MOLIÈRE, ARMANDE, MADELEINE, DUPARC, PIERRETTE, BRÉCOURT, LE CAVALIER
(Pierrette, qui est rentrée avec eux, a nn pain de quatre livres sons le bras.}
MOLIÈRE, séparant leurs épées avec sa canne.
Halte-là ! messieurs... Brécourt, qu’est-ce donc?
BRÉCOURT
Laisse, laisse, Molière, je suis en train de mettre à la raison un voyageur de trop grand appétit que j’ai surpris nous dévalisant de nos vivres.
Le cas est grave, car nous avons grand appétit aussi. Voyons, monsieur l’affamé , qu’avez-vous à dire pour votre justification?
LE CAVALIER
Monsieur, puisque vous ne me paraissez point disposé à prendre la chose au tragique, je vous avouerai que j’ai agi un peu cavalièrement ; la fatigue où je succombe et les affaires qui me pressent me peuvent seules excuser. Je comptais laisser ici ma bourse en échange de mon pillage ; je l’ai offerte à voire camarade, qui n’a voulu entendre à rien : il a la tète un peu chaude.
MOLIÈRE, se rapprochant dn cavalier qu'il examine avec surprise, et .qu’il amène peu h peu sur le devant du théâtre.
Il est le plus doux et le meilleur des hommes, mais fier et