SCENE IV
ARMANDE, MOLIÈRE, en habit de théâtre, LAUZUN, caché.
ARMANDE, sc promettant en répétant un rôle.
Vous me voyez, ingrale, pour la dernière fois, et je vais loin de vous mourir de douleur et d' amour \
(Feignant la surprise en apercevant Molière à ses côtés). Ah ! vous m'avez fait peur!
MOLIÈRE, inquiet.
Vous êtes seule, Arinande?
ARMANDE, trOUbUc.
Seule... mais vous voyez... Pourquoi cette demande?
MOLIÈRE
On parlait, ce me semble?
ARMANDE, Se rassurant peu à peu.
Oui... j'avais là... quelqu'un...
MOLIÈRE
Ah!..
ARMANDE
Que je... querellais...
MOLIÈRE, à pari.
Serait-ce encor Lauzun !
Vous avez entendu ?
MOLIÈHE.
Non.
ARMANDE
Quelques mots?
MOLIÈRE
A peine.
ARMANDE
Si nous recommencions à nous deux cette scène?
MOLIÈRE
Des querelles déjà !.. nous ! c'est trop tôt vraiment.
ARMANDE
Et comptez-vous pour rien le raccommodement ?
MOLIÈRE
J'aime encor mieux la paix, sans trouble et sans alarmes.
ARMANDE
Moi, j'aime mieux la guerre et je reprends les armes.
(Elle lit).
— Dites-moi ? — Non, je ne veux rien dire. — Je vous prie. — Laissez-moi. — Lucile ! — Non !
Vous voyez, je conduis deux rôles à la fois.
(Lisant).
— Hé bien ! puisque vous vous souciez si peu de me tirer de peine et de vous justifier du traitement indigne que vom avez fait souffrir à ma flamme, vous me voyez ^ ingrate, pour