1720, et dans laquelle il est question de
rebâtir la salle incendiée. Voici, avant tout, cette pièce :
s 1720. 18e avril. Une lettre de Monseigneur de Lavrillière, ministre et secrétaire d'État, écrite à M. de Courson, intendant de la province, par laquelle il lui marque que le sieur Barbarin, après avoir obtenu de Monseigneur le duc d'Orléans Régent du Royaume une gratification de 25,000 livres pour rebâtir la salle de spectacle qui avoit été incendiée, a présenté un placet à S. A. R. pour demander que cette salle servît à cet usage, préférablement à toutes autres que l'on pourroit faire construire; ce qui a paru juste à Monseigneur le Duc d'Orléans, qui lui ordonne d'y tenir la main, et même de le faire savoir à MM. les jurats. La copie du placet est attachée au registre... (page 40). » Inventaire sommaire de 175i. - Spectacles. 1612-1753.
Par malheur, je m'étais convaincu que le registre en question n'existait plus aux Archives municipales, ni à plus forte raison la copie du placet qui y avait été attachée. Aurait-on la bonne fortune d'en retrouver des fragments parmi les pièces à demi-consumées et non encore classées, provenant de l'incendie de la mairie de Bordeaux? Nous n'osions trop l'espérer...!
Et voilà que le 21 octobre 1897, M. l'Archiviste en chef de la ville de Bordeaux, qui est l'homme le plus aimable et le plus obligeant du monde, nous écrivait le charmant petit mot suivant, auquel nous nous ferions scrupule de changer seulement un iota : « Mon cher Président, — cy- » inclus, à tiltre documentaire, la copie ressemblante » d'une lectre que je désire vous remplir moult de joye. d — Salut et dilection » — [Ducaunnès-]Duval. — Voici cet intéressant document :
Copie de la lettre écrite par M. le Duc de Noailles à M. de Courson, le 22 avril 11 H.
«Je vous écrivis, Monsieur, le 30 du mois de septembre dernier au sujet
u dédommagement que S. A. R. vouloit bien accorder au sieur Barbarin,
de la perte qu'il avoit souferte par l'incendie de ses maisons et de la salle
des spectacles à Bordeaux. le vous marquay (partie brûlée) pas
cru devoir permetre l'ouverture d'une lotterie en sa faveur; mais aiant esté informée depuis de l'extrême besoin qu'il avoit de quelques prompts
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secours, elle a bien voulu luy accorder la permission de faire dès à présent cette lotterie jusques à concurrence d'un fonds de cent mille francs, suivant le projet que vous m'en aviés envoyé avec vostre lettre du 18 aoust de l'année dernière, et elle m'a ordonné de vous le faire savoir, non seulement afin que vous donnies tous les ordres nécessaires pour l'établissement de cette lotterie, mais aussy que vous veillies à ce qu'elle soit tirée avec toute l'exactitude et la fidélité possibles. Je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. — Signé : le duc de Noailles. »
[Au dos :] « Le 22 avril 1717. — Sur la permission accordée par M. le Régent d'une lotterie en faveur du sieur Barbarin pour l'indemniser de l'insendie de ses maisons et de la sale du spectacle. »
Nous savons donc désormais à quoi nous en tenir, grâce à l'heureuse trouvaille de M. Ducaunnès-Duval, au sujet de la lotterie, à laquelle donna lieu la reconstruction de la salle incendiée, et dont nous avions déjà entendu parler plus haut par Bernadau (1).
La salle a-t-elle donc été enfin rebâtie? quel a été son destin? où était-elle au juste située? Toutes questions qui nous éloigneraient sans doute considérablement de Molière...!
M. Minier, «le poète Bordelais», qui a célébré (dans une pièce de théâtre, en vers, dont nous avons beaucoup entretenu nos lecteurs [I, pages 17-23; II, pages 307-309], et qui est même intitulée Molière à Bordeaux), le séjour
C1) Une bonne chance arrive rarement seule! Aujourd'hui, 7 novembre 1897, je reçois de M. Dast de Boisville la note suivante qui fournit précisément (a) la date (1690) d'ouverture de la salle de spectacle de Barbarin ayant succédé, dans la rue Saint-Christoly [rue Montméjan actuelle], au jeu de paume de Barolla {!>), détruit en 1672: «D'après une supplique adressée au roi par Hyacinthe Barbarin (Arch. «munie, de Bordeaux, série G G, 307), la salle de spectacle, détruite par le feu »cn 1716, était située dans l'endroit de la ville le plus eommode, et, depuis 1690 jus- » ques en 1716 que fincendie arriva, tous les spectacles ont esté représentés dans cette » ville [salle?] à raison de 15 livres tournois par jour qui commencent du jour qu'on remet » les clefs aux entrepreneurs jusques à ce qu'ils les rendent. »
(a) Eu relisant posément le texte dont il s'agit, j'avoue que je le trouve moins significatif que je ne l'ai cru tout d'abord et que je ne l'ai dit ici (dans la note qui motive la présente notule) : On n'y lit pas, en effet, en toutes lettres : depuis 1690, date à laquelle les représentations commencèrent dans cette salle,... La vérité avant tout.
(6J Reste toujours un inconnu à dégager : nous continuons à ignorer quel est le jeu de paume, au couchant vis-à-vis de la porte de l'église des Carmes, dont il est question (cf. p. 442) dans une lieve de 1685^ c'est-à-dire quatorze ans après l'érection de l'église des Carmes sur l'emplacement du jeu de Paume d'ibarolla, ou, si l'on aime mieux, cinq ans avant 1690. Après tout, on peut conjecturer, d'après la comparaison des pièces que nous avons : 1" que le jeu de paume, devant remplacer celui détruit par les Carmes, était déjà bâti en 1685, époque où la lieve, dressée par lo cbauoiuc Tbéologal T. M. M. Hierome Lopes, en fait mention ; 2° que ce serait à partir de l'année 1690 qu'on transforma spécialement ce second jeu de paume en théâtre pour y jouer la comédie.
dans notre ville de l'immortel comique, m'avait parlé autrefois, et je me le suis toujours rappelé, d'une très petite salle de la rue des Treilles où il avait vu jouer la comédie dans sa première enfance. Dernièrement je lui ai ravivé par écrit ce jeune souvenir, et j'ai reçu de lui l'aimable lettre suivante :
Bordeaux, i septembre 1897.
Mon cher Président, C'est dans la partie de l'ancienne rue des Treilles (aujourd'hui de Grassi) qui va de la rue Porte-Dijeaux au cours de l'Intendance, et du même côté que la Salle des Ventes, qu'était situé le théâtre dont je vous ai parlé, — théâtre minuscule que renfermait une maison moderne, de la plus vulgaire apparence. Une société bourgeoise y donnait, le dimanche, des représentations auxquelles n'assistaient que les parents et les amis. — Le soir où j'y fus conduit (je pouvais avoir alors sept ou huit ans) on jouait les Chevilles de Maître Adam, vaudeville (*)• — J'en ai retenu la fin d'un couplet :
« Pégase est un cheval qui porte » Les Poètes à l'hôpital. »
C'était, à mon égard, un avertissement charitable ! J'aurais dû mieux en profiter.
Voilà, sur l'ancien et petit théâtre de la rue des Treilles, tout ce que m'a fourni ma mémoire. — Souvenirs un peu vagues, j'en conviens; mais qui datent d'environ soixante-quinze ans. — Cela mérite bien un peu d'indulgence.
A vous, cher ami, de tout cœur.
A Anatole Loquin. Hippolyte Minier.
§ 7. — Une promenade dans la rue Montméjan et ses alentours à l'époque actuelle.
Engageons-nous dans la rue Montméjan.
Notre point de départ est la rue des Facultés, l'ancienne rue Saint-Paul, que nous avons derrière nous. A notre gauche est le nord, à notre droite le sud. En marchant devant nous, nous nous dirigeons par consé-
(') Les Chevilles de ilallre Adam, menuisier de Revers, ou les poètes artisans (1805). vaudeville en un acte, par Moreau et Francis d'Allarde. Mais les deux vers que cite M. Minier, bien antérieurs à la pièce des Chevilles, sont originairement du poète, membre de l'Académie, F. Maynard (1583-1646): Cf. Edouard Foirnier, l'Esprit des autres, cinquième édition (1879), p. 287-288.
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quent, dans la réalité, de l'ouest à l'est. — Nous traversons la rue Vital-Caries, voie perpendiculaire, la plus nouvelle de toutes, et qui laisse enfin apparaître, complètement dégagée, notre admirable cathédrale (1).
Nous arrivons à l'endroit où se rencontrent, à notre gauche (au nord) la rue du Temple, à notre droite (au sud) la rue Baubadat.
C'est à cet endroit que finissait la rue Mimisan, que commençait la rue Saint-Cristoly (d'autrefois).
A notre droite, un peu plus loin, nous rencontrons l'ancienne rue deu Putz de Bertulh (rue Saint-Christoly actuelle) qui va rejoindre dans sa première partie la rue Baubadat, désignée dans les textes du moyen âge sous le nom de rue Magudas.
Suivez la rue Saint-Christoly actuelle jusqu'au bout, vous rencontrerez, à son extrémité, une fontaine. C'est cette fontaine qui remplace le puits de Bertulh, en français Verteuil.
Revenons maintenant sur nos pas pour regagner la rue (cMontméjan ». C'est bien au n° 1 de cette rue Saint-
(!) «Article XIV. Église cathédrale de Saint-André. — On ignore l'époque de la cathédrale du diocèse de Bordeaux. Celle qui subsiste fut consacrée le 3 mai 1096
par le pape Urbain II elle n'était pas terminée au commencement du xive siècle.
» (Page 225)... Cette entrée est décorée de la statue du pape Clément V et de celles des six cardinaux bordelais qu'il avait créés à son avènement au trône pontifical. Sur le fronton de la porte se voient deux bas-reliefs superposés, dont l'un représente la cène et l'autre l'ascension. Ces deux morceaux de sculpture du xive siècle sont très remarquables. » Bernadad, Le Viographe bordelais.
C'est par cette porte, et non sans doute sans jeter un coup d'œil sur ces sculptures, que passèrent, le 15 août 1656, Molière et sa commère, Mademoiselle de Brie, allant tenir sur les fonts et faire baptiser l'enfant de Faure Martin et d'Anne Reynier, leurs deux camarades.
« Sur le même côté de l'église, ajoute (même page) Bernadau, on a muré, dans ces derniers temps, une ancienne porte d'entrée qu'on appelait la porte royale, parce qu'elle ne s'ouvrait que dans les grandes cérémonies... »
Ajoutons qu'il y a peu d'années, on a dégagé et fait reparaître cette seconde porte.
Mais ce qui ne dut pas peu attirer l'attention des deux comédiens, c'est la grande tour Pey-Berland,si imposante, et que l'on découvre si bien aujourd'hui de la rue Montméjan môme, grâce au percement de la rue Gouvion et au dégagement s complet de l'ancienne place.
Christoly dans laquelle nous nous trouvons que nous avons vu démolir, tout à la lin du mois d'octobre 1895, toute la partie supérieure d'un édifice, à fenêtres à ogives, et que nous avons pris naturellement (ce en quoi nous étions dans une grave erreur), pour l'église Saint- Christoly, étant donné le nom actuel de la rue dans laquelle il se trouvait : nous n'avions pas encore étudié le devenir des noms de rues du quartier Saint-Christoly de 1550 à 1895.
Mais cet édifice, quel était-il? C'est ce que nous aurions été curieux d'apprendre (,).
Quant à l'église Saint-Christoly, nous la retrouvons dans la rue Montméjan sur notre gauche (au nord), faisant le coin de l'ancienne rue Saint-Christoly (aujourd'hui continuation de la rue Montméjan) et de l'ancienne rue des Treilles (aujourd'hui rue de Grassi).
« Les restes de l'église Saint-Christoly se voient encore sur le côté septentrional de la rue Montméjan, en face de la rue Saint-Christoly , au coin de la rue de Grassi. » Léo Drouyn, Bordeaux vers 1450, p. 147.
« Elle [l'église Saint-Cristoly] existe, elle subsiste encore, et on peut en voir les restes avec les contreforts aux n°« 13 et 15 de la rue Montrnéjean, où elle constitue une maison dont le rez-de-chaussée est occupé par le magasin de M. Castel, poélier- fumiste. » Henri Levesque, le Patriote du Sud-Ouest, numéro du samedi Ifï novembre 1895.
C'est à partir de la rue de Grassi, et jusqu'à l'embranchement formé au nord (à notre gauche) par la rue
(*) M. Henri Levesque ne satisfait pas notre curiosité. 11 nous dit bien, dans son article du Patriote du Sud-Ouest du samedi 16 novembre 1895 reproduit par nous, chapitre huitième, § 4: « Les croisées ogivales dont notre confrère a relevé la » trace et qui ont maintenant disparu étaient les derniers vestiges du pâté de » maisons que nos ancêtres, et notamment l'abbé Baurein, dénommaient l'isle de » Verteuil. Ce pâté de maisons semble, en effet, former un ilôt entre les rues Bau- » badat, Montméjan et Saint-Christoly.» — Cf. p. 411, fin de la note 1.
Mais le pâté de maisons dénommé l'isle de Verteuil n'aurait nullement été détruit ! Entre la rue Saint-Christoly actuelle et la rue Baubadat, il n'y a pas d'espace vide! Les deux rues existent touours simultanément; ce qui ne serait pas, m les maisons qui les séparent, et qui forment ledit pâle, ledit ilôt, avaient complètement disparu jusqu'au «'dernier vestige ».
J'en reviens donc à ma question qui n'a pas reçu de solution : quel était à l'origine cet édifice à fenêtres ogivales, recouvert de peinture noire, et ayant visible-
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Castillon, à l'est (devant nous) par la rue Margaux et au sud (à notre droite) par la rue de Cheverus, autrefois rue Judaïque, que se trouvait, jusque vers 1840, la rue des Petits -Carmes, troisième partie de notre rue Montméjan actuelle, et seconde partie de la rue de Saint- Christoly d'autrefois, la seule rue « Saint-Christoly » qu'ait connue Molière, — puisque, ainsi que Bernadau nous l'apprend (Viographe, p. 236), c'est en 4672 seulement, seize ans conséquemment après le séjour de Molière à Bordeaux, qu'a été établi le couvent des Carmes déchaussés « sur le terrain duquel a été ouverte la rue Gouvion...»
Il est curieux que «le théâtre de la rue Montméjan », qui n'était pas à coup sûr rue Mimisan, mais bien rue Christoly [d'alors], ait juste appartenu à la partie de cette dernière rue ayant reçu le nom, depuis 1672 jusque vers 1840, de rue des Petits-Carmes..., c'est-à-dire ait existé là où l'on aurait été le moins tenté naturellement de le chercher!
Et maintenant, abordons une question importante.
Ce ne sont pas seulement les très grandes cités, les villes de premier ordre, qui ont voulu perpétuer, d'une façon ou d'une autre, le souvenir du passage de Molière dans leurs murs, et qui ont tenu à honneur d'en offrir une marque certaine et durable à la postérité. Montpellier ('),
ment servi d'atelier de photographie, que j'ai vu démolir à l'époque ci-dessus indiquée, et que j'avais pris, un peu vite j'en conviens, pour l'église Saint-Christoly? Il ne serait sans doute pas difficile de le savoir, en s'en informant auprès de ses derniers propriétaires. Je laisse cette tâche, intéressante sans doute, mais qui nous éloignerait un tant soit peu de Molière, aux archéologues de l'avenir, aux Auguste Vitu bordelais futurs.
(i) Grâce à l'initiative de M. L. de La Pijardière, on voit aujourd'hui à Montpellier, sur les murs du Musée Faire, du côte de la rue Montpellieret, une tablette de marbre portant l'inscription suivante :
Cet édifice est construit Sur l'emplacement de l'ancien hôtel
où Molière protégé par la province de Languedoc joua pendant l'hiver de 1654-1655.
[CLleMoliérhte, t. IX, p. 86.)
Béziers ('), Pézénas (*) se sont souvenues. — Bordeaux, la cite incomparable, la reine du Sud-Ouest, voudra-t-elle rester en dehors d'un pareil mouvement?
Dès la première heure — et j'en suis fier — où Ton a eu enfin la preuve, grâce à la découverte de M. Dast de Boisville, que Molière était réellement venu à Bordeaux avec sa troupe, j'écrivais, dans la Gironde du samedi 9 novembre 1895 :
«Où le théâtre de la rue Montméjan était-il exactement situé? Les anciens plans de Bordeaux le spécifieront sans doute. J'ignore quelle est la signification précise du nom de Montméjan (pu Montmijan). Admet-
(l) «La première représentation d'une pièce comme le Dépit amoureux est, pour une ville, un événement trop glorieux pour que le souvenir n'en soit pas consacré. M. Charles Labor vient de proposer au Conseil municipal de Béziers de donnes a une rie le nom de Molière. 11 appartenait a un poète, admirateur de Molière, de prendre cette honorable initiative. Mais M. Ch. Labor n'est pas uniquement un poète de la plume, il est un poète du pinceau; et grâce à lui, grâce aux généreuses inspirations de son noble talent, une vue du Marché couvert, tel qu'il existait au temps de Molière, et tel qu'il était en 1865, date de sa démolition, est conservée et se perpétuera dans le musée de Béziers comme un monument historique.— Auguste Baluffe. » (Le Moliériate. t. VI, p. 272-273.)
(*) «Le 18 mai dernier [1886]. dans une réunion des membres du Cercle des Arts de Pézenas, un comité d'initiative s'est formé, dans le but d'ériger un monument à Molière en souvenir de ses séjours dans cette ville, de 165 i à 1656. » (Le Molièriste, t. VIII, p. 125.)
Aujourd'hui [1897], c'est un fait accompli.
« Le 8 août 1897, la coquette ville de Pézénas s'est mise en frais pour recevoir le ministre de l'instruction publique et la Comédie-Française. Avenues et rues fort bien décorées. Partout des arcs de triomphe, et des inscriptions : A Molière! Honneur à Molière! Gloire au contemplateur!
» Le monument de Molière est recouvert d'un voile tricolore. — On se rappelle les retentissants incidents auxquels a donné lieu le masque de M. Coquelin cadet, qu'Injalbert avait fait figurer sur la maquette pour reconnaître la grande part que M. Coquelin cadet avait prise a la réalisation du projet de monument. L'incident s'est aplani. Les traits caractéristiques de M. Coquelin et ceux de M11» Ludwig sont gravés dans le marbre.
» Au-dessous, l'inscription :
Souscription du comité de Pézénas.
Honneur a Molière!
et les dates des passages de Molière à Pézénas :
» M. Rambaud, ministre de l'instruction publique, est arrivé par train spécial venant de Montpellier, à dix heures. — Le ministre est accompagné de MM. Sacquin, chef de cabinet; Roujon, directeur des beaux-arts; le général de Garnier des Garets, commandant le 16* corps; Vincent, préfet; tous les sénateurs et députés de l'Hérault; MM. Auricoste, député de la Lozère; Gauthier, sénateur de l'Aude, etc.
» A la mairie, un spectacle pittoresque attend le ministre. Dès qu'il a franchi le seuil, des fillettes, des garçons des écoles laïques lui font des compliments et lui donnent des bouquets. — Rangés des deux cotés du passage sont les treilleurs et les treilleuses, les jeunes filles et les jeunes gens. Chaque couple tient des cer-
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tons que ce nom en ait une grande, et que l'on tienne à le conserver. La rue est assez longue, Dieu merci! pour que l'on puisse débaptiser la partie seulement où existait le théâtre où Molière a joué, où les Bordelais ont entendu, avant Paris, ses premières comédies, ses premières farces, et même les tragédies où il essayait encore, alors, son talent jeune et hardi.
y> Quand nos archéologues auront parlé; quand, pièces authentiques en mains, ils auront exactement désigné l'endroit où se trouvait en 1656 le théâtre de la rue Montméjan, je me permets à l'avance de demander à la municipalité Bordelaise de donner alors à cette partie de la rue Montméjan actuelle — sinon à la rue tout entière — le nom glorieux de rue Poquelin de Molière. » Anatole Loquin.
Ce que nous ignorions encore à cette époque, nous le savons aujourd'hui.
ccaux fleuris, et c'est sous ces voûtes bariolées que le ministre, suivi de tous les personnages politiques, défile pendant que treilleurs et treilleuses marquent la cadence des Treille», le vieux ballet languedocien, et que le flùtet égrène ses sons aigrelets que martcllc le tambourin sonore. C'est absolument charmant.
« A midi, un grand banquet comprenant deux cents couverts est offert par la Ville au ministre, dans le réfectoire du collège. — Au moment des toasts, M. Montagne, maire, a remercié, au nom du Conseil municipal, au nom du Comité Molière et au nom de la population, le ministre de l'honneur qu'il a fait aux organisateurs en venant présider les fètes de Molière, qui consacrent les souvenirs glorieux des divers séjours du grand poète à Pézënas.
» Le ministre a répondu qu'il est heureux de l'accueil si sympathique qu'il a re<;u. 11 rend hommage à la petite ville qui a réalisé ce que de grandes cités n'auraient pu mener à bien, car elle était guidée par un but littéraire. — Le ministre a terminé eu portant un toast au maire, M. Montagne.
« Le secrétaire général du Comité Molière, M. Alliés, remercie ensuite tous ceux qui se sont occupés d'élever un monument à Molière, et boit a la Comédie-Française, a laquelle revient le plus grand mérite. — M. Mounet-Sully se lève alors; il n'accepte pas pour lui et ses camarades ces remerciements, car pour lui et pour eux c'était un devoir, et le plus doux. M. Coquelin cadet manifeste à son tour les mêmes sentiments. Le cortège se dirige ensuite vers le monument, dont l'inauguration a lieu à quatre heures. — Le Comité remet le monument à la Ville, sur qu'elle veillera sur lui avec un soin jaloux.
» Le maire, M. Montagne, prononce un éloquent discours, dans lequel il célèbre la gloire du grand poète et l'œuvre, en effet fort belle, du sculpteur Injalbert. — Le ministre fait l'éloge de Molière, le plus grand génie de son siècle, et aussi le plus parfait honnête homme. — M. Mounet-Sully lit une touchante lettre de M. Claretie, exprimant ses vifs regrets de n'avoir pu venir s'associer aux honneurs décernes à celui qui fit la Comédie-Française. 11 remercie le Comité et la ville de Pézénas, qui a si merveilleusement exécuté un projet si difficile. Il félicite M. Injalbert, si heureusement inspiré par le grand génie acclamé.
» Puis ont lieu les chœurs (o), la dame des treilles, la lecture des vers (/<)•— .Le soir, au théâtre, les acteurs de la Comédie -Française ont joué le Dépit amoureux, le Barbier de Pézénas [de MM. Valade et Blémont], le Médecin malgré lui.» (La Gironde, du mardi 10 août 1897.)
(a) « Sous l'habile baguette <ln maître Siint-Saëns, plusieurs orphéons et musiques exécutent le madrigal (sur des paroles de Pfiché), dont il vient de composer la musique. »
(6) « De sa belle voix, M. Mounet-Sully dit une pièce de vers do M. de Bornier : A Pézénas. C'est un succès colossal. — Après lui, M. Coquelin déclame avec une sincère émotion un Hommage à Molière, de M. Louis Marsolleau.
» Enfin, toutes les musiques jouent V Hymne à Molière, de M. Célestln Yernozobres. — La cérémonie est terminée, s
Le jeu de paume de Dibarolla, appartenant à Nicolas Barbarin, où jouèrent Molière et sa troupe en 1656, se trouvait dans la partie de la rue Montméjan actuelle qui s'étend depuis le point de rencontre de la rue du Temple et de la rue Baubadat jusqu'à l'embranchement des trois rues de Castillon. Margaux et Judaïque [de Cheverus], sur l'emplacement qu'occupent aujourd'hui le commencement de la rue Gouvion et les maisons portant les numéros 40 et 4% de la rue Montméjan actuelle. Ces données nous ont été fournies d'abord, et confirmées ensuite, par M. Dast de Boisville.
J'ai donc l'honneur de renouveler aujourd'hui, en la précisant, ma demande à la municipalité bordelaise.