‹ Molière à Bordeaux, vers 1647 et en 1656Chapitre 47 sur 70 · LE MALADE IMAGINAIRE · texte numérisé non relu

LE MALADE IMAGINAIRE

Comédie en 3 actes, en prose, de Molière.

La Cérémonie par toute la troupe.

Avis. — Le manuscrit du Docteur amoureux sera exposé au foyer du théâtre pendant toute la durée de la représentation.

— Mais, allez-vous me dire, lecteurs, c'est une plaisanterie? C'est vous, qui venez de faire cette affiche-là?

— Pas le moins du monde : il n'y a là aucune plaisanterie... de ma part. L'affiche reproduite ci-dessus fut bien apposée, le 1er mars 1845, sur toutes les colonnes de spectacles de Paris; la représentation eut lieu dans la vaste salle de l'Odéon, trop petite ce soir-là...

Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable,

et tous ceux qui y assistèrent, sauf des malins, rari... in gurgite vasto, furent parfaitement persuadés que l'on avait découvert la petite pièce du Docteur amoureux de

Molière, et qu'ils venaient de la voir représenter sous leurs yeux.

Et on le crut, une mystification de cette force paraissant impossible. — La pièce était précédée d'un prologue en vers, moderne celui-là, et composé tout exprès pour la circonstance; en voici quelques vers :

Le Prologue, en costume de vieux manuscrit.

Je suis le manuscrit du Docteur amoureux,

Et je viens devant vous m'expliquer de mon mieux.

Je naquis à Bordeaux; Poquelin fut mon père, 20. Et je m'en vante. A peine eus-je vu la lumière

Qu'on me fit voyager et courir le pays,

De Lyon à Rouen, de Rouen à Paris.

Une fois arrivé dans cette grande ville,

Mon père obtint du roi, chose alors difficile, 25. La faveur de jouer à la cour, devant lui.

C'est moi dont il fit choix pour lui prêter appui.

La veille du grand jour où je devais paraître

Devant Sa Majesté, mon père me fit mettre

Des habits plus décents que ceux dont jusqu'alors 30. J'avais, pour la province, enguenillé mon corps;

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