‹ Molière à Bordeaux, vers 1647 et en 1656Chapitre 44 sur 70 · VII. La Jalousie du Barbouillé · texte numérisé non relu

VII. La Jalousie du Barbouillé

«Ce fut probablement, nous dit (p. 18) M. E. Despois, y> une des premières farces esquissées par Molière. » — Il lui semble aussi probable (p. 17) qu'elle fut imitée d'un canevas italien ; ce canevas, il reste encore à le découvrir. Brossette, écrivant à Jean-Baptiste Rousseau, avait raison de désigner la Jalousie du Barbouillé comme tirée d'un conte de Boccace (journée VII, nouvelle IV).

« Il nous parait vraisemblable que plus tard le comédien Du Parc, dit Gros-René, ayant été chargé du principal rôle, la pièce fut appelée la Jalousie de Gros-René ou Gros-René jaloux. Nous trouvons sept fois(l) ces titres dans le Registre de La Grange aux dates suivantes : 1660,

» refusés. Je les lui envoyai donc pour le convaincre de ma bonne foi, et il m'en » parut effectivement convaincu par la troisième lettre qu'il m'écrivit... »

« Brossette, qui s'occupait de rassembler sur Molière des notes historiques dont on ne saurait trop regretter la disparition (a), ayant demandé à son ami quelques détails sur le manuscrit envoyé à Chauvelin, Rousseau lui répond, le 28 octobre 1731 : « Quant aux deux farces que j'ai envoyées à M. Chauvelin sur ses instances » réitérées, l'une est intitulée le Médecin volant, et l'autre la Jalousie de Barbouillé; » celle-ci est la première idée du George Dandin; mais l'une et l'autre ne sont que «des canevas remplis grossièrement par quelqu'un qui n'a jamais su écrire... »

« Voltaire... eut communication, et ia Serre également, du manuscrit envoyé par Rousseau à Chauvelin... En lisant l'un après l'autre [sur ce sujet] les textes de Voltaire et de la Serre, on se demande si tous deux ne se sont pas inspirés de quelque note jointe par J.-B. Rousseau au manuscrit adressé par lui à Chauvelin.

» La vague indication donnée par Voltaire et par la Serre, sur l'existence « dans » le cabinet de quelques curieux » des deux farces de Molière, était, depuis l'année 1734, invariablement reproduite dans toutes les éditions des Œuvres de Molière, lorsqu'en 1819 Viollet le Duc fit paraître chez Th. Desoer, sous le titre de : Deux pièces inédites de J.-B.-P. Molière, une brochure in-8° contenant la Jalousie du Barbouillé et le Médecin volant Dans l'Avertissement qui précède sa brochure (p. 1

et 2), Viollet le Duc renvoie les lecteurs au recueil des lettres de J.-B. Rousseau... L'éditeur de ces deux farces les défend ensuite contre la sévère appréciation de J.-B. Rousseau et termine son Avertissement en affirmant que le Barbouillé et le Médecin volant «ne seront jugés indignes de Molière par aucun de ceux qui vou- «dront bien considérer à quelle époque, à quel âge et pour quelle destination il »les a composés »

» Viollet le Duc n'a pas indiqué la source qui lui a servi pour sa publication... Sur l'indication de M. Ludovic Lalanne, nous avons retrouvé à la Bibliothèque Mazarine, sous la cote L 2039, un manuscrit in-4°, d'une vieille écriture, ayant pour titre (mais d'une autre main et bien plus récente) : « La Jalousie du Barbouillé » et le Médecin volant, comédies en prose par Jean-Baptiste Pocquelin Molière. » Ce manuscrit pourrait bien être celui qui avait été envoyé de Bruxelles par J.-B. Rousseau à Chauvelin de Beauséjour; et c'est sans doute le même qui a servi à Viollet le Duc. » Eugène Despois, Molière-Hachette, t. I", p. 10-14.

(*) « Outre ces mentions, il y en a une huitième de Gros-René tout court, à la date du 22 octobre 1662, avec l'École des Maris; mais cette désignation peut aussi s'appliquer à Gros-René écolier.» Eugène Despois, Molière-Hachette, p. 18.

(a) Encore une disparition totale à ajouter à tant d'autres. Tant que Bros6ette ne s'est occupé que de Boileau, ses papiers se sont conservés intacts. — Au sujet de ses recherches et de ses travaux sur Jlolière, perdus pour nous, cf. notre tome II, page 58, note 1.

25 décembre; 1662, 25 avril et 8 mai; 1663, 15 avril; 1664, 2 septembre, 5 septembre, 7 septembre...

»... On avait eu le temps d'oublier la Jalousie du Barbouillé ou de Gros-René lorsque, quatre ans après, il [Molière] se servit de cette farce pour le troisième acte de sa comédie de George Dandin, dont la première représentation eut lien le 18 juillet 1668. » Eugène Despois, Molière- Hachette, t. Ier, p. 18.

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