‹ Molière à Bordeaux, vers 1647 et en 1656Chapitre 4 sur 70 · Acte II. sern? VI · texte numérisé non relu

Acte II. sern? VI

sa veuve remariée, que pouvaient-ils désirer de plus? — Quelle erreur! Que l'on se rappelle donc le fameux passage (acte V, scène II) de Dom Juan : « Je m'érigerai en censeur des actions » d'au tr ai, jugerai mal de tout le monde, et n'aurai bonne » opinion que de moi. Dès qu'une fois on m'aura choqué tant » soit peu, je ne pardonnerai jamais et garderai tout douce- » ment une haine irréconciliable. Je... saurai déchaîner contre » eux des zélés indiscrets, qui, sans connaissance de cause, » crieront en public contre eux, qui les accableront d'injures, » et les damneront hautement de leur autorité privée. » Le tableau est exact, Molière avait été prophète, puisqu'en 1688, tant d'années (onze) après le mariage de sa veuve, parut en effet à Francfort le hideux pamphlet de la Fameuse Comédienne. — C'est à n'y pas croire.

Son effet fut certain et dure encore. Ceux qui le firent imprimer avaient vu juste. Il fut lu, il fut reproduit, et l'on en tint compte, malgré ses méchancetés odieuses et ses invraisemblances plus que choquantes. Même de notre temps, les Moliéristes en font usage : timidement, sans doute, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, et alléguant que c'est un document de l'époque, et que l'on n'en a pas d'autre de date aussi reculée; mais en ne taisant pas ce que ce libelle dit, bien au contraire, en faisant de son texte prétexte à conjectures et matière à examen, et en atteignant complètement, de fait, le

qu'elle regarde encore quelquefois, lorsque l'enfant est devenu un homme. Il faut tout aimer dans ceux qu'on aime, et c'est pourquoi les recherches des érudits, les palientes études des amoureux de Molière ne pourront, même si elles aboutissent seulement à demi, que servir utilement à la littérature entière de tous les pays et de tous les temps en augmentant la renommée du grand comique français. » Jules Claretie, Molière, sa vie el ses œuvres, p. G3-67.

C'est par complet acquit de conscience que nous rassemblons ici ces renseignements sur les prétendues pistes des manuscrits de Molière que l'on espère toujours découvrir (a). Les chercheurs, les fureteurs de bibliothèques et d'archives auront beau prodiguer tous leurs efforts. Ce qui est détruit, et bien détruit, ne reparait jamais.

Nous reviendrons, du reste, spécialement sur tous ces points au chapitre

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